Mots croisés/viande de cheval : l’inutilité de Benoît Hamon, les bêtises de Périco Légasse

Lundi soir se tenait sur France 2 l’émission hebdomadaire « Mots-croisés », présentée par Yves Calvi. Petit florilège des déclarations de Benoit Hamon et Périco Légasse.
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Mots croisés/viande de cheval : l’inutilité de Benoît Hamon, les bêtises de Périco Légasse

Publié le 12 février 2013
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Lundi soir se tenait sur France 2 l’émission hebdomadaire « Mots croisés », présentée par Yves Calvi. Petit florilège.

Par PLG.

Hier, le thème de l’émission abordait une problématique centrale, qui mérite l’attention attentivement attentive de l’ensemble des citoyens éclairés, des politiques, des intellectuels de tout bord. La crise ? Non ! Le chômage de masse ? Non ! La viande de cheval bien sûr ! Parmi les invités de cette palpitante émission, Benoît Hamon, ministre de la Consommation, et Périco Légasse, journaliste et chroniqueur gastronomique (le mari de Natasha Polony, pour ceux qui lisent la rubrique people des journaux).

À ce moment, il est légitime d’avoir une pensée émue pour notre ministre. Benoît Hamon, ancien président du Mouvement des Jeunes Socialistes, considéré comme appartenant à « l’aile gauche du PS », a certainement dû imaginer lors de ses débuts en politique qu’il allait essayer de changer le monde, réduire la pauvreté et les inégalités, apporter plus de justice dans ce monde imparfait, organiser la prospérité, etc. Des buts tout à fait louables, même si les lecteurs assidus de Contrepoints savent que les méthodes qu’il emploie pour cela n’obtiendront jamais les résultats escomptés. Mais voilà, la politique étant à présent ce qu’elle est, Benoît Hamon s’est retrouvé, à partir de 23 h et pendant deux longues heures, à débattre sur le fait qu’un obscur fournisseur roumain s’est amusé à remplacer du bœuf (de la vache, en réalité, des bœufs il n’y en a plus) par de la vieille carne hippique. Il a donc joué le rôle qu’il pouvait, c’est-à-dire celui de protecteur du peuple outragé, en affirmant que « les contrôles allaient être renforcés » pour que cela ne se reproduise plus, que « le gouvernement allait être vigilant », et que d’ailleurs une réunion de crise s’était tenue aujourd’hui entre membres du gouvernement, représentants de la filière incriminée et associations de consommateurs. Ce qui, traduit en langage courant, signifie que le gouvernement fera semblant de s’intéresser à ce problème tout le temps que durera la polémique, avant qu’un autre scandale ne balaie cette éphémère actualité.

Mais la palme de la bêtise, il faut quand même le dire, revient sans conteste à Périco Légasse. Pour lui, le coupable est tout trouvé : « L’Europe néolibérale », accusation répétée plusieurs fois tout au long de l’émission. Inutile de revenir sur le terme néolibéral, qui est décidément utilisé partout mais défini nulle part. Ce qui n’est pas surprenant lorsqu’on sait qu’il n’a aucune signification pertinente, puisqu’il s’agit d’une invention des anti-libéraux pour attaquer le soi-disant libéralisme dérégulé que l’on a pourtant bien du mal à observer. Le raisonnement de Périco Légasse est le suivant : les institutions européennes organisent la concurrence inéquitable entre les pays, et cette concurrence pousse les prix vers le bas au point que, forcément, les fournisseurs sont conduits à tromper le consommateur en remplaçant les ingrédients des plats préparés par des composants de basse qualité pour augmenter leurs marges. À cet instant, plusieurs éléments peuvent en quelques lignes être mobilisés pour montrer que M. Légasse n’a absolument rien compris à ce qu’il raconte.

D’une part, l’existence de la PAC, 40 % du budget européen, dont la France est la première bénéficiaire, ne consiste rien de moins qu’à perturber durablement la logique de marché en subventionnant les agriculteurs de pays à hauts salaires qui sont amenés à produire des quantités bien plus grandes que le marché ne peut absorber. Subventions dont on ne sait pas très bien si elles contribuent réellement à moderniser l’agriculture mais qui conduisent à des gaspillages certains.

D’autre part, si l’on poursuit la logique de Périco Légasse, la solution serait donc de relocaliser l’ensemble de la filière agroalimentaire. Mais sans compter le fait qu’on ne voit pas très bien comment cela serait possible sans méthode très coercitive, il est difficile d’imaginer que cela permettrait de limiter ce genre de fraude. En effet, le renchérissement des coûts, confronté à la volonté légitime des consommateurs de limiter leur budget alimentation ne pourrait conduire qu’à augmenter encore la tendance des fournisseurs mal intentionnés à tromper leurs clients.

Enfin, le sous-entendu principal des affirmations péremptoires de M. Légasse consistait à dire que les industriels de l’agroalimentaire ne sont « que des banquiers » (une insulte qui en dit long sur le sérieux du personnage), uniquement intéressés par l’argent, et prêts à empoisonner le consommateur pour quelques euros de plus. Pourtant dans cette affaire, ce sont bien les banquiers (qui curieusement, tiennent à leur réputation) qui ont découvert le pot-aux-roses, ourdi par le producteur roumain. Enfin Yves Calvi fera remarquer à juste titre que bien que l’affaire fasse des remous, elle n’est pas représentative des centaines de millions d’autres produits écoulés chaque année sans le moindre problème.

Et c’est bien là le danger de ce type d’émissions. En invitant des personnes qui ne cessent de s’exprimer sur des sujets qu’elles maitrisent peu, on en vient au syndrome du gros micro mou. Un pseudo-journaliste qui s’improvise économiste lance ces banalités au mieux sans aucun fondement, au pire véritablement dommageables si elles étaient appliquées au pied de la lettre. Le téléspectateur lambda, qui n’a pas forcément les outils nécessaires pour prendre du recul par rapport à ces affirmations, pensera peut-être que M. Légasse ne fait qu’avancer des idées de bon sens. Malheureusement, c’est tout le contraire.

En mot de conclusion, la journaliste de Libé Laure Noualhat, également invitée, reprenait les mots du philosophe Jacques Ellul : « Je veux moins de complexité, de technicité » ; « il faut remettre de la simplicité dans ce monde ». Hier, à « Mots croisés », oui-oui était de sortie.

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  • Votre article est malheureusement bien long pour cette petite émission de FranceTéVé sans invité, ni sujet, ni intérêt aucun !

    • Certes, mais il est agréable à lire 🙂

    • C’est tout le talent si on ose dire d’Yves Calvi. Il réunit toujours dans ses émissions des pseudos contradicteurs, soit à la vraie gauche, soit à la fausse droite: choisis ton camp camarâââde.

      Tous bien propres sur eux, mais qui ne sont en désaccord, que par de très légères différences d’ appréciations, qui poussent l’art, à ce niveau cela en est, de parler pour ne rien dire, surtout pas des vrais sujets qui fâchent surtout s’ils sont à la vraie droite, ou libérale, cela ne va pas la tête ?

      Comme il sait animer, il faut le reconnaître, cela semble être de belles émissions, mais une fois la boite à images éteinte, que l’on analyse: rien d’essentiel ne fut dit, on n’a rien appris de neuf, ils n’ont  » faché » personne, et une fois de plus on s’ aperçoit qu’ils ont essayé insidieusement de nous couler dans le moule de la bienpensance abêtissante ambiante.

      Là, où ils atteignent des sommets, c’est sur leurs forums ! n’oublions pas quand même que l’on est sur Rance Télévision si vous prenez un pseudo  » libéral », des sirènes retentissent immédiatement chez le modérateur pour l’avertir de sortir sur le champ son sabre, quel que soit le contenu !

      J’ai quand même vu plusieurs fois des mots incendiaires, réellement outrés, car Calvi a eut l’outrecuidance d’ inviter régulièrement Christophe Barbier, beaucoup trop à droite !! vous remarquerez au passage, la démocratie en action, mais nous sommes en socialie, sur la télévision d’état.

  • Je me souviens de ce Périco qui avait fait l’éloge du canasson roumain flambé au rom, purée de racines de pissenlits.

  • je constate quand meme dans cette affaire, que les services de l etat, cette soit disant administration remarquable, prompt a agir et a reagir, sont bien absents. comme d habitude, nos impots qui nous coutent tres cher, n ont servis qu a payer des fonctionnaires a boire le cafe, ou etait les services veterinaires? la direction pour la repression des fraudes?, les services des douanes? et encore surement d autres services dont nous avons meme pas idee de leur existence

    • @ kelevra

      Tout à fait d’accord !

      C’est plus facile d’accuser toutes ces « horribles entreprises qui font des profits sur le dos du consommateur… »

      Heureusement que nous avons 2 fois plus de fonctionnaires que nos voisins européens…on voit le résultat…

      Continuons à payer, tant que nous le pouvons encore…

    • Dans cette affaire de fraude, selon certains – qui sautent sur la moindre occasion pour la ramener – ce seraient les effectifs des fonctionnaires en nombre insuffisant, depuis la réduction des effectifs sous N. Sarkozy, qui en serait en cause. 🙁 😥

    • Les services con-cernés étaient déjà sur les dents : une histoire d’éléphantes tuberculeuses (ou pas ?) à exterminer d’urgence, une réaction épidermique de BB à gérer, etc. On a les priorité qu’on peut…

  • Comme prévu, la mise à jour de ce nouveau scandale alimentaire, provoqué par des tricheries et des fraudes facilitées par la liberalisation des transactions sur la nourriture et la dilution des responsabilités face aux consommateursq ,déplait aux liberaux.
    En effet, il ruine, en grande partie, leurs idées en la matière qui sont de responsabiliser les consommateurs ( comment ? on aimerait bien le savoir) , de reduire drastiquement les effectifs de fonctionnaires chargés des controles sanitaires, de supprimer toutes les subventions aux associations (non étatiques) qui depuis 50 ans font preuve de vigilance et defendent les consommateurs..
    Bien entendu, quand un tel scandale éclate la réaction libérale est soit de ne pas en parler soit d’emettre des doutes sur sa réalité.
    Le compte rendu caricatural qu’ils donnent d’une émission TV traitant du problème (ils n’en rapportent pas l’essentiel du debat et se bornent à des details anecdotiques) est leur façon traditionnelle, si l’on ose dire, de « botter en touche » et de nier la gravité des faits.

    La meilleure réponse qui leur st donnée est la décision prise hier par le syndicat artisanal des bouchers qui a refusé de se rendre à la reunion de crise de la filière viande.
    Ces honnêtes commerçants qui depuis des années dénoncent les pratiques des industries alimentaires low-cost, ne se sentent absolument pas concernés par cette affaire car eux ils se fournissent avec de la viande de qualité auprès d’éleveurs qu’ils connaissent et ils refusent les schémas d’approvissionnement low-cost sur la viande,que proposent d’obscurs traders mondialistes anonymes, au nom d’une marchandisation qui détruit les emplois et met en péril notre santé..

    • Faut pas écrire après de telles absorptions d’alcools.

    • Toute fraude doit être punie, je ne crois pas qu’un seul libéral s’y oppose. Et je pense que la grande majorité considèrent que c’est le rôle de l’état que de lutter contre les fraudes (peut-être plus via la justice ordinaire que via des organismes ad hoc).

      Utiliser un cas particulier pour s’opposer à un tout un système (qui n’a rien de particulièrement libéral par ailleurs) c’est parfaitement idiot. Dans le sens inverse ce serait comme remettre en cause l’état providence à cause des fraudes aux allocations (alors que ce n’est pas l’essentiel du problème).

      • « Et je pense que la grande majorité considèrent que c’est le rôle de l’état que de lutter contre les fraudes (peut-être plus via la justice ordinaire que via des organismes ad hoc).  »

        Pour l’étape contrôles-inspections, je ne sais pas si « une grande majorité des libéraux » sont pour un monopole étatique, mais si je devais deviner, je dirais non. Plutôt une petite minorité.

        Ensuite la justice c’est l’étape suivante mais dans le cas qui nous intéresse ici, nous n’en sommes pas encore là, donc pas encore pertinent dans cette discussion.

        Pourquoi donc traiter les gens d’idiots ?

        • Je n’ai traité personne d’idiot. Ce qui est idiot c’est de prendre un cas particulier pour en tirer une conclusion générale. Ce n’est pas une attaque personnelle contre harrisburg.

    • manifestement, l’usine à gaz de la règlementation européenne et française a une forte responsabilité dans l’affaire!
      plus on complique un système et plus le contrôle est difficile. Mais bon il faut bien tenir compte des fonctionnaires dont la fonction est le contrôle et leur « donner » un peu de travail vu que ce sont eux qui font les lois!
      Comme une flat taxe en France …Combien de fonctionnaires en moins à bercy ? Combien d’avocats fiscalistes, anciens des impôts, dont la rente disparait? Ce n’est même pas la peine d’y penser

      Un état de droit avec une application non politique de règles claires et sanctions serait surement plus efficace et économe .Et la, les associations et autres faux nez de l’état auraient un vrai rôle à jouer.
      Un autre monde

  • et la compagne de périco natasha polloni a raconté les mêmes bêtises sur Europe1 dans sa revue de presse thuriféraire de la presse de gauche

    • pour ajouter également que c’est findus lui même qui a découvert la fraude, en pratiquant des tests ADN et non pas des fonctionnaires zélés. findus a d’ailleurs rendu public immédiatement les résultats de ces tests. il faut dire que dans cette affaire findus a au moins autant à perdre que les consommateurs.

      •  » non pas des fonctionnaires zélés »

        En Grande-bretagne , il y a eu des descentes de police dans plusieurs usines de fabrication de produits surgelés.
        Donc arrêtez de minimiser cette affaire, en utilisant comme pretexte la regulation par le marché au service du consommateur
        Insister, comme vous le faites, sur l’apparente probité d’une boite privée ( Findus) dans cette affaire, ne peut en aucun cas remettre en question les missions de l’Etat.

        • harrisburg: « ne peut en aucun cas remettre en question les missions de l’Etat. »

          Les 1800 milliards de dette contractée en votre nom non plus ?

        • @ harrisburg
          « Insister, comme vous le faites, sur l’apparente probité d’une boite privée ( Findus) »
          Décidément, vous ne comprenez même pas la base du commerce et de l’économie: Pour n’importe quelle entreprise qui vend de la nourriture aux consommateurs finals, la réputation est essentielle à la bonne marche de ses affaires.
          Dans un système libéral, l’intérêt bien compris des acteurs économiques les contraints à se soucier de leurs clients.

  • @PLG, bon article, j’aurais néanmoins aimé un paragraphe concernant la doctrine communiste de Benoit Hamon sur la régulation de la spéculation via la bourse, bref le meilleur moyen de ne pas permettre l’ajustement du marché.
    @Harrisburg, le libéralisme, c’est l’égalité des droits fondamentaux pour tous, le capitalisme de connivence, la triche et autre distorsion du marché pour quelque justice sociale que ce soit, c’est du socialisme.
    Pour être clair :
    Si, au départ d’un 100 m, tous les concurrents partent sur la même ligne de départ, au même moment et que le meilleur gagne à la fin, alors c’est du libéralisme.
    Si au départ d’un 100 m, le premier coureur part en avance, parce qu’il à une aide, qu’un autre part avec du retard parce qu’il est meilleur, qu’un troisième part sur la même ligne mais avec un boulet, que le quatrième est obligé de faire la course à cloche pied, le tout pour que l’égalité ne soit pas au départ, mais à l’arrivée, alors on est dans le socialisme.
    Et je vais vous dire un grand secret, mais ne le comprenez et ne le répétez surtout pas (vous comprendrez que les libéraux ont raison), Il n’y aura pas d’égalité sur la ligne d’arrivée!!!
    Et oui, vous avez compris, le socialisme ne marche pas !!!

    • Dje : Entièrement d’accord !

      J’ajouterai juste, pour répondre à Arn0, qu’effectivement toute fraude doit être punie. En revanche, ce n’est pas le rôle de l’Etat, nous n’avons pas besoin d’agents verbalisateurs, pas besoin de commission chargée de surveiller le travail des agents…

      La seule et unique sanction doit être appliquée par le marché. Si une entreprise nous vend de la merde, les gens ne seront pas nombreux à acheter leurs produits, l’entreprise peut même faire faillite si elle ne parvient pas à se racheter auprès de sa clientèle en apportant elle-même ses garanties.

      Au lieu de ça, le débat d’hier était de la science fiction avec une brochettes d’abrutis qui partageait les mêmes idées pour renforcer les contrôles (donc avec de nouveaux agents, et de nouveaux impôts). Le but du jeu étant de « rassurer » le consommateur qui va pouvoir continuer d’acheter ses croquettes parce que maintenant, on va contrôler tout ça encore plus qu’avant, en plus ça fera de l’emploi. Mais bien sûr, sans que l’on explique à ce consommateur qu’il va payer plus d’impôt.

      • « J’ajouterai juste, pour répondre à Arn0, qu’effectivement toute fraude doit être punie. En revanche, ce n’est pas le rôle de l’Etat, nous n’avons pas besoin d’agents verbalisateurs, pas besoin de commission chargée de surveiller le travail des agents…
        La seule et unique sanction doit être appliquée par le marché. » Si quelqu’un vend comme produit X un produit Y il engage sa responsabilité civile, et pénale si c’est en connaissance de cause. Cela ne rentre en rien en contradiction avec le marché, au contraire c’est une règle de fonctionnement du marché libre. Et tant que la justice (et la police judiciaire) seront public cela tombe bien dans le cadre de la responsabilité de l’État.

        • Arn0 : « Cela ne rentre en rien en contradiction avec le marché, au contraire c’est une règle de fonctionnement du marché libre. »

          Nous sommes d’accord, si quelqu’un vend comme produit X, un produit Y, il engage sa responsabilité.

          On peut effectivement matérialiser cette responsabilité par une sanction établie par la loi : la sanction pénale (en gros une amende). En revanche, la responsabilité civile supposera d’ester en justice, pour demander la réparation d’un préjudice personnel uniquement, qui reste à prouver et qui doit être quantifié et dont vous aurez bien entendu, démontré le lien de cause à effet entre le dommage subi et la faute commise par le vendeur.

          Lorsque vous dites, dans cet exemple, que la responsabilité est engagée si c’est en connaissance de cause, vous présupposez l’existence de la loi qui aura prévenu le vendeur ! Est-ce vraiment utile ?

          Quand vous vendez un produit Y comme étant X, n’avez-vous déjà pas conscience de tromper votre acheteur ? En réalité vous en avez conscience ! Vous engagez donc votre responsabilité.

          La sanction peut être prévue en pénal : une amende. Cela change quoi ? Si refourguer du cheval est plus intéressant que du bœuf en intégrant le coût de l’amende, mieux vaut refourguer du cheval !

          La sanction du marché est que le consommateur trompé, ne reviendra probablement jamais vers ce vendeur, le consommateur non trompé (car n’aura pas acheté son produit) aura des doutes sur l’achat du prochain produit.

          C’est bien cette perte de clientèle, donc de chiffre d’affaires, donc de profits qui est la véritable sanction. Car le coût de cette perte ne peut pas être intégrée (non quantifiable) dans le budget, donc dans le profit escompté, à la différence de l’amende qui elle, peut être budgétée. Il n’est donc pas dans l’intérêt de l’entreprise de prendre un tel risque.

          Quant à la justice, son rôle est de réparer les injustices : dans ce cas, il faut que les victimes déterminent leur préjudice (le dommage subis), le quantifie, et réclament réparation.

          Quand vous dites que l’Etat est responsable, je suis d’accord. Car il a mis en place une réglementation, des organismes de vérification qui ont prouvé leur inefficacité.

          Alors quid de la solution si on ne laisse pas le marché sanctionner le vendeur indélicat ?

          Et bien l’Etat va encore renforcer les moyens de contrôles avec des fonctionnaires supplémentaires et des moyens matériels (donc nos impôts), qui en apparence créeront de l’emploi, légitimeront l’intervention de l’Etat.

          Alors qu’en réalité, la sanction du marché aurait permis de réorienter les consommateurs vers d’autres vendeurs plus responsables. Et l’impôt ainsi économisé par le contribuable servirait l’économie et permettrait de créer le double d’emploi que ce que ne pourrait faire l’Etat.

          Avec l’intervention de l’Etat, si malgré tout le marché sanctionne le vendeur, ce ne sera que de courte durée puisque l’Etat va donner son aval sur un renforcement des contrôles, et donc rassurer le consommateur.

          Conclusion : l’intervention de l’Etat, est inutile dans ce cas de figure, inefficace et contre-productif.

          • @stef75
            « Si refourguer du cheval est plus intéressant que du bœuf en intégrant le coût de l’amende, mieux vaut refourguer du cheval ! »

            Ahurissant de lire des choses d’un tel cynisme.
            Après cela comment s’etonner de voir le rejet viscéral de toute forme de liberalisme dans l’opinion publique.
            Stef75 est l’exemple type de ce que JP Sartre appellait un salaud.

          • On peut très bien tromper le consommateur sans le savoir (par erreur ou pour après avoir été trompé soi-même) : c’est la défense de Findus. Dans ce cas là on engage quand même sa responsabilité civile (même si on peut éventuellement se retourner ensuite contre d’autre).

            « La sanction peut être prévue en pénal : une amende. Cela change quoi ? Si refourguer du cheval est plus intéressant que du bœuf en intégrant le coût de l’amende, mieux vaut refourguer du cheval ! » Une sanction pénale bien conçue doit justement être suffisamment forte (dans la limite du raisonnable) pour que il ne soit pas plus profitable d’être malhonnête plutôt qu’honnête.

          • Harrisburg : Sartre (révélé par votre ami Onfray) n’est pas une référence. Vous avez le droit de vivre dans le monde de oui-oui… De penser que l’homme est bon par nature, mais que la société le corrompt (phrase attribuée à un donneur de leçons, pourtant irresponsable ayant abandonné ses 5 enfants, JJ Rousseau).

            Sauf que c’est faux… C’est peut-être cynique, mais il y a des gens à qui cela ne fait pas peur. Avant la prise d’une décision, vous faites le bilan des avantages vs inconvénients ! Et bien eux aussi.

            Ce que disent les libéraux, c’est que ces gens là, on ne peut pas les empêcher d’être malhonnêtes au point de supprimer la liberté de tout le monde, par contre ils doivent être sanctionnés, et d’une véritable sanction infligée par le marché. L’Etat est un fardeau, pénalisant tout le monde à cause de quelques personnes malhonnêtes.

            Arn0 : « On peut très bien tromper le consommateur sans le savoir » : Peu importe… les faits sont là, il était de la responsabilité de findus, de s’assurer de l’authenticité de ses produits. Sanction = les gens n’ont plus confiance = perte de profit.

            Si vous engagez la responsabilité civile, il va falloir démontrer la réalité de votre préjudice ! A part le fait d’avoir été trompé, et que c’est vilain, c’est quoi votre dommage ?

            Sur la responsabilité pénale, je ne suis pas contre… Pourquoi pas !

          • @Harrisburg
            L’insulte n’est pas un argument, même en invoquant Sartre.

    • Merci.

      En effet votre remarque sur Benoit Hamon est justifiée. Mais l’article me paraissait assez long comme ça, et je ne prétendais pas faire une analyse de fond (les renvois aux articles ont été proposés pour ceux qui souhaitent approfondir), mais simplement un court résumé pour relever les absurdités. En particulier celles de Légasse, particulièrement en forme dans la bêtise.

      • I y a eu fraude, c’est évident, mais suis-je le seul qui s’en fout qu’il y ait du boeuf ou du cheval ou du veau ou du poulet ? Il n’y a semble-t-il aucun problème sanitaire, rien, strictement rien à ce niveau, en tout cas je n’ai jamais lu la moindre ligne à ce sujet. En l’absence de tout problème sanitaire, en quoi cette histoire serait plus importante que si la couleur d’un jouet était différente de celle annoncée sur la boite?

    • vous avez oublié le 5° qui est porté par le 6° et le 7°
      quand au 8° il ne prend pas la peine de courir puisqu’il sai que le resultat sera le meme

      • C’est toute l’ideologie ultra-liberale favorable à la liberté des transactions sur toutes les marchandises, et qui a donné naissance depuis quelques années, à tous ces commerces alimentaires douteux faisant de low-cost et une faune de profiteurs et de négociants anonymes, agissant pour des sociétés off-shore, qui est en train d’être mise à mal, par l’enquête sur la fraude alimentaire des viandes surgelées.

        http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/02/14/01016-20130214ARTFIG00453-viande-un-trader-neerlandais-au-c339ur-du-scandale.php

        • harrisburg: « qui a donné naissance depuis quelques années, à tous ces commerces alimentaires douteux »

          Eh oui, avant et pendant des siècles c’était le règne des producteurs et revendeurs honnête qui jamais ne coupaient leurs vins, truquaient leur poids, truandaient les doses ou substituaient des trucs et des machins plus ou moins toxique à leurs produits.

          Mille siècles de paradis foutu en l’air par l’ultra-néo-(giga)-libéralisme.

        • C’est toute l’idéologie ultra-socialiste qui s’oppose à la liberté des transactions sur toutes les marchandises, et qui a donné naissance depuis quelques années à aucun commerces alimentaires du tout et une élite de profiteurs et de négociants parfaitement identifiés agissant pour des sociétés off-shore leur appartenant, qui est mise en valeur ici :

          http://www.contrepoints.org/2013/01/25/112526-beurre-nouvelle-zelande-cuba

          On préfère, n’est ce pas ?
          Cessez vos caricatures, vous êtes ridicule.

        • Le seul responsable de cette affaire, c’est le gouvernement roumain qui a interdit l’utilisation du cheval de trait dans l’agriculture, privant donc les agriculteurs de leurs moyens de production et provoquant l’effondrement du cours du cheval.
          Les prix étant hyper-attractifs, des personnes ayant peu de scrupules à respecter la loi l’ont violée.
          Et franchement, à 150€ les 10 chevaux, cela ne m’étonnerait pas qu’il y ait un trafic qui se crée.

          • Et de toutes façons, si vous voulez être certain de ce que vous achetez, n’achetez pas. L’échange sans risque, cela n’existe pas.

  • La tricherie a toujours existé. Et je voudrais que notre ami Harrisburg comprenne que le régime politique n’y fait rien. Dès lors qu’il y a possibilité de gagner « plus », vous trouverez toujours des individus qui seront prêts à franchir le ligne continue. La différence entre un contexte « étatique » et un contexte « libéral », c’est que la triche dans le second est beaucoup plus difficile que dans le premier. Regardez les statistiques mondiales sur la corruption. Plus le régime est libéral, moins il y a de corruption. Inversement, plus le régime est étatique et plus grande est la corruption. Il ne s’agit ni de magie ni de probité (je pense qu’il y a autant de pourris chez les libéraux que chez les socialistes… quoique… nous exclurons le personnel politique pour la nécessité du raisonnement) mais simplement d’un effet mécanique. Dans une société où la multiplicité des intervenants et la liberté d’expression est assurée, il est toujours beaucoup plus difficile de tricher sans quelqu’un ne s’en aperçoive et ne balance le pot aux roses. Dans une société où le pouvoir de décision est étatique, le pouvoir de contrôle est détenu par ceux là même qui ont le pouvoir de décision. Il y a collusion. Je ne vous citerai pas tous les exemples (mortels) en Algérie avec les immeubles qui ont failli être aux normes sismiques, en URSS avec les centrales nucléaires qui ont failli être aux normes internationales etc etc… D’ailleurs, vous êtes vous rendu compte de l’aberration (au sens littéral, n’y voyez rien de péjoratif) que vous avez écrite  » de supprimer toutes les subventions aux associations (non étatiques) qui depuis 50 ans font preuve de vigilance et defendent les consommateurs. ». Combien de scandales, de « vrais » scandales, les associations subventionnées françaises ont elles soulevé?
    Allez, pour illustrer mon propos, je vais rester dans l’actualité immédiate.
    * Voici donc, c’est l’objet de cet article, qu’un industriel a triché et mélangé de la viande en provenance de carcasses équines à de la viande en provenance de carcasses bovines. 1) Est ce une association subventionnée qui découvre le pot aux roses? Non. (A quoi servent elles?) 2) Y a-t-il eu risque sanitaire? Non. Tromperie sur la marchandise, oui, risque sanitaire, non. 3) Y a-t-il eu réaction immédiate et « forte » du gouvernement? Oui. Réunion de tout le ban et l’arrière ban, déclaration du Président de la République himself lors du Conseil des ministres…
    * Nous apprenons que la pilule que plusieurs dizaines de millions de femmes absorbent chaque jour est nocive. 1) Est ce une association subventionnée qui découvre le pot aux roses? Non. Pire, tous les organismes de contrôle sanitaire, l’agence du médicament, l’INSERM, et les dizaines d’organismes tous subventionnés ont donné leur accord pour la lise sur le marché. Encore pire, le Planning Familial, association ô combien subventionnée (plusieurs centaines de millions par an) a distribué ces pilules gratuitement à des filles mineurs, sans avis médical! 2) Y a-t-il eu risque sanitaire? Nous en sommes à un petit peu plus de 100 mortes répertoriées, nous venons d’apprendre que la première année de mise en circulation, il y en eut 7! 7 la première année et rien n’a été fait… Nous nous acheminons vers le plus grand scandale sanitaire de l’histoire de France. Le médiator et le sang contaminé (déjà grave car impliquant la chaîne décisionnaire centralisée étatique) ont toutes les chances d’être battus en nombre de victimes.. Et nous ne parlons pas des milliers d’embolies pulmonaires qui ne se sont pas terminées en décès mais ont laissé des séquelles et nous ne parlons pas de la pollution des cours d’eau due aux rejets des urines féminines que les stations ne savent traiter, avec les conséquences que cela implique sur la faune… S’il y a un secteur en France ou les pouvoirs de décision et de contrôle sont centralisés, c’est bien la santé…. 3) Y a-t-il eu réaction immédiate et « forte » du gouvernement? Nada, rien, le ministre s’est contenté de dire qu’elle envisageait le retrait dans quelques mois des poisons incriminés… Une déclaration présidentielle? J’ai rein entendu, au conseil des ministres, moi, sur les mortes par absorption de pilules, et vous, Harrisburg, vous avez entendu quelque chose?
    La France est un Etat extrêmement centralisé et totalitaire (qui régit toute la vie des citoyens) mais c’est curieux, c’est là où existent encore des parcelles de liberté que les choses se révèlent et les risques sont limités….

  • Pour moi, les seuls qui avaient des choses intéressantes à dire étaient J.R.Buisson et Bruno Parmentier — auquels Yves Calvi n’a que très peu donné la parole — qui n’ont à aucun moment parlés de politique.
    Benaoît Hamon a beacoup causé pour ne pas dire grand chose (plus de… et plus de…).
    Quand aux autres, c’était soit bobo, soit écolo (on a même réussi à entendre l’expression « réchauffement climatique, si, si) et c’était purement politique et catastrophiste.
    AMHA, Calvi s’est renié lui-même par son manque d’objectivité et de parti pris.
    J’ai surtout beaucoup apprécié les explications de Parmentier, lucides, réalistes et factuelles, mais complètement ignorées par les autres intervenants.

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