La très antilibérale Manif pour Tous

Manif pour tous du 13 janvier 2013

Quelles que soient les objections libérales au projet de loi sur le mariage gay, il y en est peu que l’on ne puisse pas retourner contre la manif pour tous.

Quelles que soient les objections libérales au projet de loi sur le mariage gay, il y en est peu que l’on ne puisse pas retourner contre la manif pour tous.

Par Jeff Belmont.

Manif pour tous du 13 janvier 2013

Certains libéraux ont choisi de participer à la « manif pour tous » afin de protester contre le projet de loi Taubira sur le mariage. Quelles que soient les objections libérales que l’on puisse faire au fait que le gouvernement veuille redéfinir le mariage, il y en est peu que l’on ne puisse pas retourner contre le collectif de trente-sept associations qui organisent cette manifestation.

La vision libérale du mariage

La vision libérale du mariage est certainement que c’est une institution de droit naturel « à la Hayek », c’est-à-dire qui préexiste à l’Etat. Si on applique le « darwinisme social » de Hayek à l’institution du mariage et de la famille, nous comprenons bien que la famille hétérosexuelle (dite « traditionnelle ») s’est très vite imposée comme en moyenne plus efficace en termes de stabilité que les autres formes de familles[1]. Cela ne veut cependant pas dire qu’il faut rendre ce modèle obligatoire en empêchant aux autres familles d’exister, cela signifie que l’on a confiance dans le modèle traditionnel parce que c’est une institution de droit naturel « à la Hayek ». Les libéraux n’ont pas peur de la destruction de la famille traditionnelle car ils ont confiance (et même foi ?) dans sa supériorité.

Certains libéraux (et libertariens) estiment même que ce n’est pas le rôle de l’Etat de nationaliser des institutions de ce type. On sait qu’avant la Terreur révolutionnaire et le Code civil napoléonien, le mariage était sacré par les institutions religieuses (principalement par l’Eglise catholique en France). Encore plus tôt, à la fin du Moyen-Age, il s’agissait généralement d’un contrat privé d’ordre clanique et familial qui fut accaparé en quasi-monopole par l’Eglise avec la complicité des tribunaux[2] et de façon similaire à l’étranger[3] . Comme l’explique Hayek « Pour l’homme moderne, […] l’idée que toute loi gouvernant l’action des hommes est le produit de législateurs semble si évidente que l’affirmation que la loi est plus ancienne que la confection de lois a presque le caractère d’un paradoxe. Pourtant il ne peut y avoir de doute : la loi existait depuis fort longtemps lorsque les hommes s’aperçurent qu’ils pouvaient la faire ou la changer ». David Boaz, vice-président du think-tank libertarien Cato Institute explique que « Le mariage est une institution importante. L’erreur moderne est de penser que les choses importantes doivent être planifiées, sponsorisées, révisées ou autorisées par l’Etat. Les deux camps dans le débat sur le mariage gay partagent la même hypothèse qui est essentiellement collectiviste »

Les libéraux qui seraient quand même favorables à un mariage civil s’accordent pour leur part à dénoncer la rigidité du contrat imposé par le code civil, les avantages fiscaux et les subventions étatiques accordées depuis les années 60 aux familles mariées  sous la pression de lobbies défendant des politiques familiales d’Etat, natalistes, constructivistes et redistributrices[4].

La philosophie antilibérale de la manif pour tous

La vision de la « manif pour tous » est radicalement opposée à cette appréhension que font les libéraux de ces questions.

D’un point de vue général, ces associations n’ont aucune confiance dans la famille traditionnelle puisqu’elles ne croient pas qu’il s’agisse d’une institution supérieure et préexistante à l’Etat et au code civil. Ils sont convaincus au contraire que la modification du code civil va entraîner la destruction du modèle traditionnel qui n’existe, si on suit leur logique, que parce que l’Etat l’a défini dans la loi. D’où leur slogan principal « Tous gardiens du code civil » qui montre bien que la famille traditionnelle n’existe selon eux que parce que l’Etat l’a écrit dans un code. Ainsi, on apprend de Frigide Barjot, porte-parole de la « manif pour tous » que la Loi Taubira va ni plus ni moins « changer la structure même de l’humanité ».

C’est l’erreur que souligne Jeffrey Tucker du Ludwig von Mises Institute« Si vous n’aimez pas cela, et vous pensez que la société nécessite une autorité coercitive supérieure pour imposer une structure familiale, vous n’avez pas beaucoup de foi dans le caractère ordonné des choix humains, vous n’êtes pas un libéral au sens classique du terme […]. Il faut comprendre que la structure familiale traditionnelle n’est pas un artifice légal; elle est le fruit de tendances ancrées dans la nature humaine et elle ne va pas disparaître parce que deux hommes dans le Texas cohabitent et se disent mariés. »

Si on lit les textes fondateurs de la « manif pour tous », on découvre une vision contraire et étonnamment positiviste et constructiviste« Même s’il existe une myriade de façons de vivre son mariage, c’est bien lors de la cérémonie en mairie que l’on remet le Livret de Famille. Le sens est très clair : toute famille n’est certes pas fondée sur le mariage mais le mariage [civil] fonde la famille. » Pour les organisateurs de « la manif pour tous », c’est la mairie et le Livret de Famille, donc c’est l’Etat qui fonde le mariage et la famille. Frigide Barjot en rajoute une couche : « Nous voulons préserver le code civil et le mariage civil comme institution structurante de la société ». Rien que ça !

Dans un article disponible sur le site de la manif pour tous, une des associations, la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques, s’inquiète même d’une privatisation du mariage« Faute de référence commune ce sera « le mariage à la manière de chacun » et le mariage sera une « affaire privée ». » Diable ! Quel malheur cette privatisation qui va certainement « faire perdre au mot « mariage » son pouvoir d’identification et de reconnaissance mutuelle entre personnes mariées dans l’ensemble de la société ». On est proche des arguments qui disent que la privatisation de la SNCF va faire disparaître tout réseau ferroviaire en France. Même son de cloche dans l’article du Diocèse de France, disponible sur le site de la manif pour tous« Le mariage ne serait plus en réalité qu’une association contractuelle d’intérêts privés. […] L’ouverture du mariage aux partenaires de même sexe reviendrait finalement à supprimer le mariage civil. »

Au final, c’est un curieux étatisme pessimiste et dénué de foi dans l’ordre familial traditionnel qui semble être le dénominateur commun des trente-sept associations du collectif. C’est donc tout naturellement qu’elles défendent les politiques familiales d’Etat natalistes et constructivistes mises en place depuis les années 60 sous la forme d’allocations et de subsides versés sous la pression de lobbies« C’est tout le sens du mariage républicain. Les « différences de traitement » reconnues par le droit dans ce contexte ne sont pas des discriminations ; elles servent à l’équilibre des familles et des enfants.» Dans l’article du Diocèse de France, les politiques publiques constructivistes sont justifiées « par le soutien que la société estime devoir apporter à ceux qui contribuent à son renouvellement par la transmission de la vie et le travail éducatif » et par « une prise en compte de l’apport spécifique de ce mode de vie à l’effort collectif ». On savoure la dialectique holiste (« la société estime ») et collectiviste (« l’effort collectif ») qui peut justifier, sans aucune limite toute forme d’expropriation fiscale et redistributrice.

Certains diront que si le Diocèse de France et les religieux se sentent si concernés par le mariage civil, c’est qu’on ne peut aujourd’hui se marier à l’Eglise sans être passés à la mairie. C’est un argument tout à fait libéralement recevable, sauf que le Diocèse de France soutient de façon très surprenante cette obligation légale en estimant que si on en venait à la supprimer, « dans le contexte sensible de la montée des communautarismes en France, il y aurait là un facteur de désintégration sociale ». Encore une fois, le code civil et l’Etat sont perçus comme la seule chose qui maintient la société en ordre.

Dans un texte des Jeunes pour la Famille, aussi disponible sur le site de la Manif pour tous, le journaliste Philippe Meyer explique même que «  incontestablement l’État a un rôle capital à jouer dans la définition des droits des uns et des autres à l’intérieur de la famille », c’est-à-dire que l’Etat peut s’immiscer dans la structure familiale pour en modifier les rapports entre les membres contre leur volonté.

Droits-créance contre Droits-liberté

Les libéraux distinguent les droits-liberté (ou « droits de ») qui consistent à pouvoir faire une action dans la limite des droits d’autrui (liberté d’expression, de commerce, droit de propriété…) et les droits-créance (ou « droits à ») qui sont des fictions consistant à exiger des avantages du reste de la société qui se retrouve esclave du demandeur (droit au logement, droit au travail…).

Dans le débat que nous étudions, il est question du « droit de se marier et de fonder une famille ». Celui-ci peut être considéré comme un droit-créance (« J’exige que la société me fournisse un conjoint et des enfants »), mais aussi comme un droit-liberté (« J’ai un conjoint consentant et je souhaite passer un contrat avec lui et l’appeler mariage. J’ai l’opportunité d’adopter un enfant et celui-ci, ainsi que le détenteur actuel du droit de garde sont consentants »). Cette dernière interprétation a été popularisée par le Représentant au Congrès américain Ron Paul « I am supportive of all voluntary associations and people can call it whatever they want.»

En revanche, la « manif pour tous » y oppose un autre type de droit. Sur leur site officiel, ils expliquent que « La société est garante de l’intérêt de l’enfant à avoir droit à une famille composée d’une mère et d’un père ». Il s’agit sans ambiguïté d’un droit-créance, tout comme le prétendu « droit de connaitre ses parents [biologiques]». Pour eux, un enfant est en droit d’exiger au reste de la société qu’elle lui fournisse un père et une mère ainsi que toutes les informations concernant ses parents biologiques. C’est une fiction totale qui, pour le coup, est en rupture avec les schémas traditionnels[5] dont la « manif pour tous » se veut garante.

Le gauchisme comme rhétorique officielle

Tugdual Derville, coordinateur de la « manif pour tous » ne cache pas que son opposition au mariage pour tous s’inscrit dans une philosophie globale marxisante et décroissante anticapitaliste, en mettant en parallèle le projet de loi avec la singulière observation que «  les entreprises considèrent l’être humain comme une variable d’ajustement de l’efficacité ». Il appelle à une « écologie humaine » qui se voudrait la suite naturelle de l’écologie-décroissance qui fait fureur depuis plusieurs décennies dans les milieux altermondialistes antilibéraux : «  Il y a près d’un demi-siècle, l’écologie a émergé comme l’alternative au tout économique et à la mécanisation effrénée. Elle a donné l’espoir d’une société différente, plus respectueuse de la nature ». A la lumière de cet étrange projet, on comprend mieux les positions étatistes de la « manif pour tous » sur le sujet du mariage et de la famille. Tout comme l’Etat doit protéger la nature contre les entreprises par des politiques écologistes, il doit aussi protéger la famille en la règlementant et la définissant. Tous comme les marxistes, altermondialistes et décroissants, la « manif pour tous » joue sur les peurs en prophétisant l’apocalypse qui consistera à livrer l’humain à la « loi du marché ». Et c’est avec la même paranoïa que de la critique du mariage pour tous nait la critique (bien plus habituelle dans la rhétorique gauchiste) de la finance, de l’industrie et de l’équilibre des comptes publics. Le message prophétique de la manif du 26 mai se retrouve directement dans le communiqué officiel d’appel à manifester« Demain, l’Homme sera fabriqué en batterie, stocké par l’industrie pharmaceutique, vendu aux paillasses de laboratoire ou sur les sites de rencontres procréatives, licencié par les intérêts financierspuis détruit par injection létale pour honorer les 3% du PIB…». Tout se recoupe… On croirait entendre un discours de Mélenchon.

Le piège du gouvernement

Il est à peu près certain que la France est dans une situation économique très difficile. La conjoncture mondiale n’en est pas la seule raison. On assiste particulièrement en France et en Europe à une crise de la social-démocratie étatiste qui repose sur la dépense publique, le clientélisme, l’oppression fiscale et règlementaire et le dirigisme. Ce modèle social à bout de souffle est en train de s’effondrer, et ce, particulièrement plus rapidement depuis que le gouvernement de François Hollande a poignardé dans le dos les entrepreneurs, les commerçants, les contribuables, les salariés du privé et les chômeurs par un faisceau de mesures : surtaxation des revenus du capital, augmentation du SMIC, augmentation des impôts, charges et taxes, augmentation de la dépense publique…

Il est probable que ces mesures vont avoir un impact très important dans notre vie quotidienne future (elles en ont déjà). En tout cas les millions de chômeurs, les dizaines de milliers de cerveaux et les capitaux qui fuient la France, les commerces qui ferment dans nos villes… valent très certainement plus que quelques milliers de mariages gays célébrés chaque année. Et ce n’est qu’un début : ce qui se passe en Grèce n’est pas une blague et n’est pas quelque chose qui n’a aucune chance d’arriver en France.

Il y a donc deux possibilités : soit les manifestants de la Manif pour tous soutiennent l’ensemble de la politique de François Hollande à l’exception de la loi sur le mariage, auquel cas, on voit mal ce que des libéraux ont à faire dans ce troupeau. Soit ils s’opposent tout autant aux politiques économiques socialistes du Président, mais ils manifestent de nombreuses fois contre le mariage alors qu’ils n’ont pas bougé le petit doigt pour les pigeons, les entreprises ou les chômeurs et autres questions bien plus importantes. Il y a là un deux poids deux mesures qui est particulièrement curieux. Ces centaines de milliers de manifestants étant particulièrement atones sur les sujets cruciaux et particulièrement engagés quand il s’agit de l’homosexualité, on se demande bien si cette différence de traitement des sujets a véritablement une justification rationnelle. Certains répondront que cette suspicion d’homophobie d’une partie[6] du cortège est une atteinte à la liberté d’expression. Cet argument est tout à fait malvenu. Avancer l’éventualité qu’une partie de ces gens soient homophobes n’est pas une atteinte à la liberté d’expression. Ca ne remet pas en question leur droit à être homophobes, à l’exprimer et à agir de la sorte. Les libéraux sont moralement opposés au racisme, au sexisme, à l’homophobie et à toute autre forme de collectivisme. La réfutation la plus célèbre car la plus élégante est celle d’Ayn Rand « Le racisme est la forme la plus abjecte et la plus brutalement primitive du collectivisme. Le racisme reconnaît un groupe et attribue ses vertus ou ses défauts, sa supériorité ou son infériorité à son origine raciale. Or il n’y a que des esprits individuels et des réalisations individuelles.»[7] Les libéraux ont donc le droit et le devoir moral de dénoncer les comportements homophobes et ça n’est absolument pas une atteinte à la liberté d’expression des homophobes que de le faire.

En effet, Ayn Rand complète : « Le racisme n’est pas un problème légal mais un problème moral et ne peut être combattu que par des moyens privés, tels que le boycott économique ou l’ostracisme social»[8]. Ce qui restreint la liberté d’expression c’est donc la violence ou la coercition légale, on est à un autre niveau.

Et c’est là que « la manif pour tous » a un jeu particulièrement trouble. Car, contre toute attente, elle soutient les dispositifs coercitifs légaux qui limitent la liberté d’opinion dans ce domaine. Ainsi, les organisateurs de la manif pour tous expliquent que « le code pénal interdit toute discrimination sur le motif de l’orientation sexuelle. C’est la fierté et l’honneur de notre République que de proclamer ce principe. » Il est toujours amusant de voir les soutiens de la manif pour tous crier à la fin de la liberté d’expression lorsqu’on évoque par le verbe et l’argumentaire leur possible homophobie (c’est à dire lorsqu’on utilise des « moyens privés » à la Ayn Rand) alors que leur organisation soutient les lois « anti-discrimination » qui restreignent, elles, bien réellement la liberté d’expression comme on l’a vu plus haut.

Au final, le grand gagnant de cette agitation sur cette loi est le gouvernement qui a bien compris comment détourner l’opinion publique des sujets graves. Cette loi est un piège pour l’opposition, ça n’est pas par hasard si cette loi est dans le processus de vote depuis des mois avec un aller-retour Assemblée-Sénat supplémentaire, pendant que la loi de finances a été votée très rapidement. Le gouvernement fait volontairement trainer le vote afin de détourner l’attention. Le piège pourrait paraitre grossier, mais visiblement il marche. C’est peut-être la seule chose qu’aura réussi François Hollande depuis le début de son mandat.

  1. F.A. Hayek, Droit Législation et Liberté « C’est de l’efficacité de l’ordre résultant des activités que découlera la supériorité des groupes dont les membres observent certaines règles de conduite » « Ce ne fut pas à l’initiative et par le pouvoir des gouvernants, mais par le développement d’usages sur lesquels pouvaient compter les individus, que les règles de conduite générales se firent accepter »
  2. Bertrand Lemennicier, Mariage : technologie et marché politique condamnent le droit civil à évoluer « Avant l’an mille, le mariage était une affaire privée. Dans les siècles qui suivirent les familles furent contraintes de déclarer leurs mariages aux prêtres et à le célébrer à l’église. Cette lutte contre la pratique privée du mariage a duré quelques siècles. Les tribunaux jouèrent alors un rôle éminent, et partisan, en condamnant les familles qui osaient faire du mariage de leurs enfants une affaire privée. Selon Jack Goody (1985) qui reprend les travaux de Georges Duby : « Dans soixante-dix pour cent des litiges matrimoniaux plaidés à la Cour d’Ely entre mars 1374 et mars 1382, le mariage avait été contracté en privé ». Après le treizième siècle, l’église a conquis la juridiction exclusive sur le mariage. En 1789, l’État a repris cette exclusivité à son propre profit ! Il ne l‘a pas lâché depuis. »
  3. David Boaz, Vice-President Cato Institute, Privatize Marriage : « The history of marriage and the state is more complicated than modern debaters imagine, as one of its scholars, Lawrence Stone, writes: In the early Middle Ages all that marriage implied in the eyes of the laity seems to have been a private contract between two families. … For those without property, it was a private contract between two individuals, enforced by the community sense of what was right.” By the 16th century the formally witnessed contract, called the “spousals,” was usually followed by the proclamation of the banns three times in church, but the spousals itself was a legally binding contract. Only with the Earl of Hardwicke’s Marriage Act of 1754 did marriage in England come to be regulated by law. In the New England colonies, marriages were performed by justices of the peace or other magistrates from the beginning. But even then common-law unions were valid. In the 20th century, however, government has intruded upon the marriage contract, among many others. »
  4. B. Lemennicier, Le marché du mariage et de la famille, chapitre « La politique familiale et démographique », PUF, 1988 http://www.institutcoppet.org/wp-content/uploads/2011/07/Le-march%C3%A9-du-mariage-et-de-la-famille.pdf
  5. B. Lemennicier, Mariage : technologie et marché politique condamnent le droit civil à évoluer «On peut rappeler les conditions familiales du 19 ème siècle et des précédents siècles. Au dix-septième siècle, la moitié des enfants meurent avant l’âge de 16 ans. L’âge moyen au décès est de 52 ans. La majorité des personnes mariées deviennent veuves avant le dix-septième anniversaire de leur mariage. La plupart des enfants n’ont jamais connu leurs grands-parents. 20% des femmes meurent à l’accouchement : cela fait des enfants qui sont élevés par d’autres femmes que leurs propres mères, et qui ont un parent qui n’est pas lié biologiquement à eux. A 8 ou 10 ans ils quittent le foyer familial pour être formés comme apprentis par un autre foyer, celui des artisans, ou bien ils vont travailler à la ferme voisine. Aujourd’hui comme hier, les enfants dont la mère biologique est décédée n’ont pas la chance de pouvoir discuter avec leur propre mère des choses de sa vie dont elle a été privée. En revanche si vous êtes élevé principalement par l’un de vos parents qui a divorcé ou est célibataire, vous pouvez toujours voir votre autre parent biologique et, s’il le désire, le fréquenter. Laquelle des deux situations est la meilleure ? »
  6. Il faut en effet exclure ceux qui croient sincèrement que le mariage civil est une question plus grave que l’ensemble des questions liées au système économique, social et fiscal et ceux qui, pour une raison ou une autre, n’auraient pas été informés des mesures autres que le mariage prises par le gouvernement.
  7. Ayn Rand, La Vertu d’égoïsmeLes Belles Lettres, 1993
  8.  Ayn Rand, Return of the Primitive: The Anti-Industrial Revolution