Ces pays qui ont dit non à la dette

Face à l’endettement massif qui menace différents pays du monde, dont la zone euro, peut-on dire non à la dette ?

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Ces pays qui ont dit non à la dette

Publié le 18 février 2013
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Par Charles Sannat.

Avec l’annulation de la dette de la Tunisie par la France, le sujet revient sur le tapis : est-il possible d’annuler la dette ? Si oui, comment procéder ? Comment s’en sont sortis les pays qui ont dit non à la dette ? Pour ce faire, il est indispensable de connaître l’origine de la dette d’un pays.

La dette est un problème monétaire

La dette publique regroupe l’ensemble des dépenses (emprunts) de l’État, collectivités publiques et les organismes qui en dépendent directement (comme la Sécu et certaines entreprises publiques). À ces dépenses s’ajoutent la dette des ménages qui vivent à crédit, celle des entreprises et des établissements financiers. Si l’on fait une moyenne de toutes ces dettes par pays, le Japon endetté de 500% de son PIB arrive en tête des pays les plus endettés (source : The Economist) :

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La Grande-Bretagne arrive en tête des pays les plus endettés par ménage et par établissement financier. L’Espagne, affaiblie par la crise immobilière, arrive en tête des pays les plus endettés par entreprise. Le Japon est le pays qui a le triste record de la dette publique la plus élevée.

Dette publique par État membre de la zone euro à la fin du troisième trimestre 2012

Au 23 janvier 2013, la dette publique de la Grèce s’élevait à 301,193 milliards d’euros, soit 152,6 % du PIB. Une situation tellement grave que « les médias grecs ont été invités à se taire sur la non viabilité de la dette ». L’Italie est à 127,3%, le Portugal à 120,3% et l’Irlande à 117% selon Eurostat.

Le cas typique des États-Unis qui vivent à crédit

L’effondrement du dollar et de l’euro et comment en profiter de James Turk explique bien comment la manipulation du dollar – argent-dette par excellence – a conduit le pays à s’endetter de façon exponentielle.

Avec un gouvernement qui ne cesse de croître, des ménages qui vivent largement au-dessus de leurs moyens (à crédit), des produits dérivés financiers opaques, la dette totale des États-Unis est devenue vertigineuse. Depuis les années 70, les emprunts ne sont plus proportionnels à la richesse créée.

Qui a dit non à la dette ?

Dans certains cas, il peut y avoir annulation de dette dite odieuse, notamment lorsqu’un pays l’a héritée d’un régime dictatorial. Actuellement par exemple, il est question d’annuler la dette de la Tunisie laissée par Ben Ali. Comme l’explique ce blog, la « dette constitue, depuis la seconde moitié du 19ème siècle, la pierre angulaire de la domination étrangère en Tunisie ». C’est dit, la dette est un moyen de coercition, une façon d’asseoir sa domination quand on est créancier…

La situation de notre proche voisin irlandais ne peut que donner raison à ces propos. L’Irlande et la BCE n’arrivent pas à trouver un accord permettant au pays d’éviter de « payer chaque année un coûteux service de la dette lié à de l’argent emprunté en 2008 par Dublin pour sauver Anglo Irish Bank de la faillite ». On ne rigole pas avec les créanciers et cela en dit long sur la dette comme joug et moyen de coercition sur un pays.

Comment venir à bout de la dette ? En l’annulant, en refusant tout simplement de payer ses créanciers. C’est ce qu’a ordonné de faire – ou du moins de ne pas faire – le président de l’Équateur Rafael Correa en 2008. Le président équatorien a décrété que son pays n’honorerait pas une partie de sa dette (39% appartenant à des investisseurs étrangers) qu’il trouvait « illégitime, malhonnête et illégale ». Pour lui, ces mêmes institutions financières détentrices des obligations d’État sont en partie responsables du creusement de la dette équatorienne dans la mesure où elles spéculent sur son dos.

Contrairement à la Grèce, l’Équateur s’est auto-déclaré en défaut de paiement. Rappel des faits : en 2007 le gouvernement équatorien constitue la Commission pour l’audit complet du crédit public (CAIC) qui estima que « la dette commerciale extérieure avait servi de mécanisme illégitime et illégal de pillage entre 1976 et 2006, la dette passant de 16 millions de dollars en 1976 à 4,2 milliards en 2006, malgré un remboursement net, sur un période de trente ans, de 7,1 milliards de dollars sur le principal et les intérêts cumulés », explique l’article. Une dette jugée illégitime et donc irrecevable pour le pays.

Plus récemment, dans le cas de la Côte d’Ivoire, c’est le principal créancier du pays, la France, qui a décidé d’annuler la dette de 3 milliards d’euros.

Parfois, c’est le pays lui-même qui décide de se mettre en défaut de paiement et s’auto-déclare inapte à payer ses dettes. C’est le cas très récent de la Russie après la crise de 1998. La Russie qui se déclarait un pays pauvre est soudain devenue un pays riche, après son « désendettement miracle ». Le petit souci c’est que la Russie a décidé de ne pas payer ses dettes, sans que ses créanciers n’aient aucun recours. La Russie serait encore en défaut de paiement sur 80 milliards de $US d’obligations souscrites avant 1917, notamment par des épargnants Français. « La Russie n’a versé que 400 millions de $US en 1999. Il est impossible de faire confiance à un pays qui fait défaut sur sa dette et refuse par la suite unilatéralement tout contact avec ses créditeurs », déclare cette investisseuse française sur un forum de « pigeonnés ».

Et puis il y a les pays qui ont fait faillite comme l’Argentine et qui sont à nouveau solvables, et dont on réclame l’argent dû, menaçant le pays de replonger dans la crise. Merci les fonds spéculatifs !

Et la Grèce ?

Avec une dette de 152,6% de son PIB et malgré les multiples plans de sauvetage, la Grèce est clairement en situation de défaut de paiement. Selon le FMI, « la dette du pays n’est pas viable sans aide accrue ». Il ne faut pas être un grand économiste pour comprendre cela. Impossible pour la troïka de laisser tomber la Grèce, même si cela coûte « les yeux de la dette », par peur d’un probable effet domino. Cette solution d’aide ne pourra hélas pas être appliquée aux poids lourds économiques en difficulté de la zone euro, désormais gangrénée par la dette. Mieux vaut laisser sombrer lentement le bateau euro ? La fin nous le dira, mais si l’argent créé ex nihilo peut en partie éponger des dettes d’État de façon artificielle, il ne pourra pas créer de croissance, ni d’économie réelle.

La fin du standard or à l’origine de la dette

Pour le Professeur d’économie Antal Fekete dans Le retour au standard or, la crise financière actuelle est causée par la fin du standard or décidé par Nixon en 1971. La fin de la monnaie reposant sur un actif tangible marque le début de l’argent fictif à volonté (la monnaie papier) et par-là même, la création de la dette infinie.

Et ce n’est pas en créant de l’argent à l’infini que l’on va générer de la croissance, comme le souligne Pierre Leconte, auteur du blog Forum monétaire de Genève. « Une politique dite « de relance » par la distribution de revenus artificiels financés par la dette publique ne les [NDLR : les agents économiques, « nous »] poussera pas à consommer, mais plutôt à économiser en prévision d’une hausse future de leurs impôts (…) ».

L’or paie toujours ses dettes, l’or paie comptant

Si l’on peut « étirer » une monnaie à l’infini et lui faire perdre de son épaisseur – de sa valeur – il n’en est pas de même pour l’or, aussi ductile soit-il ! L’or n’est pas une mesure élastique, un gramme d’or reste une unité de compte qui ne change pas, au même titre qu’un pouce ou un centimètre. Ce qui fait que, même si l’on peut à court terme manipuler son cours, on ne peut pas tricher avec les réserves d’or comme avec l’argent papier (que l’on peut créer à l’infini). Le problème est que si votre compte en banque est contaminé par de la « mauvaise dette », votre compte lui-même peut en souffrir et vos comptes libellés en devises prendre un sérieux coup (coût) dans l’aile, chose qui ne peut pas arriver avec l’or, actif tangible. Enfin, les fondamentaux de l’or sont toujours positifs, quelles que soient les périodes de prospérité ou d’austérité que le métal traverse. Face à la dette publique et aux dépenses d’État contre lesquelles il est impossible d’agir au niveau individuel, la seule solution est de déplacer son épargne dans un actif autre qu’une devise (or, immobilier, terre agricole…) et hors-circuit bancaire.


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  • Le retour à l’or est une solution extrême, qui ne manque pas de défauts.
    L’or reste une valeur si stable qu’elle est inerte, ne profite pas à l’économie, ne produit d’intérêts qu’à sa vente, et n’est pas historiquement vierge de décotes. S’il est si haut aujourd’hui, c’est clairement une réaction de panique, et il pourrait soudain fortement diminuer.

    La bonne gestion voudrait surtout que les Etats vivent de ce qu’ils produisent, ce qui n’est pas demain la veille, puisqu’une grosse part de cette production passe à payer les intérêts des gabegies précédentes.
    On voit tout de même que la Suède – et elle n’est pas la seule – a fort correctement réduit presque de moitié sa dette, sans bruit et sans évincer ses créditeurs.

    • J’en ai marre d’entendre cet argument de la Suède.
      Réveillez vous, on est en FRANCE, un pays de cas sociaux. Donc c’est incomparable.

      • exact, on nous martèle les pays Nordiques….raz le bol.

        – ils ont une attractivité du travail
        – une économie libérale plus libre que nous
        – ils ont des vocations
        – leurs structures sociales et familiale sont plus stables que nous
        – une unité ethnique forte ne les obligeant pas au compromis et à la dispersion.
        – peut etre plus de politiciens servant les intérêts du peuple qui les a élu.
        – une justice équitable et répressive
        – un systeme éducatif respecté et réellement structurant pour les enfants

        appliquons un modèle inapplicable à nos pays…personne ne voudra faire les sacrifices nécessaires.

        le pays est foutu faut l’avouer, le point de non-retour est dépassé depuis au moins 20 ans.

        • En effet il est tres difficile de comparer les pays nordiques a la France:

          – Grande homogeneite culturelle
          – Religion principale Lutherienne

          Mais ces deux points sont en passe de changer, on verra ce que ces pays deviendront a l’avenir..

          De plus en France on parle sans cesse de » droits » sans aucune contre-partie, dans les pays nordiques, vous avez bcq de droits mais qui sont lies a bcq de devoirs..

        • Je ne sais pas de quand date votre image idyllique des pays nordiques. Des années 1960 ? Vous devriez vous mettre à jour.

          Ils sont envahis par l’immigration musulmane, gangrenés par la criminalité, soumis à un politiquement correct impitoyable… et pas spécialement libéraux. Regardez le taux de dépenses publiques du Danemark.

  • « Et puis il y a les pays qui ont fait faillite comme l’Argentine et qui sont à nouveau solvables, et dont on réclame l’argent dû, menaçant le pays de replonger dans la crise. Merci les fonds spéculatifs ! »

    Pardon? Merci les fonds spéculatifs? En quoi les fonds spéculatifs sont responsables d’une spirale de la dette contractée par les politiciens argentins? On ne vient pas sur Contrepoints pour lire du Paul Jorion ou du Laurent Joffrin.

  • « On ne rigole pas avec les créanciers et cela en dit long sur la dette comme joug et moyen de coercition sur un pays »

    Ah bon? Des exemples de coercicion?
    L’Irlande?
    Alors si vous vous endettez, et que l’on vous demande de rembourser, c’est de la coercicion pour vous?

  • Dans le cas d’une dette souveraine, les créanciers reçoivent en garantie la promesse de lever toujours plus d’impôts. Tous les conseillers bancaires expliquent ici « bons pères de famille » que le risque est nul parce que l’état peut lever l’impôt ou imprimer de la monnaie à volonté. Tous les créanciers sont donc explicitement et consciemment complices de la violence étatique. Il est parfaitement légitime de leur couper les vivres du jour au lendemain.

    • « complices de la violence étatique »
      C’est bien mignon, mais l’Etat est elu par la population, la democratie est accepte par le peuple, elle est donc legitime: les revoltes contre l’Etat sont assez rares, avant de demander a l’Etat de couper les vivres de ses creanciers au nom de la violence etatique, vous pourriez commencer par couper vous-meme les vivres (et le pouvoir) de l’Etat en arretant de payer vos impots.

      • l’Etat est elu par la population

        Les fonctionnaires ne sont pas élus, mais cooptés. Le gouvernement n’est pas élu, mais nommé. Les maires ne sont pas élus par la population mais par le conseil municipal. Les sénateurs sont élus par des grands électeurs.

      • En effet la solution agoriste me parrait bonne.

      • Bien sûr qu’il faut arrêter de payer ses impôts. Tout le monde est d’accord avec ça, j’imagine.

    • « Il est parfaitement légitime de leur couper les vivres du jour au lendemain. »

      Soit vous n’avez aucune idée de comment fonctionnent les marchés financiers, soit vous etes antiliberal. Dans les deux cas vous en tenez une couche.

      Pretez-moi vos économies, et comme je suis représentant de l’Etat Grec, elu par le bon peuple, quand vous demandez a recuperer votre du, je vous dirai que j’ai décidé de vous couper vos vivres.

      Ca fait franchement mal de se dire que vous soutenez le parti libertarien belge, vous devez donner une image particulierement déformée de ce courant de pensée.

      • On reconnait les toutous de la République à l’horreur que leur inspire toute action libertarienne cohérente. Pour beaucoup, le libéralisme consiste juste à ronchonner contre les fonctionnaires et les impôts, mais quand il s’agit de prendre des mesures efficaces contre l’Etat et ses séides, il n’y a plus personne. Pour votre gouverne, je vous conseille de découvrir comment Murray Rothbard parlait de la dette publique. (Mais peut-être qu’à vos yeux, il déshonore également le mouvement libertarien) http://www.contrepoints.org/2012/10/29/102389-rothbard-et-la-perspective-libertarienne-sur-la-dette-publique

        • Rothbard considère la dette publique illégale, car elle implique soit disant un tiers qui n’a pas signé le contrat d’endettement.

          Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue: personne n’est obligé de rembourser la dette de l’Etat, les individus peuvent choisir d’y échapper, par l’exil ou en refusant de payer l’impôt. Renvoyer la responsabilité au créancier, c’est un peu facile: beaucoup de ces créanciers sont convaincus du bon droit de ce contrat, et ils ont raison, l’état de droit étant garanti par l’Etat.

          Défendre le point de vue de Rothbard revient à condamner les créanciers d’avoir accepter un système que les soit-disant victimes n’ont même pas le courage de combattre. Interdisez à l’Etat toute dette, voila la solution.

          • Avec ce genre de raisonnement, vous n’êtes pas loin de défendre le droit inaliénables des fonctionnaires à toucher une pension de retraite jusqu’à la fin de leur vie. La plupart des fonctionnaires sont aussi convaincus du bon droit de leur contrat. Mais, un moment, il faudra bien leur couper les vivres sinon rien ne changera jamais.

          • Ah ! Et, au passage, expliquez-moi comment on interdit quelque chose à celui qui écrit les lois et les fait appliquer. Ça m’intéresse.

          • Démocratiquement: en arrivant à convaincre la majorité. Sans cela, comment envisagez-vous la transition vers une société libérale ou libertarienne?

            Et effectivement, je pense que s’attaquer aux retraites des fonctionnaires est non seulement contre-productif (électoralement parlant) mais aussi inutile: le système n’a pas besoin d’une purge, une réduction progressive de la dette et du poids de l’Etat est beaucoup plus souhaitable, et pragmatique.

            Il existe des solutions pour éviter la transition dans la douleur: l’Etat peut ouvrir ses monopoles à la concurrence, verser une prime au départ pour les fonctionnaires. Il peut réduire son role d’assurance sans pour autant supprimer la « solidarité publique », dans un premier temps. Que les citoyens s’habituent à être responsable de leur santé, de l’éducation de leur enfant, à faire des choix par eux même. Que des structures alternatives à l’Etat aient le temps de voir le jour.

            Un défaut de paiement souverain ne met pas seulement l’Etat en difficulté (ce qui serait presque un bien, comme Rothbard l’explique). Il isolerait le pays dans les échanges internationaux, rendrait volatile sont taux de change… l’effet néfaste sur l’économie privée serait probablement plus fort que tout effet positif de réduction du pouvoir d’endettement de l’Etat.

          • Que ce soit judicieux (de virer les fonctionnaires, de répudier la dette, etc) est une chose dont on peut discutter. Que ce soit légitime en est une autre. Et ici, je maintiens fermement que, d’un point de vue libertarien, c’est parfaitement légitime. Le reste est une question d’opportunisme politique. A ce sujet, un article de ma plume sur quelques éléments de stratégie politique pour les libertariens. http://www.contrepoints.org/2012/05/17/83478-elements-de-strategie-politique-pour-les-libertariens

        • Merci pour ces références que je connais déja. Avant de partir dans un reve liberal, il s’agirait de donner une ligne directrice cohérente avec la réalité.
          Mélanger Rothbard et la politique économique argentine est une betise sans nom. A ce jeu-la, le « prenez le pouvoir » de Melenchon serait un slogan a tendance liberale denoncant la caste au pouvoir.

      • Oui là il y a clairement un conflit de valeurs chez cette personne à moins quelle se soit mal exprimée.

        Mais on pourrait dire que l’Etat étant suspect de manière générale pour un libéral, lui prêter de l’argent revient à le faire fleurir d’une certaine façon ce que nous ne désirons pas.
        A partir de là, ceux qui vont se faire littéralement faire voir par des défauts de paiement de la part de certains Etats vont payer les conséquences des propres risques qu’ils ont contracté, et en ce sens, ce n’est pas mon problème. Dans un soucis de justice, pour régler ce problème il faudrait comme un justice internationale assez puissante pour faire respecter à chaque Etat leurs obligations… Est-ce nous voulons une organisation internationale assez puissante pour faire ça ? Qui dit des lois, dit des politiciens et toutes les dérives qui vont avec…

        • Prêter de l’argent à un Etat, c’est lui fournir les liquidités nécessaires à faire son sale boulot. On ne peut pas se déclarer anarchiste et regarder comme des saints innocents les individus qui assurent activement la continuité de l’Etat.

    • Lorsque l’Etat imprime de la monnaie à volonté cette monnaie perd toute valeur. Voyez le Zimbabwé. Lorsque l’Etat lève l’impôt à volonté l’économie se terre, tout finit par se négocier au marché noir en sous-main et l’Etat se retrouve avec peau de zébi, Gros Jean comme devant. L’état essaie parfois, dans son insondable arrogance mâtinée de bêtise, d’imposer à plus de 100% (voyez la Suède dans les années 70) mais deux plus deux ne faisant jamais quinze, au grand dam de l’Etat, sauf recours à la monnaie de singe, ça n’a jamais marché (revoyez la Suède). Et, une fois recouru à la monnaie de singe, ça ne marche pas.

      Je prête du pognon à Tartempion, donc je suis complice de la « violence étatique »? Et si je ne lui prête pas de pognon, à Tartempion, quand il en a vraiment besoin, vous savez ce qu’il devient? Il crève la gueule ouverte. Et l’Etat me remercie en persuadant Tartempion de ne pas me rembourser. Ah le joli modèle sociétal que voilà!

      Deux ou trois générations de ce régime et on retourne à grimper aux arbres, cul nu et bite au vent, et à coucher à la belle étoile. Avec un peu plus d’effort citoyen on arrivera même à ne plus savoir faire du feu. Comme les aborigènes de Tasmanie. Les Verts ne demandent que ça, ça les fait déjà baver d’envie.

  • Par rapport au papier, l’or physique a pour avantage principal de ne pouvoir être photocopié à volonté. Un candidat créancier ne peut prêter de l’or physique à un candidat débiteur que s’il tient effectivement cet or en mains. S’il ne tient pas l’or en mains, il ne peut matériellement pas le prêter, quelles que soient les vociférations du candidat débiteur sur son « cruel manque de moyens ». Par contre, il est extrêmement simple pour n’importe qui de griffonner « bon pour 1 million de tonnes d’or » sur un bout de papier et de le remettre avec un grand sourire au débiteur heureux en échange de sa propre reconnaissance de dette : il suffit d’une imprimante et d’un peu d’encre. Et le fait qu’il n’existe nulle part 1 million de tonnes d’or n’est un problème pour personne, sauf pour celui qui aura revendu sa maison contre une fraction de ce papier, le matin juste avant l’écroulement de la pyramide.

  • La monnaie actuelle n’est plus du papier mais des clics de souris (ou des keystrokes, comme disent les américains). parler de « planche à billets » est totalement dépassé. La « fiat monnaie » a quelques inconvénients, mpais d’énormes avantages par rapport à l’or. N’oublions pas que le développement économique que nous avons connu est du pour l’essentiel à la fiat money.
    La dette publique n’est pas une mauvaise chose en soi, tant qu’on emprunte dans sa propre monnaie, ce qui est le cas des USA, de l’UK, du Japon ou autres. Mais pas des pays de l’euroland qui empruntent dans une monnaie étrangère (en effet, ils ne maîtrisent ni le taux de change ni le taux directeur). Un pays qui emprunte dans sa monnaie ne peut pas faire faillite: sa banque centrale peut toujours appuyer sur quelques touches de clavier pour créditer le compte du trésor. Cette opération est à manier avec précaution sinon on risque l’inflation, bien que la création de 2 trillions de USD par la FED n’ait pas généré la moindre inflation.

    • La création monétaire est l’inflation. L’augmentation de l’indice des prix à la consommation n’a aucune pertinence. Suffit de voir la valeur du dollars pour s’en rendre compte.

    • « N’oublions pas que le développement économique que nous avons connu est du pour l’essentiel à la fiat money »

      BULLSHIT. Le développement économique que nous avons connu est dû à nos progrès technologiques et à rien d’autre.

  • Question : avec de la monnaie or, y aurait il assez d’or dans le monde pour pouvoir financer tout ce qu’on a besoin financer ?
    Et si le monde entier revenait à l’or, son prix n’augmenterait-il pas de façon vertigineuse ?
    Et son utilité en tant que matière première en électronique auraient quelles conséquences ?
    Quels sont les plus gros défauts de la monnaie or ?
    En ces temps de crises des monnaies, ne vaudrait il pas mieux y réfléchir à plus d’une fois avant de se faire une réelle opinion ? Certes chez les libéraux en ce moment et ailleurs on ne nous parle que de l’or. Il devient saint. Quelles critiques pourrions nous lui faire ?

    • La principale critique à l’encontre de l’or est le pouvoir économique pratiquement illimité qu’offre sa détention physique. Toute activité économique nécessitant le recours à la dette, ne serait-ce que pour l’initier, revenir à l’or signifierait qu’on confierait la totalité du progrès économique aux seuls détenteurs d’or et donc, in fine, à l’Etat.

      L’or n’est pas « saint » chez tous les libéraux, loin s’en faut. En revanche, ce qui est « malsain » pour la plupart des libéraux est le désordre économique provoqué par la mauvaise gestion de l’Etat et le recours insensé à la dette publique alors qu’il est démontré que cette dernière est non seulement inutile mais également économiquement destructrice.

      Ce qui attire dans l’or, c’est l’idée que l’Etat ne pourrait plus manipuler la monnaie au profit de ceux qui en vivent. Mais rien n’est plus faux : les manipulations monétaires malgré l’usage de l’or comme monnaie existent depuis l’Antiquité (cf le cas de Rome, http://www.contrepoints.org/?p=99514)

      Il n’y a qu’une alternative crédible pour mettre fin à la manipulation monétaire par les Etats : ce n’est certainement pas l’or mais bien la concurrence entre les monnaies.

      • « Toute activité économique nécessitant le recours à la dette, ne serait-ce que pour l’initier, revenir à l’or signifierait qu’on confierait la totalité du progrès économique aux seuls détenteurs d’or et donc, in fine, à l’Etat. »

        Pour initier une activité économique on peut créer des actions des participations etc… On ne fait jamais assez confiance au génie humain.
        Actuellement le flux monétaire est stérilisé dans l’immobilier, c’est encore plus stupide que l’or… et c’est moins mobile 🙂

  • bonjour le retour au regime féodale, ou l’argent est remplacé par les bastons !

  • de quel droit le gouvernement français annule la dette de la RCI? Qui légifère sur ce choix? parce que moi qui paie des impots, je préfèrerai en payer moins et que tous ces pays a qui on a annulé la dette nous paie ce qu’ils nous doivent!!

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