54% des Français pour une diminution du nombre de fonctionnaires

Source : Challenges

Les Français manifestent de plus en plus leur insatisfaction vis-à-vis de la fonction publique et privilégient la limitation du nombre de fonctionnaires aux hausses d’impôts. Seront-ils entendus ?

Par Baptiste Créteur.

Le gouvernement semble avoir fait son choix pour réduire le déficit public : les contribuables paieront plus, les bénéficiaires de prestations sociales recevront moins, mais l’État et ses salariés seront épargnés. Ce choix se situe pourtant à l’opposé des souhaits des Français, qui préfèrent majoritairement moins de fonctionnaires à plus d’impôts.

Source : Challenges.

Sans doute commencent-ils à comprendre les implications d’un nombre élevé de fonctionnaires : leur coût détruit l’emploi privé. Sans doute réalisent-ils aussi que le décalage entre emploi public à vie associé à de nombreux avantages d’une part et emploi privé de plus en plus incertain, de plus en plus longtemps et de plus en plus taxé d’autre part est irrationnel. Sans doute découvrent-ils chaque jour de nouveaux scandales, où l’argent que l’État leur demande pour assurer les missions qu’il s’est arrogé est utilisé à des fins clientélistes ou purement et simplement détourné.

Quels que soient leurs motifs, les Français expriment une insatisfaction croissante vis-à-vis de la fonction publique, allant du simple ras-le-bol de plus en plus perceptible à des manifestations plus radicales – comme le départ pour des pays plus attrayants – ou plus violentes – jusqu’à présent, uniquement contre eux-mêmes face à des services fiscaux qui harcèlent sans discuter, Pôle Emploi qui tourne en rond et des organismes sociaux sélectivement regardants.

Toujours est-il que, lorsque la question « Pour diminuer la dette et les déficits publics, laquelle de ces deux mesures vous semblerait la plus acceptable ? » leur est posée, les Français sont 54% à préférer une baisse des dépenses de l’État par la limitation du nombre de fonctionnaires contre 8% à privilégier une hausse des impôts et prélèvements. Si on part du principe que le sondage BVA réalisé dans le cadre du baromètre Challenges-BFM-Axys Consultants est représentatif, 37% des Français ne privilégient aucune des deux pistes – i.e. privilégient une baisse des prestations de l’État-providence ou ont la même compréhension des équilibres budgétaires que le gouvernement.

Cette proportion diminue ; ils étaient 40% en 2010 et n’étaient alors que 49% à privilégier une limitation du nombre de fonctionnaires. Les Français sont donc de plus en plus conscients de la nécessité de faire des choix si on veut réduire les déficits – et, malgré le manque de volonté du gouvernement, il est impératif de réduire les déficits. L’évolution est lente mais va dans le bon sens ; il n’y a plus qu’à espérer que les Français seront de plus en plus nombreux à entendre raison et feront en sorte d’être entendus.