Les politiciens sont-ils idiots ?

Les politiciens sont-ils idiots, normaux ou compétents ?

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Les politiciens sont-ils idiots ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 27 novembre 2013
- A +

Par Alex Korbel.

imgscan contrepoints 2013-2413 intelligence des élusL’opinion des personnes de mon entourage est divisée entre ceux qui pensent que les politiciens sont idiots, ceux qui estiment qu’ils sont normaux et ceux qui prétendent qu’ils sont compétents. Étrangement, ces derniers sont toujours eux-mêmes des politiciens. Je pense qu’ils ont tous tort.

Socialement intelligents

Les politiciens européens que je connais sont tout sauf stupides. Cela se voit assez rapidement. Mais faire la liste des traits de leur caractère qui relèvent de l’intelligence sociale peut être utile.

Les femmes et les hommes politiques couronnés de succès tendent à être doués dans la maîtrise de leur communication. Ils vérifieront scrupuleusement ce qui est écrit en leur nom. Tendez-leur un micro, posez-leur une question sur un sujet ardu, ils ne déraperont pas. Ils diront des choses justes ou fausses, parleront peut-être pour ne rien dire, ne répondront quelquefois pas à la question, mais ils ne diront rien qui fera parler d’eux en mal.

C’est souvent ce qui distingue le politicien d’un parti extrême d’un politicien de gouvernement. Le premier accuse, insulte puis se rétracte ou s’enfonce. Plus prudent ou sagace, le second se retient de baver.

Certains disent que les politiciens sont experts au billard à deux bandes, qu’ils ne planteront pas directement de couteau dans le dos de leurs compétiteurs mais s’arrangeront plutôt pour que quelque chose de négatif soit dit à leur sujet. Ce comportement existe mais il est rare. Car il est risqué et mine la réputation de celui qui l’initie. Raisonnable, le politicien à succès préfèrera investir son temps à parler et faire parler favorablement de lui-même.

Un élu se souciera de devenir et de demeurer le champion d’une catégorie d’électeurs nécessaires à assurer la victoire du parti auquel il appartient. Un élu vu comme inutile par ses électeurs et par les dirigeants de son parti est rapidement mis à la retraite anticipée.

Il faut du discernement pour identifier et entretenir une niche électorale. Il faut du flair et du bon sens pour déterminer les sujets qui préoccupent le plus les électeurs de sa niche. Il faut de la perspicacité pour construire son image en fonction de la niche que l’on prétend représenter et du jugement pour vérifier que le résultat de son travail puisse s’inscrire dans la narration de son image personnelle et celle de son parti.

Sagacité, raison, discernement, flair, perspicacité : autant de synonymes de l’intelligence qu’il est nécessaire d’avoir et d’entretenir pour réussir en politique. Il y a donc peu de risques que les politiques soient idiots.

La soutenable étrangeté d’être élu

Mais tout de même, les politiciens sont étranges. Ce n’est pas la politique qui les a rendus bizarres : c’est leur bizarrerie qui les a poussés en politique.

Regardez-les bien. À part certaines exceptions, les personnes attirées par les mandats électifs partagent certains traits de caractère. Ils sont avides d’attention, aiment prendre des risques et sont assez narcissiques.

Mettez-vous à la place d’une personne souhaitant devenir député.

Vous traînez pendant des années, abandonnant des carrières plus lucratives ou plus sûres, dans l’espoir statistiquement improbable d’être choisi par votre parti comme candidat à une élection. Vous vous présentez ensuite aux élections dans l’espoir statistiquement incertain d’être élu. Une fois élu, esclave du contexte politique, peu influent, vous végétez à nouveau dans un travail qui n’est pas reposant et qui est peu stimulant intellectuellement. En tant que député, vous êtes traité comme un roi par votre équipe et comme un pion par les ministres, les dirigeants de votre parti ou leurs délégués, dans l’espoir – et là encore les chances sont contre vous – d’intégrer le cabinet d’un ministre. Vous y traînerez quelques années de plus, peu considéré par vos collègues, dans l’espoir – presque certain d’être déçu – de devenir vous-même ministre.

Et pendant tout ce temps, vous êtes obligé de vous soumettre tous les cinq ans aux caprices des électeurs de votre circonscription. Tout autour de vous giteront les corps des hommes politiques mis à la porte par les électeurs au moment où ils commençaient à devenir prometteurs.

Même si vous sautez tous ces obstacles, vous aurez peut-être le droit à un bon dossier, on vous épinglera une médaille mais vous serez forcé de vous éclipser à la prochaine bourrasque et les commentateurs, s’ils vous mentionnent, diront que vous avez échoué.

Accrochés à leur bonne étoile

Qu’est-ce qui les pousse à être aussi vains ? Tout d’abord, le désir d’être quelqu’un, d’être regardé, d’être applaudi. Le pouvoir est un aphrodisiaque.

Deuxièmement, une croyance complètement irréaliste mais tenace en leur bonne étoile. Ils savent qu’ils ne seront probablement pas élus… mais cette fois, pour eux, ce sera différent. Même quand tout semble perdu, ils se disent qu’un miracle peut se produire, qu’ils peuvent encore sortir des mailles du filet. Au fond, ils s’en sont toujours sorti puisqu’ils sont encore là, non ? Donc quelqu’un là-haut veille sur eux et, cette fois, cela marchera, ils le savent.

Enfin – et c’est contre-intuitif – une sensibilité à fleur de peau. Ils sont chaque jour attaqués et chaque jour blessés. Ils lisent, écoutent et regardent obsessionnellement ceux qui les étripent. Mais ils remontent sur le ring en en redemandant. Ils ne savent pas pourquoi ; leur femme ou leur mari ne le savent pas non plus.

Tout cela mène à des douleurs fréquentes, des moments d’euphorie réguliers et un optimisme irrationnel. Certaines des personnes répondant à la description ci-dessus ont fait de grandes choses. Certaines ont aligné les absurdités. Certaines ont fait les deux à la fois.

Ils iront jusqu’au bout, jusqu’à ce que quelque chose d’extérieur, d’immense, d’irrésistible  les terrasse. Au fond, comme toutes les personnes dépendantes, ils ont à moitié envie que cela se produise.


Article originel publié sur 24hgold.com

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  • Chaque corporation correspond à un profil psychologique précis, une personne embrassant la carrière politique n’échappe pas à cette règle, les traits sont proches de ceux caractérisants les artistes, il y a toujours eu des liens ténus entre ces milieux.

    La nouveauté étant un narcissisme qui s’étale maintenant au grand jour, le monde est médiatique et celle des élus passe par cette moulinette, il y a confusion entre vie privée et publique, certains en ont fait un fonds de commerce.

    Un élu n’a rien d’extraordinaire, sinon un degré d’inconscience supérieur à la moyenne, on retrouve cela dans bien d’autres milieux : le commerce, le journalisme, certains cercles artistiques (déjà cités), le sport de haut niveau.
    Pour réussir ou ambitionner le faire il faut posséder à la fois une dose d’inconscience, d’intelligence, d’instinct primaire, lorsque les trois sont au rendez vous, le cocktail est détonnant.

    Lorsque vous jouez sur les variables précédemment citées, le registre est infini, vous passez de Simone Veil à Nadine Morano… de Charles de Gaulle à François Hollande (et serait pu être DSK !).

    Peu importe en fait la réussite d’un mandat, ce qu’il en reste c’est la dignité avec laquelle celui-ci a été assumé, nous en sommes la, le choix du moins pire, qu’on ne les chopent pas la queue à la main entre deux portes d’hôtel, et si possible vêtus avec un costume à leur taille.

    Lorsque vous observez la famille Grimaldi, celle royale d’Angleterre, celle d’Espagne, et la vie de nos élus dont une part non négligeable se traine des casseroles judiciaires aux fesses tout en assumant un mandat, tous ces gens la ont définitivement perdu le sens commun.

    Qu’est ce qu’on en a à foutre des états d’âmes de Stéphanie et son irrépressible amour pour le cirque ? vous me direz que depuis qu’un ouragan lui est passé dessus la pauvre fille de William ou Henry pour l’alcool et les tenues nazi ? il est vrai qu’avec Lady Di qui passait son temps à étaler sa vie dans les médias, pour finir par être chantée par Elton John et son vibrant Candle the Wind, les 2 mômes avaient de quoi être traumatisés; Albert de Monaco (…) qui a achevé sa puberté à 45 ans en poussant des bobsleighs, queutard invétéré de surcroit, il ne doit pas y avoir de capote à sa taille pour celui-la, ou alors il a manqué les cours d’éducation sexuelle, ou bien il a trop observé les singes dans les cages du cirque lors du festival international éponyme, et qui lorsqu’il parle est décodé par un  » Batman » (ceux qui font la signalétique aux aéronefs avec des bâtons lumineux sur les portes avions) .

    Ce joli monde me fait doucement rigoler lorsqu’ils vont s’étaler dans des galas de croix rouge ou autres événements médiatico-caritatifs, portants beau, en tenues de soirées et presse de connivence qui en oubli tout le reste; quand ils ne participent pas à un Paris Dakar sous prétexte de livrer 3 crayons et une pompe à eau dans un village africain qui ne leur demande, couvert par la même presse de connivence mais sportive celle-la.

    Nous en sommes à filmer leurs mariages, ceux de leurs descendance pour le moins dégénérée, on se farci les photos des derniers rejetons à peine accouchés (la plupart illégitimes maintenant) , au train ou vont les choses, c’est Laurent Gerra qui avait raison avec son sketch sur la saillie princière (la Queen, couine).

    Les hommes politiques c’est pareil, nous en sommes avec un président qui partage l’Élysée avec sa maitresse, Mitterrand lui avait planqué une fille illégitime, d’autres font la couv des journaux people, certains attendent leur jugement ou purgent leur peine, d’autres encore, sont tellement liftés qu’ils ressemblent à des personnages de Tim Burton (Beetlejuice), et comme il faut vivre avec son époque, la plupart se recyclent dans des émissions de télé.

    Et pourtant nous leur demandons peu à cette bande d’ahuris.
    De l’urne ou du sang, un élu ne devrait se plier qu’à une seule chose : l’exemplarité, le reste on s’en charge. En d’autres termes cela s’appelle savoir tenir son rang.

    Ce qui caractérise l’époque actuelle, c’est l’effacement de l’intérêt public, le service de l’état (ou de la couronne) par le service du moi.

    Ce qui est plus navrant, c’est de se dire que nous avons les élus qui nous ressemblent, et la je viens de vomir sur mes chaussures…

    • Vous venez de décrire mon papa multimillionnaire de gauche, j’ai même une sœur cachée que je ne connaîtrais jamais. Ah oui, aussi, tout ce petit monde infâme est fonctionnaire. Fonctionnaire ET multimillionnaire.

      • Désolé pour vous. Moi qui pensais avoir le pire père du monde, je vois qu’il y a bien pire.
        Imaginez un peu le « syntaxe Error  » être riche, de gauche, fonctionnaire et escroc en même temps….pffuuu, y a des gens, je me demande comment ils font pour dormir.

      • @Continuum : je porte à votre attention que toute ressemblance avec des personnes existantes est purement fortuite, bon… je balance un tantinet sur les Grimaldi et les Windsor, mais à part ça, je ne connais pas votre papa !

  • « La priorité du mandat est le renouvellement du mandat. Sinon, que feraient d’autre la plupart d’entre eux? » Raymond Barre.

  • Moi j’appelle ça la sélection Ko-Lanta (comme l’ex émission de télé).

    Ceux qui gagnent ne sont ni les meilleurs, ni les plus manipulateurs, mais les plus consensuels (et chanceux).

  • Oui, c’est paradoxal. Comment dire qu’une personne responsable et intelligente puisse emmener la France dans le mur avec une conscience professionnelle et un désir de servir.

    L’homo sapiens politicus est donc un imposteur.

    1- Il ne sait pas utiliser une calculatrice
    2- C’est souvent un gros porc égotiste qui vante le partage de l’argent des autres à son profit
    3- Il est de toute façon fonctionnaire et irresponsable par définition de sa fonction
    4- Il n’a aucune vision d’avenir (sauf pour le sien)
    5- J’ai aussi gerbé sur mes pompes

  • Un seul point sur lequel je ne suis pas trop d’accord avec vous: peu « abandonnent une carrière lucrative ». La plupart des députés, surtout dans une assemblée de gauche comme l’actuelle, sont fonctionnaires.

    Quant aux autres, après cinq années de très bonne soupe (au minimum), il n’est jamais très difficile de se reconvertir en consultant politique, lobbyste, que sais-je.

    L’argent, en plus du pouvoir, me semble une motivation avérée.

  • Savoir s’il sont idiots importe moins que savoir si nous avons besoin de politiciens.

    Une fois établi leur inutilité intrinsèque (il n’existe pratiquement pas de problème qui ne puisse être résolu sans les politiciens), inutilité responsable de leur idiotie apparente, la logique élémentaire nous oblige à constater que le pouvoir des politiciens se résume à leur potentiel de nuisance économique et sociale, plus ou moins important selon les individus et les postes auxquels ils accèdent. La démocratie se résume alors à éviter le pire, à voter contre, ce qui retire toute légitimité aux fiers élus par défaut, aggravant encore leur inutilité. D’ailleurs les politiciens reconnaissent eux-mêmes la situation. Par exemple, limiter le potentiel de nuisance des politiciens est l’idée sous-jacente du « pacte républicain » des socialistes, même si, évidemment, ses promoteurs n’ont pas conscience d’être eux-mêmes les pires.

    Puisqu’on ne supprimera pas les politiciens, la solution est de supprimer les postes qu’ils peuvent espérer occuper. Réduire l’Etat, encore !

  • Qu’est l’intelligence ? Qu’est-ce que la compétence ? Qu’est-ce que l’éthique politique (en démocratie) ? Suffit pas d’avoir trainé ses culottes sur les bancs de ScPo ou « fait le droit ». Puis s’être vassalisé à quelques suzerains parfois douteux, y jouer des coudes et de peaux de bananes pour enfin gagner à la notoriété et la capacité à « gouverner une institution, un peuple » ces choses hautement complexes ! A preuve, voyez les profils de nos sbires assemblés dans N strates orientant le devenir de la chose publique.

    Par dessus tout viendra d’abord la PERSONNALITE, jointe à la finesse (ou à un sens aigu de la rouerie).
    Pour beaucoup, il suffira d’adopter un jeu d’empathie (faîte ou réelle) + un sens aigu d’opportunisme + plus le conformisme à des idées reçues (dans le mainstream ambiant). Choisir les bons réseaux plutôt que simplement de bonnes valeurs (…). D’où l’armada de populistes qui squattent les fonctions-clés de notre destin …
    Cas exemplatit : Mr Montenlair … obtenant la désignation à un poste politique sans jamais avoir exercé le moins du monde un petit bout d’expérience dans les attributions qui lui sont « con-fiées » ! L’expérience ne se bâtit pas sur l’interview des acteurs de la base et des cibles ponctuelles dans les organisations complexes.
    A l’inverse, rappelons-nous d’un (p.ex.) Raymond Barre ? Ledit « technocrate » avait le courage de ses opinions, joint à la compétence d’une notoriété acquise AVANT de se voir porter au pinacle de la gouvernance. Savoir s’entourer alors d’autres « choses » que des vassaux et apparatchiks …
    Notons que la France se distingue d’autres Etats par la proportion de clonés qui atteignent les couches SUP de la gouvernance. Tous et toutes issus de la monoculture.
    Bon je m’arrête, chacun aura deviné. Puis montez d’un échelon vers l’Union Européenne.
    Rien à observer de paradoxal ?

  • Article intéressant. J’ai eu plusieurs connaissances qui sont devenus des politiciens pour qui « ça marche » en Belgique et je me suis toujours dit que leur trait de personnalité principal est la séduction. Les politiciens sont avant tout des personnes qui aiment jouer le jeu de la séduction et c’est leur première motivation, profonde, bien avant les idéaux ou les opinions que certains prétendent avoir. Ils aiment la séduction au sens très large mais ce n’est pas pour rien, je pense, qu’ils ont souvent de nombreuses maîtresses.

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