1er mai : sale journée pour les travailleurs

Le syndicalisme moderne est devenu une machine à tuer l’économie, à détruire la prospérité favorisée par le libre marché et la division du travail

Le syndicalisme moderne est devenu une machine à tuer l’économie, à détruire la prospérité favorisée par le libre marché et la division du travail.

Le 1er mai a été institutionnalisé comme la « journée internationale des travailleurs », une date où, en théorie, ceux-ci défendraient leurs droits face aux capitalistes exploiteurs. En réalité, cet objectif est devenu parfaitement déphasé ; il y a des décennies que la science économique a démontré qu’il n’existe pas un insoluble conflit d’intérêts entre les travailleurs et les entrepreneurs.

Ainsi, des plus grands bénéfices pour l’entreprise se traduisent par plus d’investissements, plus de richesse et, au final, des prix plus bas et des salaires plus hauts. L’impressionnant niveau de vie dont nous jouissons aujourd’hui ne peut se comprendre que dans le cadre d’un système de libre marché qui a permis une accumulation continue de capital.

Par ailleurs, la distinction entre les mal nommées « classes sociales » est bien loin d’être aussi évidente que ne le prétend la gauche. Depuis longtemps maintenant, les anciens prolétaires incorporent, directement ou indirectement, dans leur patrimoine une quantité chaque fois plus grande d’actions de compagnies privées. Ce qui signifie qu’avec leurs économies ces derniers acquièrent la propriété des « moyens de productions » et se transforment en capitalistes. De même, il est difficile de cataloguer catégoriquement un travailleur indépendant.

Exploiteur ou opprimé ?

Pour ces raisons, et d’autres, les syndicats ont perdu chaque fois plus d’influence dans nos sociétés. Car ils sont nés de la manipulation de circonstances anciennes qui n’existent plus. En conséquence, le 1er mai s’est peu à peu transformé en une manifestation superflue et dérisoire à laquelle n’assistent essentiellement que les délégués syndicaux afin de justifier leur salaire.

Aujourd’hui, la crise économique permet aux syndicats de revenir un peu sur le devant de la scène. Et on peut s’attendre à les voir une nouvelle fois, coude à coude, en chœur avec les partis socialistes, entonner, en ce jour de « lutte sociale », le péan à la gloire des vieilles recettes éculées : plus de dépenses, plus de déficit et aucune réforme du travail.

Peu leur importe que ce soient les travailleurs eux-mêmes qui, avec leurs impôts et ceux de leurs enfants, devront supporter les « largesses » des politiques actuelles ; peu leur importe que soient asphyxiées les entreprises jusqu’au point d’arrêter leurs activités et de licencier tout le personnel suite à l’impossibilité à s’adapter à la crise ; peu leur importe que la classe ouvrière qu’ils prétendent défendre soit souvent propriétaire en partie des compagnies qu’ils prétendent spolier ; peu leur importe, en définitive, que leur imposture s’attaque de tous les côtés à la stabilité pécuniaire du « prolétariat ».

Et nous aurons droit encore une fois, tout au long de ce premier jour de mai, aux discours irréels qui translateront tout débat économique sur le terrain du sentimentalisme le plus démagogique.

La survie politique des syndicats (et la continuité des rentes dérivées) dépend du soutien mutuel avec la gauche pour continuer à entretenir le mythe d’une classe travailleuse qui nécessiterait la permanente protection de ses autoproclamés « représentants ».

Sans cette campagne d’endoctrinement, si nocive pour les travailleurs eux-mêmes, le « core business » des syndicalistes disparaîtrait. Ils devraient commencer à chercher un vrai emploi au lieu de parasiter le reste des travailleurs qu’ils ont juré de protéger. Et ils cesseraient d’être un des plus gros obstacles à la création d’emplois.

Et pourtant la question syndicale ne devrait pas, en soi, être irréconciliable avec une société libre. De fait, tout individu a le droit de s’associer et de créer des organisations en vue de défendre ses intérêts. Cependant ce droit d’association ne peut déboucher, en aucun cas, sur un privilège concédé par l’État pour extorquer et menacer. Les conséquences économiques et sociales de cette forme d’agir de nos syndicats se traduit par la détérioration du monde du travail et l’entretien de certains aux dépens du reste de la société.

Au final, l’application des revendications obtenues de cette manière ne sont pas un progrès, mais bien un recul social. Les hauts niveaux endémiques de chômage et les difficultés pour trouver du travail en Europe sont le fruit de cette expérience ratée de syndicalisme dévoyé et d’omnipotence de l’État.

La triste réalité est que le syndicalisme moderne – loin d’être l’expression de la liberté d’association qu’exercerait un groupe de travailleurs en vue de défendre leurs intérêts – est devenu une machine à tuer l’économie, à détruire la prospérité favorisée par le libre marché et la division du travail.

En fin de compte, les organisations syndicales actuelles ne sont plus que des organismes parasitaires qui vivent sur la bête jusqu’à détruire, à la fin, les entreprises qu’elles contrôlent. Leur objectif se résume à forcer la concession de salaires plus élevés pour des temps de travail chaque fois plus réduits et moins productifs. L’anti-économie par excellence : produire chaque fois moins et consommer chaque fois plus.

Étrange équation qui peut faire illusion un temps car la différence entre une production faiblissante et une consommation croissante se solde en dilapidant la richesse accumulée du pays jusqu’à son épuisement. Ainsi l’application des prescriptions des parasites syndicalistes s’achèvent toujours à un moment précis : à la mort de l’hôte, avec la décapitalisation de l’entreprise qui devait les supporter.

Et sans entreprise, pas de travailleurs et encore moins de « droits acquis » qui tiennent.