Le pape accuse le capitalisme d’être à l’origine de la faim dans le monde

Le Pape François au Vatican (Crédits Catholic Church (England and Wales), licence Creative Commons)

Quel dommage que le pape François ne comprenne pas les principes de l’économie de marché…

Par James Garagnon.
Un article de Mises.org

Le mois dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le pape François nous a une fois de plus gratifiés de quelques paroles de sagesse économique en trois tweets, blâmant la libre entreprise et le capitalisme responsables de la persistance de la faim dans le monde :

La lutte contre la faim exige que nous dépassions la logique froide du marché, qui est avidement axée sur le simple profit économique et la réduction de la nourriture à une marchandise, et que nous renforcions la logique de la solidarité. #Journée mondiale de l’alimentation

 

Nous devons adapter nos modèles socio-économiques pour qu’ils aient un visage humain, car beaucoup de modèles l’ont perdu. En pensant à ces situations, au nom de Dieu, je veux demander :

 

Aux grandes entreprises alimentaires de cesser d’imposer des structures monopolistiques de production et de distribution qui gonflent les prix et finissent par priver de pain les affamés.

Quel dommage que François, qui devrait vraiment essayer de s’en tenir à la théologie, ne comprenne pas les principes de l’offre et de la demande, ni les effets pernicieux de l’inflation causée par les banques centrales. Répéter les caricatures gauchistes courantes sur le marché libre est un thème récurrent de son pontificat.

Le pape François ne comprend pas le capitalisme

Avant de dénigrer le capitalisme, le pape François devrait cependant noter que l’évolution vers la libéralisation des marchés, en Inde et en Chine en particulier, a entraîné une énorme réduction de l’extrême pauvreté ces dernières décennies.

Graphiques 1 et 2 : Réduction de l’extrême pauvreté dans le monde depuis 1990

 

Près de 80 % de la population mondiale vivait dans l’extrême pauvreté au début du XXe siècle, contre 10 % aujourd’hui.

Graphiques 3 et 4 : Réduction de l’extrême pauvreté dans le monde depuis 1820

 

Ce que le pape Francois ne parvient pas à saisir, c’est que, comme l’a écrit Henry Hazlitt :

Le véritable problème de la pauvreté n’est pas un problème de distribution mais de production. Les pauvres sont pauvres non pas parce qu’on leur refuse quelque chose, mais parce que, pour une raison quelconque, ils ne produisent pas assez. La seule façon permanente de remédier à leur pauvreté est d’augmenter leur capacité de gain.

C’est-à-dire de les rendre plus productifs.

La réduction de la pauvreté comporte deux volets :

  • L’accumulation de capital, qui s’obtient par l’épargne, l’investissement et l’esprit d’entreprise. Cela ne peut se faire que dans un environnement où la propriété privée et la liberté de contrat et d’échange sont suffisamment respectées. C’est ce qui a permis à la Révolution industrielle d’avoir lieu, avant laquelle l’extrême pauvreté de masse était la norme pour tout le monde à travers l’histoire.
  • La spécialisation et la participation/intégration par la division du travail.

Graphique 5 : Avant la révolution industrielle, la pauvreté de masse était la norme

Source : Hans-Hermann Hoppe, A Short History of Man: Progress and Decline (Auburn, AL : Mises Institute, 2015), p. 82.

Que devraient faire les nations riches pour aider les nations pauvres à devenir plus riches ?

Elles devraient commencer par éliminer immédiatement et unilatéralement les barrières commerciales telles que les droits de douane, les quotas et les réglementations, qui protègent les industries nationales inefficaces de la concurrence étrangère et qui empêchent les nations pauvres de bénéficier des avantages de la spécialisation et de la participation à la division mondiale du travail ; faire cela réduira également le coût de la vie et favorisera la paix internationale.

Les nations riches devraient également mettre un terme à toute aide étrangère, qui ne sert qu’à maintenir au pouvoir des gouvernements corrompus et socialistes des nations pauvres bénéficiaires en finançant des copains et des programmes de grosses dépenses inutiles.

Conclusion

Je doute fort que le pape François connaisse grand-chose à l’économie. Ce n’est pas un crime. Mais, pour citer Rothbard :

Il est totalement irresponsable d’avoir une opinion forte et véhémente sur les sujets économiques tout en restant dans cet état d’ignorance.

En fait, c’est précisément par manque de compréhension de l’économie et de la fonction des marchés dans la réduction de la pauvreté que les technocrates et les élites dirigeantes de nombreuses nations ont pensé qu’ils pouvaient simplement mettre l’économie en pause pendant plus d’un an sans conséquences significatives.

Eh bien, malheureusement, l’extrême pauvreté mondiale a augmenté en 2020 pour la première fois depuis plus de vingt ans. Les idées ont des conséquences.

Traduction Contrepoints.

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