L’humain d’abord, ce barbarisme au visage humaniste

La manœuvre des partis d’extrême-gauche consiste à vous accuser en creux d’inhumanité.

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L’humain d’abord, ce barbarisme au visage humaniste

Publié le 15 mai 2013
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La manœuvre des partis d’extrême-gauche consiste à vous accuser en creux d’inhumanité.

Par Julien Gayrard.

On a pu voir fleurir, depuis quelques années, un slogan enchanteur, celui de « l’Humain ». Un slogan bien plus qu’une idée, une notion ou un concept. Un concept, disons, est réputé retenir en soi l’ensemble de ce qu’il définit. Et fera par conséquent l’objet d’une définition. À son opposé, un slogan fait signe vers l’immédiateté de la compréhension, vers le sous-entendu, vers l’évidence, vers le bon sens de tous (bien loin du sens commun) ! Il indique une idée que nous intégrons et partageons a priori, avant toute tentative d’explication, une idée naturelle, aurions-nous envie de dire, innée. Et le paradoxe de cette idée d’humain est que nous, humains, sommes donc censés comprendre cette idée et l’incarner, faute de quoi nous serions aussitôt taxé d’inhumains. Nous n’avons pas le choix !

Aussi, ce n’est plus à notre qualité d’Homme ou d’être doué de raison, ou d’être moral, mais à l’Humain que nous sommes que ce slogan s’adresse, s’autorisant ainsi à escamoter toute tentative d’explication. C’est l’humain qui parle en nous, ce barbarisme.

Une première définition pourrait se faire en creux : l’humain est le refus de tout ce qui est inhumain. L’humain d’abord, c’est préférer ce qui fait de nous des Humains (J’allais dire des hommes… mais non !). L’argent, la réussite, l’individualité, l’égoïsme, tout cela est donc à proscrire. Du balai ! Il y a ceux qui ont un cœur, les Humains, et les autres hommes. Sorte de derniers hommes qui ne comprennent toujours pas… Car c’est un geste vers notre compréhension qui nous est demandé, une invitation à l’introspection, à une plongée visant à retrouver ce qui git en chacun, ce qui fait la vérité de notre humanité : l’Humain !

L’humanité donc…

Ainsi, la première manœuvre des partis d’extrême-gauche aura consisté à vous faire croire, voire vous accuser, d’inhumanité, si vous ne reconnaissez pas cette fibre collective en vous, ce sentiment commun. Pour être Humain, chassez d’abord tout ce qui peut vous être propre et peut vous distinguer des autres ! Vous êtes un être commun. Et si cette égalité de nos âmes n’existe pas, il faudra l’inventer.

Tout doit être humanisé. Soit. L’Humain est donc cette qualité d’âme qu’il faut dénicher en nous, si ce n’est déjà fait, pour indiquer comment le bien peut être fait. L’humain sera donc non seulement ce que je suis profondément mais encore la façon dont je dois régenter le monde : humaine la société, humains les animaux. L’humain devient la mesure de toute chose et la négation de juris de toutes les libertés individuelles.

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  • Bonjour,
    Merci pour l’article.
    (… manque un petit s à « nos âme ».)

  • y a à coup sûr quelque chose à entendre dans la revendication de « l’humain ».

    Comme l’a fort justement pointé Max Weber, l’organisation sociale fondée sur le capitalisme « rationnel », s’appuyant sur des techniques et méthodologies de type « sciences de l’ingénieur » ou « techniques d’optimisation », issue de l’éthique protestante visant une « transformation rationnelle du monde, utilisant des méthodes pragmatiques, conformément à la volonté divine », a conduit à enfermer l’individu dans une « cage de fer  » comportementaliste, qu’il est censé intégrer y compris dans les tréfonds de son esprit.
    Le puritanisme, la conception calviniste, engendrent donc un ordre moral industriel « dé-divinisé ».

    Il n’est donc pas étonnant que nombre d’individus ne supportent pas cette uniformisation behaviouriste, où le sentiment de leur propre vie, intérieure, subjective, incohérente, leur est systématiquement retiré:
    sous couvert de rationnalité, c’est en réalité la « chosification » de l’individu qui est à l’oeuvre.

    Il est évidemment clair que cette « chosification » est le fait de tout système collectiviste sans exception : staline, mao, barroso, ban ki moon , Ivan illich et consorts , s’inscrivent dans la même doctrine, qui est d’ailleurs le champ d’action rêvé de toutes les bureaucraties.

    J’ajouterai que les barreaux de la cage de fer peuvent être en « bambou bio durable » ou en  » digits virtuels » : celà ne change strictement rien.

    Les zélateurs de « l’humain » ( catégorie tout aussi collectiviste que les autres) oseraient t’ils employer le mot « individu »?

    • Il faut se poser la question de la laïcité.

      Le christianisme rattache les questions humaines (anthropologiques) à une autorité qui n’est pas l’État.
      Il attribue à l’État un sphère dite séculière, c’est-à-dire non absolue, donc qui n’inclut pas l’humain.

      La gauche étatique veut revenir sur ce partage en prétendant que l’humain soit négligé, voire nié, parce qu’il n’est pas au coeur du discours régalien.

      Mais en cela, elle rompt avec la laïcité et nous replonge dans les guerres de religion – dont le christianisme, loin d’être la cause, a été la solution, grâce à la vraie laïcité.

  • « L’humain d’abord » !

    C’est ce qu’on veut tous !

    Rejoignons les révolutionnaires… Y en a assez de l’Etat, du copinage entre les capitalistes et l’Etat, de la coercition, de l’oppression, des entraves à la concurrence, des gens qui décident pour nous !

    L’humain d’abord : rendez nous notre liberté, respectez la vision de la société de chaque être humain.

    Ne laissez pas l’humain souffrir des volontés des autres humains. Donc pourquoi pas : L’humain d’abord ! 🙂

  • Barbarisme, impropriété, solécisme… Décidément l’extrême-gauche est capable des pires atrocités !

  • Indécrottable cette gauche. En attendant, avec ses slogans sirupeux, débiles, emplis de (soit disant) bons sentiments, d’évidences criardes, que nul ne peut contredire, elle phagocyte depuis belle lurette, la pensée ambiante française : ‘’ Le cœur est à gauche, le cancer c’est méchant, la maladie c’est vilain, il vaut mieux le bonheur que le malheur, il vaut mieux dépenser, que faire des efforts pour économiser ….. ‘’

  • Je ne suis même pas certain qu’il y ait autant d’intelligence dans l’approche humanitaire que ne lui prête cet article. Il y a un sentiment d’aliénation évidemment qu’il faudrait saisir pour expliquer cette (relative) popularité… il faudrait en avoir le courage, et je ne suis pas certain non plus que cette extrême-gauche soit bien vivace : elle pourrait bien se tourner bientôt vers le FN qui drague à peu près bien cet électorat.

  • Bof, je ne pense pas qu’ils aient pensé aussi loin.
    Non le slogan ne sert qu’à une chose: cacher le programme derrière un slogan sur lequel on ne peut être que d’accord (et dans lequel un libéral pourrait se reconnaitre, c’est dire si c’est vague…).
    En général quand on parle vraiment programme à des gens à priori séduits par l’idée, ils déchantent très vite!

  • Cet article évoque chez moi le livre de Stéphane Hessel : «Indignez-vous!». Sous-entendu, si vous en vous indignez pas, c’est que vous êtes indigne! (donc «inhumain»). Philippe Muray aurait ironisé: «Bouge ton indignation!» Ce qui pousse à décliner d’autres titres possibles pour «l’ouvrage» de Hessel :

    L’indignation pour les nuls (non ça c’est trop ironique)
    L’indignation, c’est cool! (beaucoup mieux!)
    L’indignation et vous (…didactique…)
    Comment s’indigner en dix leçons faciles (idem…)
    L’indignation illustrée (… pour les enfants, c’est bien…)
    Le petit indigné (idem…)
    Grand-papa s’indigne! (… pour le troisième âge)
    Les indignitaires (roman)
    Sous le pavé, l’indignation! (essai sociologique)
    Les indignés (comédie musicale)
    Voir Paris en s’indignant (circuit touristique)
    Rognons de veau à l’indigné (recette)

    Bon j’arrête, c’est indigne de moi…

    • Le bon la brute et l’indigné
      Le retour de l’indigné
      L’indigné râlera trois fois
      L’indigné sonne toujours deux fois (facture+encaissement)

      C’est amusant ce jeux 🙂

  • C’est un marxisme pur jus. Pour Marx et les idéologues marxistes, l’humanité est divisée par ses « contradictions » internes, entre ce qui est humain et ce qui est inhumain ; l’inhumain étant élément illusoire résultant des caractères de la « superstructure », et dont il faut prendre conscience. Donc voilà, il n’y a pas à chercher plus loin : c’est l’humain d’abord, et l’argent c’est inhumain, parce que Marx l’a dit et puis c’est tout.

    • et surtout, la terre se rechauffe.
      et les loups n’attaque pas l’homme, seul l’homme est un loup pour l’homme.
      d’ailleur, l’homme est aussi un loup pour le loup, c’est pour ca qu’il n’ y en a plus !

  • « L’humain d’abord » C’est pas le pape qui a dit ça dernièrement en l’opposant à l’ultralibéralisme ?

    « idéologies promotrices de l’autonomie absolue des marchés »

    « l’être humain (soit) aujourd’hui considéré comme étant lui-même un bien de consommation qu’on peut utiliser et jeter »

  • On croira à l’humain d’abord, quand on aura restitué les études humanistes traditionnelles gréco-latines.
    Nunc Latine et in modum Europaeum loquendum est.

    Stéphane Feye
    Schola Nova – Humanités Gréco-Latines et Artistiques
    http://www.scholanova.be
    http://www.concertschola.be
    http://www.liberte-scolaire.com/…/schola-nova

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