Pourquoi le FDP ne siège plus au Bundestag

En défendant des politiques centralisatrices, égalitaristes et socialistes et en étant incapable de défendre de manière crédible la libre concurrence, la subsidiarité et la responsabilité individuelle, le FDP ne pouvait être choisi comme parti libéral.

Par Luis I. Gómez

Pratiquement aucun observateur politique sérieux n’aurait osé pronostiquer la débâcle électorale du 22 septembre dernier. Après tout, le FDP fait partie de l’inventaire démocratique et parlementaire des 60 dernières années. De fait, en regardant posément les chiffres, on voit comment dans les Länder de l’ouest, les troupes de Rösler dépassent bien la barrière magique des 5%. C’est dans l’est que les libéraux ont définitivement perdu leur condition de « parti parlementaire », là où a fait le plus mal la « trahison ».

FDP bundestagswahl

Le FDP a maintenant, grâce aux électeurs de l’est allemand et après la tentative de tromperie brutale des électeurs, une occasion unique pour récupérer, depuis l’opposition extra-parlementaire, les principes fondateurs sur lesquels se base le « F » de leur sigle : Freiheit, Liberté. Et, croyez-moi, c’est une magnifique opportunité.

En premier lieu, ils disposent d’une opportunité extraordinaire pour se libérer de tous les appareils et groupuscules enkystés après des décennies de vie à l’ombre du pouvoir des autres. Fini l’open-bar au Bundestag, la vie facile aux dépens du budget général de l’État, choses qui, soit dit en passant, ne collent pas très bien à un parti libéral. Soudainement, les « libéraux » qui vivaient aux crochets de l’État depuis 60 ans se retrouvent en situation de « désintoxication ». Ce sera très dur, comme l’est toute thérapie visant à arrêter la consommation d’une drogue, mais peut-être arriveront-ils à récupérer la santé perdue. Le retour au parlement en 2017 (en supposant que l’on ne doit pas voter avant) ne sera en aucune manière facile. Du coup, les « libéraux » ne seront plus invités aux débats politiques télévisés. Devant l’apparition de nouvelles lois ou de changements de celles existantes, les rédacteurs des différents médias auront peu d’intérêt pour savoir ce que pensent les « libéraux », éloignés du bouton de vote parlementaire. Absents des conseils des ministres, des photos du gouvernement, et même sans invitations pour les festivités officielles… juste pour un « nous voulons être sur la photo », ils ont trahi l’essence libérale fondatrice de leur propre parti.

Pour le dire en peu de mots :

Ils ont trahi sans pudeur le principe libéral de subsidiarité, c’est-à-dire, pour reprendre les mots de F.A. Hayek, le principe selon lequel « alors que l’ordre spontané global que la loi procure est la condition indispensable pour le succès de la majeure partie des comportements privés, les services fournis par le gouvernement – à part celui de garantir le respect des normes de droite conduite – doivent avoir, par contre, un caractère purement collatéral ou subsidiaire en relation avec la fourniture des besoins basiques normalement satisfaits par le secteur privé. » La politique européenne est du centralisme pur et l’acceptation du fait qu’une instance centrale-étatique assume les problèmes privés, en l’espèce d’États particuliers et d’entités financières particulières. Le slogan « Plus d’Europe » n’est rien d’autre que « Plus d’État ».

Ils ont commis un péché contre le principe libéral de la libre concurrence du marché. Prêcher en faveur de lois et de systèmes d’harmonisation (fiscales, bancaires) au sein de l’Union européenne n’est pas autre chose que limiter la liberté du marché via l’égalitarisme, des régulations et l’annulation de la libre concurrence.

Ils ont trahi le principe de responsabilité individuelle avec l’agression constante au commandement du traité de Maastricht « No Bail Out ». Non seulement ils ont aidé à détruire le mur qui existait entre les contribuables/épargnants allemands et les mains percées méditerranéennes, mais ils ont en plus appuyé la socialisation en douce des dettes ( de presque tous) au sein de la zone euro.

Un parti qui en Europe défend des politiques centralisatrices, égalitaristes et socialistes, alors qu’en même temps, chez lui, il n’est pas capable de défendre de manière crédible la libre concurrence, la subsidiarité et la responsabilité individuelle ne peut être choisi aux élections comme parti libéral.

Il leur reste quatre très dures années à partir de maintenant pour changer… ou pour disparaître définitivement.

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Traduit de l’espagnol.