Interview de Drieu Godefridi pour la sortie du livre Climat : 15 vérités qui dérangent

Drieu Godefridi

Contrepoints a interviewé Drieu Godefridi pour la sortie du livre Climat : 15 vérités qui dérangent (sous la dir. scientifique du Pr. Istvan E. Marko, Texquis, 30 mai 2013)

Contrepoints a interviewé Drieu Godefridi pour la sortie du livre Climat : 15 vérités qui dérangent (sous la dir. scientifique du Pr. Istvan E. Marko, Texquis, 30 mai 2013).

Par la rédaction de Contrepoints.

Vous êtes l’un des huit auteurs de « Climat : 15 vérités qui dérangent », un ouvrage qui paraît ces jours-ci. Quel est votre objectif en publiant ce livre ?

Notre objectif est de rouvrir le débat sur le rôle de l’homme dans l’évolution du climat. Depuis vingt ans, le groupe d’experts des Nations unies sur le climat — le GIEC — certifie que la Terre se réchauffe. « Depuis dix-sept ans, la Terre ne se réchauffe pas », vient pourtant de concéder le président du GIEC, au détour d’une interview (The Australian, 22 février 2013). Aucune organisation soumise au principe de réalité ne survivrait à un tel aveu. Imperturbable, le GIEC poursuit ses travaux.

Une étude vient d’être publiée, qui indique que 97% des scientifiques sont convaincus par la thèse du réchauffement anthropique…

Cet échange régulier de statistiques et de pétitions au sein de la communauté scientifique du climat, où l’on se canarde à coup de prix Nobel, en dit long sur l’état du débat. Il existe des centaines de scientifiques de haut niveau qui approuvent, quels que soient leurs motifs, les conclusions du GIEC ; et des milliers qui les rejettent.

Quelle est cette vérité qui a besoin de tant de vilénies ?

Conclusion ?

Il faut admettre que la science du climat est balbutiante et que les conclusions définitives relèvent, à ce stade, de l’idéologie. Combien, parmi les modèles du GIEC, avaient prédit l’arrêt du réchauffement que nous connaissons depuis une quinzaine d’années ? Aucun, pas un seul. Et nous parlons pourtant de prédictions à 5 ou 10 ans, dans le même temps que le GIEC vous parle tranquillement du climat qu’il fera dans 100 ans. La modestie s’impose. Quand un débat ne peut être tranché en raison, c’est qu’il manque en fait.

La cinquième vérité de votre livre collectif stipule : « Le GIEC dénigre, calomnie et entrave la liberté d’expression de ceux qui ne partagent pas ses thèses ». Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?

Prenons le cas de la Belgique. Le TECLIM, centre de recherche du vice-président belge du GIEC, ne supporte pas que sa parole soit contestée. Aucune contradiction publique ne peut être portée aux travaux du GIEC, en Belgique, sans que le TECLIM n’intervienne pour disqualifier son auteur. Tous les moyens sont bons pour faire taire les critiques : courrier de dénonciation aux employeurs, délation, pétition contre l’un de leurs collègues au seul motif de son scepticisme (voir la pétition en bas de cet article), « spamming » du secrétariat d’un prof sceptique, intimidation d’un autre pour le dissuader de participer à une conférence, etc. La mise en œuvre de tels procédés, la plupart en fraude de la loi pénale, révèle à la fois le sentiment d’impunité des mandarins du TECLIM, et leur manque de confiance intellectuelle : quelle est cette vérité qui a besoin de tant de vilénies ?

Quand un débat ne peut être tranché en raison, c’est qu’il manque en fait.

Y a-t-il d’autres exemples, dans l’histoire, de cette instrumentalisation de la science par le politique ?

Assurément le lysenkisme, qui désigne la soumission, en URSS, de la science biologique à la vision politique que s’en faisaient le savant T.D. Lysenko et ses acolytes. Cette soumission eut pour résultat l’effondrement de la science biologique et de l’agriculture soviétiques. Des dizaines de scientifiques « dissidents » furent écartés de leurs fonctions, au seul motif qu’ils s’étaient opposés à la science officielle. Comme l’explique le biologiste russe Z.A. Medvedev dans son livre The Rise and Fall of T.D. Lysenko (New York, Anchor Books, 1971), il est normal que surgissent en science de fausses théories, qui ne sont que l’autre nom de nouvelles hypothèses, en attente d’être confrontées à l’expérience. Toutefois, pour que de telles théories s’imposent durablement, deux conditions doivent être réunies, poursuit Medvedev : le fanatisme de leurs partisans, et le monopole public dont ils jouissent. Le lysenkisme prospéra tant que dura le soutien d’État dont il bénéficiait. Il en ira de même de la science du GIEC.

Quel conseil donneriez-vous aux scientifiques sceptiques qui hésitent encore à « sortir du bois » ?

De le faire sans attendre, en ne s’abaissant pas aux attaques personnelles, tout en se montrant intransigeants sur le respect de la légalité et des libertés académiques à leur égard.

Votre douzième vérité est la suivante : « La presse ne traite pas de la problématique du réchauffement climatique avec tout le recul critique, l’objectivité et l’impartialité qu’on est en droit d’attendre ». Un exemple ?

Un exemple personnel : après un débat télévisé sur le climat, un caricaturiste était venu me trouver pour m’expliquer à quel point il était consterné par ma prestation. L’avait affligé le fait que j’ose mettre en doute la parole du vice-président du GIEC, qui n’avance pas le plus petit fait qui n’ait été dûment pesé et mesuré. Moi qui ne suis même pas scientifique. Que j’ai pu tenter d’avancer maladroitement quelques arguments relevant de ma compétence éventuelle en épistémologie ne l’intéressait absolument pas : la Science avait parlé, il ne restait qu’à applaudir. De nombreux journalistes sont face à la science comme dans l’expérience de Stanley Milgram : l’apparence de la science suffit à leur faire perdre leurs moyens critiques. Si l’on vous dit que la Terre se réchauffe, puis le contraire, il y a un problème.

Ne craignez-vous pas de subir vous-même des attaques, de la part des partisans du GIEC ?

Inévitablement. Dans son livre sur les « Marchands de doute », l’universitaire américaine Naomi Oreskes explique que les sceptiques sont soit financés par l’industrie, soit en recherche de publicité personnelle, soit des scientifiques âgés, soit des idéologues ultralibéraux, soit dans l’erreur, soit qu’ils ont été façonnés par la Guerre froide, soit qu’ils ont déjà défendu les cigarettiers, etc. Il est difficile pour de ne pas choir dans l’une de ces catégories. Pour ma part, et dans l’attente qu’un chèque d’EXXON ou de la CIA ne me parvienne enfin, ce sera probablement « ultralibéral ».

Votre critique du GIEC est-elle liée à votre « ultralibéralisme » ?

Tout d’abord, je récuse cette étiquette. Je suis un libéral critique, plus proche dans de nombreux domaines des gauches anglo-saxonnes ou scandinaves que de la plupart des droites continentales. De plus, ces considérations sont radicalement étrangères à mon analyse du GIEC, qui procède d’un désir de vérité.