Pourquoi il ne faut pas interdire le voile à l’université

Le voile fait son grand retour à l’occasion d’un rapport sur la laïcité dans les universités françaises. Une occasion immanquable pour les étatistes.

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Voile université (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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Pourquoi il ne faut pas interdire le voile à l’université

Publié le 7 août 2013
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La laïcité donne aux étatistes l’occasion d’illustrer leurs méthodes : transformer les libertés en droits qu’ils peuvent supprimer à leur convenance.

Par Baptiste Créteur.

La laïcité est une notion à géométrie variable. Alors que Manuel Valls veut un calendrier religieux commun à tous les Français, certains veulent réduire la liberté religieuse au plus petit commun dénominateur. Le voile fait l’objet de nombreux débats, aussi bien sur le type de voile acceptable dans l’espace public – comprenez partout sauf chez soi – que sur la possibilité de porter un morceau de tissu.

Car ce n’est pas qu’un morceau de tissu ; le voile fait partie des signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse. Le droit de porter le voile est donc remis en question dans un rapport du Haut Conseil à l’Intégration.

De telles discussions sont rendues possibles par un glissement sémantique et conceptuel : il n’existe plus de différence entre droit négatif et droit positif, entre les libertés individuelles et les droits que l’État a décidé d’accorder. Ce n’est pas anodin : faire d’une liberté un droit permet de l’accorder ou de le supprimer, de le rendre subjectif pour en faire un instrument de pouvoir.

Sans aller jusqu’à étendre à l’enseignement supérieur la loi de 2004 en vigueur dans le second degré, l’idée est bien d’interdire aux étudiantes musulmanes de porter le voile islamique pendant les cours. Une proposition potentiellement polémique, alors que se discute l’opportunité d’interdire les signes religieux, et principalement le voile, dans d’autres sphères de la société française.

Certains motifs d’interdiction du voile pourraient être discutables. On pourrait débattre de l’identification des individus lorsqu’elle est nécessaire, par exemple dans le cas de contrôles d’identités ou d’examens universitaires, si le voile était susceptible de l’empêcher. Mais quelle est la légitimité d’interdire le voile aux musulmanes parce qu’il témoigne de leur appartenance religieuse ?

Tant que la religion est individuelle et n’interfère pas dans les préférences d’autrui, elle ne regarde que ceux qui la pratiquent. Le rôle de l’État est de garantir les libertés individuelles, la sûreté et la propriété des citoyens ; pas de leur imposer un dress-code. Son rôle n’est pas non plus de s’immiscer dans les règlements intérieurs pour autoriser ou interdire un dress-code. Les arguments supposés justifier une telle interdiction sont révélateurs.

À l’appui de leur proposition, les rapporteurs rappellent la loi Savary de 1984, qui précise que la liberté d’expression accordée aux usagers de l’enseignement supérieur « ne doit pas porter atteinte aux activités d’enseignement et à l’ordre public ».

On voit mal en quoi le port du voile porte en soi atteinte aux activités d’enseignement et à l’ordre public. Mais encore ?

Les rapporteurs précisent aussi que le Code de l’éducation prévoit que « le service public de l’enseignement supérieur est laïc et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ». Ils « voient donc mal pourquoi l’enseignement supérieur camperait dans un hypothétique statut d’extraterritorialité ».

L’enseignement est-il moins laïc si les enseignants ou les étudiants portent le voile ? Manifestent-ils par là une emprise religieuse, ou simplement une préférence individuelle ? Ce n’est pas contre l’extraterritorialité hypothétique de l’enseignement supérieur que le rapport entend lutter, mais pour étendre le pouvoir de l’État sur l’individu.

Entendons nous bien. Je ne milite pas pour le port du voile, et ne défends pas le port du voile en tant qu’hypothétique obligation d’une religion donnée. Je le défends en tant que liberté, en tant qu’expression d’une préférence individuelle n’interférant nullement avec la liberté d’autrui.

Selon les auditions menées ces derniers mois par la mission sur la laïcité, « certaines universités » sont en butte à « des demandes de dérogation pour justifier une absence, au port de signes d’appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements, à l’exigence de respect des interdits alimentaires, à l’octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire… »

Il y a là, en revanche, de vrais sujets. Les demandes de dérogation sont à traiter au cas par cas, le port de signes d’appartenance religieuse n’est pas en soi un problème. En revanche, la non mixité, le choix du contenu des enseignements et l’octroi de lieux de culte ou locaux de réunion ne sont pas des droits.

Pour autant, est-il si difficile pour l’enseignement supérieur d’être ferme, d’accepter ce qui est acceptable et de refuser ce qui ne l’est pas ? En quoi est-il nécessaire d’imposer une laïcité sans bornes, d’imposer un dress-code et de restreindre certaines libertés pour disposer d’arguments pour refuser certaines requêtes ?

Largement fondé sur une enquête de la Conférence des présidents d’université (CPU) de 2004, le rapport évoque aussi, sans les quantifier ni les situer, des atteintes à la laïcité « dans certaines universités où des tenants de courants chrétiens évangéliques ou néobaptistes critiquent les théories darwiniennes de l’évolution au profit de thèses créationnistes. Ailleurs, des écrits de Voltaire, de Pascal ou de Camus peuvent être rejetés ». La mission laïcité du HCI relaie donc le « malaise d’un nombre croissant d’enseignants » face à ces « symptômes de la montée de revendications identitaires et communautaristes, de fermeture, voire d’ostracisme, de refus de certains savoirs ».

Horreur, malheur et damnation : on critique des théories et rejette des auteurs. Où est le mal ? Où est le mal à refuser certains savoir ou certaines œuvres ? Je ne suis pas d’accord avec les théories marxistes, largement répandues dans le milieu universitaire. Au plus haut niveau de l’État se trouvent des individus hermétiques à toute compréhension de la philosophie de la liberté ainsi qu’à toute compréhension de l’économie autrichienne. Où est le mal ?

Rien n’empêche les universitaires d’attendre des étudiants une compréhension et une connaissance des savoirs, mais rien ne les autorise à exiger qu’ils soient pris pour argent comptant.

Dans la même ligne, « les Crous étant soumis au principe de laïcité, ils ne peuvent compter de lieu de culte sur leur site, ni fournir de restauration de nature confessionnelle ».

Il y a toujours un moment où les constructivistes vont trop loin, et cela survient en général assez tôt. Les Crous ne sont pas tenus de fournir de restauration de nature confessionnelle, mais leur interdire est plutôt ridicule : sont-ils tenus de vérifier que les plats proposés ne respectent les obligations alimentaires d’aucune religion ?

L’Observatoire de la laïcité, dans son point d’étape remis le 25 juin au président de la République, établit aussi un bilan positif de la loi de 2004, mais ne paraît pas pour autant enclin à reprendre les conclusions du HCI. « Nous entendons nous faire notre propre religion », indique-t-on à l’Observatoire. Ces recommandations devraient être publiées dans le rapport annuel du HCI, à l’automne, à moins que l’Observatoire de la laïcité, soucieux « d’apaisement » sur ces sujets, ne préfère les enterrer.

Cette blague malheureuse est assez révélatrice de la confusion qui entoure la notion de laïcité et dont entendent bien profiter les étatistes, en se substituant au religieux. Avec une morale qui veut des individus non pas égaux, mais identiques, qui acceptent tout enseignement comme vérité enfin révélée en rejetant par là leurs convictions personnelles.

De la burqa

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  • En une vingtaine d’années la doctrine au plus haut de l’État est passée de la laïcité telle que définie dans la loi de 1905 (« la République ne reconnait ni ne subventionne aucun culte »), qui pose que la religion est une affaire personnelle qui ne le concerne pas, à mettre en parallèle avec l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, à une doctrine qui pose que tout ce qui est religieux doit être rejeté. La droite se limite à l’Islam, la gauche ne se limite pas.
    Il ne s’agit plus ici de laïcité mais bien d’une autre religion, qui a aussi ses zélotes qui ne sont pas meilleurs que les autres : l’athéisme.

    • Il ne s’agit pas tant d’athéisme que d’antithéisme. On peut être athée et ne pas croire en dieu sans pour autnt se faire un pourfendeur de la religion. On peut même avoir des convictions qui méprisent la religion au plus haut point sans pour autant vouloir imposer l’athéisme par la loi.
      Si regarde les lobbys athées, il y en a de deux sortes: Ceux qui militent pour désincruster toute trace de religion dans le pouvoir politique et demandent à celui ci de ne jamais prendre parti pour une religion ou une autre, et ceux qui veulent se servir du pouvoir politique pour anihiler la religion et réduire son espace d’expression (genre loi contre le voile). Ce sont deux choses différentes. Le premier est respectable à mon sens, le second l’est beaucoup moins. L’un veut préserver la liberté de conscience des citoyens en interdisant au pouvoir de prendre parti, l’autre veut limiter la liberté d’autrui en demandant au pouvoir de prendre parti contre toutes les religions.

      Tous les athéisme ne se valent pas. On dit souvent que l’Athéisme est une religion. J’aurai tendance a penser que c’est autant une religion que labstinence sexuelle est une position du kamasutra, mais je peux en revanche constater que les antothéistes ont souvent une religion constructiviste en plus de leur athéisme.

      • +1

        D’ailleurs si vous écoutez les délires des plus allumés de nos constructivistes, les Peillons et consorts, vous retrouverez du vocabulaire explicitement religieux pour décrire leur vision de la société:

        « C’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin. »

        « C’est bien une nouvelle naissance, une transusbtantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi. »

        V. Peillon

  • ne pas perdre de vu que l’islam a une vision totalitaire du monde : il veut conquérir la totalité des humains et régenter la totalité de leur vie.
    tout comme les communistes.
    dès lors, je ne comprends pas comment on peut dénoncer l’emprise des syndicats sur le salariat, sur les entreprises et sur la société civile et trouver anodin les signes de la conquête en marche de l’islam.

    tout comme avec les communistes, on peut se dire « ça les regarde, s’ils veulent s’embourber dans leurs erreurs, c’est leur liberté ». et puis un jour, dans l’entreprise, il y a un communiste qui nous dit « il faut pas produire plus de tant de pièces, sinon, tu auras à faire à moi ». et là, on se rend compte que si ce communiste se sent assez fort pour vouloir imposer une autre loi que celle du patron (qui m’a justement demandé de produire le plus possible de pièces), c’est que on a été trop libéral avec lui, on lui a laissé trop de liberté et trop de facilité pour s’implanter.
    la même chose avec le voile, on peut considérer que ce n’est qu’un chiffon dont on se moque, mais pour d’autres, c’est un étendard contre la liberté.

    • Bien d’accord avec vous…
      Si seulement le voile n’était qu’un bout de tissu quelconque au même titre que le boubou ou le bonnet !
      Mais il est le symbole d’une religion qui prône un mode de vie au dessus des lois non religieuses, il représente la soumission des femmes aux diktats des hommes, il passe facilement de voile à burqa ou à niqab et au nom de la liberté de s’habiller comme on l’entend, il n’y aurait pas plus lieu de s’en inquiéter…
      L’interdiction n’est pas une bonne solution mais face à des minorités actives et militantes qui cherchent les failles de nos systèmes pour s’implanter et se développer au nom même des valeurs de liberté défendues en occident, il y a quelque chose de sidérant à voir l’aveuglement de certains sur les conséquences de la liberté de revendiquer la non liberté.
      Les musulmanes en pays musulman n’ont pas vraiment le pouvoir de revendiquer leur liberté, en France, celles qui réclament le droit de se voiler au nom d’une idéologie plus que d’une religion, sont des militantes qui cherchent le scandale, la provocation, la victimisation…

    • On y vient: à Bruxelles 7 des 10 prénoms masculins les plus utilisés pour les nouveaux nés sont d’origine arabo-musulmane.
      La conquête ne se fait pas forcément par la guerre. L’ancien président algérien avait annoncé qu’elle se ferait par le ventre de leurs femmes.
      Autant je suis souvent d’accord avec B. Créteur, autant là je pense qu’il se fourvoie.

      • Baptiste Creteur
        7 août 2013 at 12 h 57 min

        Voir ma réponse à un autre commentaire plus bas.

        Pour vous répondre sur la démographie, la question devient alors de savoir si vous acceptez ou non le principe de la démocratie. A mon sens, si elle ne permet pas la remise en cause des droits inaliénables de l’homme, du droit naturel, alors la démocratie n’est pas une menace pour la liberté – même si la démographie est celle que vous décrivez et que tous les musulmans rêvent de mettre en place un régime totalitaire, ce dont je doute.

        • Au risque de vous choquer je crois que la démocratie n’est pas toujours merveilleuse. En son nom on peut imposer ses vues à une minorité et le risque est que cela ne se fasse pas toujours dans le sens de la liberté. Dans un monde idéal il n’y a rien à craindre en effet. Malheureusement je crois que le nôtre ne l’est pas. Je suis inquiet de voir que l’immense majorité des tunisiens vivant en France a voté pour un parti islamiste (Ennahda) suite à la révolution tunisienne. Et aujourd’hui ce même parti tente d’imposer une vision pas du tout libérale à l’ensemble du peuple tunisien en se prévalant de sa légitimité par les urnes.

        • @Ananke> La démocratie implique la liberté d’expression, y compris de la minorité, ainsi que la neutralisation de l’espace public. Les cas où une minorité se retrouve soumise sont liés à une contingence matérielle.
          Dans notre monde il y a de nombreuses forces en présence qui essayent de se légitimer par la notion de majorité. Non seulement la majorité ne légitime en rien la domination d’une minorité, mais en plus une démocratie factuelle ne s’avère composée que de minorités.

          Pour ce qui est de la Tunisie… cela démontre mes propos : le suffrage, même universel, même direct, est largement insuffisant pour garantir ou mettre en place une démocratie.

    • Ne soyez pas trop pressé, ils prennent leur temps, c’est tout !

    • pour l’instant, il n’ont pas réussi, certes. est ce que cela veut dire qu’il n’ont pas essayé et que ce n’est pas encore leur volonté ? bien sûr que non.
      d’ailleurs, l’islam se veut irréformable, dès lors j’ai tendance à penser qu’il l’est effectivement.
      il n’ont pas encore réussi, principalement grâce à la supériorité technique de l’occident. supériorité militaire, scientifique et économique également, et j’ose même penser à la supériorité culturelle, même si c’est un gros mot, depuis que tout vaut tout et ne vaut rien.
      bref, sans être parano, et dans tous les domaines, il faut savoir où sont nos partenaires, nos concurrents, nos ennemis et ne pas baisser la garde.

    • Il y a plus de 2 milliards de chrétiens, plus d’un milliard de bouddhistes, près d’un milliard d’Hindouistes… Ils ont beau être nombreux, ils risqueraient de perdre s’il faisaient la guerre en tant que telle. D’autant que niveau technologie et développement ils sont pas mal en retard par rapport aux autres…
      La parano c’est salutaire quand « les autres » t’en veulent vraiment.

      • Vous vous positionnez donc a priori dans un camp alors que les lignes d’affrontement ne sont même pas identifiées ? Êtes-vous bien certain d’être suivi par les 4 milliards auxquels vous faites référence ? Êtes-vous bien certain de ne pas tout simplement être avec ceux qui veulent se battre, du côté des islamistes ?

  • L’idolâtrie consiste à confondre le signe avec ce dont il est le signe. N’étant pas saussurien car cela implique l’arbitre qui est in fine le pouvoir, je préfère la définition de Peirce: Le signe est quelque chose mis pour quelque chose d’autre pour quelqu’un. Ce « pour quelqu’un » est une clé. C’est le lecteur qui fait signe avant tout autre.

  • je suis pour la paie dans le monde….
    et pour défendre cette idée….je suis prêt à me battre!!!

    voilà le ridicule de la situation.

  • J’appréciais la plupart de vos articles…Mais vous venez de me décevoir profondément avec celui-là ! sous prétexte de libéralisme, doit-on aller jusqu’à accepter la dictature, fusse-t-elle religieuse ?

    • DOnc selon vous, laisser les musulmans s’habiller comme ils veulent et les cathos porter une croix serait « accepter al dictature »? Perso je les trouve aussi stupides les uns que les autres, mais je ne vois pas en quoi laisser les individus s’habiller comme ils veulent represente une acceptation de leur dictature. La dictature islamiste c’est celle qui OBLIGE LEGALEMENT les femmes à se couvrir le visage. La, celles qui se couvrent le visage le font par choix. Et si ce n’est par choix, il y a deja des lois pour les protéger…

      • @ Mitch : oui, il y a des lois mais pour autant qu’elles soient appliquées. Or, c’est là que la bât blesse. Ainsi, j’ai personnellement connu le cas, en Belgique, d’une jeune fille, catholique de famille catholique, qui pour aller à son école, catholique, devait traverser un quartier « sensible ». Importunée par des « jeunes » du quartier dans les transports en commun qu’elle prenait, elle a dû se résoudre à mettre un voile en sortant de chez elle, jusqu’à son école. Alors, il est exact que des lois existent pour éviter ce harcèlement, et elle pouvait déposer plainte. Mais avec la certitude que lesdits jeunes lui pourriraient la vie encore plus dans le futur. Personnellement, je suis très libéral en ce domaine vestimentaire, mais dans le cas que je cite, quelle aurait été la solution ? Vous me direz que ce n’est pas un problème de voile et vous aurez raison. Mais cependant…

      • obligation légale…
        avec mon exemple de communiste qui m’avait interdit de travailler et de produire autant que ce que j’aurais pu et voulu, vous auriez du comprendre… il n’y avait bien entendu aucune obligation ou interdiction écrite nulle part de produire tant ou tant de pièces. il y avait juste la menace de recevoir un solide coup de poing dans l’estomac de la part de quelqu’un qui pèse 30 kg de plus que soi. aller voir la hiérarchie ? tant que l’agression n’est effectuée, il n’y a rien, il n’y a que des circonstances et des paroles que j’ai mal comprises. une fois le coup porté, l’agresseur se fait virer, et la suite du problème se règle dans la rue sur ma voiture ou autre…
        donc la dictature existe aussi avant les textes de loi.

    • Baptiste Creteur
      7 août 2013 at 12 h 52 min

      Non, évidemment non.

      Je défends la liberté, pas l’islam. A mon sens, restreindre la liberté des musulmans par peur qu’ils n’aient des visées liberticides est un contresens ; on ne peut pas lutter pour la liberté en la restreignant.

      Si la liberté est un jour menacée par certains musulmans, je défendrais la liberté. Mais c’est aujourd’hui la liberté de certains musulmans qui est menacée, je défends la liberté.

      Être contre l’interdiction le voile n’est pas défendre le « totalitarisme islamiste » que certains semblent redouter. C’est défendre la liberté.
      En revanche, lorsque, au nom d’une religion quelconque – dans le cas qui nous intéresse l’islam – certains entendent restreindre la liberté d’expression, je défends évidemment la liberté d’expression :
      http://www.contrepoints.org/2012/09/22/98059-la-liberte-plutot-que-la-violence, http://www.contrepoints.org/2012/09/21/97951-liberation-islam-christianisme-blaspheme

      • Le voile est justement l’expression d’un islam radical.
        Quelle est la réelle liberté de choix de porter ou non le voile pour une femme (ou fille) dans une famille salafiste, par exemple ?
        Aucune.
        Non, pour une fois, je ne vous suis pas du tout dans votre démarche de « défense de la liberté d’expression » en tout cas pas en ce qui concerne le port du voile. Il n’y a aucune liberté de choix, c’est le signe de reconnaissance d’une pratique religieuse radicale, sexiste qui vise à dématérialiser (en quelque sorte) le corps de la femme.
        C’est une aberration.

      • Tout à fait d’accord avec vous Baptiste. C’est la Liberté de chaque Homme qu’il faut défendre.
        Si ces nanas veulent se promener la tête couverte, qu’elles le fassent.
        Pour ma part, comme je ne supporte pas de les voir, je les ai rendues transparentes, mon regard glisse sur elles comme sur le néant et je sais que jamais je n’adresserai la parole à ces personnes.
        Mais elles n’en restent pas moins libres de s’habiller comme elles veulent.

    • L’Islam est une religion totalitaire mais pas plus que les autres religions. Les premiers persécuteurs de chrétiens sont les Juifs. Relisez Bossuet et vous aurez une idée de ce que peut être un totalitarisme catholique. Les Princes protestants d’Allemagne n’étaient pas tendres pour les catholiques…etc…etc…

      Les grandes religions sont des sectes qui ont réussi. En général, elles s’adoucissent avec le temps. L’Islam a presque 700 ans de retard par rapport au christianisme…patience.

      • Tout mouvement ou tout groupement autour d’une idée ou autre est totalitaire par essence. Que ce soit la religion ou des idées politiques ou des idées économiques, la tendance de chacun est de tenter de l’imposer aux autres, au principe de base que l’idée est bonne (c’est même pour ça qu’on y adhère).
        Tout dépend de l’importance prise par le groupement; S’il devient assez puissant pour imposer ses idées, il l’imposera.

      • Un mien ancêtre a fini sur un bûcher pour avoir publié un manifeste athée. C’était en Suisse, ce grand pays libéral.

      • n’a t’on d’autre alternative que d’attendre 700 ans qu’ils rattrapent leur retard ? je sais que le calendrier lunaire va plus vite que le calendrier solaire, mais je n’ai pas autant de temps devant moi. c’est donc maintenant qu’il faut résister à l’agression.

  • Bonjour,

    j’ai habité longtemps dans un pays très catholique où l’on allait même jusqu’à bénir des programmes informatiques. A l’université catholique où je travaillais, 40% des élèves était musulman. Les étudiantes venaient coiffées de leur voiles islamiques, sans que cela ne pose aucun problème, débat ou autre polémique. Quand je posais la question si cela était un véritable problème, on ne comprenait jamais où je voulais en venir. On me disait aussi que même la Vierge Marie portait un voile …

  • Il me semble que la liberté ou non de porter le voile doit être considérée comme une liberté d’expression et non comme une liberté de culte. La question qui peut se poser c’est celle de porter un discours sans le tenir, sans s’en sentir réellement responsable : la liberté d’expression signifie pourtant que tout discours doit être assumé dans le contexte de la négociation. Ainsi on peut comprendre qu’une femme portant un voile pourrait se sentir agressée si tout le monde venait systématiquement la voir relativement à un discours religieux qu’elle ne tient pas : pourtant elle le porte et on pourrait comprendre que tous ceux qui l’entourent respectent sa liberté d’expression en l’en tenant responsable.

    Autoriser le port du voile me semble tout à fait nécessaire, mais il ne faut plus garantir la protection de la personne qui le porte contre une négociation pacifiée (non agressive, au niveau physique notamment) du discours qu’elle porte. C’est vrai pour le voile comme c’est vrai pour n’importe quel habit : ce qui va, tout de même, à l’encontre des habitudes façonnées par des efforts de pacification de l’espace public traditionnels en occident.
    De la même façon il est tout à fait possible de crier dans la rue, maintenant si on le fait tout le temps (avant que les gens appellent la police car, à l’inverse de la vision, on ne peut pas orienter son sens de l’audition) il faut s’attendre à ce que les gens autour de nous réagissent.
    Quelque part il y a une question de civilité dans un espace urbain où le territoire est partagé (un tiers espace) et où la discrétion fluidifie et densifie les échanges… ça n’empêche pas l’individu d’être et d’exister (l’auto-identification est plutôt nocive vis-à-vis de l’identité d’ailleurs, mais c’est un autre débat), cette prise de distance relativement au territoire est l’objet d’un conditionnement long et de toute une culture. Cette pacification de l’espace public n’est pas magique.

    Au niveau de l’enseignement… il est de tradition d’avoir une asymétrie en terme d’expression et sur le choix des discours qui peuvent faire l’objet de négociation. L’autorisation du port du voile me semble être une rupture de cette tradition. Je pense pour ma part que la société actuelle entraînera fatalement l’ouverture de l’école (peut-être de manière progressive, car l’enfance se définit par une protection relativement à une incapacité de prendre en charge la négociation du monde en son nom par l’enfant, protection qui permet une meilleure qualité d’acquisition de cette capacité et qui doit s’estomper au fur et a à mesure), et donc un rééquilibrage et peut-être une symétrie entre l’apprenant et l’enseignant.

    • Ce que vous ne voyez pas c’est que le voile n’est pas neutre. Il met une pression insupportable et inacceptable sur les jeunes filles qui n’en veulent pas: montrées du doigt comme étant moins « pures » que celles qui en portent, incessemment importunées par les jeunes « des quartuers » à cause de cela elles n’ont plus d’autre solution que de rentrer dans le rang. Le voile est une arme de conquête.

      • Je le vois bien puisque je dis qu’il s’agit d’un discours qui doit être assumé par la personne qui le porte. Si cette personne n’a pas les capacités de négocier le monde en son nom, donc d’être responsable de ce discours, ce qui est le cas d’un enfant (mais, en France, ce n’est pas le cas d’une femme adulte), alors la personne responsable se retrouve obligé à répondre de ce discours qu’elle fait porter. Il ne peut pas n’y avoir personne de responsable… là où le voile pose problème c’est que certains exploitent les habitudes de neutralisation de l’espace public pour y faire surgir un discours qui n’est pas neutre : le voile n’est pas une arme de conquête en soi, pas plus que n’importe quel autre exercice de liberté d’expression en tous cas.
        Après… porter un t-shirt du PSG, ce n’est pas neutre non plus, même si les enjeux ne sont pas les mêmes. Remarquons cependant que, la plupart du temps, ceux qui portent un t-shirt du PSG acceptent tout à fait de devoir en répondre, et sont même très contents d’en avoir l’occasion.

    • Je suis le seul à n’avoir rien compris à ce commentaire ?

      • Je vais faire simple alors.
        La liberté d’expression ça veut dire qu’on a le droit de dire ce qu’on veut, mais qu’on accepte le fait que les autres puissent demander une argumentation, une cohérence, de discuter le discours que l’on tient (il ne s’agit pas juste d’un droit, la liberté d’expression entraîne une responsabilité).
        Le port du voile n’est pas en rapport avec la liberté de culte, mais avec la liberté d’expression, puisque le culte n’est pas simplement vécu en son propre intérieur : il est revendiqué, il est montré, le discours est porté… mais il n’est pas réellement tenu. Une femme qui est en train d’acheter des tomates au marché, qu’elle porte ou non un voile, elle est toute à ses tomates, elle est toute à sa transaction commerciale… pourtant le discours porté par le voile est bien présent et il est bien compris par les personnes qui l’entourent. Quelque part la responsabilité de la signification du discours est abandonné à autrui.

        Il serait de la responsabilité de chacun de tenir compte du discours porté avec l’habit et d’engager la discussion sur sa signification, enfin dans la mesure où le sujet importe (chacun est libre, aussi, de considérer tel ou tel vêtement comme ayant une signification importante ou non). Simplement cela va à l’encontre de nos habitudes, et pire : aborder quelqu’un dans la rue sous le prétexte de sa manière de s’habiller serait considéré comme une agression, une tentative d’atteindre à sa liberté, alors que c’est tout le contraire.

    • De l’authenticité de nos rapports à la matérialité… un message politique qu’on ne retrouve pas que chez les islamistes mais derrière toutes les formes d’extrême-droite.

  • @ Baptiste

    Excellent Otto Muck pour l’Atlantide… 😉

    Quand au reste… Parler de liberté au nom d’une religion qui punit par la mort son apostasie… Oulah quand même hein ?! Combien de libéraux passés au socialisme comptez vous déporter chers amis de Contrepoint ainsi de même que vos chers amis Robiespierristes les purs ?… 🙂 C’était pour rire…

    Vive Zeus !!!

    Qu’ils aient le droit de dire à haute voix leur programme leur sera plus préjudiciable à eux même qu’autre chose… 🙂

    ‘tin ! J’ai reçu « le rebelle » de King Vidor – Chaudement recommandé…

    • Même en admettant que le voile soit un symbole d’oppression et de totalitarisme je ne vois pas ce que cela changerait. On a bien le droit de porter un t-shirt de Guevara à l’université.

      • Le tee-shirt de Guevara (ou autre) ne vous empêche pas d’apparaitre tel que vous êtes, il ne vous soustrait pas au regard des autres, toute la différence est là, justement.

        • Et au nom de quoi on ne pourrait pas se soustraire au regard des autres ?

          • Quand cette soustraction n’est pas librement consentie mais imposée par l’environnement proche (famille) sous peine de se voir sommer de rentrer dans le rang et pas uniquement par des paroles.
            Porter le voile intégral n’est pas neutre, ce n’est pas juste une histoire de choix vestimentaire contrairement au discours convenus que tiennent ceux qui exigent qu’il soit porté par leurs femmes ou leurs filles.

          • On a tout à fait le droit de se soustraire aux autres, seulement se soustraire tout en comptant sur les autres (ce qui est le cas quand on vit en ville) ça me semble difficile. On peut aller s’enterrer dans la montagne et essayer de vivre tout seul, après il faut défendre son territoire, parfois contre d’autres qui se retrouvent justement mettre une ville à cet endroit… après c’est de la défense du territoire classique, ceux qui sont plus nombreux, au sein de l’espèce humaine en tous cas, y arrivent mieux.

          • On ne parle pas ici de voile intégral ici puisqu’il est déjà interdit dans les lieux publics au sens large, et donc à l’université ; de toutes façons les filles qui portent le voile intégrale font assez rarement des études supérieures.

            Ce dont on parle ici c’est du voile classique, qui n’empêche pas du tout de voir le visage.

          • Le problème n’est pas uniquement le voile…

  • Que l’on interdise ou pas le port du voile, cela ne sera pas respecté. Porter le voile intégral n’est pas neutre. Ces femmes qui portent la burqa pour beaucoup d’entre elles ne le font pas de leur plein gré. elles sont instrumentalisées. Elles savent qu’elles ne respectent pas la Loi de la république si elles ne se sentaient pas soutenues elles ne le feraient pas. Les derniers événements de trappes qui ont déclenché des émeutes sont révélateurs du but rechercher, à savoir l’abolition de la Loi d’interdiction. Nous y sommes, voir V.A, un rapport vient d’être remis au ministre de la ville dans ce sens. Cela va bien plus loin qu’une la simple liberté vestimentaire.

    • Ce n’est pas le symbole religieux qu’il faut combattre, la voile n’est qu’un symbole parmi tant d’autres. Tant de bijoux ou d’objets d’habillement ont un signification pour des religions, sectes, partis politiques ou autre…
      Donc si on commence par interdire le voile, il faut aussi interdire les boucles d’oreilles avec une croix, les pendentifs main de fatima, les points que les indiens ont sur le front, bref, a moins d’imposer un uniforme c’est impossible.
      Par contre il est du devoir de l’éducation nationale d’inculquer les règles du respect de base et la tenue vestimentaire en fait partie. On se découvre la tête avant d’entrer en classe, on ne viens pas en maillot de bain.
      Si certains veulent pouvoir porter ce qu’ils veulent sur la tète pendant les cours, ils n’ont qu’a aller dans une école privée qui les acceptes.

      • Vu de l’étranger, la France laïcarde part en croisade contre l’islam. Cette fois, elle ne gagnera pas comme en 1905. Car elle se trompe de combat. Le moteur de l’islamisation de certaines villes et du prosélytisme, ce n’est pas l’école ni l’université, mais l’Etat-providence, auquel les français et les intellectuels sont tellement accrocs. Sans Etat-providence et son clientélisme tentaculaire, pas d’invasion migratoire maghrébine & africaine. Pas d’inflation de revendications agressive contre les moeurs occidentales et européennes. La laïcité est devenue un vaste écran de fumée. L’Etat n’est pas la solution, c’est le problème.

  • Ou est la liberté ?

    • Dans l’instruction.

      Abu-al-Ala Al-Maari. Poète et philosophe arabe, mort en 1057.
      « Les habitants de la terre se divisent en deux : ceux qui ont un cerveau, mais pas de religion, et ceux qui ont une religion, mais pas de cerveau. »

  • Mauvaises prémisses comme aurait dit Ayn Rand. La solution a l’avancée du totalitarisme islamique n’est pas en effet un autre totalitarisme. Le vrai problème est l’absence de libertés dans la sphère privée. En particulier vis à vis des comportements religieux. Je suis bien plus inquiet qu’on ne puisse interdire à un éducateur le droit de jeûner lorsqu’il s’occupe de jeunes enfants que l’on permette à un étudiante de porter le voile en classe.

    Privatisons les universités. Laissons les décider de leur règlement interne (la liberté sera ainsi preservée pour tous). Et que la compétition élimine les institutions qui sont rétrogrades!

    On peut toujours rêver…

    • JB Creteur s’est fourvoyé gravement je vis à Marseille dans les quartiers nords et le voile imposé et la burka c’est mon quotidien

  • Le malheur vient d’une tentative de généralisation de problèmes finalement particuliers. La Polytechnicienne travailleuse et bonne condisciple, l’est et le restera, qu’elle porte un foulard ou un bérêt à plume. On s’en fout.

    Mais la tolérance ne doit pas faire tache d’huile. Si on admet le foulard à l’université, les musulmanes « en cheveux » seront vite traitées de putes, et n’oseront plus se dispenser de cet accessoire. Sans aucune parade.
    Y avez-vous songé ?

    Déjà, les « exceptions religieuses » infestent tout. Exemple : pur renouveler mon passeport, je présente une photo de face. Refusée, elle devait être prise de 3/4, pour qu’on distingue bien mon oreille. Retour au photomaton.

    Lorsque je suis venue rechercher mon passeport, il y en avait plusieurs en attente, avec des photos de femmes voilées … dont on ne voyait évidemment aucun bout d’oreille. Mais ça, c’est accepté !

    Bref chaque fois que vous laissez glisser une lame sous la porte, vous devez savoir qu’il y a derrière un puissant levier.

    Pour ma part, je connais de jeunes maghrébines qui sortent de chez elles, dans leurs quartiers, emballées comme des théières, pour être bien vues? Deux arrêts de tram plus loin, elles se changent complètement chez une copine, pour vivre leur vie en mini-jupe et en brassière …

    Je crois que vous oubliez la chape de plomb qui pèse sur ces jeunes-filles.

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