Des riches toujours plus riches… grâce à l’État

L’Etat, responsable de la pénurie de logements, est aussi responsable de l’enrichissement indu de certains riches.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Des riches toujours plus riches… grâce à l’État

Publié le 17 mars 2013
- A +

L’État, responsable de la pénurie de logements, est aussi responsable de l’enrichissement indu de certains riches.

Par Stéphane Montabert, depuis la Suisse.

La petite histoire du jour nous vient du canton de Genève, où le bon public découvre (honteux et confus, mais un peu tard) que les politiques sociales d’accession à la propriété ont en fait des effets aux antipodes de leurs buts initiaux.

Dans un article limpide, Christian Bernet explique que des promoteurs et leurs amis font main basse sur les biens à vendre.

Le mécanisme est extrêmement simple : agissant sur plans, de riches individus s’emparent d’immeubles à bâtir en « zone de développement », où les prix de vente sont contrôlés par l’État pour permettre l’accès au logement à des prix abordables.

Ils réussissent ainsi à acquérir des appartements à des prix très inférieurs aux tarifs usuels en vigueur à Genève. Le journaliste évoque ainsi 600.000 à 800.000 francs pour un cinq pièce, par exemple. Mais les contraintes légales sur ces prix ne s’appliquent que pendant dix ans. À l’issue de ce délai, la vente de ces appartements est libre. Les propriétaires ont donc carte blanche pour se séparer de leurs biens avec une plus-value époustouflante à la clef. Ils peuvent doubler voire tripler leur mise!

Seuls les individus les mieux informés et avec des fonds mobilisables rapidement ont accès à cette loterie privée. On s’en doute, ce genre de personne ne se trouve pas parmi la population officiellement visée par le programme d’aide :

L’exemple le plus flagrant se situe à la Tulette, à Cologny, où un grand chantier est en cours. Ici, le promoteur Abdallah Chatila construit 250 appartements, dont 149 sont à vendre en PPE (propriété par étage). Or, quelques familles, en bonne partie de Cologny, et fortunées, ont fait main basse sur ces PPE. Les anciens propriétaires, qui ont vendu le terrain, ont acquis 29 appartements ! Sur les 120 restants, plus de 70 ont été vendus par lots de deux, trois, voire six appartements. (…) Jean Murith, qui était maire de Cologny quand l’opération s’est montée, a acheté deux appartements. In fine, on ne trouve que 52 personnes qui n’ont acheté qu’un seul logement. Et encore, parmi ce chiffre figurent des membres d’une même famille.

Le maire de la ville trempe lui aussi dans la bonne combine, tiens tiens ! Cela n’empêchera pas les gens de réclamer à l’État – c’est-à-dire une organisation remplie de politiciens exactement comme le maire de Cologny – de légiférer davantage pour « réagir ». La machine est en marche et rien ne l’arrêtera :

Le Conseil d’État évoque un «contournement inadmissible» de la loi, dans son récent Plan directeur cantonal. François Longchamp, en charge de l’Urbanisme, va bientôt annoncer des mesures pour lutter contre ce phénomène qui, parfois (sic), relève de la pure spéculation.

Reste à savoir comment. Augmenter les délais avant la remise en vente ? Empêcher la vente locative ? Limiter l’acquisition de propriété à un logement par personne ?

Aucune de ces mesure ne fonctionnera, évidemment. Les spéculateurs ont toujours un coup d’avance. Face à la perspective de multiplier leur mise, même à l’issue d’un long délai, peu d’entre eux hésiteront à choisir un placement à l’abri de l’inflation, dussent-ils attendre quinze ou vingt ans. Quant aux autres méthodes de contrôle, elles seront contournées par l’utilisation de prête-noms ou des locations sous le manteau, d’autant plus faciles à conclure que la pénurie immobilière sévit à Genève.

Les investisseurs fortunés ont simplement, pour faire fructifier leurs biens, des outils dont ne dispose pas la classe moyenne.

La connivence avec la classe politique est l’un d’eux.

Le fait est qu’en permettant la mise sur le marché de logements à des prix manipulés, l’État offre une aubaine dont seuls certains parviendront à profiter. Des barrières supplémentaires repousseront quelques-uns d’entre eux, mais pas tous ; les spéculateurs s’adapteront et si certains n’y arrivent pas ou plus, d’autres encore plus riches se substitueront aux premiers pour rafler la mise.

Autrement dit, l’État est la source du problème. Alors même qu’il est directement responsable de la pénurie immobilière parfaitement illusoire frappant le canton du bout du lac, il y a peu à espérer de lui pour arranger les choses.

La population genevoise, ivre d’interventionnisme, n’est évidemment pas prête à accepter cette idée. Elle scandera, manifestera et votera pour que l’État légifère, encadre, interdise et surveille toujours plus les transactions immobilières déséquilibrées qu’il aura lui-même contribué à créer ; et qu’au détour d’un article de la Tribune le citoyen genevois découvre les pitoyables abus qu’entraîne ce dirigisme, il s’en lamentera brièvement avant d’en réclamer encore davantage. Cela ne va évidemment pas arranger la situation du logement dans le canton.

Les riches spéculateurs immobiliers genevois n’ont, eux, pas trop de soucis à se faire : l’État travaille pour eux.

Sur le web

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • C’est bien un truc des Suisses, cette histoire. Ce n’ est pas en France, terre des DDLHEDC+DDLFEDLC qu’on verrait pareille chose, un maire achetant deux appartements d’un coup dans une opération sous son vertueux contrôle. Voyons…

  • @Aristarque

    Voyons, voyons ca ressemble au problème de Paris. La spéculation immobilière c’est rentable, bien plus que l’industrie.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
inflation immobilier
3
Sauvegarder cet article

Une crise ne devait jamais se produire. Pas après la Grande Modération des 30 dernières années. Mais la plupart des actifs sont sur le point de chuter.

Depuis plus de 100 ans, l’immobilier a baissé lors des périodes comme celles-ci, où l’inflation surpasse les taux d’intérêts et les force à grimper.

Le graphique ci-dessous (source) donne l’indice des prix de l’immobilier en France, en fonction du revenu des ménages.

 

 

Vous pouvez observer trois périodes de chute des prix pour l’immobilier... Poursuivre la lecture

Dans cet article publié par Contrepoints au mois d'avril, j’expliquais pourquoi, à mon avis, il conviendrait de supprimer le salaire minimum qui est imposé à tous les producteurs et dont le montant est décidé par le pouvoir politique.

Or, dans un article publié très récemment, il est indiqué qu’il est souhaitable d’augmenter le montant du salaire minimum pour que les salariés en bénéficiant puissent acheter par crédits un bien immobilier. Certes le salaire minimum a été un peu augmenté au cours des années, mais dans une moindre proport... Poursuivre la lecture

Un article de l'IREF-Europe

Le manque de logements est accusé de favoriser l’augmentation des loyers, de réduire la mobilité des actifs et d’empêcher l’éradication des logements insalubres. À dire vrai, les besoins de nouveaux logements sont incertains. Un chiffre annuel de 500 000 est régulièrement évoqué, mais jamais atteint. Il est vrai que malgré la baisse de la natalité, le besoin de résidences principales continue d’augmenter du fait notamment de la séparation des ménages, de la mise en couple tardive, du vieillissement, de l’imm... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles