CMU : santé gratuite ou santé à deux vitesses ?

logo_cmu (Tous droits réservés)

Petit à petit s’instaure en France la santé à deux niveaux : santé gratuite pour certains,coûteuse pour d’autres. Une évolution confirmée par la modification de la CMU.

Petit à petit s’instaure en France une santé à deux niveaux : santé gratuite pour certains, coûteuse pour d’autres. Une évolution confirmée par la modification de la CMU.

Par Thibaud Doidy de Kerguelen.

Pas de coup de pouce au smic, mais un coup de pouce à la CMU

Le gouvernement socialiste s’oriente sans le dire vers ce régime que tant d’autres pays ont adopté et que nous considérions jusqu’à il y a peu comme injuste d’une santé « Gratuite » (c’est à dire prise en charge par la collectivité) pour des prestations réglementées dans un cadre réglementé et payante pour qui veut ou peut se permettre de vouloir des prestations de qualité ou dans des délais raisonnables.

C’est ainsi qu’il faut interpréter la décision que vient de prendre le gouvernement par un décret paru au Journal officiel aujourd’hui mardi, de modifier le plafond de ressources fixé pour pouvoir bénéficier de la protection complémentaire en matière de santé (CMU-C) à compter du 1er juillet prochain. Désormais, une personne seule touchant moins de 8.592,96 euros par an pourra bénéficier de cette CMU à 100% qui permet le remboursement du ticket modérateur sur les médicaments (génériques) et les actes professionnels de santé (au tarif sécu), ou encore la prise en charge du forfait journalier (sans dépassement d’honoraires) en cas d’hospitalisation. Ce seuil était fixé à 7.934 euros auparavant. (CMU)

Dans le même temps, le plafond de ressources pour être éligible à l’aide à l’acquisition d’une couverture maladie complémentaire (ACS) est lui aussi relevé à 11.600,49 euros pour une personne seule. Cette aide, variable en fonction de la structure familiale, permet aux assurés qui gagnent plus que le plafond CMU d’alléger pour eux le coût de souscription d’une complémentaire santé auprès d’un organisme privé. (Ameli)

La santé « gratuite » pour de plus en plus de Français

Ces revalorisations permettront « à 750.000 personnes supplémentaires – 400.000 nouveaux bénéficiaires de la CMU-C et 350.000 de l’ACS – de bénéficier d’une aide à la complémentaire », a précisé le ministère de la Santé. Avant cette disposition, 4,39 millions de Français bénéficiaient de la CMU-C en 2011, en hausse de 3% par rapport à l’année précédente, selon les derniers chiffres de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA). L’ACS, de son côté, profitait à quelques 763.000 personnes à cette même date.


Sur le web.