L’austérité, mère du populisme

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La lutte contre le populisme pour défendre les politiques de dépenses publiques et de création monétaire, tel est le nouveau leitmotiv.

La lutte contre le populisme pour défendre les politiques de dépenses publiques et de création monétaire, tel est le nouveau leitmotiv.

Par Vladimir Vodarevski.

La politique qualifiée « d’austérité »est accusée aujourd’hui de favoriser la montée des populismes en Europe. François Hollande lui même a déclaré, selon la presse : « Aujourd’hui, prolonger l’austérité, c’est le risque de ne pas aboutir à réduire les déficits et la certitude d’avoir des gouvernements impopulaires dont les populistes feront une bouchée le moment venu » (Ouest France). C’est de même « l’austérité »qui a été accusée du résultat des élections en Italie, aujourd’hui en situation de blocage. La lutte contre le populisme pour défendre les politiques de dépenses publiques et de création monétaire, tel est le nouveau leitmotiv. Alors même que ce sont justement les discours de lutte contre l’austérité qui reprennent la rhétorique populiste.

D’abord, constatons que l’on qualifie « d’austérité » toute politique qui demande des efforts, et de relance une politique de dépenses publiques et de création monétaire, sans qu’aucun effort ne soit évoqué. N’est-ce pas la marque du populisme de présenter des politiques miracle, sans effort pour la majorité de la population ?

Ensuite, la désignation de boucs émissaires caractérise le discours de la relance. C’est l’Europe, bien entendu, qui aurait le pouvoir de faire des miracles, mais qui impose, par plaisir, des efforts aux populations. Alors même que l’Europe apporte une aide précieuse, qui atténue les efforts. Jamais n’est mise en cause la politique menée par les pays, comme la folie immobilière financée par les caisses d »épargne régionales espagnoles, organismes sans but lucratif contrôlés par les potentats locaux, ou les maquillages des comptes grecs, ou les déficits excessifs en période de croissance. Le pompier, qui intervient en urgence, est accusé du mal.

Le bouc émissaire désigné est aussi la finance, internationale de préférence, un classique du populisme. Oubliées les politiques de crédit et de bulles organisées par les USA. Alors même que la crise s’est déclenchée sur le secteur le plus contrôlé et le plus manipulé de l’économie, le crédit et la politique monétaire, les autorités étatiques et monétaire sont innocentées, tandis que la finance est accusée [1].

Il n’y a pas de populisme sans dénonciation de l’étranger. En France, la Corée a été accusée des maux de notre industrie automobile, au moment même où ce pays développe sa production en Europe, et ouvre ses frontières à l’automobile européenne. La pénétration des voitures européennes y progresse d’ailleurs. La Chine est également critiquée, alors que ses touristes soutiennent le tourisme hexagonal. L’Allemagne est accusée de ne pas soutenir les pays en difficultés, alors que c’est bien grâce à sa crédibilité que les mécanismes d’aide européens peuvent exister.

Cette rhétorique est débitée continuellement dans les médias, par des gens dits « sérieux »et « modérés ». Comment s’étonner alors que, quand des populistes proposent des solutions de facilité, accusent l’Europe et l’étranger de tous les maux, et qu’ils promettent de passer aux actes, accusant les partis traditionnels de frilosité, ils soient pris au sérieux et s’attirent les votes des citoyens ? Qui soutient leurs discours ?

Cette rhétorique illustre le problème de la politique aujourd’hui. Nous considérons que l’État doit avoir tous les pouvoirs. Et nous confions notre destinée aux politiciens. Ne sommes nous pas un peu naïf de croire qu’ils veulent notre bien ? L’école des choix publics enseigne que les politiciens suivent leur propre intérêt. Ce qui rejoint ce que disait Ludwig von Mises également. Pour se faire élire et réélire, ils recherchent des boucs émissaires pour les crises, et promettent des solutions de facilité. Ils reprennent ainsi la rhétorique populiste, tellement efficace en ce domaine. Gerhard Schroder, le chancelier allemand qui a lancé la rénovation de l’Allemagne, aurait déclaré que pour lancer un tel plan, il ne fallait pas penser à se faire réélire.

Les libéraux et les libertariens n’ont pas cette vision angélique des politiciens. C’est pourquoi ils prônent une limitation de leur pouvoir, ou même, pour certains libertariens, la disparition de l’État. Car les politiciens ne peuvent pas, selon les libéraux, faire les miracles qu’ils promettent.


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Note :