L’UDI, nouveau parti politique des libéraux ?

Les libéraux sont tout sauf unanimes sur l’UDI. Pour un des membres du parti, c’est pourtant le mieux disant libéral.

Les libéraux sont tout sauf unanimes sur l’UDI. Pour un des membres du parti, c’est pourtant le mieux disant libéral.

Par Pierre Fouquet.

Depuis l’absorption de Démocratie Libérale au sein de la masse gaulliste dans l’Union pour un Mouvement Populaire, les libéraux peinent à se retrouver un authentique parti. Les tentatives de mouvement complètement indépendants n’ont pas eu le succès escompté. Ces composantes (Alternative Libérale et le Parti Libéral Démocrate) ont d’ailleurs par un pragmatisme tout à fait libéral modifié leur plan de bataille et rallié soit directement ou par le biais de parti associé l’Union des Démocrates et Indépendants.

En tant que fédération de parti, l’UDI doit composer avec les différentes théories politiques classées au centre et au centre-droit de l’échiquier politique français : le radicalisme, la social-démocratie et certains libéralismes (classiques et conservateurs).

De nombreuses plumes se sont élevées contre l’idée que l’UDI puisse être un parti libéral. Ayant eu les preuves d’une situation tout autre, je me permets de prendre à mon tour la plume. Néanmoins, ces critiques n’avaient pour bâtir leurs réflexions à leur disposition qu’un pré programme assez vague, et quelques propositions économiques lancées de-ci de-là, par les cadres de notre parti. Mais avant que le programme économique de l’UDI n’ait été adopté, ces critiques semblent un peu anticipées.

Voilà chose faite puisque l’UDI réuni en conseil national a adopté à un score soviétique son projet pour relancer l’économie de notre pays.

Invité au conseil national, quelle  ne fut pas ma surprise de découvrir que le texte adopté avait une véritable teneur libérale. Il existe évidemment une fibre libérale historique auprès des partis de centre-droit, mais je m’attendais à ce que celle-ci soit édulcorée par l’action des composantes plus « sociales » de la fédération des démocrates et indépendants. Il faut croire que les libéraux ont eu gain de cause.

Je perçois chez certains lecteurs un doute palpable. Pour atténuer leur méfiance, il ne reste plus qu’à vous donner certaines des propositions qui ont été adoptées samedi dernier.

Le programme économique de l’UDI s’oriente autour de trois buts : restaurer la confiance, mettre en place un nouveau modèle de croissance et réduire nos dépenses publiques.

Restaurer la confiance

Pour cela, l’UDI propose d’inscrire dans la constitution un taux plafond de prélèvements obligatoires, ainsi que de garantir la stabilité juridique et fiscale. En effet, une loi adoptée au cours d’une législature ne pourra plus, sauf circonstances exceptionnelles, être modifiée pendant ladite législature.

Mettre en place notre nouveau modèle de croissance

Dans le but de relancer l’économie française, l’UDI suggère de réduire massivement les charges sociales, patronales et salariales. Comme par exemple en diminuant le taux d’imposition sur les sociétés de 33 ,3% à 15% ou de rétablir la durée hebdomadaire de travail à 39 heures tant pour le secteur privé que public.

Le projet économique propose aussi de moderniser le droit du travail : par la mise en place d’une plus grande flexibilité du travail via la création d’un contrat de travail unique et la simplification de la vie des entreprises en diminuant le nombre des normes et en simplifiant les procédures.

Quant à l’administration, pour l’UDI, c’est à elle de gérer sa propre complexité et non aux acteurs économiques d’en faire les frais. Il convient pour cela de passer d’un régime d’autorisation préalable et d’agrément à un régime de liberté et de responsabilité.

Réduire nos dépenses publiques

L’UDI propose de diminuer les dépenses publiques de dix milliards d’euros par an pendant dix ans.

En outre pour le parti centriste, il faut utiliser de manière optimum l’argent public via la rationalisation des dépenses de l’État ou encore la remise à plat des politiques publiques dont l’efficacité est inversement proportionnelle au nombre de dispositifs en vigueur, comme le démontrent les politiques relatives au logement.

Quant aux dépenses sociales, l’UDI a pour projet de créer une allocation sociale universelle unique en remplacement de la totalité des prestations sociales (allocations familiales, RSA, aide au logement…). Dans le même temps, les centristes proposent de passer à un système de retraite universelle, ce qui permettrait une économie de gestion de trois milliards d’euros par an.

Enfin, pour les dépenses locales, selon l’UDI, il convient de mettre fin au coûteux mille-feuilles territorial. Pour cela, il faut inciter financièrement au regroupement des communes au sein des intercommunalités et mettre en place une douzaine de grandes régions de dimension européenne qui doit se substituer aux vingt-deux régions actuelles.

Néanmoins, certaines propositions ne plairont guère au libéraux, comme le soutien de l’UDI aux emplois d’avenir – un dispositif tout aussi inutile que coûteux – ou encore, la construction de nouveaux logements sociaux. Mais, dans l’ensemble, les propositions de l’UDI tendent bien plus vers la liberté que l’étatisme.

Il ne s’agit là que d’une partie des propositions de l’UDI pour retrouver la croissance. Je vous engage donc à en lire le programme économique disponible sur leur site, ou même à adhérer…

Certes, j’entends déjà les cris d’orfraies de certains de mes bons amis libertariens, ou de libéraux puristes. Pour eux, si le programme n’est pas uniquement libéral il ne l’est pas. Je préfère pour ma part voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. Si nous voulons être sûrs que l’UDI perdure sur cette voix libérale, il ne nous reste plus qu’à adhérer.

Enfin, si nous avons en interne réussi à convaincre ce parti de devenir un défenseur des libertés, il nous reste encore à convaincre les Français d’adopter les solutions libérales en votant pour nous, grâce à l’aide d’un parti clairement libéral : l’UDI.