Polémique Valls-Taubira : l’État régalien vacille

La guerre qui fait rage au sein du gouvernement entre les ministre de l’Intérieur et de la Justice est à l’image de l’état chancelant des fonctions régaliennes du pays.

La guerre qui fait rage au sein du gouvernement entre les ministres de l’Intérieur et de la Justice est à l’image de l’état chancelant des fonctions régaliennes du pays.

Par le Parisien libéral.

La presse se fait l’écho de la différence de principes qui semblent présider à l’action de deux ministres de premier plan : Christiane Taubira, ancienne quasi-indépendantiste guyanaise devenue garde des sceaux, et Manuel Valls, franco-suisse [1] adoubé par le Bilderberg [2], ancien maire d’Évry, ville franc-maçonne pas assez white [3], et ministre de l’intérieur.

On trouve dans cette passe d’armes médiatique les limites de la méthode utilisée par François Hollande et Jean-Marc Ayrault pour constituer un gouvernement, c’est-à-dire, théoriquement, une équipe managériale composée de gens au top dans leur domaine, dont on juge qu’ils seront efficaces pour diriger l’entreprise France.

Quel a été le dénominateur utilisé pour constituer ce gouvernement ? La géographie de la majorité plurielle ? La parité hommes-femmes ? Le facteur sociétés secrètes ? Le score à la primaire du PS ? Sans doute un peu de tout cela. Du coup, l’équipe est occupée à régler ses différends, en place publique au lieu de se concentrer sur l’action, qui pourrait être par exemple :

  • Proposer un budget en équilibre, financé par des impôts à assiette large et basse (flat tax) et finançant essentiellement le domaine régalien de l’État (police, justice, armée et diplomatie) de préférence dans un cadre fédéral européen.
  • Restaurer l’efficacité de la justice, c’est-à-dire amener à se faire rencontrer les buts et les moyens, et notamment ajuster les peines aux objectifs. L’État réprime à tout va (infractions routières, port du voile, consommation de stupéfiants), alors en toute logique il devrait accroître sa capacité à faire appliquer des peines.
  • Préciser à quoi sert notre armée : protéger le territoire national (comme l’armée Suisse) ou aller faire des guerres contre le terrorisme, à l’étranger (comme l’US Army que la presse française, anti George W Bush, a tant aimé critiquer).
  • Protéger le droit de propriété et les libertés individuelles, tant qu’elles n’empiètent pas sur la liberté d’autrui, y compris les libertés religieuses.
  • Organiser le downsizing de l’État dans les domaines où il n’a rien à faire.

Pendant que les ministres se chamaillent en oubliant la charte déontologique qu’ils ont signée il y a un an, des juges font des Murs des Cons, trahissant l’impartialité qu’on attend d’eux, et des policiers se comportent comme des agents provocateurs, quand ils n’appréhendent pas des sans-papiers, des gens qui n’ont pas le bon faciès ou des manifestants pacifistes au lieu de s’attaquer à la vraie délinquance, celle qui tue, par balles perdues, tous les mois à Marseille.

François Hollande promettait une France apaisée. Apparemment, la guerre qui fait rage au sein du gouvernement reflète mieux l’état réel des tensions du pays que les discours du PS. Peut-être que le président de la République, enfermé  dans le pavillon de la Lanterne, à Versailles, qu’il aime tant, a coupé son téléphone. Si ce n’est pas le cas, peut-être pourrait-il passer un coup de fil à son premier ministre, pour exiger la démission de Valls et Taubira ? Une réflexion sur le rôle de ce gouvernement Ayrault pourrait être menée, à l’occasion.


Sur le web.

Lire aussi : Polémique Valls-Taubira : Hollande récolte ce qu’il a semé !

Notes :

  1. La Cote.ch : Manuel Valls, un Suisse à Paris ? 
  2. Manuel Valls et le groupe Bidelberg : interview de We are change Paris.
  3. Manuel Valls écouté par un micro de D8 : « belle image … belle image de la Ville d’Evry … ! Tu me mets quelques white, quelques blancos ? Hé hé hé ! »