World War Z : l’État, seul rempart contre les zombies ?

Si le blockbuster estival avec Brad Pitt remplit son objectif de divertissement familial, le propos est toutefois idéologiquement orienté.
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World War Z : l’État, seul rempart contre les zombies ?

Publié le 15 août 2013
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Si le blockbuster estival avec Brad Pitt remplit son objectif de divertissement familial, le propos est toutefois idéologiquement orienté.

Par Franck Elkeslassy.

Le point commun des films de zombies est de confronter un groupe plus ou moins large d’individus à un monde hostile peuplé de morts vivants ne pensant qu’à une chose : les dévorer. Cet aspect fantastique permet aux cinéastes de faire ressortir l’humanité des personnages confrontés à ce phénomène. Il permet également de comparer et de mettre en perspectives les failles (ou avantages) des systèmes d’organisation que nous connaissons déjà (démocratie, despotisme, communautarisme..) ou pas encore (anarchie).

Le blockbuster estival World War Z nous propose de suivre Brad Pitt, incarnant un expert de l’ONU à la « retraite », tentant de remonter la piste du virus ayant transformé l’humanité en zombies avides de chaire fraiche. Ce film remplit son objectif de divertissement et de spectacle de l’été avec d’impressionnantes séquences de poursuites, notamment dans les vingt premières minutes, ou de destructions massives. Cependant, contrairement aux autres films de zombies, World War Z peut quasiment être considéré comme un divertissement familial tant les séquences traditionnellement crues ou violentes sont aseptisées.

Ce n’est malheureusement pas son seul défaut ; en effet, le film de zombies présente l’avantage non négligeable de ne pas stigmatiser un pays, une race ou une ethnie en particulier. Ce procédé, très pratique en ces temps de politiquement correct, est censé donner aux réalisateurs une liberté plus importante pour mettre en avant des idées ou des concepts iconoclaste.

Dans le cas de World War Z, la question est assez simple : dans un monde menacé par des hordes de zombies, ou le chaos se généralise, vers qui peut-on se retourner ? La réponse est assez simple : l’ONU, l’armée, l’OMS…

Le film ne donne pas le point de vue d’un groupe d’individus confrontés au phénomène, ce qui fait l’intérêt de ce genre cinématographique, mais plutôt le point de vue des organisations étatiques ou supra étatiques qui seules peuvent répondre à cette externalité ultime.

La façon dont elles répondent à cette menace est d’ailleurs intéressante car elle révèle le caractère intrinsèquement violent de l’État quelle que soit sa nature : une dictature – la Corée du Nord – qui arrache les dents de ses citoyens pour éviter qu’ils mordent et enrayer ainsi la contagion, une démocratie – Israël – qui construit un mur géant et encercle les habitants de Jérusalem permettant de les isoler du reste du monde – sans grand succès.

Il faut remarquer que dans le livre qui a inspiré le film, c’est Cuba qui ressort grandit de la crise et, à l’inverse, ce sont des goldens boys de Wall Street qui sont forcés de creuser des tranchés à New York et participer ainsi (enfin) à un effort collectif et utile. L’impression est donnée qu’un système dominant, le capitalisme quelle que soit sa forme, s’effondre alors qu’un autre, le collectivisme quelle que soit sa forme, reprend sa place légitime.

Pour avoir une idée de ce qu’il est possible de faire passer comme message autrement plus intelligent dans une fiction de ce genre, je conseille vivement l’excellente série télévisée The Walking Deads. En effet, sans être purement libérale, cette série prend le temps de confronter un groupe de personnes assez disparates à un phénomène similaire en se concentrant sur la façon dont les individus vont évoluer sans organisme étatique ou para-étatique pour les sauver.

Le groupe est notamment composé d’un sheriff qui explique à quel point les règles du jeu ont changé et que, dans ce nouveau monde, il n’a plus le monopole de la violence légale. Les thèmes du droit de propriété et du libre arbitre sont abordés de manière intelligente et peu commune à la télévision à de nombreuses reprises dans la saison 2. Au niveau visuel, cette série est également très crue et violente ce qui donne un réalisme renforçant les problématiques auxquels le groupe est confronté.

En conclusion, il est préférable de délaisser un énième blockbuster aseptisé présentant les organisations étatiques mondiales comme seul rempart contre les catastrophes et préférer l’approche individualiste et réaliste de la série The Walking Dead qui valorise la libre coopération entre individus dans un monde pourtant proche de celui de Thomas Hobbes.

Voir les commentaires (16)

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Créer un compte Tous les commentaires (16)
  • Pour avoir vu le film, il me semble que vous êtes particulièrement caricatural. Je ne connais pas la série que vous proposez mais:
    – World War Z pose une propagation et une solution virales au problème. Si l’intrigue est la recherche de solution, mieux vaut à un moment faire entrer dans la boucle des labos. Comment produire un vaccin sinon?
    – Suivre un groupe c’est bien mais là ce n’est pas le sujet. Nous suivons un homme qui, seul, prend des décisions et sauve ce qui reste.
    – Des groupes isolés, il y en a. Ils luttent. Mais combien de temps peuvent-ils tenir face à une telle menace? Le changement comportemental est radical.
    En plus, on devrait être heureux, le film nous épargne Cuba en fête et les traiders transformés en mineurs.
    Ce film a un brin de dérision. Voyez qui est le zombi enfermé dans la salle.

    Dans le même cadre, il y avait « 28 jours plus tard » et « 28 semaines plus tard ». Dans le deuxième volet, ce sont bien des individus isolés qui foutent le bordel étatiste en respectant pas les protocoles médicaux.

    • Franck Elkeslassy
      16 août 2013 at 10 h 27 min

      La critique que je propose (et non la caricature) repose sur la sous-utilisation des libertés scénaristiques que propose normalement ce genre de film. Je vous invite donc à regarder la série The Walking Dead afin de mieux comprendre ce décalage (cela vous évitera de confondre un spectateur critique et un zombi enfermé dans une salle).

  • 1 pour the walking dead.
    Pour le reste je suis sceptique… Libéral oui, n’empêche que personne d’autre qu’un état a par entière une une entité supra-étatique peuvent mettre a disposition des moyens et des forces de frappes de grande ampleur. Et dans ces conditions, ce sont (dans un premier temps) ces forces la dont nous avons besoin…

    • Donc, le risque d’invasions aliens et de zombies justifie l’étatisme…
      🙂

    • Franck Elkeslassy
      16 août 2013 at 10 h 37 min

      Je trouve que c’est le rôle de la science fiction (au sens large) de sortir du cadre classique de la réflexion, notamment sur ces sujets que sont les catastrophes (quelque soit leur nature). Si l’on veut sortir du raisonnement classique de l’état nation comme sauveur en dernier ressort, il convient alors de réfléchir à d’autres modes d’organisations qui peuvent apparaître comme utopique aujourd’hui : c’est ce qu’un bon livre ou film de science fiction se doit de proposer.
      Il n’en reste pas moins que le système de gestion de crise majeure par l’état se doit aujourd’hui d’être critiqué même si cet aspect régalien peut paraître légitime : http://mises.org/daily/1909

  • Contre une catastrophe à l’échelle planétaire, je vois difficilement comment l’humanité pourrait résoudre la crise sans mettre en commun les ressources. Des petits groupes isolés ne peuvent que « survivre ».
    Où alors pour reprendre une autre analogie à un film nouvellement sorti « Elysium » , les plus nantis s’isolent créent un « Eden » et laissent les autres crever…

  • Encore un film à la gloire du monde vaccinal et de la généralisation de ce type de traitement, au mépris des libertés individuelles autant que de la rigueur scientifique…
    On consultera avec intérêt le commentaire suivant.
    http://www.initiativecitoyenne.be/article-world-war-z-le-film-manipulateur-qui-vante-les-vaccins-de-big-pharma-et-de-l-oms-119082044.html

    • Je suis contre les vaccins, je pense que « la solution vaccinale  » trouvée à la fin du film n’est qu’un détaille. Le problème le plus important est : chacun essaye de sauver ses fesses comme il peut ou on essaye de trouver une solution ensemble ?

    • Je resterais prudent sur cette histoire de manipulation. Peut-être est-ce vrai mais je n’en sais rien.
      J’insisterais sur deux points quand à ladite manipulation :
      – la vaccination du film est obligatoire car l’infection est définitive chez le malade, persistante, contamine à 100% à cause du comportement du porteur. Le taux d’attaque est donc particulièrement élevé. Pour les autres pandémies, le taux d’attaque est beaucoup plus bas car le confinement est simple. Il suffit de limiter ses déplacements et de créer un plan de continuité d’activité simple pour limiter la casse. Dans ce cadre là, comme toute pandémie a une durée de vie courte avec un pic, la vaccination n’a pas d’importance sauf pour certains profils de personne. Dans WW-Z, si tu ne t’inocule pas un leurre, tu ne peux plus vivre à l’air libre. C’est un choix.
      – pour ce qui est de la manipulation sur ce qu’est une pandémie, il fait bien intégrer que la facilité de déplacement sur le globe lié au temps d’incubation est à même de faire naître des clusters (foyers infectieux limités) un peu partout sur le globe. Quand ils sont en France, ça passe car on a des moyens d’actions. Mais dans le tier monde, ça ne passe plus. Un, il sera touché mais sera source de propagation. Après, on peut toujours interdire le transport mondial.

  • C’est pas l’état qui fabrique des fonctionnerZ mous qui veulent manger tous nos Zeuros?

  • Bien qu’étant libéral convaincu je dois dire avoir apprécié le film qui change un peu des fils de zombies habituelles.
    Alors oui en effet on peut trouver le film orienté vers l’étatisme mais c’est loin d’être suffisamment

    • Oups parti trop tot…

      Suffisamment prononcé pour me choquer. Le côté édulcoré ne m’a pas déplu bien au contraire. J’en avais un peu marre de la surenchère de goredans les films du genre.

      Les effets spécialiste sont en plus très réussis.

      Bref, je ne trouve vraiment pas que c’était le film a utiliser comme symbole de l’étatisme rampant…

  • « Il faut remarquer que dans le livre qui a inspiré le film, c’est Cuba qui ressort grandit de la crise et, à l’inverse, ce sont des goldens boys de Wall Street qui sont forcés de creuser des tranchés à New York et participer ainsi (enfin) à un effort collectif et utile. L’impression est donnée qu’un système dominant, le capitalisme quelle que soit sa forme, s’effondre alors qu’un autre, le collectivisme quelle que soit sa forme, reprend sa place légitime. »

    Ou comment résumé un livre très intéressant en deux lignes pour le rendre débile. Merci.

    • Franck Elkeslassy
      16 août 2013 at 10 h 30 min

      Le livre reste intéressant et bien écrit mais l’idéologie qui s’en dégage peut faire l’objet de critique

      • Le livre ne présente pas du tout un point de vue orienté et a l’avantage d’être assez neutre d’un point de vue idéologique.
        Dire que Cuba ressort grandi et que les traders sont obligés de travailler, c’est par exemple omettre la critique de la bureaucratie faite au travers l’émergence des films de « motivations »
        Ou encore le point de vue très ambigus de la société de la Corée du Nord présenté
        Le livre n’est en aucun cas un bouquin anti libéral et encore moins un bouquin libéral. Il s’agit d’une « réflexion » autour d’une invasion. Point barre. Dommage que l’auteur de l’article ne soit pas capable de prendre un peu de mesure.

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