Les épargnants sont furieux : Bercy recule sauf sur l’assurance vie

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Entre les petits épargnants et l’Etat, nous assistons au combat de la fourmi contre la cigale.

Par Charles Sannat.

imgscan contrepoints 2013-2278 vol épargneSelon un article de La Tribune de dimanche, « face à la fronde des épargnants, qui a fait douter les députés socialistes qui avaient pourtant voté la taxation de l’épargne longue au taux actuel de prélèvement social de 15,5 %, Hollande fait marche arrière sur certains produits. Selon Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, les PEA, PEL et l’épargne salariale ne seront pas concernés. Seuls les contrats d’assurance vie en unité de compte y seront soumis, dans l’attente d’une réforme plus profonde du produit d’épargne préféré des Français. Les associations d’épargnants demandent au gouvernement que l’assurance vie fasse l’objet d’un moratoire fiscal. »

Voilà encore l’histoire d’un texte mal né, d’une loi stupide, sans réflexion préalable autre que l’idée unique de trouver du fric partout, à tout prix, et n’importe comment. Il se pourrait même que le Conseil constitutionnel invalide cette loi puisqu’elle a pour effet, en particulier sur l’assurance, d’être rétroactive et de casser les contrats signés par les gens il y a des années en en changeant les termes de façon substantielle.

Ensuite, il fallait aller vite et voter cette loi le plus rapidement possible afin d’empêcher les épargnants de fuir ces placements en retirant leurs sous tout de suite, ce qui aurait pu provoquer un « épargne-run » uniquement fiscal.

Alors oui les épargnants sont révoltés. La raison est simple. Un épargnant n’est pas forcément un milliardaire. En fait, un épargnant n’est pas un milliardaire, car le milliardaire dispose de quantités de façons légales d’échapper à l’impôt. Il n’est pas non plus millionnaire car à partir de 2 ou 3 millions d’euros d’épargne financière, le riche épargnant a également de multiples possibilités légales pour y échapper.

Donc si un épargnant n’est pas un milliardaire, ni un millionnaire, c’est qu’il s’agit d’un monsieur tout-le-monde qui a juste mis de côté en se privant aujourd’hui pour pouvoir subvenir à ses besoins demain. C’est donc bien le combat de la fourmi contre la cigale, ou plus exactement le combat de la cigale qui veut s’approprier les ressources de la fourmi puisqu’elle, la cigale, a déjà dilapidé ses ressources et fait des crédits, c’est-à-dire mangé les ressources qu’elle n’avait pas encore. Une fois l’hiver venu… il ne restait plus à la cigale que d’aller se servir directement dans les réserves de provision de la fourmi l’affamant… Mais cela est « juste », nous disent les socialistes. Et il n’y a pas que les socialistes qui en veulent aux noisettes de l’écureuil ou de la fourmi. Il y a aussi le FMI, et tous ceux à qui il manque des ressources.

Chaque jour qui passe, nous nous rapprochons un peu plus d’un « chyprage » (équivalent d’un braquage légal et moderne) par l’État, par les États, de nos provisions, de nos réserves, de nos noisettes. Alors évidemment que les épargnants sont furieux.

Je suis assez surpris que nos ministres, dont aucun ou presque ne brille par sa capacité d’épargne, ne se rendent à ce point pas compte qu’une fois payées toutes nos charges fixes, il est très difficile de mettre de l’argent de côté. Lorsque nous, les gens d’en bas, nous y arrivons c’est parce que nous nous sommes privés et que nous avons fait des efforts de gestion insensés pour y arriver… Et cela, on veut nous le reprendre de façon de plus en plus visible. Cela devient insupportable.


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