La théorie du genre à l’école, une réalité pour des centaines d’écoliers !

Théorie du genre (Crédits Lisa Norwood, licence creative commons)

Innovations à l’école : des pratiques pour enseigner les théories du genre ont déjà investi de nombreuses classes.

Innovation à l’école : des pratiques pour enseigner les théories du genre ont déjà investi de nombreuses classes.

Un article de la Fondation pour l’école.

À quelques heures du vote à l’Assemblée d’un texte qui pourrait ouvrir plus largement encore les portes des écoles aux théories du genre, il faut ouvrir les yeux sur les pratiques qui ont déjà investi de nombreuses salles de classe. Le site du Syndicat Unitaire des Instituteurs et Professeurs des Écoles nous aide à faire un point sur les innovations des enseignants, dont certains sont prêts à faire de l’école la tête de pont des questions de société et s’enorgueillissent d’ouvrir l’esprit des jeunes enfants aux idées les plus controversées de notre modernité.

Le rapport du SNUIPP (15 mai 2013), c’est 193 pages de réflexions théoriques, de prises de positions syndicales, mais aussi de… témoignages. Témoignages des nombreux professeurs qui ont déjà engagé leur classe dans la « lutte contre l’homophobie et les stéréotypes du genre ». Comment ? En faisant travailler en classe de CP le livre « Papa porte une robe », ou l’un des nombreux ouvrages faisant la promotion des « familles Arc-en-Ciel », comme « Dis MamanS », « Jean a deux mamans », ou « J’ai deux papas qui s’aiment ». Le rapport fournit une bibliographie abondante. Et si vous voulez surveiller ce que votre enfant fait en classe, sachez que la suspicion est réciproque et que vos réactions de parents ont été prévues et circonscrites : « Est-il utile d’informer les parents ? S’il s’agit d’une séquence isolée et ponctuelle en réaction à un événement (insulte dans la cour) ou d’un travail sur un livre particulier en lien avec d’autres livres (travail sur les familles par exemple) sans doute pas. S’il s’agit par contre d’un ensemble de séquences permettant d’approfondir la question, il sera probablement utile d’évoquer le thème choisi lors d’une réunion avec les parents et de préciser les raisons qui ont amené l’enseignant ou l’équipe à ce travail. Entendons-nous bien, non pour demander une autorisation, mais pour informer en amont afin d’éviter des réactions de surprise ou d’incompréhension. Nos conseils en cas de problème : s’assurer du soutien de l’équipe, prendre contact avec son IEN… et avec le SNUipp-FSU ! » (p.46).

Tout cela déborde du contenu même des cours, pour imprégner la pédagogie dans son ensemble, et même le comportement des éducateurs : « Il est nécessaire que les enseignant-es et leur formation prennent en compte les études sur le genre dans leurs pratiques quotidiennes, tant au niveau des contenus d’enseignement que des interactions qu’ils/elles ont avec leurs élèves, ainsi que dans la gestion des relations entre enfants. Il faut veiller à ne pas enfermer les élèves dans des schémas étriqués, mais au contraire leur laisser ouvert le champ de tous les possibles (choix d’orientation scolaire et professionnelle et de loisirs en particulier), afin de permettre l’épanouissement de toutes et tous. Il s’agit de lutter contre les stéréotypes, de promouvoir la diversité. Pas question donc de cultiver le genre à l’école ! Pas question, par exemple, d’écrire les prénoms des filles en rose et ceux des garçons en bleu ! Ni de s’adresser régulièrement de manière collective « aux filles » ou « aux garçons ». Attention aussi à la manière de répartir les tâches et les activités entre les élèves. Différencier, oui, mais pas selon le sexe ». (p.18)

Les contes traditionnels sont abondamment utilisés… comme contrepoint pour bien faire comprendre ce qu’est un « stéréotype de genre » et pour aider les élèves à s’en défaire. Dans le Xème arrondissement de Paris par exemple : « Une approche comparée de contes traditionnels de princesses comme La belle au bois dormant, Blanche Neige, La princesse aux petits pois ou Cendrillon a mis en évidence les rôles et les attributs des princesses et des princes. Cette démarche préalable a débouché sur deux albums de « déconstruction » qui montrent des princesses émancipées : Rose Praline et La révolte des princesses… La classe a imaginé pour le carnaval de l’école une manifestation des princesses avec leurs revendications. Les élèves, déguisés en princesses, ont défilé dans le quartier avec les pancartes qu’ils avaient préparées : « Je veux faire le tour du monde et voyager », « J’en ai marre de dormir sur des lits inconfortables », « Je ne veux plus porter de robes mais des pantalons », (…), « On veut pouvoir se marier avec une fille »… » (p.75). On apprend donc à « déconstruire les stéréotypes du genre et à construire sa personnalité au sein de la communauté scolaire » (p.76) et… à manifester, ce qui est toujours utile, avouons-le.

Enfin, tout est là : http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/document_telechargeable-2013-30-05.pdf


Sur le web.