Dépasser la démocratie

C’est la démocratie telle que nous la connaissons qu’il faut remettre en cause, parce que c’est un système pervers et devenu complètement inefficace.

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Dépasser la démocratie

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 8 novembre 2013
- A +

Par Joël Bourguignon.

imgscan contrepoints 2013624 démocratie— Savez-vous pourquoi tout va de travers et de pire en pire ?

— Ben, j’ai ma petite idée, mais dites-moi tout.

Certains jours, on se demande comment les hommes politiques en France peuvent être aussi nuls, qu’ils soient de gauche maintenant ou de la fausse droite avant.

Pour simplifier, on peut considérer qu’il existe deux systèmes politiques : la dictature ou la démocratie. Concernant la dictature, nous en avons quelques exemples : Corée du Nord, Cuba, Vietnam…

Concernant la démocratie, nous pensons tous savoir ce que c’est, puisque nous en avons de multiples exemples sous les yeux, à commencer par celui de notre pays. Mais sommes-nous si sûrs de savoir vraiment ce qu’est la démocratie ? Il y a encore quelques mois, je pensais le savoir comme vous et je me trompais.

La démocratie est une forme de dictature, plus soft que la dictature mentionnée plus haut, mais dictature quand même. C’est la dictature d’une majorité contre une minorité. Et quand on dit majorité, c’est tout relatif. Si on considère le nombre de suffrages obtenus par la pseudo majorité par rapport à la population en âge de voter, cette soi-disant majorité se transforme en minorité. Exemple : les couillons d’électeurs de Hollande.

Comment fonctionne une démocratie, en France en particulier ?  Pour récolter des voix, les candidats sont amenés à faire du social-clientélisme, c’est-à-dire à faire des promesses plus folles les unes que les autres pour satisfaire des groupes d’individus. La raison d’être d’un politicard est de se faire élire puis réélire. Toute autre considération est secondaire à ses yeux. Le cas Hollande est emblématique. Ou bien ils font de belles promesses comme Sarkozy en 2007 et ils ne les tiennent pas pour la plupart.

Arrêter d’aller voter, c’est ce que les politicards craignent, car ils perdraient leur légitimité. Imaginez une grève du vote.

Une fois arrivés au pouvoir, ils font absolument ce qu’ils veulent ou presque. On pourrait développer cela en long et en large pour montrer toutes les tares du système « démocrassie » utilisé à leur profit par les démocrasses.

J’en arrive au point clé : c’est la démocratie telle que nous la connaissons qu’il faut remettre en cause, parce que c’est un système pervers et devenu complètement inefficace. Les hommes et les femmes qui se présentent aux élections ont leur part de responsabilité, mais c’est le système politique lui-même qui est à l’origine du désastre que nous connaissons.

Il faut donc changer de paradigme et c’est la grande nouveauté. Je vous sens un peu dubitatifs et incrédules. Nous sommes tellement conditionnés par le fonctionnement démocratique actuel qu’on a du mal à sortir de ce cadre et à imaginer que les choses pourraient être autrement.

Imaginez un serf au Moyen-Age qui serait en train de réfléchir au système politique de son époque : le féodalisme. Aurait-il pu imaginer notre système politique actuel ?  Probablement non. De même, nous avons du mal à imaginer le système politique du futur. Pourtant, il va bien falloir en trouver un, car la démocratie est à bout de souffle, au bout du rouleau, usée jusqu’à la corde.

Si on fait une comparaison entre l’évolution technologique et scientifique, d’une part, et celle des systèmes politiques, d’autre part, on constate que dans le premier cas, l’évolution est continuelle et bouillonnante alors que dans le second, c’est la sclérose complète. Notre système politique n’a quasiment pas évolué depuis des dizaines d’années. On peut même dire qu’il régresse en France, avec l’enchevêtrement des couches administratives, les doublons et l’accumulation de textes de lois sans jamais en supprimer. Exemple le code du travail qui est devenu obèse avec plus de 3000 pages.

La Suisse est à la pointe dans cette évolution et nous aurions intérêt à nous inspirer de ce qu’elle fait.

J’espère avoir suscité votre intérêt pour approfondir le sujet et je vous encourage vivement à lire un petit livre remarquable intitulé Dépasser la démocratie par Franck Karsten et Karel Beckman. 140 pages. Franck Karsten qui est hollandais est venu à Paris en Juin 2013 présenter ses idées au cours d’une conférence organisée par l’Institut Coppet.

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  • Je crois que l’erreur est de donner au peuple le pouvoir plutôt que le contre-pouvoir. Le mode de sélection du dirigeant importe peu, ce qu’il faut c’est qu’une majorité populaire puisse le destituer à tout moment.

  • Je suis entièrement d’accord avec vous. La démocratie représentative est un modèle obsolète, qui n’est plus capable de gérer des sociétés complexes comme on les connaît aujourd’hui.

    Cependant, la grosse question reste sans réponse: par quoi la remplacer? Sommes-nous prêts à un paradigme de démocratie directe?

    Des pays comme l’Islande et la Finlande expérimentent dans ce domaine: le premier avec une Constitution écrite par le citoyens et ensuite validée et rédigée par des experts et le deuxième donnant au citoyens la possibilité de proposer des lois, qui passent ensuite au vote parlementaire.

  • Démocratie directe et vote responsable : ne payent les impôts et les dettes que ceux qui les ont acceptés par référendum direct.

    • Les règles du jeux sont pour tout le monde et non pas à la carte, c’est ainsi dans le sport mais aussi dans une société.

  • Ouvrez votre horizon et pensez « changement » & « évolution »
    avec CONTREPOINTS
    mais aussi NOUS CITOYENS emmené par Denis Payre .

  • Article bien inspiré. On pourrait donner une multitude d’exemples de l’inefficacité du système actuel (démocratique).
    Un seul exemple amusez vous à perdre votre temps? au moins une fois, sur la chaine parlementaire et vous comprendrez que ces pauvres gens (pauvres spirituellement) ne sont que des caricatures, de mauvais acteurs ( c’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont esclaves des médias) d’un théâtre créé il y a à peine plus de 200 ans et déjà en ruine.
    Ils n’ont d’ailleurs d’autres mots à la bouche que République et démocratie, comme si ces systèmes avaient existés de toute éternité et devaient exister de toute éternité.
    Cependant le constat ne suffit pas. La question lancinante est comment se fera le changement?
    Beaucoup d’hypothèses…, beaucoup de rêves, beaucoup d’espoirs, que dira l’avenir ?

  • Pour des raisons diverses, les principaux systèmes électoraux relèvent aujourd’hui de la règle « Un homme, une voix ». S’ajoutant à d’autres phénomènes qu’elle renforce d’ailleurs, cette orientation élimine le rôle de régulation primitivement recherché : l’élu, visant à gagner des voix, multiplie les dispositifs de redistribution en prélevant sur une minorité électorale, au profit de la plus large clientèle. Ainsi dégénèrent des économies dans lesquelles la représentation démocratique étend son rôle en contradiction avec son objet jusqu’à ce qu’intervienne un bouleversement (révolution, dictature éclairée…).
    En admettant de maintenir une représentation élective, pourquoi ne pas envisager un système censitaire moderne ?
    Une solution intuitive est d’attribuer à chacun un poids électoral proportionnel aux prélèvements obligatoires qu’il supporte. Plus précisément proportionnel aux prélèvements obligatoires qu’il supporte (impôts, cotisations sociales…), diminués le cas échéant, des prestations qu’il retire de l’institution objet de la consultation : ainsi pour une consultation municipale, la pondération résulterait des impôts locaux (plus éventuellement une partie des impôts nationaux au titre de la dotation globale de fonctionnement), diminués s’il y a lieu des prestations municipales reçues (p. ex. allocation de chauffage) ; pour une caisse d’assurance maladie, se fonderait sur les cotisations d’assurance maladie ; pour un comité d’entreprise, sur les salaires, la subvention étant elle-même assise sur ceux-ci (en général).
    L’obligation de payer garantirait ainsi un droit proportionnel d’expression, voire de contestation, de sorte que sur une période suffisamment longue, il y a donc négociation entre les prestations du système collectif et le prix payé pour le faire fonctionner.

    Le caractère démocratique de ce système est implicite. Le critère économique réduit en outre les exclusions que nous connaissons : si 1 euro d’impôt vaut 1 point électoral, pratiquement tout le monde vote ; le nombre de petits contribuables peut au besoin contrebalancer le poids des gros contribuables, lesquels ont intérêt à conserver la charge de l’impôt pour se maintenir au pouvoir ; les résidents saisonniers ont un pouvoir électoral dans la commune où ils acquittent un impôt foncier, etc.
    Peuvent ainsi s’exprimer :
    – Les immigrés contribuables réels ;
    – Les entreprises contribuables, actuellement condamnées au silence ou accusées de lobbying ;
    – etc.
    Tandis que les assistés (logiquement peu nombreux) le sont en échange d’un certain pouvoir d’expression.

    Le système énoncé ne préjuge :
    – ni du système fiscal (impôt sur le revenu, le capital, la dépense) ;
    – ni du mode électoral (majoritaire, proportionnel) ;
    – ni du rôle de la collectivité (État minimum, État gérant…) ;
    – ni du système économique.

  • le vice c’est d’appeller « démocratie » notre système actuel, alors qu’il n’en aucun des caractères
    * ce n’est pas le peuple qui gouverne (c’est évident pour tout le monde, je pense) , et
    * ce n’est pas le peuple qui est gouverné (le pouvoir tronçonne le peuple en une multitude de petites sections, jusqu’à parfois l’individu, à qui il applique des règles différentes et donne des ordres séparément)

    D’autre part, dans la mesure où depuis l’enfance tout le monde est dresser à vénérer le mot « démocratie » (le mot ; le concept, lui, on n’en parle jamais), il est juste impossible d’émettre une critique sans passer immédiatement au mieux pour un marginal décalé, au pire pour un dangereux facho. Le bon discours est donc de dire qu’on veut réaliser la démocratie, pas la dépasser.

  • démocratie directe comme en suisse : ce 24 novembre, le peuple sera appelé à se prononcer sur les 2 initiatives populaires suivantes :
    – 1:12 – Pour des salaires équitables. (à l’intérieur d’une même entreprise, l’écart de salaires ne pourrait plus élevé que le rapport de 1 à 12)
    – Initiative pour les familles: déductions fiscales aussi pour les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants
    et sur la loi suivante :
    Modification du 22 mars 2013 de la loi fédérale concernant la redevance pour l’utilisation des routes nationales (Loi sur la vignette autoroutière, LVA) (passage du prix de la vignette autoroute de 40 chf par an à 100 chf par an)
    il y aura également des tas d’autres votations le même jour, sur des sujets plus locaux (cantons, districts ou communes).

    une piste à explorer serait aussi une forme de suffrage censitaire (qui paye décide), on pourra s’inspirer de la loi de 65 sur les copropriétés. on vote à hauteur de ses millièmes, on paye à hauteur de ses millièmes…

    • Cette histoire de 1:12 montre les limites d’une démocratie qui décide (que le choix se fasse pour ou contre le 24) de ce qui n’est pas son affaire.

      • c’est effectivement un des arguments pour objecter très fortement sur cette initiative populaire, qui n’est pas du tout assurée de passer, même si ceux qui gagnent 13 fois et plus le salaire le plus petit de leur entreprise sont ultra minoritaires.

  • moi, je propose une évolution basée sur le bon sens, et l’expérience des 30 dernières années:

    un suffrage universelle à trois bandes ( bandes de cons … armez vos bataillon ! )

    une voix pour chaque citoyen.
    une voix suplémentaire pour chaque cioyen qui travaille.
    une voix suplémentaire pour chaque citoyen qui travaille à son compte.

  • La démocratie directe un peu comme la Suisse oui il y a le discours , par ex Contribuables Associés que je soutiens financierement en achetant leur publication Est – ce qu’ ils la pratique ? non me semble t-il on en revient donc dans ce pays au – faites ce que je dis mais pas ce que je fais .
    Et c’ est la principale raison que je ne suis adhérent d’ aucune assoc , syndic , ou Institut , Ligue etc….

  • =) Comment fonctionne une démocratie ?. Les candidats sont amenés à faire du social-clientélisme, c’est-à-dire à faire des promesses plus folles les unes que les autres pour satisfaire des groupes d’individus.

    Oui et cela porte même un nom : la « pensée magique »… ce système, basé sur le mirage de la récompense, vient de loin, plus exactement des religions qui furent les proto-politiques. Josias ne fut pas le dernier à utiliser ce concept avec sa Bible (Pentateuque)… « faites moi confiance et nous retrouverons le royaume perdu »… si ce n’est pas un programme électoral. La bible n’a certes pas inventé la pensée magique mais elle l’a porté à un niveau (via l’écriture versus la tradition orale) qui raisonne encore dans l’inconscient collectif de notre civilisation. Votez relève de la « croyance ». Pour le meilleur ou le pire…

  • Cette article est bourré de confusions.
    Plusieurs raisons :
    – notre système n’a de démocratie que le nom. C’est un gouvernement représentatif et rien d’autre. Le vote est par nature élitiste, le vote est le contraire de la démocratie (lire Bernard Manin).. Pourtant il s’appuie là dessus.

    – la dictature de la majorité est un véritable problème de la démocratie (la vraie), mais il ne s’applique pas dans nos gouvernements représentatifs où ce n’est pas la majorité qui décide. Au contraire, on peut plus facilement parler de dictature de la majorité dans le système Suisse (en partie) où le « peuple » est amené à s’exprimer plus souvent. L’auteur présente pourtant la Suisse comme un modèle..

    Non-sens…

    • Comme beaucoup je préfère la dictature de la majorité à la dictature d’une minorité, autrement dit oligarchie ou dictature tout court.

      • Je ne me suis pas prononcé là dessus, je fais simplement remarquer que l’auteur de l’article raconte tout et son contraire

    • Concrètement voir ci -dessus oscar n :  » déductions fiscales pour les ….etc  » . Pas facile à voter !
      Comment évaluer les conséquences ? si cette proposition est acceptée et si c’est une manip socialiste probable qu’ il y a une autre proposition dans le tuyau ( ils sont très fourbes
      Les Suisses peuvent se tromper comme semble t – il ce fut le cas pour la soit disant  » libre circulation  » Shengen et corriger plus tard par une autre votation.

    • Mea culpa, c’est bien évidement l’élection qui est par nature élitiste et non le vote.

  • Lol, ho le coup de PUB pour vendre le bouquin, bien vu !!!!

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