Pendant que la maison brûle, l’État peint

Alors que la France s'enfonce, plombée par la complexité et la dépense publique, ses dirigeants maintiennent le cap de l'immobilisme.
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Pendant que la maison brûle, l’État peint

Publié le 18 juillet 2013
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Les députés socialistes proposent de multiplier par 20 le coût des licenciements et d’inscrire la fermeture d’un site industriel à la liste des 12 travaux d’Hercule. Avec une justification fallacieuse :

«L’employeur sera soumis à une obligation de moyens», précisent encore les signataires, opposés à «la politique de terre brûlée» et au «diktat de la performance boursière» qui ont causé la destruction de «2 millions d’emplois en trente ans» dans l’Industrie. Les salariés pourront aussi participer, en déposant un dossier de reprise, notamment via une scop qu’affectionnent tant les élus de la majorité.

Le diktat de la performance boursière, ou de la performance tout court, aurait causé la destruction de 2 millions d’emplois en trente ans. Bouh la bourse, vive les coopératives.

Les vrais responsables de la destructions de 2 millions d’emplois en trente ans – et bien plus, on ne compte pas ici les emplois qui n’ont pas été créés – ne sont pas d’immondes spéculateurs ventripotents roulant dans de belles voitures avec chauffeur et n’ayant jamais à s’inquiéter de leurs finances puisque d’autres travaillent pour eux. Les vrais responsables sont d’immondes hommes politiques ventripotents roulant dans de belles voitures avec chauffeur et n’ayant jamais à s’inquiéter de leurs finances puisque d’autres travaillent pour eux. Les Français, en l’occurrence.

C’est un peu dur, sans doute, et je ne voudrais pas faire pleurer Cécile Duflot. Mais c’est la triste réalité. Prétextant améliorer le sort de tous, les hommes de pouvoir ont détérioré le sort des Français.

Prenons l’exemple des étudiants. Soumis à un régime de couverture spécifique, ils doivent s’assurer auprès d’une mutuelle étudiante. La moitié d’entre eux s’assurent auprès de la LMDE, qui offre un service déplorable.

La Cour des comptes a mené sa propre enquête de satisfaction auprès de plus de 1 700 personnes affiliées à la LMDE. La note moyenne de satisfaction a été d’à peine 2,33 sur 5, soit le plus mauvais score de toutes les mutuelles étudiantes, qui sont globalement toutes mal notées. Des chiffres qui viennent démentir les 88% de personnes satisfaites vantées dans les « enquêtes de satisfaction autoproduites » par la LMDE, note avec malice la Cour.

Il n’y a pas besoin de chercher bien loin les raisons de cette insatisfaction. Selon la Cour, la LMDE n’est en mesure de répondre qu’à un appel téléphonique sur 14. En février, plus de 200 000 courriers adressés à la mutuelle étaient en attente de suivi et les retards de traitement des feuilles de soins sont chroniques. Par ailleurs, la LMDE, comme les autres mutuelles étudiantes, accuse un important déficit de développement des services en ligne.

Autant de bugs qui causent des retards de remboursement récurrents pour les étudiants. Sans compter que les délais pour éditer les cartes Vitale sont particulièrement longs : neuf mois après leur inscription, 10 % des étudiants n’en ont toujours pas reçu et ne peuvent donc bénéficier du tiers-payant, estime la Cour.

Les étudiants ont toutes les difficultés du monde à obtenir un renseignement ou un remboursement. La Cour des Comptes suggère la suppression des mutuelles étudiantes et l’inclusion des étudiants dans le régime général qui, sans être d’une efficacité redoutable, l’est bien plus que le régime étudiant. Levée de boucliers : le régime serait le « dernier acquis étudiant de l’après-guerre ».

Des remboursements tardifs au prix d’appels répétés, voilà un bel acquis étudiant. L’acquis étudiant, c’est avant tout l’acquis de la LMDE, très proche de l’UNEF, et celui de quelques privilégiés.

Les salariés de la LMDE d’abord, pléthoriques et peu inquiétés par leurs performances déplorables.

La LMDE connaît des difficultés financières chroniques, avec 23 millions de pertes accumulées en 2011. Un plan social, lancé à cette époque, a abouti au départ de 130 des 640 salariés, moyennant « des indemnités importantes », note la Cour. Pourtant, ces personnels ont tous été remplacés « quelques mois plus tard », alors qu’un cabinet externe avait évalué que la productivité était supérieure de 20% dans les caisses primaires d’assurance-maladie (CPAM) du régime général.

On licencie avec de grasses indemnisations – financées par les cotisations des étudiants et les contribuables qui renflouent les caisses – pour remplacer quelques mois plus tard les effectifs, sans parvenir à ramener la productivité à un niveau satisfaisant. Concrètement, un exercice en pure perte.

En plus de faire porter le poids de leur médiocrité par ceux qu’ils sont censés servir, les pourvoyeurs d’acquis sociaux s’inscrivent dignement dans la belle tradition républicaine de népotisme.

Au bord de la faillite, la LMDE a toutefois été contrainte de s’adosser en février à la MGEN, qui contrôle désormais de facto la gestion de la mutuelle. Un adossement encore trop récent pour que la Cour puisse juger de ses conséquences. Mais cette proximité, qui existe depuis longtemps, entraîne d’étonnantes pratiques. La Cour des comptes révèle ainsi que les enfants de fonctionnaires adhérents de la MGEN bénéficient « d’un traitement prioritaire » de leurs courriers et appels lorsqu’ils choisissent la LMDE, ce qui est en « contradiction avec les principes du service public ».

Ce n’est pas qu’un exemple. Le service public français, c’est un joli prétexte pour offrir au citoyen un service médiocre et très couteux, et financer les copains. Les enfants de fonctionnaires de la MGEN et l’UNEF dans le cas de la LMDE, les syndicats dans de nombreux cas ; les hommes politiques eux-mêmes ratent rarement une occasion d’arroser leurs amis.

Les électeurs normands de Laurent Fabius seront ainsi ravis d’apprendre qu’il utilise sa réserve parlementaire pour embellir le village où il a sa résidence secondaire, à 800 km de sa circonscription. C’est beau. Les exemples abondent ; Arnaud Montebourg ne s’est pas privé d’organiser une charmante réception pour remercier ceux qui l’ont soutenu dans le dossier Florange, aux frais des contribuables.

L’État étant en difficultés financières, les hommes politiques sont prêts à quelques sacrifices. Pour les autres. Avant même de penser à détourner l’argent public de sa mission première vers les poches ou projets de leurs amis, ils s’assurent de leur propre confort.

Les hommes politiques ont voté des augmentations d’impôt et la détérioration de l’État-providence pour l’ensemble des Français, sauf pour eux. Ils s’assurent encore des retraites et privilèges plus que confortables, pour prendre le relais d’indemnités plus que généreuses. À l’abri derrière des beaux discours sur la solidarité et le sacrifice, offrant de temps en temps à la vindicte populaire un patron, une figure publique ou le dirigeant d’un pays voisin qui oseraient ne pas se plier à leurs exigences, ils se maintiennent au pouvoir et vivent au crochets de la république, qui n’est plus qu’un mot, pas une idée.

Je ne suis pas un grand admirateur de ceux qui veulent diriger la vie des autres. Encore moins quand leurs résultats pitoyables détériorent le sort de ceux qu’ils sont censés servir et qu’ils n’ont de cesse de rejeter la faute sur le manque d’éthique de ceux sur qui porte l’effort.

Les problèmes de la France sont connus. En quelques mesures, il est possible de réduire grandement les déficits, d’améliorer la compétitivité et de rendre les citoyens plus égaux devant la loi.

Le déficit du régime des retraites peut être aisément réduit en alignant tous les régimes sur le régime général. Idem pour l’assurance-maladie et l’assurance-chômage. C’est simple, ça ne demande qu’un peu de courage politique, un peu de fermeté face aux inévitables mécontents qu’on touche à leurs privilèges.

Multiplier par 20 le coût des licenciements n’améliorera pas le marché de l’emploi en France. Il serait simple en revanche de réduire le coût du travail et de rendre plus fluide le marché de l’emploi. Offrir aux salariés le choix de leur régime de protection sociale, c’est leur donner la possibilité de payer moins cher pour les mêmes prestations. En réduisant la dépense – j’y viens – il serait possible de réduire les charges patronales et salariales, rendant compétitifs de nombreux emplois aujourd’hui trop couteux au regard de leur productivité.

Attaquons le gros du problème : la dépense. Le choc de simplification annoncé n’a rien d’un choc. Depuis des années, des décennies même, les lois s’accumulent. Le code du travail, des impôts, les différents textes qui régissent chaque tranche de vie des Français subissent une inflation digne du Zimbabwe des années 2000. Et comme dans le cas du Zimbabwe, la solution réside dans un changement de devise.

Il faut remettre à plat l’action de l’État. Même en maintenant son périmètre actuel [1], il est possible de réduire considérablement la dépense en repartant de zéro. Pour chaque résultat, chercher le moyen le plus simple d’y parvenir, au lieu de chercher à élaguer à la marge.

Revoir également le système d’imposition et les règles de l’État-providence, les rendre lisibles et éliminer les incohérences.

Chaque citoyen devrait, en quelques clics ou un coup de fil, connaître exactement sa situation, ce qu’il doit, ce qu’on lui doit. Il devrait savoir exactement à quel interlocuteur s’adresser pour toute demande auprès de l’administration. N’importe quel employeur et n’importe quel salarié devrait être en mesure de comprendre le code du travail et l’appliquer. L’ensemble des citoyens français et, plus grave encore, de leurs représentants élus, sont aujourd’hui incapables d’appliquer l’un des principes fondamentaux du droit français : « Nul n’est censé ignorer la loi ».

Les élus ne sont pas censés ignorer la réalité, mais les faits sont là. La France s’enfonce dans une grave crise. Pour partie, cette crise affecte de nombreux autres pays, eux aussi fortement endettés. Mais elle s’enfonce aussi dans le déni, la fermeture, l’idéologie. Dans les deux cas, les hommes politiques ont une responsabilité majeure dans l’émergence de ces problèmes et devraient prendre leurs responsabilités dans leur résolution.

Pour l’instant, la maison brûle, et l’État peint. Des réformes majeures sont nécessaires et reportées, si tant est qu’elles soient pensées. Les rapports et recommandations s’accumulent pour faire des économies ; mais les politiques dévoient les mots, et la remise à plat, la refonte du système que laissait espérer le « choc de simplification » est un pétard mouillé.

Ce n’est pas en repeignant la porte qu’on éteindra l’incendie. Impuissants, les Français ont perdu leur liberté au profit du pouvoir ; n’ayant d’autre choix que de regarder la maison France brûler, ils feraient bien de regarder de l’extérieur.


Note :

  1. Bien trop large à mon goût…
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  • Allez, un peu de patience, l’effondrement arrive. Un peu moins de deux ans et on parle plus, tout sera par terre.

    • J’espère avant….mais je ne pense pas le « Français » capable de la moindre prise de conscience. Il va faire comme les grecs:  » oh, bah ça alors on a rien vu venir… ». Le plus triste dans l’histoire est que le pov’ gars moyen qui travaille pour un salaire de merde va se faire lessiver. Le riche est déjà loin, le pauvre est lui, bien pauvre, et la France une grosse merde gluante.

      • @ Golum
        « Le riche est déjà loin »

        Je pense que le fait que l’on entend finalement assez peu les véritables riches protester contre les mesures de fiscalité confiscatoires du gouvernement PS; c’est la preuve évidente qu’ils ont réussi à mettre à l’abri des milliards d’euros et ne risquent plus rien

    • Mais non dans 2 ans tout sera encore debout, ils vous feront des euro bonds, des quantatives easing à l’européenne. Ils créeront des emprunts obligatoires, des loyers fictifs pour les propriétaires de résidenc principale.
      Il ya largement plus de gens qui profitent de l’état à la française que de gens qui en souffrent. Et ceux qui en souffrent commencent à se faire une raison car ils voient bien que c’est l’occident complet qui s’essoufle.

  • « Prenons l’exemple des étudiants. Soumis à un régime de couverture spécifique, ils doivent s’assurer auprès d’une mutuelle étudiante. La moitié d’entre eux s’assurent auprès de la LMDE, qui offre un service déplorable. »
    je me pose une question, en lisant ces lignes : à quoi sert une mutuelle étudiante ? si le client est mécontent du service déplorable, pourquoi cotiser ?

    je me souviens de mes études. la première année, je ne savais pas, j’avais pris une « bonne mutuelle » avec un » bon contrat », environ 2 000 frf, soit 300 euros pour 1 an.
    la deuxième année, je me suis dit que je n’avais pas besoin d’un aussi bon contrat, j’ai pris le truc de base sans aucune option, à 600 frf par an, soit 100 euros environ.
    les 3 dernières années, j’avais enfin compris, et je me suis passé totalement de mutuelle. plus de problème de remboursement, plus de question à se poser sur les divers taux de remboursement des médicaments, plus de temps perdu pour de la paperasse fastidieuse… quand j’avais besoin du médecin, je payais le médecin, je n’ai jamais été moins bien soigné parce que je n’avais pas de mutuelle.

    si les étudiants continuent à se payer des mutuelles étudiantes dont ils sont insatisfaits, c’est que en réalité, ils ne sont pas si instisfaits que cela. s’ils aiment payer, qu’ils payent.

    • L’affiliation au régime de sécurité sociale des étudiants est obligatoire, même si on lui donne le nom de « mutuelle » : http://vosdroits.service-public.fr/F675.xhtml
      Ils n’ont donc pas le choix de payer. Au même titre que le reste de la population.

    • Surtout que 9 étudiants sur 10 n’y comprennent rien. Ils paient et voient avec papa et maman pour les détails.

      • @ MIA
        Et bien entendu, toi tu trouves dans la catégorie des 10% ?

        • Quand on insulte, on évite d’oublier des mots.

          Je n’invente rien. Tout est dans le dossier du Monde sur le sujet. A moins de souci de santé majeur, les étudiants n’ont souvent aucun contact avec ces mutuelles. Les remboursements se font souvent même sur le compte des parents. Ces inscriptions dans les mutuelles se font au cours de la première année ou au 20ème anniversaire. On ne peut pas demander à un étudiant de 18 ans d’être autonome dès l’inscription et incollable sur les mutuelles étudiantes. Ces organismes en profitent car ils savent que rares sont les étudiants qui pigent de quoi il s’agit, ils sont souvent préoccupés par plus important (étude, logement, etc…). Les 10% concernent les rares étudiants autonomes qui travaillent et vivent seul en gérant seul leur budget. Je n’en faisais pas partie.

      • Euh, non.
        Pour 9 sur 10 de ces 9 sur 10 c’est papa et maman qui paient et aussi voient les détails!

        • Exact mais comment leur en vouloir? Je vois mal pourquoi on a créé cette situation complexe et pas conservé le régime général pour les étudiants non salariés. Beaucoup d’étudiants à 18-20 ans y pigent quedalle, donnent un RIB, prennent la LMDE ou SMEREP (région parisienne) et n’en parlent plus. A moins de gros remboursements ou autres, ils en entendent plus parler et payent des sommes importantes qui sont souvent incorporés dans les droits d’inscription (je parle de la fac). Rares sont ceux qui comprennent qu’ils paient cher (plus que le reste de la population) un service inefficace et déficitaire et corrompu alors même que cette population est celle qui est en meilleure santé. Tout ca pour le confort de l’UNEF et quelques planqués.

    • Pourquoi cotiser ? Parce que c’est obligatoire sous peine de ne pas être inscrit. J’ai eu le cas en classes préparatoires pour mes 2 enfants. J’ai dû céder et joindre un chèque au dossier d’inscription alors qu’ils sont couverts à 100% par la sécurité sociale du Luxembourg. Et ça continue pendant toutes les études supérieures.

  • « Les vrais responsables de la destructions de 2 millions d’emplois en trente ans – et bien plus, on ne compte pas ici les emplois qui n’ont pas été créés »

    On estime (estimation basse) que 3 emplois sont détruits pour chaque emploi inutile dans le secteur public. 3 millions de fonctionnaires inutiles = 9 millions d’emplois détruits dans le privé, soit 5 millions de chômeurs officiels auxquels il convient d’ajouter 4 millions de Français sans activité en âge de travailler hors du marché du travail (4 millions sur les 9 millions d’inactifs non chômeurs).

  • « Pendant que la maison brûle, l’État peint » : il fait comme Eric Cantona…

  • « un cabinet externe avait évalué que la productivité était supérieure de 20% dans les caisses primaires d’assurance-maladie (CPAM) du régime général » :

    Dramatique situation, quand on sait que le niveau de productivité des CPAM est proche de la sieste corse, avec au bas mot deux fois trop d’employés pour le travail à réaliser.

  • « Le déficit du régime des retraites peut être aisément réduit en alignant tous les régimes sur le régime général. »

    Un premier pas notoirement insuffisant : aucune « assurance » publique (santé, retraite, chômage, famille) n’échappera à la nécessaire privatisation et à la mise en concurrence.

    • « Il faut remettre à plat l’action de l’État. Même en maintenant son périmètre actuel [1 : Bien trop large à mon goût…], il est possible de réduire considérablement la dépense en repartant de zéro. »
      Réduire le périmètre de l’État est souhaitable, mais on peut faire des économies même sans cela…

  • « N’importe quel employeur et n’importe quel salarié devrait être en mesure de comprendre le code du travail et l’appliquer. »

    Le contraire est malheureusement la réalité quotidienne pour ceux qui sont supposer juger. Code du travail ubuesque + « juges » syndiqués à la limite de la débilité mentale = plus de la moitié des décisions des prud’hommes de première instance sont annulées en appel…

  • Multiplier par 20 le coût des licenciements? CHICHE!

  • La qualité déplorable du prétendu service public qui affiche pourtant dans les statistiques internationales une place honorable!Sont-elles truquées ?Comme du temps de l’union soviétique?

  • Et, oui! «Des réformes majeures sont nécessaires» et en profondeur. Mais le simple fait de l’évoquer donne des frissons à tous ceux qui se nourrissent de cet immobilisme: les représentants politiques, les syndicats, et les fonctionnaires.
    La Suède, une référence en matière de service public, a réussi en à peine une dizaine d’années à réduire de moitié ses effectifs. Même si elle compte encore environ 150 fonctionnaires pour 1000 habitants tandis que la France n’en a que 79 (c’est de l’humour), la tendance est toujours à la baisse et ceux-ci coûtent bien moins cher aux contribuables et leur fonction est bien plus adaptée aux besoins. Elle n’a à présent que 10¨% de fonctionnaires de statut tandis que la France en a 81% et les fonctionnaires sont non seulement bien moins payés que dans le privé mais de plus ils sont sous contrat privé et leurs salaires sont négociés de façon individuelle et à l’année sans avancement automatique, contrairement à la France où le corps, l’échelon, le grade, les primes aux responsabilité, constituent une grille imposée et générale. Ils n’ont plus la sécurité de l’emploi et peuvent être licenciés notamment pour cause de restructuration de service. Ils ont leur Pôle emploi à eux, le Trygghetsstiftelsen (Fondation pour la sécurité de l’emploi) chargé de leur trouvé un nouvel emploi, et même une formation. Une décennie de réformes qui n’ont pas changé le modèle de la Suède mais l’a rendu bien plus performant. La réduction des dépenses publiques tout en privilégiant l’investissement privé a permis à la Suède d’avoir une meilleure santé économique sans avoir pourtant les atouts de la France dans bien des domaines. De plus, la Suède a opté pour une diminution des prélèvements obligatoires passant de 46,4% à 44,3% du Pib, pour une baisse du taux d’imposition des sociétés de 36,3% à 22%, et des charges patronales pour total de 31,42%. En France, c’est tout le contraire: des charges patronales pour un total de 42%, un taux de prélèvement obligatoire qui va passer de 43,9% à 46,3% et un taux d’imposition des sociétés compris entre 33% à plus de 36%. Dès lors, tandis que la France en 2012 a eu un déficit public de 4,8% du Pib, un taux de croissance de 0%, un taux de chômage de 10,6% et un déficit chronique de la balance commerciale, la Suède quant à elle a eu un déficit public de 0,5% du Pib, un taux de croissance de 0;7%, un taux de chômage de 7,7% et une balance commerciale toujours excédentaire.
    Il ne s’agit pas de faire comme la Suède, l’Allemagne ou autres pays, car nous ne somme ni suédois, ni allemands, etc. Mais, si ces pays ont réussi à faire les réformes nécessaires, il serait bon de s’inspirer de ce qui a déjà fait ses preuves au lieu de faire tout le contraire pour préserver un modèle devenu archaïque, coûteux et castrateur de talent.
    En fait, le problème en France c’est que les 5 millions de fonctionnaires, les syndicats, mais aussi près de 620000 élus (environ 1 élu pour 100 habitants, un record mondial!), que les contribuables paient, préfèrent l’immobilisme qui protège leurs acquis à un libéralisme qui permette à tout un chacun de pouvoir trouver sa propre voie, de créer et d’innover, de s’épanouir en prenant son propre destin en main.
    La maison brûle mais il n’y aura plus de meubles à sauver. Nous pourrons graver dans le marbre la loi Florange, y inscrire à notre tour «Trahison!», et enterrer bien des projets.

    • Voilà qui est joliment bien écrit. J’ai bien peur que les Français ne soient pas encore suffisemment dans la muise pour que les choses changent vraiment. Probablement juste avant la fin de ce quinquenat, mais le plus tôt serait le mieux. Plus on descend et plus c’est difficile aprés.

  • Les commentaires sont fermés.

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