Classement de la liberté économique dans le monde : pourquoi aussi peu d’échos ?

Pourquoi la sortie de la 19e édition de l’Index of Economic Freedom (Classement de la liberté économique) n’est-elle pas plus commentée en France ?

Pourquoi la sortie de la 19e édition de l’Index of Economic Freedom (Classement de la liberté économique) n’est-elle pas plus commentée en France ?

Par Jacques de Guénin.

Pour la 19ème année consécutive, la Heritage Foundation vient de sortir son fameux Index of Economic Freedom (http://www.heritage.org/index), en collaboration avec le Wall Street Journal. C’est un énorme volume, qui attribue une note reflétant le degré de liberté économique qui règne dans 185 pays. L’indice est calculé à partir de données publiques. Une partie du livre explique en détail comment est fait ce calcul. Dans les premières années, il a existé quelques critiques sur le choix des données et leur traitement, dont la fondation a tenu compte. Mais cela fait pas mal d’années que l’on ne constate plus de dissensions significatives. Chaque pays est analysé sur deux pages, qui montrent et expliquent en particulier les progrès ou les détériorations de l’indice par rapport aux années précédentes. Ce travail est si remarquable que l’on peut se demander pourquoi sa sortie n’est pas commentée par la presse. Nous allons essayer de comprendre pourquoi.

Les indices varient de 89.3 pour Hong Kong à 1.5 pour la Corée du Nord. Entre les deux on trouve la Suisse avec un indice de 80, les États-Unis de 76, le Royaume Uni de 74.8, l’Allemagne de 72,8 et la France de 64,1. Dans la communauté européenne, seuls le Portugal (63.1) et l’Italie (60.6) ont un indice inférieur à celui de la France.

L’indice de la France était de 65 en 1995. Il est ensuite descendu aux environs de 60, où il est resté jusqu’en 2007. Puis il est remonté régulièrement jusqu’à 64,1, où il se trouvait en 2012. Cette relative stabilité dans l’indice masque une perte de place significative dans le classement mondial. Nous étions au 16ème  rang en 1995, au 30ème  en 1998, au 45ème  en 2002 et au 62ème en 2012 !

Ce qui rend le rapport de la Heritage Foundation particulièrement instructif est qu’il établit des corrélations entre la liberté économique, la prospérité, l’emploi, le respect du droit (c’est-à-dire l’absence de corruption), la protection de l’environnement et le niveau d’éducation.

Corrélation entre Liberté économique et prospérité

Toutes ces corrélations sont fortement positives. En particulier, il est frappant de constater que le chômage est d’autant moins élevé que la liberté économique est grande. Il semblerait donc que tous les gouvernements dussent s’inspirer du rapport pour étudier  les mesures qu’ils pourraient prendre pour améliorer le bien-être de leur peuple.

Or il n’en est rien. La sortie du rapport est d’autant moins mentionnée dans la presse d’un pays que ce pays est plus bas dans le classement, ce qui indique que la France n’est pas le seul pays où la presse est majoritairement de gauche et/ou soumise au pouvoir. Elle est certes commentée dans le Wall Street Journal, mais la diffusion de ce périodique dans un pays est elle-même fortement corrélée avec  le degré de liberté économique dont jouit le pays. Il s’agit là d’une fatalité de la démocratie représentative : pour se faire élire, les candidats font des promesses à des groupes de pression variés. Une fois élus, ils se sentent obligés de faire de nouvelles lois et de nouvelles dépenses, de peur de ne pas être réélus. Bien des projets voient ainsi le jour sans aucune étude sérieuse de l’impact qu’ils auront sur notre liberté et notre prospérité.

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