L’égalitarisme sexuel ultime est en marche

L’égalitarisme avance sans bruit, ce qui n’enlève rien à son pouvoir de destruction.

Je l’avais déjà noté précédemment, mais décidément, le sexe travaille nos élites. Bien sûr, la question du mariage homosexuel bondit immédiatement à l’esprit. Mais ce n’est, en réalité, que l’élément le plus visible d’une série de principes philosophiques que l' »élite » au pouvoir entend clairement imposer à tous, comme l’actualité nous le rappelle.

L’un de ces principes est que, par exemple, l’accès au sexe doit être égal pour tous et toutes. Ce n’est pas encore un droit de l’Homme, pardon un droit de la Femme et de l’Homme, mais il semble évident qu’à partir du moment où certains souffrent de ne pouvoir, justement, y avoir accès, le socialisme appliqué et nos gouvernants vont tout faire pour corriger cet enquiquinant empêchement.

Comme d’habitude, il s’agira dans un premier temps de présenter tout ceci comme une nécessité pour une population défavorisée. L’intérêt de cet angle est que toute personne qui trouverait ça grotesque, inapproprié, choquant ou que sais-je sera placé dans les rétrogrades, les réactionnaires ou les conservateurs (mélanges possibles, proportions au choix). Et cela permet aussi d’utiliser les problèmes, les souffrances ou les pulsions de certains afin de faire avancer l’agenda égalitariste. En plus, c’est assez simple : pour faire pleurer dans les chaumières, on peut toujours dégoter une veuve, une orpheline, ou un paralytique. Bingo, ce sera un paralytique !

Et voilà le Conseil Général de l’Essonne qui tente donc, à pas de loup, histoire de ne pas effaroucher la ménagère, de lancer le débat sur les assistants sexuels. En substance, le conseil tente d’engager une réflexion « sur la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap » avec à la clef la création d’un statut « d’assistant sexuel ».

Bien sûr, l’idée même qu’une forme subtile de prostitution d’État soit mise en place a déclenché quelques remous. C’est dommage, il y aurait certainement plein de choses à dire à ce sujet (et pas seulement, comme je le proposais déjà en 2006, en créant une Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations Sexuelles et pour l’Égalité des Chances Sexuelles). Et bien sûr, on comprend que cette tentative du Conseil Général n’est pas vaine même si l’idée est repoussée : elle est maintenant plantée dans l’esprit des Français et relayée, régulièrement, petit-à-petit, par des médias avides d’idées nouvelles. Un jour, elle sera acceptée.

Aurélie Filippetti CCCPUn autre principe en cours d’installation dans la société française est celui de la parité dans toutes les strates de la société : dans les entreprises, dans les administrations, aux élections, bref, partout. Dernier avatar en date des velléités d’une représentation parfaite des hommes et des femmes absolument partout, les déclarations de la Ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, laissent peu de place à toute interprétation un peu indulgente : oui, on va absolument tout faire pour que les hommes et les femmes soient représentés avec une égalité mesurée par interférométrie-laser s’il le faut. Ça va être carré de chez carré. Pas un texte, pas une couette, pas un pantalon, pas un zizi qui dépasse. Même dans les arts !

Là encore, la manœuvre est tellement grosse que même les journaux délicieusement à gauche s’interrogent sur le bien-fondé de la démarche : à quand la parité dans les chœurs, chez les ténors et les basses, par exemple ? Non ?

On regrette que la réaction ait été plus molle concernant les dernières sorties de l’inénarrable Najat Vallaud-Belkacem, maintenant abonnée à mes chroniques tant elle s’obstine compulsivement à vouloir raboter ces kikis qui la narguent ouvertement. Mais à la quasi-folie de la porte-parlote du gouvernement répond en réalité l’aliénation mentale déjà bien installée de certaine administration qui a trouvé, dans sa ministre de tutelle, une alliée de choix pour une invraisemblable bataille.

Je voudrais exagérer que je n’y arriverais pas : on est bien, ici, dans des cas pathologiques graves, tant le bon sens semble avoir fui des pages de ce rapport, par exemple, qui entend montrer que les crèches sont des lieux abominables de discrimination sexuelle. Tout comme le relate, avec le calme froid d’un journalisme au sens critique livré en dose homéopathique, l’article de Libération, on y parle ainsi de la « dictature du rose » et de la nécessité d’« agir dès le plus jeune âge pour éviter un gâchis de talent et d’inventivité » ; mais zut de zut, avant la maternelle, « 63% des enfants « échappent » à l’influence d’une action publique ». Comme c’est dommage : une part encore énorme de la socialisation des bambins ne dépend pas des fous dangereux qui ont pondu ces monstruosités sponsorisées par un contribuable décidément trop généreux de son argent.

Au passage, il est troublant de comprendre que les parents qui, devant de telles âneries corrosives, choisiront de ne surtout pas inscrire leurs moutards dans les usines à dégenrer dès le plus jeune âge, seront ceux qui en auront les moyens financiers. Autrement dit : les classes populaires vont encore une fois trinquer pour les essais psychologiques et sociétaux de ces furieux baltringues. Encore une fois, comme l’a d’ailleurs souligné Drieu Godefridi dans son dernier livre, les fumeuses théories du genre constituent l’une des voies royales pour la destruction lente et voulue du droit.

égalité de genre

En fait, tout comme une taxation, d’entrée de jeu, de plus 50% de votre travail pour asseoir le bien-être d’une minorité de la population et tout comme une avalanche d’impôts, du jour au lendemain, provoqueraient une révolution, tenter de passer en force dans la société en essayant d’introduire l’égalitarisme sexuel ultime, le dégenrage enragé ou une parité totalitaire et à tous les étages ne marcherait pas.

En revanche, en procédant par petites touches successives, un coup-ci, un coup-là, on est passé d’un pays dans lequel on retenait, bon an mal an, un petit quart des salaires français pour faire marcher ses institutions et sa redistribution sociale à un État obèse qui ponctionne plus de la moitié de tous les revenus, taxe à tous les étages et ne distribue plus avec efficacité que la misère et le chômage. Pour l’égalitarisme ultime, celui qui permettra de gommer enfin la différence entre les hommes et les femmes, entre les Blancs et les Noirs, entre les petits et les grands, entre les intelligents et les imbéciles, entre les doués et les maladroits, il faudra donc procéder de la même façon : par petites touches successives et déterminées.

La cavalerie égalitariste est en marche. Qu’elle avance sans bruit n’enlève rien à son pouvoir de destruction.

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