Déficit de l’État, faillite intellectuelle de la France

Publié Par Baptiste Créteur, le dans Politique

Le gouvernement annonce qu’il ne parviendra pas à tenir l’objectif de 3% du déficit. Ce qui était une évidence pour qui analyse l’économie avec un un regard logique et rationnel ne semble pas pour autant inciter ceux qui nous dirigent à revoir leurs politiques.

Par Baptiste Créteur.

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Afin de ne pas trop décevoir et de garder un semblant de crédibilité, le gouvernement a annoncé qu’il ne tiendrait pas son objectif de ramener le déficit à 3% du PIB. Nous sommes mi-février, et il sait d’avance que la croissance ne sera pas au rendez-vous, que ses recettes fiscales seront en franche diminution et que ses dépenses, elles, garderont leur cap. Si l’État n’avait pas la possibilité de spolier les citoyens par l’impôt, la dette et l’inflation, il n’aurait d’autre choix que de réduire la voilure, mais il préfère accroître encore un peu plus la dette que se lancer dans une inéluctable austérité.

De la même façon que la fin du cumul des mandats est sans cesse reportée sans qu’on comprenne bien ce qui empêcherait l’État d’imposer à ceux qui le dirigent de renoncer à certaines de leurs prérogatives, il repousse le moment où les mots qu’il a longtemps présenté comme vilains devront être prononcés dans leur sens réel.

Il va falloir parler d’austérité pour de vrai, si tant est qu’on puisse dire d’un État qui diminue ses dépenses de quelques points alors qu’elles représentent 56% du PIB qu’il fait preuve d’austérité. Jusque-là, il pensait pouvoir la réserver aux contribuables en augmentant les impôts, en les surveillant de près et en les pourchassant à travers le monde, mais apparemment ces politiques et propositions ne suffiront pas à boucler le budget avec moins de 3% de déficit. Il y a même fort à parier que le rapport déficit de l’État français/budget de l’État soit en augmentation par rapport aux années précédentes : les dépenses ne diminuent pas, les recettes, si. Quant au ratio déficit/PIB, il est plus difficile à déterminer : avec des politiques publiques aussi avisées, le PIB pourrait diminuer lui aussi.

L’austérité choisie par le gouvernement, i.e. l’austérité du secteur privé, est d’une bêtise sans nom. Le secteur privé finance le secteur public et était déjà assez lourdement taxé. L’économie ralentit, les recettes diminuent, les dépenses augmentent mathématiquement – compte tenu notamment de l’accroissement du nombre de chômeurs. Il aurait mieux valu choisir le statu quo, ou mieux, une réduction des dépenses publiques, mais le niveau affligeant qui règne parmi les économistes n’aide pas le gouvernement à prendre de bonnes décisions ni les Français à se rendre compte qu’elles sont mauvaises.

Par idéologie, le gouvernement laisse libre cours aux revendications sociales les plus illégitimes, et il a même été proposé d’amnistier les syndicats qui voudraient exercer plus directement la violence qui permet à l’État de redistribuer les fruits du travail des uns aux autres. Il n’est évidemment pas question de remettre en cause les privilèges, nombreux, des serviteurs de l’État : la question du financement n’est pas centrale, puisqu’il suffit de voter un accroissement des prélèvements pour disposer de plus de ressources – jusqu’au moment où ça ne fonctionne plus, qui est arrivé.

La France chemine donc tranquillement vers une crise provoquée par l’État qui aura beau jeu d’accuser les libertés trop larges consenties aux individus qui en auraient abusé ; la crise financière provoquée par la régulation et non par le manque de régulation en est illustrative dans le traitement qui lui est réservé par des politiques trop heureux d’y voir une possibilité d’accroître encore un peu leur supervision et leur pouvoir.

Mais il ne faudrait pas tomber dans l’idée que ce n’est qu’une affaire de personnes. Les hommes politiques français se sont succédé depuis 40 ans avec des budgets en déficit. La crise est une crise intellectuelle avant tout, une crise des valeurs, une crise des principes qui fondent l’action des citoyens et de leurs représentants. Dans la mesure où la contrainte est considérée comme une forme acceptable d’interaction entre les individus et l’octroi à certains des droit qui constitueront des devoirs pour les autres comme juste et légitime, les droits naturels et imprescriptibles de l’homme ne sont plus. Les droits ne peuvent être que négatifs, et imposer le seul respect des droits des autres.

La coopération volontaire des individus et leur liberté sont non seulement plus légitimes et plus justes, elles sont aussi plus efficaces pour favoriser l’échange, la créativité et la prospérité. Malheureusement, il faudra sans doute que le système actuel s’écroule pour que ces principes soient appliqués, et ils le seront à contrecœur ; à moins que la France ne s’enfonce dans le totalitarisme, ce qui ne ferait que repousser l’échéance. D’ici là, Français, sachez que le monde est vaste et plein de promesses.

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  1. Il est à craindre que la gauche au pouvoir ne choisisse le totalitarisme. Il suffit pour s’ en rendre compte de lire les propos tenus par certains parlementaires appartenant à l’actuelle majorité
    lors du débat pour le mariage gay

  2. Parler d’austérité à un an des élections municipales, faut surtout ne pas y penser. A défaut de contrôler l’étage suprême du pouvoir, la gauche a fait de la mairie le noyau principal de son système d’exercice du pouvoir par l’achat des voix avec des dépenses à tout craint, les maires devenant ainsi des notables.

  3. est-il normal qu’une nation qui connait une grave crise concernant la quasi-totalité de ses secteurs: crise industrielle, deficits structurels de l’etat, de la secu, des hopitaux, crise de l’education nationnale ou de plus en plus d’eleves sont en echec, crise du secteur agricole depuis 15 ans, crise de la balance commerciale … passe dans son assemblèe nationnale, 15 jour a debatre du mariage des homosexuels. est-ce la le principal problème a regler a l’heure actuelle ? tous ceux qui ont fait du velo un jour, savent pertinement que les pedales sont toujours accouplées, sinon le velo tombe !
    le mariage pour tous, c’est legifèrer pour la minorité d’une minorité, je suis persuadé que la plupart des homosexuels , qui ne doivent deja pas representer un pourcentage important de la population, se moque bien de pouvoir se marier ou non, pourvu qu’on leur foute la paix !

  4. Sur la plupart des grands problèmes, les diagnostics et les prescriptions sont depuis longtemps connus. Ce qui fait défaut, c’est le courage et la compétence pour passer à l’action. Les Français sont malades de politique. Comme si la politique avait des solutions à tout. Comme si elle pouvait augmenter seule et durablement les moyens destinés à être redistribués équitablement. Si la France se retrouve aujourd’hui dans cet état, ce ne peut être que la faute du corps électoral dans son ensemble. Il ne peut se défausser ni sur les dirigeants de l’économie, ni sur la classe politique. S’il veut virer tout le monde et faire la révolution, eh bien qu’il la fasse. Il reste quelques chances qu’elle soit enfin libérale. Sinon tant pis pour la France et les Français.

    Chaque effondrement dont nous avons suffisamment les preuves est précédé par la même série d’événements. L’État, dans sa soif insatiable de pouvoir, intensifie constamment son emprise sur l’économie de la nation. Précédant cet événement, l’économie de la société, sur laquelle les pouvoirs de l’État s’appuient, se dégradent, et cette dégradation s’accompagne d’un déclin des valeurs morales et culturelles ; les gens ne se soucient plus de rien. En d’autres termes, la société s’effondre et entraîne l’État avec elle. Il n’y aucun moyen pour l’État d’éviter cette conséquence – à part, évidemment, d’abandonner ses interventions dans la vie économique de la population qu’il contrôle, chose que son avidité pour le pouvoir ne permet pas.

  5. Il ne faut pas oublier le rapport Attali du quinqennat precedent, il préconisait l abolition des corporations, pour beaucoup issues de l ancien régime. Pas besoin d être économiste pour prendre des mesures de bon sens…