Crise de l’Euro : l’Allemagne paiera ?

Le bâtiment du Reichstag à Berlin

Malheur aux vainqueurs dans la crise de l’Euro : offensive anti-allemande en France et en Europe.

Malheur aux vainqueurs dans la crise de l’Euro : offensive anti-allemande en France et en Europe.

Un article de l’Aleps.

Le bâtiment du Reichstag à Berlin

Non contents de leurs succès économiques, les Allemands ont eu l’impudeur de battre les Espagnols, et la finale de la Ligue Européenne de football opposera Munich à Dusseldorf : quelle honte ! Quelle honte aussi d’afficher une croissance au-dessus de la moyenne de l’Euroland, et un chômage en dessous. Quelle honte enfin d’avoir voté un budget en équilibre, voire en excédent.

En France, on s’est donc fait un plaisir d’attaquer personnellement la « chancelière de l’austérité », avec son « intransigeance égoïste » (comme il est dit dans une déclaration du PS). Attaque inélégante sans doute, mais surtout stupide, comme si tous les malheurs endurés par les Français étaient dus à la politique que l’Allemagne imposerait à l’Europe. Or, cette « austérité » n’est que celle qui est inscrite dans les normes de Maastricht, auxquelles tous les pays de l’Union devraient se conformer. Quant aux malheurs de la France, ils viennent du refus des réformes structurelles, alors que les Allemands ont eu le courage de remettre en cause une série de mauvaises habitudes accumulées depuis des décennies. Ils ont rompu avec les rigidités du marché du travail, avec les excès de la fiscalité – notamment sur les entreprises – et avec la part de l’Etat dans l’économie – en pratiquant de nombreuses privatisations.

Hélas, l’offensive anti-allemande ne se limite pas aux idéologues du PS. Le débat anti/pro austérité n’a jamais été vraiment tranché au sein même de l’opposition UMP. Quant à Marine Le Pen, elle a tenu un discours anti-austérité, anti-Berlin, anti-Bruxelles et anti-mondialisation. L’Allemagne ne serait-elle pas en train de vouloir dominer l’Europe, comme dans les années 1930 ? François Hollande lui-même, bien qu’ayant désavoué ses amis socialistes (après Jean Marc Ayrault, germanophile par métier), cherche toujours à susciter une coalition européenne anti-Merkel, notamment en s’alliant avec le nouveau Premier Ministre italien Enrico Letta, qui a eu cette réflexion déroutante : « ce qui est bon pour l’Italie est certainement bon pour l’Allemagne ». En d’autres termes, que les Allemands s’alignent sur les Italiens et tournent la page de l’austérité pour ouvrir celle de la relance ! Les Européens du Sud voudraient-ils s’inviter dans la prochaine campagne des élections générales outre-Rhin ? Peine perdue : non seulement les Allemands sont lassés de payer pour les Italiens et les autres, mais ils sont de plus en plus nombreux à vouloir quitter l’Euroland…

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