Droit au logement : osez, tout est permis !

Publié Par Contrepoints, le dans Politique

Par Edmond De Sorlay.

Nous étions habitués à ce que le droit au logement, vieux serpent de mer de l’extrême gauche, refasse surface chaque automne à la faveur d’une baisse du mercure. Nous étions coutumiers des traditionnelles revendications de réquisitions des logements vacants, de baisse des loyers (voire de gratuité totale du logement), d’augmentation des taxes sur les propriétaires et d’une multitude de mesures visant à dissuader qui que ce soit de mettre son bien (quel gros mot !) en location voire même d’en posséder un !

Cette haine du possédant, à qui l’on reproche finalement de ne pas être plus altruiste que le reste de la population, c’est-à-dire de ne pas accueillir avec plus de ferveur son avis d’imposition, est un travers bien connu en France. Il aura simplement suffi d’une petite cure de fiscalité socialiste pour le rendre finalement moins antipathique ou devais-je dire plus compréhensible aux yeux de beaucoup de Français qui goûtent à leur tour aux plaisirs de l’asphyxie.

Pourquoi alors écrire cet article sur le droit au logement qui n’aura pas pour autre conséquence que d’alimenter le marronnier qu’il dénonce ? C’est que cette année les marrons ont une saveur bien particulière, il y a de l’innovation ! Les élus du Front de Gauche ont cette année sorti la brillante idée de créer un village d’accueil des Roms dans le XVIème arrondissement de Paris. Jusque-là rien d’anormal, nous sommes en démocratie et le Front de Gauche est là bien dans son rôle, il n’y a rien de blâmable à cela. J’ai été en revanche bien plus surpris par la réponse du chef du gouvernement, à savoir, un « pourquoi pas ». Je vous confesse avoir été atterré par tant d’idiotie.

Que ce « village » serve de lieu d’accueil aux Roms n’est pas la question. Il pourrait s’agir d’accueillir des Américains, des Australiens ou des Japonais, cela ne changerait absolument rien au problème, l’auteur n’a aucun souci avec la diversité, bien au contraire. La vraie question est : Comment peut-on se moquer, sans même s’en rendre compte, de millions de Français ?

En effet, suite à l’a priori positif du Premier ministre sur la question, je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux millions de Français qui chaque matin se retrouvent comme moi écrasés dans le RER ou je ne sais quel type de transport en commun, pour arriver à l’heure au travail parfois à plus d’une heure de chez eux. C’est en effet à eux que le Premier ministre va devoir quelques explications. Si le nombre d’hectares de terrains constructibles ne dépendait que de la volonté politique, le problème serait bien différent. Seulement voilà, il y a au moins une réalité à laquelle le Premier Ministre ne peut pas se soustraire : il y a un nombre fini de mètres carrés constructibles à Paris, ce qui a pour conséquence que toute la France ne peut pas dormir dans Paris intramuros. Dès lors, les zones les plus prisées deviennent également les plus chères, c’est la loi du marché. Je sais bien sûr que je ne vous apprends rien en écrivant cela, au Premier ministre non plus rassurez-vous ! Un certain nombre de questions me viennent alors à l’esprit :

Comment le Premier ministre d’un président qui s’est pourtant fait élire sur le thème de la « justice sociale » va-t-il pouvoir expliquer à ses électeurs (et accessoirement à ceux qui n’ont pas voté pour lui) que cette loi s’applique à eux, mais pas aux Roms ?

Comment va-t-il leur expliquer que des logements que les économies de toute une vie ne permettraient pas d’acheter seront désormais réservés à une minorité dont la visibilité dans les médias est presque exclusivement due à une intégration difficile ?

Quel est le message de tout cela ? Pourquoi continuer à payer des impôts, à prendre le RER, à aller travailler alors qu’il suffit d’être la minorité choisie par le pouvoir pour vivre dans un des arrondissements les plus agréables de Paris (est-ce vraiment le cas ? C’est un autre débat !) aux frais du contribuable ?

Pourquoi créer un ministère du Redressement productif et permettre à certains de vivre des aides de l’État bien plus confortablement que les ouvriers auxquels ce ministère est censé donner du travail ?

L’exemple des Américains, des Australiens ou des Japonais que je prenais tout à l’heure n’était pas tout à fait innocent. Imaginez que l’actuel gouvernement décide de créer un village d’accueil des immigrés américains aux frais du contribuable français, révoltant n’est-ce pas ? Seulement l’image que nous avons des Américains n’est pas celle de la veuve et de l’orphelin. Vous ne pouvez pas en dire autant des Roms. La grandeur d’âme de notre Premier ministre et son amour des nobles causes ont fait le reste. Vous n’êtes pas d’accord avec lui ? Ne soyez pas si mesquins, ce n’est pas si mal le RER !

Je ne pourrais clore cet article sans aborder une dernière question fondamentale : où se situe l’intérêt des Roms dans tout cela ? Ont-ils eux-mêmes porté réclamation au Front de Gauche ? Rien n’est moins sûr, quel cadeau empoisonné ! Je suis certainement vieux jeu mais j’aime bien les adages et il m’a rarement semblé aussi évident que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Comment en effet rendre plus impopulaires des Roms qui n’en ont pas besoin, qu’en les faisant passer pour des nantis de la République ?

Puisque apparemment il suffit d’oser pour avoir gain de cause j’ai à mon tour une requête pour le Premier ministre : et si le gouvernement baissait la dépense publique ?

  1. Je doute que le Front de Gauche ait d’autre intention que de pousser par la provocation les « bourgeois du XVIe » à montrer leur « égoïsme ». A mon avis, la meilleure réponse est de se féliciter publiquement de voir qu’il compte enfin dépenser ses fonds dans une action concrète, et de lui demander de préciser combien il y met.

  2. Bravo pour cette article! merci ! je suis en attante de logement social depuis 1 an et voir ce genre de chose me revolte…

  3. J’ai rien contre les ROMs, mais ils apportent quoi à la France ?

    Si on prend un mexicain qui viendrais travailler au noir aux USA en exemple.
    Ce mexicain va travailler sans couverture sociale, il va travailler dur, et souvent se faire des gros pourboires.
    Ce mexicain, pourra prendre des vacances aussi souvent qu’il le voudra dans son pays pour y rapporter le fruit de son dur labeur. Ce Mexicain est heureux. Ce Mexicain ne va pas crier à l’injustice, ne va pas exiger un logement, des soins médicaux gratuits ou je ne sais pas quoi encore. Il ne va pas exister de frustration car on ne lui a rien demandé, ni offert. C’est son propre choix.

    A l’inverse:
    On prend notre Rom, arabe, ou autre immigré qui vient chez nous:
    On lui offre une retraite, même si il n’a jamais travaillé de sa vie en France ou dans son pays
    On lui donne la CMU
    On lui donne un logement social et on paye son eau, electricité….

    Cet étranger va se sentir inutile, floué dans son role et sa personne. Il va déprimer ou devenir violent, drogué ou autre. Il va commencer à se sentir rejeté par le système et les locaux qui ne veulent plus payer pour cela.

    Une réaction inverse va donc se produire. L’intégration ne marchera pas, la violence arrivera, les couts sociaux seront bien sur payés par nous….et les hommes d’Etat vont continuer à nous faire chier avec leur solidarité débile, que eux ne supportent pas de prêt ou de loin.

    Il faut un slogan pour l’Etat: ce qui ne marche pas depuis 40 ans doit forcément marcher un jour !

    1. « Il faut un slogan pour l’Etat: ce qui ne marche pas depuis 40 ans doit forcément marcher un jour ! »
      Je prends, Merci

    2. Ce qui ne marche pas depuis 220 ans
      « La tentative des Jacobins pour refaire la société au nom de la raison pure, constitue une expérience du plus haut intérêt. L’occasion ne sera probablement pas donnée à l’homme de la répéter sur une pareille échelle.
      Bien que la leçon ait été terrible, elle ne semble pas cependant suffisante à beaucoup d’esprits, puisque de nos jours encore, nous voyons les socialistes proposer de refaire de toutes pièces une société d’après leurs plans chimériques. »
      Le Bon, Gustave – La révolution française – 1902

  4. Article suave et délicieux. Merci. Il m’arrive parfois de vouloir moi aussi aller faire sentir la solidarité sociale à mon élu (que je n’ai pas choisi) en allant squatter chez lui, directement. Et de lui dire : vous me demandez un effort pour les autres, il est normal qu’en retour je vous demande un effort pour moi même. Vous exigez que mon logement soit à disposition de gens qui vont le réduire en charpie, ouvrir à tout va les fenêtres au mépris du gaspillage d’énergie (les charges sont incluses), me payez quand ça leur chante ? Hé bien en retour, j’exige de vous le même effort. Et voyons le temps que vous allez supporter cette mascarade.

  5. Il est bien évident que cette proposition procède de la méchanceté la plus vile et la plus crasse, méchanceté dirigée volontairement, dans le désir de nuire, vers les « riches » tant haïs.

    Ces gauchistes sont à gerber d’ignominie et de bassesse.

  6. « Si le nombre d’hectares de terrains constructibles ne dépendait que de la volonté politique, le problème serait bien différent. »

    A Paris, c’est vrai, en effet. En revanche, ailleurs en France, il suffit d’un trait de plume d’un édile ou d’un bureaucrate pour que n’importe quel terrain constructible cesse de l’être, et inversement.

  7. Brillant article, vous évitez tous les écueils et poncifs sur le genre.

  8. Bravo,
    Mais c’est la même chose aussi pour les Français de souche ou autres. Je vis à Rennes et quand je vois des HLM qui poussent comme des champignons dans les quartier les plus huppés de la ville, anciennes serres du parc de Maurepas ou du Thabor, Bd de Sévigné… je suis aussi dégouté

    1. Bien sur, et on serait étonné du nombre de ministres profitant des logement HLM ! Les pauvres !

  9. C’est marrant, ils n’ont pas choisi le 9e, quartier tout aussi blindé de gens riches mais où habitent beaucoup plus d’électeurs de gauche…

  10. Ils envisagent ça parce qu’ils savent qu’ils sont politiquement morts pour l’échéance électorale à venir dans la capitale ?
    Que cet échec à venir en soit la cause ou non, c’est d’une veulerie inqualifiable.

    1. En général dans le seizième, le PCF fait 2 % et le PS entre 3 et 5 %, tout le reste étant aux candidats de droite et centre qui peuvent se multiplier tellement ils ne craignent rien.

  11. Les informations mettent en relief la valeur des droits dans une location qui,en principe,est très importante pour que les locataires sachent cela

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