Detroit, précurseur du destin des USA : le cauchemar d’Ayn Rand devient réalité

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Si vous voulez voir le résultat final que donnera la politique menée par Obama, alors regardez du côté de Detroit.

Si vous voulez voir le résultat final que donnera la politique menée par Obama, alors regardez du côté de Detroit.

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

Vous pensiez que La Grève (Atlas Shrugged) d’Ayn Rand était une fiction ?

Voici la description que The Observer fait de Detroit :

Tout ce qui n’est pas jeté est volé. Les usines et maisons ont été dépouillées de quasiment tout objet de valeur. Les voleurs s’en prennent désormais aux pots d’échappement de voitures. L’analphabétisme atteint les 47%. La moitié des adultes de certaines zones sont au chômage. Dans de nombreux quartiers, le seul signe d’activité est une personne marchant lentement vers le magasin de spiritueux.

Maintenant, voici la description étrangement prophétique de Starnesville, une ville du centre-ouest des États-Unis dans le roman dystopique d’Ayn Rand, La Grève. Cette ville avait été le foyer de la grande Twentieth Century Motor Company, mais avait décliné à cause du socialisme.

Quelques maisons étaient encore debout dans le squelette de ce qui avait été autrefois une ville industrielle. Tout ceux qui pouvaient se déplacer étaient partis, mais quelques personnes étaient restées. Les bâtiments vides étaient en ruines, ils avaient été mangés, non pas par le temps, mais par les hommes : des planches arrachées au hasard, des tuiles manquantes, des trous laissés dans des caves brûlées. On aurait dit que des mains invisibles s’étaient emparées de tout ce qui pouvait servir sur le moment, sans aucune notion de rester en vie le lendemain matin. Les maisons habitées étaient dispersées au hasard parmi les ruines, la fumée de leurs cheminées restant le seul mouvement visible de la ville. Une coque de béton, qui avait été une école, se tenait à la périphérie. Elle ressemblait à un crâne, avec les orbites vides de ses fenêtres sans vitres et quelques mèches de cheveux s’accrochant, sous la forme de câbles à l’abandon.

Au-delà de la ville, sur une colline éloignée, se tenait l’usine de la Twentieth Century Motor Company. Ses murs, toits et cheminées semblaient solides, impénétrables comme une forteresse. L’usine paraissait intacte, à l’exception d’une citerne argentée, renversée sur le côté.

Ils ne voyaient aucune trace d’une route vers l’usine, parmi les kilomètres d’arbres et de collines. Ils se dirigeaient jusqu’à la première maison en vue qui avait un faible signe de fumée. La porte était ouverte. Une vieille femme s’était approché en entendant le moteur. Elle était courbée et enflée, pieds nus, habillée d’un sac de farine. Elle regardait la voiture sans étonnement, sans curiosité, c’était le regard vide d’une personne ayant perdu la capacité de ressentir quoi que ce soit, en dehors de l’épuisement.

« Pouvez-vous m’indiquer le chemin vers l’usine ? » demanda Rearden.

La femme ne répondit pas tout de suite. Elle le regarda comme si elle était incapable de parler anglais. « Quelle usine ? » demanda-t-elle.

Rearden la pointa du doigt. « Celle-là. »

« C’est fermé. »

Maintenant, voici ce qui est vraiment extraordinaire. Lorsque Ayn Rand publia ces mots en 1957, Detroit était, selon la plupart des indicateurs, la ville avec le plus haut PIB par habitant des États-Unis.

La Starnesville de la réalité, tout comme la fictionnelle, a dépéri lentement, puis s’est effondrée rapidement. J’ai passé quelques semaines à Detroit en 1991. La ville fonctionnait toujours plus ou moins normalement, mais les premiers signes de décomposition étaient visibles. Mon hôte, un cousin de mon compagnon de voyage britannique, tenait un bar et restaurant. Il semblait, à mes yeux adolescents, l’incarnation du rêve américain : il n’avait jamais été à l’université mais avait réussi à créer une entreprise prospère, fermement et sans se plaindre. Pourtant, il était inquiet. Il me disait qu’il faisait partie d’un nombre en chute de contribuables, soutenant de plus en plus de dépendants. Il se disait qu’il valait peut-être mieux vendre, tant que l’activité était encore bonne.

Il n’était pas le seul à penser ainsi. La population de Motown [NdT: surnom de Detroit, du même nom que la compagnie de disques fondée dans cette ville] a chuté de 2 millions à 700.000 et les quartiers autrefois prospères sont devenus délabrés. Soixante six mille maisons ont été abandonnées. Les agents immobiliers sont incapables de louer des maisons avec 3 chambres pour un dollar.

Bien entendu, The Observer cite un natif de Detroit se plaignant que « le capitalisme a échoué ». Mais le capitalisme est justement la seule chose dont cet endroit a désespérément besoin. Detroit est dirigée par une administration de gauche depuis un demi-siècle. La ville a dépensé et emprunté trop, chassant les entreprises et devenant un outil des syndicats.

Sur les 11 milliards de dollars de la dette de Detroit, 9 milliards représentent les salaires et les retraites du secteur public. Sous la montagne de ces dettes accumulées, l’argent ne va plus dans les services, mais dans les retraites. Le résultat ? La police met une heure à répondre à un appel d’urgence et les deux tiers des ambulances ne sont plus en état de rouler. C’est un échec non pas du secteur privé, mais de l’État. Et aujourd’hui encore, l’État se bat pour sa clientèle : un tribunal a annulé la demande de faillite au motif que « cela réduira les retraites des employés du secteur public ».

Ce qui nous amène à ce qui est le plus terrifiant. Detroit pourrait tout aussi bien être un précurseur du reste des États-Unis. Pour citer Mark Steyn du National Review :

Comme Detroit, les États-Unis ont des dettes non capitalisées, à hauteur de 220.000 milliards de dollars selon l’économiste Laurence Kotlikoff. Comme Detroit, les États-Unis chouchoutent la classe gouvernementale et étendent la classe dépendante. Au point que sa « réforme de l’immigration » en accord avec les deux principaux partis va recruter activement entre 50 et 60 millions d’immigrants peu qualifiés. Comme à Detroit, les institutions publiques des États-Unis sont de plus en plus les responsables corrompus d’un système à parti unique, les exemples les plus évidents étant l’IRS et le Département de Justice au nom trompeur. Comme Detroit, les États-Unis se transforment en une classe d' »organisateurs de communautés » et d’habitants malheureux des communautés ainsi organisées.

Pas étonnant que le président préfère alors parler de Trayvon Martin. Si vous voulez voir le résultat final des Obamanomics, regardez Starnesville. Et tremblez.


Sur le web. Traduction : Cthulhu/Contrepoints.

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