Pour une écologie libérale (3/3)

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Le libéralisme est une opportunité pour l’environnement et l’écologie, comme le montre l’auteur dans cette analyse en profondeur (3/3).

Le libéralisme est une opportunité pour l’environnement, comme le montre l’auteur dans cette analyse en profondeur (3/3).

Par Grant Mincy, depuis les États-Unis.

Partie 1 et 2 à lire sur Contrepoints

Les mouvements sociaux et la transition

Le mouvement écologiste est un vaste mouvement mondial, engagé dans de nombreux combats. Les sujets sont vastes et d’envergure mondiale comme la lutte contre le changement climatique, d’envergure nationale comme la lutte contre l’implantation du pipeline Keystone XL, et d’envergure locale comme la lutte contre la construction de routes. Avec tant de luttes en cours, quiconque se sent concerné peut contribuer au combat pour défendre et protéger la cause qui lui tient à cœur, par tous les moyens acceptables d’un point de vue individuel. Personnellement, je vis dans les Appalaches, je suis impliqué dans de nombreux mouvements sociaux qui tentent d’arrêter l’extraction minière à ciel ouvert, le déclin des espèces, la déformation des paysages et l’endiguement des rivières.

Les mouvements sociaux et les organisations grass-roots, couplés aux marchés libres, sont extrêmement importants car la structure et la nature profonde des grandes institutions est de faire ressortir le pire chez les gens – qu’il s’agisse d’institutions publiques ou privées. Ils sont tout-puissants et la collusion de l’État avec l’industrie des énergies fossiles est terriblement dangereuse pour les gens qui tiennent à leur patrimoine naturel et culturel. Si les individus ont un problème avec ce qui arrive où ils vivent, ils ont droit à l’action civile et à la désobéissance.

Mais, qu’en est-il des marchés libres ? Contrairement à une croyance populaire au sein des écologistes étatistes, si les marchés étaient libérés, l’industrie des énergies fossiles ne gagnerait pas tous les droits à polluer. Au contraire, dans un marché radicalement libre, des économies de transition se développeraient et une approche de la gestion des ressources plus collaborative et adaptative, respectueuse de l’écosystème, émergerait (simplement parce que l’industrie est bien trop coûteuse pour opérer sans d’énormes subventions). Seule l’absence d’institution centralisée rendrait ça possible.

Mais à quoi un tel système pourrait-il ressembler ? Il est impossible de savoir avec certitude comment un tel système peut être géré lorsque les formes sociales de marché sont spontanées ; mais quelques arguments peuvent être avancés sur ce qui pourrait arriver. Les dimensions humaines dans la gestion des ressources seraient de plus en plus importantes tandis que la redistribution du pouvoir des agences de ressources vers les communautés qu’elles servent aurait tendance à croître. Ces aspects humains seraient source de débats et d’échanges honnêtes entre les professionnels, les parties prenantes et les membres de la communauté affectés par les politiques de gestion. Ces approches occasionneraient une collaboration entre les agences et les gens, autrement dit une prise de décision démocratique. Impliquer les citoyens tout en favorisant les échanges publics et le débat raisonné conduirait au consensus et rendrait légitimes les décisions de gestion. Un tel processus public permettrait d’éviter la prise de contrôle d’une agence, tout en favorisant la représentation des attentes des gens, et non les intérêts de nos institutions ou de l’industrie.

La collaboration adaptative pourrait alimenter la transition. La gestion par la collaboration adaptative (GCA) est un modèle de résolution de conflit développé pour résoudre des problèmes complexes nécessitant une action collective. Dépassant les points de vue personnels, ce style de gestion convie la science, la politique et les intérêts sous-jacents à s’unir pour clore les conflits. La GCA vise à développer des résolutions bénéfiques à tout les points de vue. Bien que ces résolutions nécessitent de relever de vrais défis, il est de plus en plus évident que les défis auxquels nous faisons face au 21ème siècle requièrent une action collective. Ces défis nécessitent que des idéologies en opposition fassent des compromis difficiles en vue de solutions durables. La GCA est un instrument efficace pour amener des intérêts divergents à prendre ensemble des décisions difficiles. La collaboration adaptative est une approche beaucoup plus démocratique de la résolution de conflits, contrairement à l’approche bureaucratique fondée sur une vision « top down ».

La GCA peut être décrite comme un modèle simple, composé de quatre niveaux. À mesure que les participants déroulent le modèle, chaque niveau est conçu pour éviter le conflit et promouvoir le compromis entre les différentes parties qui s’opposent. Le modèle se présente comme suit : la GCA identifie d’abord le sujet du conflit, puis pourquoi il existe, pour demander ensuite aux individus de développer des options pour un plan d’action, pour finalement établir un plan d’action en vue d’en finir potentiellement avec le conflit. Déterminer sur quoi porte le conflit conduit chaque partie à exprimer son point de vue et ses préoccupations. Cela permet à tous les membres du processus GCA de présenter leurs positions tout en permettant aux intérêts, aux motivations et aux sentiments d’être entendus par le groupe entier. Le fondement de la collaboration est obtenu en discutant des raisons de l’existence du conflit. Tout d’abord, ce processus appelle à se concentrer sur le problème tout en tenant compte de tous les intérêts sous-jacents. Ceci permet ensuite aux participants d’examiner et de comprendre les liens émotionnels de toutes les parties concernées, et d’humaniser les arguments. Tandis qu’on examine les différents points de vue, les parties prenantes peuvent commencer à trouver un terrain d’entente. Le modèle adopte alors une approche plus progressive pour résoudre le conflit.

Il y a plusieurs conséquences impliquées à la fois dans le succès et l’échec de l’utilisation de la GCA. Le succès dans le processus mènerait à un certain nombre de résultats souhaitables. Le plus important serait sans doute l’émergence d’un leadership pragmatique de la communauté. Concernant la gestion des ressources naturelles, c’est important parce que la GCA fusionnerait différentes opinions ensemble pour promouvoir un usage durable des ressources. Ceci pourrait conduire en outre à une administration et à des pratiques environnementales bénéfiques à la gestion des ressources naturelles. Le nouveau sens de l’administration profiterait à la communauté tout en réduisant les impacts environnementaux. D’un autre coté, l’échec d’une collaboration sur les pratiques de gestion des ressources naturelles entraînerait des effets néfastes pour l’environnement et l’arrêt du développement d’une communauté durable.

Les gestionnaires des ressources naturelles du 21e siècle ont du pain sur la planche. La civilisation se rapproche d’un point de l’histoire de l’humanité où elle sera forcée de compter avec les effets anthropiques sur la biosphère. Nous vivons maintenant une époque où nous pouvons physiquement voir et expérimenter l’impact de notre empreinte écologique. Il y a une véritable domination humaine sur tous les systèmes mondiaux. Cette domination affecte toute une gamme de sujets, de la santé humaine aux politiques que nous menons. Alors que nous empiétons davantage sur les systèmes naturels, la transmission de nouvelles maladies à l’homme via les animaux et insectes est en croissance rapide. Un important problème politique qui monte actuellement aux États-Unis est la réforme de l’immigration. Des études suggèrent qu’un grand nombre d’agriculteurs mexicains pourraient migrer vers le nord en raison des effets du changement climatique sur le rendement de leurs champs. Il existe de nombreux autres exemples de liens entre l’impact de l’homme sur la biosphère et les affaires courantes. La question est de savoir comment l’humanité peut répondre à ces questions.

Les implications de ces défis nécessitent une approche scientifique de la gestion des ressources pour accompagner rapidement les changements face à la grande incertitude que nous réserve l’avenir. Cette incertitude résulte des changements environnementaux mondiaux, des politiques économiques « néo-libérales » et de la mondialisation de l’économie. Nous devons commencer à interroger les implications à long terme de l’utilisation de nos ressources naturelles, tout en prêtant attention aux exigences sociétales et au bien-être dans un marché mondialisé. Les experts des sciences naturelles et des sciences sociales, les politiciens, les secteurs privé et public doivent commencer à travailler ensemble pour restaurer la biosphère, protéger la bio-diversité et promouvoir la durabilité. Nous devons faire preuve d’honnêteté concernant les limites de nos écosystèmes naturels et mettre en œuvre des politiques qui répondent le mieux possible aux besoins, à la santé et aux exigences d’une société éclairée. En agissant de cette façon, les gestionnaires des ressources peuvent contribuer à la santé de la biosphère sur le long-terme. Utilisée de façon ouverte et responsable, la GCA est un mécanisme qui peut démocratiquement fusionner ensemble des intérêts divergents pour une meilleure planète.

Les caractéristiques les plus importantes de cette gestion par la collaboration adaptative sont sans doute la participation constante et la diversité des idées. Cela permet aux participants d’avancer vers le meilleur plan possible. Cependant, cette diversité a de très larges implications sur la conduite des affaires. La GCA peut être utilisée comme un argument pour promouvoir la redistribution du pouvoir, pour défendre des idées qui profitent aux gens, au véritable marché et à l’environnement.

L’implication collaborative donne à chaque citoyen une voix plus importante dans le processus de décision dans la mesure où elle rejette une approche « top-down » de la gestion des ressources.

Au delà des frontières politiques

Les États ont découpé les paysages, non pas en se fondant sur une approche scientifique de la gestion des ressources, la géologie ou l’écologie, mais plutôt selon des fins politiques. Les États ont dessiné des lignes fictives sur le sol dans le seul but de déclarer les terres comme leurs propriétés – et donc en vue de les exploiter. Dans une société sans État, il y aurait toujours des frontières, mais elles ne seraient pas politiques.

Une vraie société libertarienne analyserait plutôt les terres en terme de lignes d’eaux, d’écosystèmes, de capacité à la production alimentaire, de ressources disponibles à l’échange, de patrimoine culturel etc. Sans frontières politiques, mais avec des frontières naturelles, l’humanité serait davantage consciente de ses environnements naturels, des ressources à sa disposition, et les relations entre communauté et environnement seraient bien mieux comprises. Dans cette société, nous serions libérés des institutions centralisées qui nous volent cette expérience et nous privent de toute chance de mélanger notre travail productif avec ce qui devrait être « notre » territoire.

En résumé, nous récupérerions notre patrimoine culturel. Comme l’anarchiste Gary Snyder l’a finement soutenu dans « The Practice of the Wild« , si les gens vont au-delà des institutions politiques et voient nos juridictions comme un territoire vierge et naturel, alors l’action politique s’efforcerait de protéger encore plus ce paysage naturel. Lorsque nous sommes fiers de notre travail personnel, de notre communauté et de notre environnement immédiat, nous trouvons un intérêt collectif à protéger nos paysages naturels – notre nouvelle relation avec le patrimoine culturel l’exigerait. Nous chercherions à prendre soin de l’eau, des plantes, des animaux, et de toutes nos ressources parce qu’elles feraient partie de notre environnement immédiat : il s’agirait d’une nouvelle façon de s’organiser politiquement et je crois que c’est ce qui arriverait dans une société sans État.

Aujourd’hui, c’est le cœur du mouvement environnementaliste libéral : protéger les liens forts avec les territoires, protéger les lignes d’eaux et les paysages, protéger la biodiversité, et aller au-delà de la destruction de ces communautés écologiques. Ces idées devraient triompher au sein des libéraux puisque car, appliquées, cela libérerait la société des économies centralisées et des gouvernements hégémoniques.

Remise en question de la technologie

Eh, si les écologistes obtiennent ce qu’ils souhaitent, nous allons tous vivre dans des huttes en terre ! C’est une objection commune faite aux verts, une objection à courte vue à vrai dire. Tout bon écologiste sait que les villes sont (ou peuvent) être incroyablement durables et plus il y aura de volontaires pour y vivre, plus il y aura de terres protégées de l’étalement urbain. Il n’y a aucune raison de retourner aux huttes en terre, il y a toutes les raisons d’emprunter résolument la voie du du 21ème siècle.

Toutefois, les libéraux écologistes, doivent s’élever contre la technologie – et pas uniquement contre les malheurs de la consommation. Produit d’un travail créatif, la technologie est bien sûr très bénéfique et sera une aide précieuse pour un développement économique durable. Mais d’un autre coté, à voir les progrès technologiques appliqués à la planète entière (le cas le plus extrême : la géo-ingénierie du climat), à l’humanité (voir les fuites concernant la NSA) et à tout être vivant, il y a une domination anthropocentrique absolue sur les systèmes écologiques. Un bon exemple est bien sûr la technologie nucléaire, particulièrement les armes. La grande course à l’armement nucléaire entre les États a créé suffisamment de puissance pour mettre fin à l’humanité, exterminer l’espèce humaine et menacer l’évolution écologique de notre planète. Aux mains des États, la technologie nucléaire est hégémonique et terrifiante. Il y a de nombreux autres exemples de technologie dangereuse mais, en dernière analyse, la technologie conduit à une vision du monde simpliste et hégémonique ; c’est une insulte à la nature humaine.

La technologie contribue aussi à une centralisation du pouvoir, d’autant plus que c’est l’intelligentsia privilégiée qui oriente l’innovation principalement dans ce domaine. Cela donne à l’élite le pouvoir de dominer tout le monde. La technologie est née dans un système de hiérarchie et d’autorité qui défend les structures sociales basées sur la tyrannie. L’écologisme et le libéralisme forment ensemble le cœur de la dissidence contre cette autorité puisqu’ils sont tous deux opposés au pouvoir privilégié de quelques-uns.

Quelle meilleure raison pour les mouvements libéraux que d’adopter l’écologie ? Concernant l’énergie, les sociétés de combustibles fossiles sont centralisées sous l’égide de ‘État. Comme le savent les libertariens, « la guerre est la santé de l’État », nous devrions aussi savoir que l’industrie des énergies fossiles alimente ses agressions. Pour assurer sa survie, la dépendance de l’État envers l’industrie des énergies fossiles est absolue : de la production de l’armement, à la militarisation (jusqu’à l’espace), en passant par l’hégémonie, le transport, l’encouragement à la consommation etc. La raison pour laquelle l’énergie fossile est si importante est que l’État en est dépendant.

La véritable solution à la crise énergétique et environnementale est l’autonomisation et la prise de pouvoir social, en remplacement de la foi sociale en un pouvoir centralisé par des institutions dominantes. Cela ne nous ramènera pas des siècles en arrière, mais va plutôt nous conduire, via des économies de transition, vers une démocratisation de la technologie. La démocratisation de l’énergie est une grande inquiétude de l’État, parce qu’une fois que nous aurons réalisé quel est le pouvoir de l’État et son influence sur nous tous, tout s’effondrera. Il n’y a aucune raison que nous soyons branchés sur un réseau électrique centralisé et que notre mode de vie dépende de quelques entreprises. La démocratisation des technologies émergentes et de l’énergie permettra aux gens de sortir du réseau centralisé et conduira les individus et les communautés à s’alimenter eux-mêmes, via les transactions de marché et les ressources à leur disposition : réseaux intelligents, nouvelles technologies de l’énergie solaire, éolien à petite échelle, géo-thermique, micro-générateurs, jardins communautaires, fermes urbaines, économies locales émergentes etc. Nous pouvons d’ores et déjà sortir des grandes institutions centralisées.

La première étape de cette transition est de commencer par le plus simple : l’efficience énergétique. L’efficience est une façon de réduire les coûts en vue de nous préparer à une nouvelle ère débarrassée des énergies fossiles. C’est aussi incroyablement démocratique. Il s’agit simplement d’isoler et d’améliorer nos maisons et les entreprises, qu’elles soient privées ou publiques, afin de conserver davantage d’argent dans nos poches. Le travail d’efficience énergétique dans nos maisons et nos lieux de travail nous rendra moins dépendants des formes centralisées de production d’énergie. Autrement dit, plus il y aura d’argent dans nos poches, moins il y en aura dans les mains des monopoles publics. De même que l’industrie fossile a fortement dépendu de la mécanisation pour rendre les entreprises efficientes, les programmes d’isolation et d’efficience énergétique au sein des communautés créeront des emplois pour tous les niveaux d’éducation et de revenu ; ainsi les gens qui auront perdu leur travail lié au machinisme obtiendront en échange un travail qui aura du sens. Comme pour toute économie de transition, lorsque la recherche et le développement sont libérés des intérêts des sociétés d’État, de nouvelles technologies apparaîtront ; mais l’efficience énergétique est notre premier pas vers la libération de l’énergie.

Une considération écologique

Une société libérée et sans État prônerait la liberté d’expression, célébrerait les différences d’opinions et mettrait tout en œuvre pour protéger toute forme de vie (bactéries, insectes, plantes, reptiles, mammifères, amphibiens, etc.), les habitats, les écosystèmes, et nos précieuses ressources naturelles. L’humanité vivrait par le consentement géologique et écologique : elle serait dépendante de la nature et s’enrichirait grâce aux vastes territoires et aux espaces sauvages. Une société libertarienne serait dépendante de zones étendues de la planète, préservées de la présence de l’Homme, et dont il n’exploiterait pas les ressources pour sa consommation.

La diversité biologique est extrêmement importante. L’homogénéisation de la biosphère agit comme la commercialisation de la vie humaine. Vu que les espèces tendent vers l’extinction et que les paysages sont altérés pour une consommation inutile, cette homogénéisation est très possible et menace de nous voler nos lieux de recueillement. Sans paysage naturel, l’être humain serait totalement industrialisé et nos vies seraient absolument dégradées. Nous n’aurions plus de territoires ni d’espaces sauvages.

Nos cités et nos villes sont absolument incroyables. Nous avons construit des communautés fascinantes, durables et des voisinages qui signifient tant pour nous. Nous avons travaillé pendant des siècles pour construire ces lieux et ils devraient être célébrés. Cependant, la colonisation a ses effets, et en abuser ne serait pas une bonne chose, comme le note Eward Abbey :

Si tous les États-Unis étaient devenus une énorme colonisation, une grande ville, il n’y aurait plus rien pour la comparer. On perdrait le mode de vie rural, le mode de vie agraire, les fermes, les ranchs, les espaces ouverts, les forêts, les déserts, les montagnes et les rivages. Tout aurait été débordé, dévoré. Il semble que ce soit la direction vers laquelle nous allons à présent. Et si nous parvenons à ce projet fou d’essayer de dominer toute la planète et de tout réduire à une culture industrielle, nous nous retournerons alors les uns contre les autres et nous commencerons à en dévorer une autre encore plus vigoureusement et férocement que ce que nous sommes déjà.

Plus il y a d’espaces libres et sauvages préservés, moins il y a d’espaces disponibles pour être exploités par les industries et les États. La préservation de la nature ralentira l’industrialisation de la planète et freinera la croissance des États. La protection de l’environnement nous libérera du consumérisme, de l’énergie et des technologies injustes. Cela nous libérera de notre obsession de la croissance. Cela nous libérera, ainsi que la nature, des pouvoirs centralisés et de la suprématie technologique. Qui sommes-nous pour nous refuser, à nous-mêmes et aux générations futures, la vertueuse expérience des contrées sauvages et de la vie sauvage ?

Le libéralisme et les espaces sauvages sont nécessaires pour la survie de chacun. Comme Gary Snyder le dit : « Sauvage ne signifie pas désordonné ; ça signifie une autre forme d’ordre. » Une autre forme d’ordre dont nous avons, en tant qu’espèce vivante, désespérément besoin.

Travaux cités :

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  • Armsworth, Paul ET Al. Ecosystem Service Science and the  Way Forward for Conservation. Conservation Biology, Vol 21, No. 6.  Society for Conservation Biology. 2007.
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Sur le web