Considérations sur le nouveau Pape

Après le communiquant Jean-Paul II et l’intellectuel Benoît XVI, voilà avec François l’humilité de la piété.

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Pape François (Crédits Catholic Church (England and Wales), licence Creative Commons)

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Considérations sur le nouveau Pape

Publié le 14 mars 2013
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Après le communiquant Jean-Paul II et l’intellectuel Benoît XVI, voilà avec François l’humilité de la piété.

Par Frédéric Mas.

Les cardinaux ont élu hier le nouvel évêque de Rome et désigné le chef visible de l’Église catholique romaine en la personne de Jorge Mario Bergoglio, un argentin d’origine italienne. La nouvelle a étonné plus d’un commentateur, car si certains espéraient secrètement l’élection d’un pape sud-américain au regard du poids des fidèles sur le sous-continent, tout semblait se jouer entre européens et nord-américains.

Une nouvelle fois, l’emballement médiatique, plutôt que d’offrir une pédagogie sur le fonctionnement de l’Église, a globalement obscurci les problèmes et masqué les enjeux. Avec prudence, il est possible de formuler plusieurs remarques sur cet évènement dont les incidences sociales et politiques dépassent largement la vie spirituelle des chrétiens qui reconnaissent le Pape comme le successeur de Pierre.

Piété et modestie

Premièrement, la personnalité du nouveau pape diffère assez sensiblement de ses deux prédécesseurs. Là où Jean-Paul II privilégiait la rencontre directe avec les fidèles, l’enthousiasme spontané et incarnait la résistance spirituelle contre le matérialisme athée du régime soviétique, Benoît XVI a préféré l’étude, la réforme prudente du Vatican et les questions liturgiques. Après le communiquant, après l’intellectuel, voilà avec François l’humilité de la piété.

En effet, les journalistes ont largement commenté la modestie et la simplicité de ses mœurs, et son élection n’a pas été suivie de longs discours, mais seulement de courtes prières. Le choix du nom « François » pour succéder à Benoît peut lui-même être interprété comme une indication de son état d’esprit, qui l’a longtemps tenu éloigné de la curie romaine. Saint François d’Assise, qui a créé l’ordre franciscain au XIIIe siècle, met au centre de la vie du chrétien la prière et l’esprit de pauvreté, les vertus morales et théologales plus que celles proprement intellectuelles.

Face à la crise de l’Église

Deuxièmement, l’une des raisons invoquées par Benoît XVI pour abandonner sa charge porte sur sa faiblesse face aux diverses crises qui traversent l’Église en ce début de XXIe siècle. Les cardinaux ont peut être jugé que le profil de ce nouveau pape correspondait plus aux enjeux contemporains, que ce soit pour répondre aux scandales financiers, aux problèmes d’organisation hiérarchique ou du dialogue inter-religieux.

L’ampleur de la tâche nécessite une énergie et une volonté que semble détenir ce jésuite de 76 ans. L’un de ses hauts faits d’armes au cours des années 1970 fut de tenir tête à ceux qui voulaient transformer la Compagnie de Jésus en annexe moscoutaire. Face aux idéologues marxistes qui cherchaient à transformer l’institution au nom de la théologie de la libération, l’archevêque de Buenos Aires se fit ennemi de la politisation forcée. La remarquable intelligence du prélat qui s’est révélée au sein de l’Église au début des années 2000 au moment de sa nomination en tant que cardinal, a pu séduire ses pairs au moment du conclave autant que sa volonté.

Un pape anti-capitaliste ?

Troisièmement, François n’a pas encore donné sa première messe qu’il est déjà critiqué, à tort ou à raison, pour ses engagements politiques et syndicaux passés. Certains l’ont trouvé trop complaisant avec la dictature et pas assez avec la théologie de la libération, d’autres observent que sa préférence pour les pauvres n’est pas exempte de teinture socialiste et d’hostilité à un capitalisme débridé plus ou moins imaginaire. S’il s’est déjà expliqué à plusieurs reprises sur sa relation en tant que jésuite avec la dictature argentine, ses propos sur l’économie tendent à confirmer que l’Église en tant qu’institution humaine ne semble pas faire d’effort particulier pour corriger sa relative inculture économique.

L’Église aux yeux des catholiques n’est pas qu’une institution humaine, et sa finalité dépasse la justice des hommes, ce qui la rend parfois un peu légère quand elle s’occupe de leur organisation économique. Là où Benoît XVI a critiqué les errances morales du capitalisme, François en tant qu’archevêque s’est élevé à plusieurs reprises en faveur de la « justice sociale » et contre le « néolibéralisme ».

La prudence demeure de mise, car si l’adresse est de facture morale, et demande avant tout aux chrétiens de s’amender dans un esprit de pauvreté, elle ne débouche pas nécessairement sur un appel aux réformes politiques et institutionnelles en faveur de plus de socialisme. Il nous faut remarquer par exemple qu’une partie des critiques formulées par le Pape s’adresse au capitalisme de connivence, qu’il ne distingue pas réellement du « néolibéralisme » ou du « capitalisme ».

En d’autres termes, les libéraux catholiques auront la charge de conseiller et d’expliquer à leur pasteur qu’il ne faut sans doute pas beaucoup attendre de la justice des hommes contradistinguée de leur politique. La première se contente de régler leur conduite sur le pivot de la propriété, la seconde lui préfère la force et l’expropriation au nom des idoles du moment. Le lecteur critique pourra estimer que cette dernière défense raisonnée du nouveau pape relève de la casuistique. Nous répondrons que l’auteur de ces lignes a sans doute déjà cédé aux charmes de son jésuitisme, qui fait de lui le premier « pape noir » tant attendu de nos faiseurs d’opinion nationaux.

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  • Le marxisme a fait du mot « capitalisme » une dénonciation, et le léninisme en a fait une insulte. Les libéraux seraient inspirés de s’en servir le moins possible, à moins de vouloir ressembler à des Juifs qui aiment être traités de « youpins ». Et ce d’autant qu’il ne désigne en rien le commerce, pas plus qu’il ne désigne le marché ou le libéralisme. Il désigne un type d’association, point final. Pourquoi remplacer « voiture » par « diesel » ? La droite se piège elle-même en utilisant « capitalisme ». Elle accepte de jouer sur le terrain socialiste, où elle est certaine de se faire siffler et de se faire mal voir par l’arbitre. Pourquoi a-t-elle si peur du mot « commerce » ?

  • Capitalisme et commerce ne sont pas synonyme. Il y avait du commerce en URSS, sans propriété privée des moyens de production.
    En France, « riche » est une insulte, faudrait-il donc changer un mot de plus pour ne pas choquer les cons ?

    • « Capitalisme et commerce ne sont pas synonyme. » Bien d’accord avec vous. Sauf que la gauche considère comme potentiellement ou ouvertement capitaliste (selon la taille de l’entreprise) tout ce qui est commercial, et que la droite a fini par accepter ce point de vue.

      « Il y avait du commerce en URSS, sans propriété privée des moyens de production. » Définir le capitalisme comme la propriété-privée-des-moyens-de-production, c’est déjà adopter le point de vue de l’adversaire. Cela ne recouvre pas, par exemple, l’invention des sociétés par actions.

      « faudrait-il donc changer un mot de plus » Il ne s’agit pas de changer un mot de plus, il s’agit de considérer que « capitalisme » ne définit ni le commerce, ni les marchés, ni l’entreprise (qui peut être ne posséder aucun mien particulier de production), ni les Bourses, ni le libéralisme. Or, c’est tout cela, que le mainstream range aujourd’hui sous le terme « capitalisme ». Ce terme ne définit plus que ce que la gauche veut qu’il définisse. C’est un mot mort.

      • Erratum : « (qui peut ne posséder aucun moyen particulier de production) »

      • « Cela ne recouvre pas, par exemple, l’invention des sociétés par actions. »‘
        Les sociétés par actions sont un outil absolument indépendant de l’usage qui en est fait. Le fait de découper la propriété privée des moyens de productions en petits morceaux qu’on appelle action n’a pas grand chose à voir avec le capitalisme : une société par action peut être contrôlé par un état.
        La propriété privée des moyens de production définie le capitalisme sans déborder de sa définition, son opposé est le communisme.

  • F-1 semble à première vue une excellente pioche, parfaitement capable de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César.

    D’après ses proches, c’est ce modèle rare qui écoute volontiers et s’exprime peu, peu préoccupé de son image, d’un réel courage.. Lorsqu’il a appris, par exemple, qu’un de ses curés faisait l’objet de menaces de mort, il ne s’est pas rué sur les micros : il a fait son balluchon, et a été camper chez ce prêtre jusqu’à ce que le danger soit écarté.
    Mon avis est qu’il ne va pas mettre le pied dans la sphère laïque, se contentant de faire appel au bon sens et à l’honnêteté des gens.

  • 2 textes à lire lui suffiront pour se faire une idée du commerce ou capitalisme actuel :
    Jacques 5 :1-6 et Amos 8 :4-10 :
    « A vous maintenant, riches ! Pleurez et gémissez, à cause des malheurs qui viendront sur vous. …Vous avez amassé des trésors dans les derniers jours! Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur des armées. Vous avez vécu sur la terre dans les voluptés et dans les délices, vous avez rassasié vos coeurs au jour du carnage.» (Jacques 5:1-6)
    « Ecoutez ceci, vous qui dévorez l’indigent, et qui ruinez les malheureux du pays ! Vous dites :… Quand finira le sabbat, afin que nous ouvrions les greniers ? Nous diminuerons l’épha, nous augmenterons le prix, nous falsifierons les balances pour tromper ; Puis nous achèterons les misérables pour de l’argent, et le pauvre pour une paire de souliers, et nous vendrons la criblure du froment.
    L’Eternel l’a juré par la gloire de Jacob : Je n’oublierai jamais aucune de leurs œuvres.» (Amos 8 :4-10)

    • Voilà. Et non pas « que le pouvoir politique intervienne ».

    • Mais les puissants se comportaient déjà ainsi avant le capitalisme moderne, de même que les privilégiés de la Russie stalinienne.

      Le problème n’est pas le capitalisme en tant que tel. Remplacer des banquiers véreux par des fonctionnaires corrompus n’est pas un progrès moral.

      Cela dit, oui, il y a beaucoup à faire pour rendre le système actuel moralement plus acceptable.

      • Notre problème ne vient pas des banquiers mais de la création monétaire, dont ils bénéficient personnellement, mais dont les décideurs sont les politiciens, et les premiers bénéficiaires, leurs clients.

        Quand l’État emprunte à une banque, et que celle-ci souscrit parce que l’État lui a imposé des règles qui l’y incitent puissamment, ce sont les politiciens qui demandent la création de monnaie, et c’est sur leur clientèle politique qu’elle se déverse.
        Les banquiers encaissent les intérêts, eux-mêmes payés avec de la monnaie créée par leur banque ou une autre, et se paient de primes avec; ils bénéficient donc de cette création, mais ils n’en sont pas les fauteurs.
        Le désastre inéluctable de la monnaie-fiat en démocratie représentative n’est pas le produit de la cupidité des banquiers, mais de la mégalomanie des politiciens.

    • Mouais : tes citations concernent plus ce qu’on appèle la retenue du juste salaire que le capitalisme. L’Eglise n’a jamais été contre les riches ou les puissants. Néanmoins, il faut admettre que plus de pouvoir donne plus de tentations. Par conséquent, l’Eglise a toujours prêcher l’esprit de pauvreté. Ca n’a rien à voir avec le fait d’être pauvre ou riche mais c’est un état d’esprit qui fait considérer les choses de Dieu avant celle de la terre. Le deuxième fait appel à une notion du juste prix : on ne peut pas, par exemple, sous prétexte qu’on a quelque chose de très rare, le vendre à un prix hallucinant, même si on trouve acheteur. J’aurai du mal à vous l’expliquer très clairement mais un catholique a une notion morale à respecter dans une transaction. Donc tes citations ne parlent pas de capitalisme mais plutôt de personnes qui, abusant de leur situation (patron ou possèdant) vole leurs ouvriers (première citation) et speculent sur le dos de leurs acheteurs (deuxième citation)

    • L’humilité commande de manier les Textes avec précaution: Jacques se situe dans une perspective eschatologique: les « riches » sont situés dans la perspective du Jugement, non pas en tant que riches mais comme pécheurs n’ayant pas respecté le devoir d’être juste envers leur prochain. De même Amos prêche « contre les fraudeurs et les exploiteurs ». Nous autres libéraux aussi: nous sommes pour le commerce et le capitalisme (en tenant compte des réflexions des autres contributeurs) qui ne sont pas intrinsèquement pervers comme le communisme, lui, fut définit par SS Pie XI

  • Libéralisme est un mot qui a beaucoup d’acceptions. Il a été explicitement condamné par l’Église au XIXème comme doctrine philosophique qui faisait de l’homme et des institutions humaines (assemblée politique, marché) l’arbitre ultime de la définition du bien et du mal.

    Mais en même temps l’Église défend la liberté de l’homme et son autonomie face aux pouvoirs de toute sorte.

    Non à un libéralisme qui se réduit à « c’est mon choix » et « je le vaux bien », oui à un libéralisme de responsabilité personnelle, parfaitement compatible avec une économie de marché. Refuser la marchandisation du corps humain, prostitution ou GPA est compatible avec le refus de la collectivisation de l’économie.

    • Refuser la marchandisation du corps humain n’est pas libéral.
      Je suis propriétaire de mon corps, si je veux vendre mon sang, un de mes rein, ou même les deux, qui es-tu pour m’en empêcher ?

      • Déjà, il faut distinguer sang renouvelable et organes vitaux irremplaçables.

        Ensuite, tu peux toujours mettre en vente ton corps, si c’est ainsi que tu définis ta liberté. En revanche, cela ne dit rien de la nécessité de condamner celui qui voudrait l’acheter. Du point de vue de la morale, imposant le respect de la vie, de la liberté et de la propriété privée, si le vendeur est libre, l’acheteur ne l’est pas : ce dernier ne peut en effet payer le vrai prix de « l’échange » autrement que par sa propre mort.

        • On est toujours en vie sans ses 2 yeux 😉 Suffit juste d’y mettre un prix.

          • Mais quel prix ? Oeil pour oeil ! Bon exemple qui montre que l’échange volontaire est dans ce cas une illusion.

          • Tant qu’aucune contrainte ne m’impose de vendre mes organes, et tant que cette vente ne me tue pas… Il n’y a pas vraiment de problèmes; La coercition pose un problème pour le libéral, indépendamment de l’aspect religieux, le fait de disposer de sa vie (qui en fait est à Dieu) pose problème pour le Chrétien… Encore que « donner sa vie pour ceux qu’on aime » est le comble de l’amour Chrétien. Donc on revient à l’absence de contrainte.

          • Franz, je redis que la mise ne vente ne pose aucun problème. Seul l’achat contrevient à la morale. Dès lors, interdire la vente est sans effet puisque le vendeur ne trouvera pas d’acheteur capable de payer le prix de l’échange sans passer par la case condamnation.

          • J’ai un peu (beaucoup en fait) de mal à comprendre où l’achat d’organes contrevient à la morale chrétienne (je précise, parce que qui sait si chez certains peuples…). A partir du moment où je peux détacher de mon corps sans mourir un organe quelconque, mettons un rein, je peux le vendre. Si le risque que je courre me semble valoir moins que le prix que je pense en obtenir, me le faire retirer et le vendre est logique. Et moralement justifié, surtout que, par exemple, l’argent en question peut me permettre de payer un traitement qui sauverait la vie de mon enfant. Et si quelqu’un en face souffre d’un problème rénal, il est surement prêt à payer. Et son achat est moralement justifié, il contribue à sauver sa vie.

            Où se situe le problème moral, où est la coercition ? Vraiment je ne vois pas, mis à part une forme d’incompréhension de la phrase « je suis mon corps ». Parce que dès l’instant où quelque chose en est séparé (membre amputé), il n’est plus part de mon corps et donc je ne suis plus cela, et je peux le vendre.

            D’ailleurs, les organes sont très souvent « donnés » après décès. Pourquoi ne pas les vendre au bénéfice de ses descendants ?

      • Vous n’êtes pas propriétaire de votre corps. Fergunil sans son corps n’a ni volonté ni capacité à exprimer cette volonté. Fergunil est son corps, qui ne peut être dissocié de la personne humaine Fergunil. Vendre le corps de Fergunil serait vendre Fergunil tout court.

      • @Fergunil

        « (…) si je veux vendre (…) un de mes rein, ou même les deux, qui es-tu pour m’en empêcher ? »
        ———
        Incroyable les bêtises que l’on peut lire sur ce site, quand il s’agit de liberté !

        Si vous vendez vos deux reins, de deux choses l’une :
        + soit vous mourrez : à quoi sert, alors, votre liberté ?
        + soit vous êtes sous dyalise jusqu’à la fin de vos jours : qui va payer les frais ? Vous, tout seul ? La sécurité sociale ? Dans ce dernier cas, n’y aurait-il pas « nuisance à autrui » (seul « frein » à la liberté, pour un libertarien) ?

        • Question épineuse et très importante:
          Position libérale-libertaire: de la libre disposition de son propre corps à la patrimonialité du corps humain.
          Position collectiviste : son propre corps est le moyen de fins voules par d’autres; ex: pour le don d’organe, le consentement réel ou présumé du défunt doit être respecté, mais sou le regime du « opt-out » ( « je ne consens pas » ) et non du « opt-in » ( je consens).
          Prochaine étape: création d’un « droit à la greffe », qui deviendrait opposable à la volonté même clairement exprimée du « bout de bidoche à greffe »?

        • On vit très bien avec un seul rein, ne dites pas de bêtises… Des millions de gens vivent comme ça, de naissance ou parce qu’ils ont donné un des deux qu’ils avaient à un proche compatible qui en avait besoin.

          Et mettons qu’il faille, après l’ablation, un certain traitement couteux. J’ai vendu, j’assume (et d’ailleurs, ce traitement est normalement inclus dans le prix que je demande pour cet organe).

  • Si l’Eglise ne voit pas d’un bon oeil la non charité, il est clair que cette charité reste un acte volontaire, elle ne découle pas de l’état et ses taxes

  • Dans les textes que je cite, il n’est pas question de charité mais de justice dont la loi très ramassée remplace avantageusement le petit livre rouge :
    « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. » (Mat 7 :12)

    • Seul Dieu jugera les actions des hommes et non pas les hommes. Les hommes sont libres de suivre la loi de Dieu. Et chercher à remplacer Dieu en voulant appliquer sa loi à sa place est un péché grave.

      Les principes du christianisme disent d’être charitable, juste et pieux pas de voler les uns pour donner à d’autres ou de planifier l’économie.

      La charité, la solidarité, l’altruisme ne sont pas contraires au libéralisme.

      http://www.librairal.org/wiki/Charles_Gave:Un_lib%C3%A9ral_nomm%C3%A9_J%C3%A9sus

  • En quoi notre régime est-il laïc si le parti qui dirige l’État est aussi celui qui définit et enseigne la morale ?

    Nous avons besoin d’un magistère moral qui soit clairement distinct de l’État, et qui s’abstienne effectivement de toute incursion dans la sphère régalienne. Sans le christianisme, une telle organisation n’existera plus, et la laïcité sera impossible.

    Sur l’ignorance économique des ecclésiastiques: Cela ne change pas que la morale chrétienne pose les fondements du libéralisme. Individu, liberté, société civile, subsidiarité, laïcité sont des termes chrétiens, articulés dans une anthropologie cohérente … et qui a permis des progrès inouïs.
    Une vision de l’homme qui fonctionne, dont on peut donc dire qu’elle est adaptée à l’homme. Hélas celle qu’il privilégie spontanément est à l’opposé: C’est le totalitarisme.
    Aussi faut-il se féliciter que l’Église (et le christianisme en général) conserve encore une influence.

  • L’état le plus riche au kilomètre carré serait-il sur le point de perdre de l’argent ?

  • L’Argentine étant un cas d’école d’échec économique en dehors du bloc soviétique, il serait intéressant de savoir quelle a été l’action de Mgr Bergoglio.

    Dans la presse & le net, je ne trouve que des bribes d’informations : dénonciation du « capitalisme sauvage », opposition aux Kirchner…

  • Voilà pour les chrétiens bouillants :
    « Que les louanges de Dieu soient dans leur bouche, Et le glaive à deux tranchants dans leur main, Pour exercer la vengeance sur les nations, Pour châtier les peuples, Pour lier leurs rois avec des chaînes Et leurs grands avec des ceps de fer, Pour exécuter contre eux le jugement qui est écrit! C’est une gloire pour tous ses fidèles. Louez l’Éternel! » (Psaume 149 :6-9)

    « Car l’Éternel ne délaisse pas son peuple, Il n’abandonne pas son héritage;
    Car le jugement sera conforme à la justice, Et tous ceux dont le coeur est droit l’approuveront.
    Qui se lèvera pour moi contre les méchants? Qui me soutiendra contre ceux qui font le mal?
    Si l’Éternel n’était pas mon secours, Mon âme serait bien vite dans la demeure du silence. » (Psaume 94)

  • Voila pour les banquiers de 2008 à qui l’état avait remis la dette :
    « Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié ; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi ? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait. » (Matthieu 18 :23-35)

    Voilà pour les riches, banquiers ou assureurs.
    « Et vous, vous avilissez le pauvre! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment, et qui vous traînent devant les tribunaux? Ne sont-ce pas eux qui outragent le beau nom que vous portez ? » (Jacques 2 :5-7)

  • L’Eglise tourne foncièrement anti-capitaliste depuis pas mal d’années déjà. Bref, tout finit par mal tourner, même ces institutions.

    • l’Eglise est anticapitaliste en son ADN.
      d’ailleurs, le christianisme est à la racine du socialisme.

        • Mises est plus profond que ça. Parmi les constantes du christianisme, il y a le souci de justice – comme dans le libéralisme – & la reconnaissance d’une légitimité à l’Etat – comme chez Mises par ex. Jésus, dont « le Royaume n’est pas de ce monde », n’est pas socialiste. Personnellement, je conçois le libéralisme dans le cadre de cette distinction du spirituel & du temporel.

          En France, en Argentine etc., l’Eglise a notamment combattu récemment le projet de mariage homosexuel. L’un des arguments est que le désir homosexuel ne reconnaît pas l’altérité qui permet l’échange. Les catholiques devraient pousser le logique sur le plan économique. C’est parce qu’il y a des riches & des pauvres, des nations plus ou moins développées, des talents différents… qu’il y a échange & cet échange est producteur de richesses.

      • « Christiano bolchévisme » ?

      • @ Jeffrey Bardwell

        Le christianisme est autant à la racine du socialisme que du libéralisme, puisque ces deux doctrines se sont développées dans des pays chrétiens.

        N’indiquer que l’un sans l’autre, c’est faire de l’antichristianisme primaire, c’est assez ridicule.

        Par contre, les élites socialistes et communistes sont largement plus athées que chrétiennes, si donc on veut vraiment associer au socialisme une croyance, l’athéisme me semblerait quand même le plus indiqué.

  • Il me semble que c’est sous Paul VI que l’hérésie socialiste a le plus tenté l’Eglise. Ensuite, il y a eu le pape polonais témoin de la crise & de l’éclatement du bloc soviétique, le pape témoin de la crise de 2008 & auteur d’une ambigue encyclique sociale…

  • Le nouveau Pape est un « jèze »: à mon avis, tout est dit

  • Le Pape, comme l’Eglise en général est contre le « libéralisme », défini comme étant la licence, le « je fais ce que je veux sans assumer mes responsabilités ». Un libéral définirait cela comme de la licence et du crony capitalism… pas du libéralisme.

    D’un autre coté, l’Eglise (et semble-t-il le Pape François en tout premier plan) combat le socialisme, le communisme, doctrines qui s’opposent à la liberté humaine, et qui sont intrinsèquement perverse et athées.

    Le libéralisme doit énormément à la pensée Chrétienne (Catholique, surtout, mais réformée également) qui a fondé la vision de l’humanité reposant sur des personnes individuelles, et non des membres de classes, de groupes, de tribus etc. Bref, si on sort de l’usage parfois mal-informé des gros mots modernes « ultra-néo-turbo-libéral », « capitaliste-exploiteur », « spéculateur » l’Église est définitivement plus libérale que socialiste…

  • A propos des propos sur les reins et tout ça: la connerie n’est pas libérale bien qu’elle soit la chose au monde la mieux partagée.

    • Un pape libéral? Je n’y crois pas. Le mieux qu’il y ait eu sans doute en ce sens est JPII. Quelque chose de profond semble être en opposition pourtant entre l’utopie libérale et la chrétienté (voire autre monothéisme). Le libéralisme est nécessairement agnostique.
      En particulier c’est l’idée que la spécialisation individuelle soit la finalité de l’homme et non sa sociabilité.

  • Ah, il est bath, votre nouveau pape, ah il est chouette! http://www.youtube.com/embed/3RJK0yULkCY

    Où est-ce que vous êtes allés le chercher? C’est le clown de McDonald recyclé?

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