Pour une alternative politique

Il est devenu urgent que les Français trouvent la force de se réconcilier avec eux-mêmes et surtout de cesser de faire du monde extérieur un repoussoir.

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Pour une alternative politique

Publié le 9 août 2013
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Il est devenu urgent que les Français trouvent la force de se réconcilier avec eux-mêmes et surtout de cesser de faire du monde extérieur un repoussoir.

Par Philippe S. Robert.

Tout bien considéré, il resterait encore une chance minime à la France de s’évader de la prison idéologique au fond de laquelle elle croupit depuis des lustres : connaître une véritable alternative politique et non plus l’ersatz politicien que représente une simple alternance qui, d’ailleurs, ne lui serait plus d’aucun secours en ces temps d’aggiornamento accéléré.

Les Français, décervelés par des années de démagogie, ne se pensent plus en acteurs de leur destin et en garants de l’avenir de la France, mais en vaincus d’un monde qui leur échappe, en laissés-pour-compte de la modernité, en exclus d’une histoire qui les dépasse et dont les changements seraient censés leur ouvrir un droit universel à indemnisation. — Nicolas Baverez [1] :

Car si les Français devaient miraculeusement en venir, comme cela est la règle quasiment partout ailleurs, à embrasser les délices de la liberté individuelle tout en cessant d’en appeler en geignant à l’État providence en état de mort clinique, il tombe aussi sous le sens qu’ils ne se résigneront pas à sauter le pas sans disposer d’un motif suffisamment puissant pour se lancer dans une telle aventure !

De fait, si nos concitoyens en sont arrivés à ne plus vraiment distinguer le vrai du faux, c’est bien parce qu’ils sont les victimes consentantes d’une imposture solidement ancrée dans les fondamentaux de notre pays que Guy Millière [2] a parfaitement détectée en expliquant par quel tour de passe-passe les rôles ont été, chez nous, renversés par la subversion gauchiste :

Aujourd’hui, l’idée que les économistes qualifiés ainsi de « libéraux » sont des idéologues, donc des dogmatiques, s’est répandue dans l’air du temps. L’idée qu’il existe effectivement une « idéologie néolibérale » s’est insérée dans les débats. L’idée que le marxisme ou le planisme sont des théories économiques susceptibles de servir de référence est largement acceptée. L’idée que « nous sommes tous keynésiens », donc des partisans de l’interventionnisme politique dans l’économie, est, dans la plupart des milieux économiques, devenue quasiment une évidence.

C’est donc toute une mentalité solidement ancrée dans les têtes et les cœurs qu’il nous est désormais fait obligation, par le moyen révolutionnaire d’un renversement intellectuel quasiment copernicien, de corriger sans délai tellement la vision particulière que les Français se sont forgés du monde contemporain est fausse au point même de prendre le risque insensé d’ôter la France de toute modernité.

Mais comment un tel bienfait du ciel pourrait-il advenir dès lors que notre horizon politique sonne tragiquement le creux ? Que personne, pas même un groupement structuré d’hommes et de femmes moralement et politiquement aptes à se substituer à l’armée mexicaine qui, aujourd’hui, nous conduit à la capitulation en rase campagne, n’émerge explicitement des entrailles de la société civile ?

Jean-Jacques Netter : « Les réformes structurelles sont la seule stratégie pour retrouver la croissance (…) Syndicats, fonctionnaires, élus, lobbies et corporatismes sont prêts à tout pour défendre leurs intérêts. Pour sauver son quinquennat, François Hollande n’a plus d’autre choix que d’accélérer les réformes (…) Décidément, on est bien loin de Tony Blair qui (…) n’avait pas hésité à reprendre à son actif des réformes mises en place par Margaret Thatcher. Il avait pour mot d’ordre « tout ce qui compte, c’est ce qui marche ». »

Aussi, ne perdons pas de vue, comme s’y emploie avec zèle le pouvoir socialiste en place actuellement, qu’une société comme la nôtre a un besoin vital de liberté individuelle pour respirer, croître et s’épanouir en parfaite harmonie avec les droits naturels régissant tout être humain et que le socialisme, en bon prédateur de l’homme, réfute en bloc.

En dernière analyse, il est donc devenu urgent que les Français trouvent la force de se réconcilier avec eux-mêmes et surtout, dans un effort surhumain que seul le génie d’un grand peuple, fût-il rangé sous les lois de la servitude, est encore capable de produire, de cesser de faire du monde extérieur, dont ils redoutent tant la pseudo-tyrannie, un repoussoir…


Notes :

  1. Nicolas Baverez, Que faire ? Agenda 2007, Éditions Perrin, septembre 2006.
  2. Dans son ouvrage La septième dimension, le nouveau visage du monde, éditions L’à part de l’esprit, septembre 2009.
Voir les commentaires (8)

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  • Citer JJ Netter dans un article que prône la réconciliation avec soi même et l’abandon du principe si pratique et facile du repoussoir… Je n’aurais pas osé…
    « …un besoin vital de liberté individuelle pour respirer, croître et s’épanouir en parfaite harmonie avec les droits naturels régissant tout être humain… »
    cette phrase fait peur, car elle impose de déterminer ce que l’on entend par droits naturels… et nous repartons dans un conflit sans fin entre les conservateurs qui veulent que rien ne change, les traditionalistes qui préfèrent un retour en arrière, les progressistes qui veulent adapter la société aux possibilités techniques… etc…

    De quoi enrichir les repoussoirs… non ?

    • « Je n’aurais pas osé… » Pourtant, c’est pas ça qui t’arrête, d’habitude.

      « déterminer ce que l’on entend par droits naturels » : c’est déjà fait et depuis longtemps. Va falloir bosser dur pour rattraper le retard au lieu de poster des calembredaines à jet continu.

      • Nous connaissons nous ? à moins que mon ignorance vous permette de me tutoyer ?

        Je remercie Gerldam de son aide….

  • Effectivement le débat sur les droits naturels, sans remonter aux calendes a rempli les débats aux XVIIème et XVIIème siècles, avec des auteurs comme Hobbes, Locke, Montesquieu, JJ Rousseau et bien d’autres.
    Ceci dit cet article ne donne aucune ombre de solution pour permettre de faire sortir de la société un nouveau Guizot -que je cite faute de mieux dans les hommes politiques français d’inspiration libérale-.

  • Il y a eu 1789, 1830, 1848, la Commune, 1968, allez ! Une bonne révolution prenant cette fois-ci naissance dans les banlieues où la moindre étincelle peut tout faire exploser d’un moment à l’autre, alors il faudra que le gouvernement revoie sa copie et décide d’un plan D (pour déroute). Pour le reste, c’est du ripolinage sur des idées et des concepts éculés …

  • J’ai un doute sur le fait que se réconcilier avec soi même soit l’un des remèdes car bien des gens ne sont pas prêts à lâcher leurs acquis ce qui suppose une adéquation de l’Etat à leurs attentes. Au nom d’une sécurité, ils sont même prêts à sacrifier bon nombre de libertés individuelles.
    Je prône plutôt pour que chaque individu combatte l’ignorance et les préjugés qui en découlent, voire même les convictions préfabriquées pour justifier leur immobilisme. C’est de l’ignorance des français dont se nourrissent les partis politiques, les journalistes, les syndicats, et bien des corporations. Pourtant, si à l’heure actuelle certains, comme nous le faisons ici, parviennent à exprimer leur refus de continuer à financer un Etat sclérosant, végétatif, et régent, une médiocrité politique qui ne sert qu’à alimenter les carrières d’un cortège de plus en plus important d’élus, une presse et des médias voués à la people politique et aux buzz, des syndicats castrateurs de toutes innovations, etc. c’est bien le fait d’une connaissance devenue accessible à tous qui a permis de contester le formatage imposé par certains. La mobilité géographique devenue de plus en accessible et internet ont permis à tout un chacun de pouvoir à sa guise transcender son esprit par d’autres expériences, d’autres connaissances, tant nationales qu’internationales. Même si beaucoup n’osent intervenir pour s’exprimer, par pudeur, par manque de temps, par crainte d’un jugement quelconque, etc, pour autant de raisons qu’il y a d’individus, la lecture notamment des éditos de Contrepoints et autres leur donnent une autre perception, d’autres connaissances. De plus, si les études étaient réservés auparavant à une élite, elles se sont démocratisées. À présent, quoique certains puissent en penser, la réalité est que chacun de nous dispose de moyens pour enrichir sa pensée et élargir ses horizons.
    Mais cette connaissance doit se partager, ou du moins la volonté d’acquérir d’autres connaissances doit être insufflée. C’est aussi le fait de chacun d’entre nous car si la connaissance ne doit servir qu’à entretenir le «moi, je», le nombrilisme ou le narcissisme intellectuel, rien ne sert de parler de libéralisme, de libertés individuelles. Créer sa propre bulle ne fait qu’accentuer les clivages déjà existants, la rupture qui se fait progressivement, entre ceux qui se transcendent pour ouvrir leur horizons et ceux qui demeurent pour x raisons dans un immobilisme rassurant. Chacun est libre de ses choix. Certains diront même qu’il peut être désespérant d’apprendre tant cela renvoi à ces propres erreurs d’appréciation, tant il faut parfois du courage pour ne pas déprimer, d’autres préfèrent refouler une part de leur «moi» pour ne vivre qu’au gré des transferts. Autant d’individus que de motifs et beaucoup pour résumer à «Je n’ai pas le temps».
    Ces dernières décennies, la France a eu la politique, la presse/médias, les syndicats et autres à l’image de ses aspirations. Ils ont pu a souhait profiter de l’ignorance pour briller et aux dépends des contribuables (salaires, subventions, avantages fiscaux et autres). Or, la baisse des ventes, de l’audimat, et des adhésions, et l’abstention sont déjà un signe précurseur du changement non pas de mentalité mais de bien des français qui ne sont plus disposés, en raison des connaissances acquises, à être pris pour des demeurés, voire même à revendiquer le respect des libertés individuelles. Toutes ces élites autoproclamées n’auront plus d’autre choix que de sortir de leur bulle car au plus cette rupture tendra à se réduire au plus la rupture entre eux et les français sera plus importante qu’elle ne l’est déjà. Les choix par défaut ou l’acception de la médiocrité pour en combattre une pire ne font plus recette comme avant.
    La mondialisation des esprits est déjà en marche. La politique n’aura pas d’autre choix que celui de changer de plan car à défaut la France ne sera plus qu’une maquette sans âmes.

  • Le ciel vous entende, mais le mal est profond.

    Le conditionnement marxiste est devenu l’âme des français.

  • Le plus grand des repoussoir n’est pas le monde extérieur, mais celui de l’intérieur, celui de la France depuis plus de 30 ans, celui qui cloue au pilori tous ceux qui prennent des risques, qui entreprennent.

    Les socialos-marxistes qui nous gouvernent et qui nous ont gouverné ont totalement cadenassé la société française. Ils ont imposé un collectivisme rampant, sournois, une solidarité aux forceps si bien que tous ceux qui cherchent à s’en affranchir sont immédiatement voués aux gémonies de nos partisans du parti du Bien, celui des généreux avec bien sûr, comme toujours, l’argent des autres .
    En son temps, M. Thatcher avait parfaitement bien résumé le socialisme.

    La liberté individuelle n’existe pas en France, même pas pour un chef d’entreprise ou un artisan (peu importe), il a juste droit à une sorte de semi-liberté où l’insécurité fiscale fait office de geôlier plus ou moins complaisant selon celui qui remporte la course présidentielle.
    Aucune liberté de vivre par soi-même et pour soi-même n’est possible. C’est ça qui paralyse, quelle chance aurait, par ex, les 10 qui « oseraient s’arracher » contre l’immobilisme sécurisant des 90 autres ?
    Seul un effondrement entier du système actuel pousseraient les 90 à se prendre en main, de mon point de vue donc, rien à voir avec une peur de l’extérieur.
    On avance dès lors que l’on a tout perdu (avantages), pas avant où il y a toujours une bonne raison d’attendre la main secourable de l’ État providence.
    Ce même État qui régente notre vie du biberon au cercueil sans aucune possibilité d’élargissement. La seule chose qui fasse un peu circuler le vent de la liberté dans cette république socialiste (soviétique) obsolète et castratrice, c’est justement d’espérer dans la mondialisation en s’expatriant au besoin pour enfin pouvoir dignement gagner sa vie.
    Me concernant, je trouve que l’extérieur attire de plus en plus au vu de la déliquescence de l’intérieur.

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