Protection sociale belge : la réalité rattrape (enfin) les idéologues !

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En Belgique, le Bureau fédéral du Plan propose de réformer la protection sociale par un désendettement du pays et une réforme des pensions de retraite.

Par Philippe Bouchat, depuis la Belgique.

protection_socialeAujourd’hui est un grand jour ! En Belgique, le Bureau fédéral du Plan (cela ne s’invente pas, on a un organe officiel de planistes) constate, qu’à politique inchangée, la protection sociale coûte trop cher. Ainsi, selon les planistes, à l’horizon 2060, les dépenses de pensions et de soins de santé augmenteraient de 7,1% du PIB, tandis que les autres dépenses sociales diminueraient de 1,7% du PIB. Au total donc, les dépenses de protection sociale augmenteraient de 5,4% ou 20 milliards d’euros (au prix actuel). Ce qui est nouveau n’est pas tant ce constat que les moyens proposés pour répondre à ce défi.

Ainsi, le Bureau propose-t-il :

a) de désendetter le pays en dégageant, à partir de 2016, un surplus primaire de 0,4% du PIB (l’équilibre devant être atteint en 2015),

b. de doper  la croissance économique… mais sans préciser comment…

c. de réformer les pensions non pas en augmentant l’âge de départ à la retraite, mais en durcissant encore les possibilités de partir prématurément en pension ; mais rien sur le modèle suédois ou la capitalisation,

d. de diminuer la liaison des allocations sociales au bien-être : pour rappel, la liaison consiste à lier les prestations sociales à l’évolution du salaire réel des actifs, donc en sus de l’indexation. Cette recommandation intervient au même moment où l’Université d’Anvers précise que le taux de pauvreté infantile a augmenté en raison principale (mais non exclusive) à cause justement de l’érosion du montant des prestations familiales (absence de liaison des prestations familiales au bien-être) ; cohérence ?

e. de faire un mix de ces mesures…

En résumé, le Bureau des planistes demande une révolution copernicienne (désendettement + réforme des pensions)… mais ne donne pas de détails. Soit. C’est un pas dans la bonne direction et, surtout, un gros caillou dans le jardin des idéologues.

Pendant ce temps-là, en France, le Premier ministre Jean-Marc Ayraut annonce qu’il faut « remettre la fiscalité à plat ». Magnifique ! Mais le sbire de Hollande précise aussitôt que cela doit se faire « à prélèvements constants » et sans toucher à l’augmentation de la TVA prévue pour 2014 et sans supprimer l’écotaxe, juste reportée d’un an… Bref, un superbe effet d’annonce… Mais bon, maintenant au moins c’est clair : même le gouvernement comprend que la fiscalité française doit être repensée de fond en comble… C’est un premier pas…

N’ayant plus de grives et pas de merles, on se fait plaisir comme on peut…