Réduire les dépenses, c’était possible

Il y a un an sortait un rapport confidentiel qui aurait permis d'économiser 19 milliards d'euros. Hollande n'en a jamais tenu compte.
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Réduire les dépenses, c’était possible

Publié le 28 avril 2013
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La situation économique française est parfaitement catastrophique, et comme le gouvernement est en place depuis, en gros, un an, il va lui être difficile de prétendre que ce n’est pas un peu de sa faute aussi. Alors, pour changer, je ne vais pas analyser l’état de décrépitude de la société française, ni vous proposer de destroutourer l’intemporel comme certains peintres subventionnés, mais poser une question simple : depuis qu’elle est là, l’équipe de Hollande et Ayrault a-t-elle eu les moyens d’inverser, même un peu, la tendance ?

Bien sûr, le tenant du « Ce Pays Est Foutu » que je suis vous dira que les efforts qui auraient pu être entrepris n’auraient été qu’un répit avant l’inéluctable faillite complète. Mais indépendamment de ce point de vue sautillant de pessimisme joyeux, il y a tout de même certains leviers qui auraient pu être actionnés depuis plusieurs mois déjà, et que l’actuelle majorité s’est employée à ne surtout pas toucher, même de loin et avec un bâton.

Bien sûr, les vagues efforts médiatisés ont été immédiatement estampillés « Austérité » par la brochette d’incapables qui nous gouvernent. C’est, évidemment, purement politique puisque leur but est de polariser l’opinion publique contre les douloureuses bêtises qu’ils lui infligent. Ce n’est pas trop dur, du reste, puisque leur « austérité » aura consisté en une brutale et grossière relance keynésienne, abondamment arrosée d’impôts et de taxes généreuses. Et le résultat est évidemment désastreux.

La vraie austérité, celle qui consiste à réduire le périmètre, les dépenses et les coûteuses générosités de l’État, cette austérité-là qui, essentiellement, atteint la fonction publique (et les ministres dans ce qu’ils ont de plus cher : leur pouvoir), n’a jamais été à l’ordre du jour. Pourtant, il y a un an de cela (ou à peu près) sortait un énième rapport sur, justement, les leviers dont dispose l’administration et le gouvernement pour réduire les dépenses et ramener son déficit dans la zone acceptable, au moins au sens de Maastricht.

Ce rapport a été produit par un certain Jean-Michel Charpin de l’Inspection Générale des Finances. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas un ultra-néo-turbo-libéral puisqu’il a toujours fricoté, de près ou de loin, avec des socialistes, au sein du cabinet de Le Garrec ou pour Jospin en 1999. Et ce fameux document de 122 pages, suffisamment confidentiel pour n’avoir que des exemplaires nominatifs, a tout de même fini par fuiter et un des journalistes des Échos se l’était procuré, en juin 2012. Le rapport avait été commandé par Fillon, alors que Sarkozy s’apprêtait à prendre la porte de sortie.

Au passage, on ne peut s’empêcher de penser que, devant la situation économique qu’il savait calamiteuse, le précédent président n’a pas sciemment organisé sa défaite pour laisser le pays aux mains de son rival, sachant pertinemment que le socialiste dogmatique, complètement inexpérimenté et incapable de décisions fermes et douloureuses, planterait copieusement l’économie du pays, faisant apparaître, par contraste, le quinquennat de Sarkozy comme une bénédiction. Si telle fut sa stratégie, on peut avouer qu’il a brillamment réussi, d’une part à planter sa campagne et d’autre part à laisser un pays exsangue dans les mains d’un Hollande parfaitement incompétent.

Pour en revenir au rapport Charpin, les éléments disponibles dans la presse sur celui-ci sont plutôt restreints, mais il ressort néanmoins que les recommandations proposées ont été parfaitement ignorées par l’actuel gouvernement. Avec maintenant à peu près un an de recul sur l’action socialiste, force est de constater que le parcours est un sans faute dans l’ignorance, l’ineptie et le ratage compact.

Les impôts en BD, c'est plus rigolo

Par exemple, le rapport préconise de ne plus embaucher de fonctionnaire, et de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite. Évidemment, Hollande et sa clique ont fait le contraire. Il aurait fallu ralentir la progression des fonctionnaires dans les échelons hiérarchiques, calmant ainsi le gonflement de la masse salariale déjà énorme de l’État. C’est bien évidemment raté. Pour économiser 1,3 milliards d’euros, le rapport préconisait par exemple de supprimer le supplément familial attribué automatiquement, dès le premier enfant, dans les trois grandes fonctions publiques (étatique, territoriale et hospitalière). Là encore, on n’y a pas touché. Trop sensible, sans doute. On trouve aussi la proposition, que j’avais déjà faite il y a deux ans, de réduire sensiblement les grassouillets émoluments des élus, et de les plafonner (par exemple à 160.000 euros par an, ce qui est plus que largement suffisant pour vivre).

Et lorsqu’on fait le total des réductions, des économies diverses (par exemple en supprimant les centaines de commissions Théodule débiles), on parvient, toujours selon ce rapport, à des économies qui se chiffrent à près de 19 milliards d’euros par an. Par voie de conséquence, cela veut aussi dire qu’il y aurait 19 milliards d’impôts qui ne seraient pas ponctionnés pour abonder à ces dépenses (290 euros par Français et par an).

Pas loin de 20 milliards d’euros d’économies sont donc préconisées par un rapporteur socialiste, au courant de la situation, et conscient qu’il faut bien faire quelque chose pour éviter la catastrophe. Mais il y a mieux.

60 milliards d'économiesAinsi, dans son dernier livre, Agnès Verdier-Molinié détaille les principaux postes de la dépense étatique sur lesquels des économies peuvent être réalisées, sans pour autant réduire l’action de l’État à une peau de chagrin. En substance, en réduisant progressivement de 700.000 les postes de la fonction publique, l’iFRAP et Agnès Verdier-Molinié estiment qu’on peut réaliser… 60 milliards d’économies, et ce, chaque année.

Mais rassurez-vous ! Rien ne changera dans notre beau pays : comme je l’expliquais en début de billet, le gouvernement en place a eu, lui aussi, accès au rapport Charpin ; et il doit avoir parcouru rapidement le livre de Verdier-Molinié de cet œil atone si caractéristique du notable trop confit dans ses repas plantureux et ses bons petits vins de pays. Mais le rapport est déjà positionné sous une des nombreuses armoires de Bercy pour éviter qu’elle ne penche trop à droite. Quant au livre, il aura été oublié dans un tiroir quelconque, la tranche encore fraîche de n’avoir jamais été compulsé fébrilement, au contraire de tant d’autres exemplaires dans les mains de contribuables conscients de se faire avoir, surtout au moment de remplir le prochain tiers provisionnel.

Hollande, comme Ayrault, ont eu un an pour nous prouver de quoi ils étaient capables. Ce rapport, sorti au moment de leur accession au pouvoir, leur était évidemment connu. Ils ne pourront pas dire « On ne savait pas ». Et maintenant qu’une année entière d’atermoiements et de tergiversations oiseuses s’est écoulée, les Français aussi ne peuvent plus prétendre découvrir l’incompétence crasse de ceux qu’ils ont désigné pour les emmener au gouffre. Une année a donc été perdue. C’était, probablement, la dernière année où une remise en question du Tout-À-L’État aurait pu atténuer la catastrophe.

Le changement, ce n’est pas pour maintenant. Dès lors, ce pays est foutu.

taxer c'est voler
—-
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  • on pourrait egalement faire des economies en reduisant les subventions aux cerealiers, qui continuent de toucher des sommes importantes ( 40.000 euro en moyenne ) pour compenser la baisse du prix des céréales, alors mème que le prix de ces dernières est au plus haut depuis 2 ans, et qui se plaignent de ne plus savoir quoi faire pour eviter une trop grande fiscalisation de leurs revenus.

  • Bertrand de Breuvand
    28 avril 2013 at 16 h 45 min

    La Dette c’est quoi ? C’est un capital emprunté + les intérêts, c’est pourtant facile !Au lieu de palabrer il est temps d’expliquer qui a emprunté et quel est le poids des intérêts de la dette.
    Les intérêts de la dette représente la moitié du capital emprunté. Lorsque les français auront eu l’explication détaillée, il comprendront qui est responsable. L’équipe Sarkozy a tout de suite compris la planche savonneuve de l’économie. Il a mis en place les mesures appropriées pour réduire le train de vie des français? A gauche on a crié au sacrilège ! Demandé a des justiciables de faire 100 km pour se rendre dans un tribunal, 1 fois dans sa vie…vous n’y pensez pas !…Ainsi la gauche a manipulé l’électorat lui permettant de croire que rien ne permettait l’hypothèse d’un serrage de boulons !
    Alors François est arrivé avec l’idéologie qui convient bien à celui qui est persuadé qu’on peut tjrs augmenter la générosité avec l’argent des autres ! Il a occupé le terrain avec un loi sur le mariage qui n’intéresse que quelques lobbyes gays ! Pendant ce temps, il espèrait une relance venue d’ailleurs….mais rien ! Au lieu d’imaginer la relance il l’a rêvé ! Inconscient, il a réduit le pouvoir d’achat des français encore capables de consommer ! Le résultat c’est qu’il n’y a plus de consommation ! Il a crée de nouvelles dépenses parfaitement accessoire comme le nouveau remboursement de l’IVG à 100% (alors que la contraception existe et qu’en 2013, ne pas savoir l’utiliser relève de l’irresponsabilité=l’IVG ne devrait plus exister). Il s’est empressé de réviser la loi sur les retraites, offrant toujours + sans en avoir le financement. Il a divisé le français. Il pointe du doigt l’Allemagne qui réussi trop bien, alors qu’il demeure incapable de gérer le pays ! Il annule le non remplacement d’un fonctionnaire sur 2, sans dire à quelle point cette mesure est irresponsable pour les finances de l’état ! Il crée des postes dans l’éducation nationale alors qu’il y a moins d’enfants scolarisés, mais il ignore que trop d’effectifs sont dans cette branche, payé à ne rien faire !
    Que peut-on faire si nous ne voulons pas déboucher comme en 1936 ? Virons le ! Il retournera glander à la cour des comptes, l’endroit où il se trouvait si bien dans les années 80.

    • Pour le virer, il faut rentrer dans la gueule de ces 24% qui bloquent la France

      http://fr.news.yahoo.com/an-mandat-hollande-seuls-24-français-satisfaits-selon-051536013.html

    • (Les intérêts ne sont pas problématique. Ce qui est problématique, c’est le credit-revolving pratiqué depuis 40 ans. )

      Et pour répondre à votre question, que faire ? Rien. C’est trop tard.

      • Alors pourquoi continuer à remplir le dossier médical du patient comateux nommé « France », si le diagnostic est établi et qu’il s’agit de la mort clinique à court terme ?

        Pourquoi ne pas concentrer vos efforts sur un patient « sauvable », ou trouver un passe-temps moins morbide ?

        • T’es fun comme un abribus éteint, toi.

          • Ne pas avoir le même sens du « fun » qu’un cynique comme toi est une fierté.

            • Au moins, tu places la fierté à un niveau que tu parviens à atteindre (même si avec beaucoup de peine). C’est déjà ça.

          • FabriceM, je ne suis pas d’accord avec vous : h16 n’est pas cynique, puisqu’il dénonce et décrit avec précision et justesse la situation actuelle. Ce qui ne correspond pas à du cynisme.

            A l’inverse, Hollande et tous les étatistes, eux, sont cyniques, là, on est d’accord.

          • Alain Lib

            Lisez le mieux. H16 ne dénonce rien du tout. Il décrit et commente le processus d’autodestruction d’une société comme un bambin se délectant de l’agitation régnant dans une fourmilière suite à une quelconque catastrophe microscopique. C’est fun.

          • Faire appel à la prétendu infériorité intellectuelle du contradicteur pour clore un débat, voila une belle démonstration de stalinisme.

            Et après, on s’étonne que certains appellent les libéraux des « marxistes de droite ».

      • donc à part un « défaut », aucune solution pour cette dette ? Et quand cela peut-il se produire ?

  • On sait tous que le report de dette ne date pas d’hier !

    Et tous n’ont pas emprunté à des taux faibles….

  • Mais non H16, c’est pas ça ! Hollande est au contraire comme Sarko : un visionnaire. Détruire le pays est la solution la plus fun et la plus efficace….pensez un peu à cette logique, elle est certaine, indubitable : pour preuve c’est la faute à la crise et à l’austérité, pas la sienne. Et il a raison, à part le mariage, il n’a rien foutu….on est sur la bonne voie.

    • Il est vrai que l’humanité renaît plus forte en traversant des épreuves. Dirait un apôtre. Mais une évolution frontale peut être accompagnée ou pas. La question n’est pas de nier l’évolution.

  • Pour en arriver là où il en est, et pas à l’insu de son plein gré, le dessert gélatineux qui nous sert de Président aura dû faire la preuve de toutes les qualités qui font le moelleux de son être : compromission, duplicité, cécité et surdité partielles, petites lâchetés, postures, faux-semblant, esquives, rumeurs, délation, etc…
    Dans ces conditions, je ne vois pas comment Pink Jelly 1er aurait pu se mettre à dos les 20% d’irréductibles satisfaits de son bilan; ce chiffre est d’ailleurs à corréler avec la proportion de la population qui vit de la générosité des autres contribuables
    S’il s’aliène ce noyau dur, que lui restera-t-il demain?
    Sachant la promptitude de l’éducation nationale à défiler dans la rue, en manipulant de surcroît les lycéens pour étoffer les effectifs, c’en serait fini de lui
    N’est pas Président qui veut, et tel ce fromage insipide à croûte flétrie et cœur flasque qui se prétend Camembert, Hollande est persuadé qu’il le vaut bien parce ça figure sur son CV depuis 1 an.
    De toute façon, il passera pas l’hiver…

  • La solution : tout casser (mais vraiment TOUT, reste zéro de chez zéro). Après ce adviendra sera, espérons-le, de moins en moins pire.

    Comme dirait mon alter ego : « mieux vaut pomper et qu’il ne se passe rien plutôt que de ne pas pomper et risquer qu’il se passe quelque chose de pire »

    Ce pays est foutu™

  •  » ce point de vue sautillant de pessimisme joyeux »

    Avant Hollande, la situation tait sérieuse mais pas désespérée.
    Maintenant elle est désespérée mais pas sérieuse…

    Je ne crois pas à une réforme de l’État sans réforme des mentalités.
    C’est l’égalitarisme, le Progrès comme abolition de la responsabilité, qui mine pays.
    La dette n’en est qu’une des manifestations.

    Pendant que nous discutons des réformes le socialisme consolide son emprise sur l’école pour former des français incultes, conformistes, socialistes bêlants. Il dynamite la société civile avec le mariage « pour tous », triomphe de l’égalitarisme le plus borné.

    L’économie n’est qu’un aspect du développement, notre pays est en plein sous-développement.

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