Et si on supprimait le ministère de l’écologie ?

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Toutes les missions dévolues au Ministère de l’Ecologie sont soit mal menées par l’Etat et la puissance publique, soit susceptibles d’être menées par des opérateurs privés.

Toutes les missions dévolues au Ministère de l’Écologie sont soit mal menées par l’État et la puissance publique, soit susceptibles d’être menées par des opérateurs privés.

Un article du Parisien Libéral.

De quoi s’occupe le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie ?

Il regroupe six  directions générales qui couvrent des champs variés [1] :

  • La Direction générale de l’énergie et du climat : elle est chargée de la définition et de la mise en œuvre de la politique nationale en matière de lutte contre les changements climatiques.
  • La Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer : programmation d’infrastructures, régulation sociale et économique de l’ensemble des secteurs concernés (ferroviaire, fluvial, routier…), sécurité des infrastructures et des services de transport.
  • La Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature : elle élabore, anime et évalue les politiques de l’urbanisme, de la construction, du logement (aménagement des espaces, politiques urbaines de l’habitat, politique de la ville, politique de la construction).
  • La Direction générale de la prévention des risques : elle exerce la coordination interministérielle des politiques de prévention des risques majeurs (risques industriels, risques technologiques, risques naturels – crues, inondations…), de lutte contre le bruit et de gestion des déchets.
  • La Direction générale de l’aviation civile : elle est responsable de la sécurité du transport aérien, de la gestion du trafic aérien, de la régulation du marché, de la surveillance et de la certification de l’ensemble des acteurs de l’aviation civile.
  • La Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture : elle conçoit, fait évoluer et applique la réglementation dans le domaine des pêches maritimes et de l’aquaculture (gestion de la flotte, des possibilités de pêche…).

Que constate t-on ? Que toutes les missions dévolues au Ministère de l’Écologie sont soit mal menées par l’État et la puissance publique (cf. l’état des routes ou la crise du logement), soit susceptibles d’être menées par des opérateurs privés.

Le climat ? Chaque propriétaire de maison ou d’appartement est assez grand pour faire lui-même le calcul des bénéfices liés à une meilleure isolation de son logement, sans que l’État nounou ne vienne se mêler de cela.

Les infrastructures ? Le gouvernement vient de mettre le holà au développement des nouvelles lignes TGV, avec raison, d’ailleurs. Il a aussi bloqué des projets comme le canal Seine-Nord.

Le logement ? No comment. Les lecteurs fidèles de Contrepoints savent que la fin de la crise du logement en France passe notamment par la constructibilité par défaut de tous les terrains en France, et non pas l’inverse.

Les risques industriels ? La façon dont le gouvernement n’a pas géré la crise de Lubrizoil Rouen cet hiver montre qu’il n’y a rien à attendre des pouvoirs publics en cas de gros problème. Le gouvernement ne fera jamais mieux que Twitter sur ce coup-là.

L’aviation civile ? Le contrôle aérien est partiellement privatisé au Royaume Uni depuis 2001 (voir Libération) et en Espagne depuis 2010 (voir le blog de H16). Les avions sont-ils davantage en danger dans les cieux des royaumes d’Elisabeth II et de Juan Carlos ?

La pêche ? Pourquoi ne pas laisser l’Europe s’en charger totalement ?

Il n’y a décidément que peu de justifications à laisser le ministère de l’écologie ouvert. Si on croit en l’écologie, c’est-à-dire si on pense que l’action de l’Homme devrait s’inscrire dans la prise en compte du coût environnemental, alors c’est dans chaque ministère, et surtout, dans chacun de nos gestes, qu’il devrait y avoir de l’écologie (sur le même sujet : quelle est la justification d’un ministère des affaires européennes ??).

Ça tombe bien, il n’y a pas besoin de lois pour faire de l’écologie. L’open data et la connaissance partagée permettent à chacun de se saisir du sujet.


Sur le web.

Note :

  1. Source : Gouvernement.