Ayn Rand avait raison, aujourd’hui plus que jamais

Au 108ème anniversaire de la naissance d’Ayn Rand, créatrice de l’objectivisme, ses idées demeurent mal connues et son public trop restreint.

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Ayn Rand avait raison, aujourd’hui plus que jamais

Publié le 5 février 2013
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Le 108ème anniversaire de la naissance d’Ayn Rand a eu lieu il y a quelques jours. Alors que l’intérêt qu’elle suscite en France croît, ses idées demeurent mal connues et son public trop restreint.

Par Baptiste Créteur.

Ayn Rand est née le 2 février 1905, soit il y a un peu plus de cent ans. Elle a laissé un héritage philosophique considérable et développé une philosophie permettant à l’homme de vivre sur la terre. Sa philosophie, l’objectivisme, se fonde sur la raison comme absolu :

Je ne suis pas en premier lieu une partisane du capitalisme, mais de l’égoïsme ; et je ne suis pas en premier lieu une partisane de l’égoïsme, mais de la raison. Si on accepte la suprématie de la raison et qu’on l’applique de manière cohérente, tout le reste en découle. Cela – la suprématie de la raison – était, est et sera l’objet principal de mon travail, et l’essence de l’objectivisme. » (Ayn Rand, « The Objectivist »)

Dans la mesure où l’homme, à la différence des autres animaux, n’agit pas par instinct et peut définir ses propres fins et se fixer les moyens de les atteindre, ses actions doivent être guidées par des valeurs et des principes. C’est sa raison, nécessaire à sa survie, qui permettra à l’homme de déterminer ses fins propres et de juger si une action est bonne ou mauvaise.

De la même façon que l’homme ne peut survivre par hasard mais doit découvrir et appliquer les principes que requiert sa survie, l’intérêt personnel de l’homme ne peut pas être déterminé par des désirs aveugles ou des fantaisies mais doit être découvert et atteint en suivant des principes rationnels. C’est pourquoi l’éthique Objectiviste est une moralité de l’intérêt personnel rationnel – ou de l’égoïsme rationnel. (Ayn Rand, « The Virtue of Selfishness »)

Le capitalisme est le seul système permettant à l’homme de s’épanouir, dans la mesure où il protège la propriété privée et fonde les interactions humaines sur le consentement mutuel. L’homme est conçu comme un animal contractuel, qui coopère avec les autres dans le cadre d’un échange mutuellement profitable ; le droit de propriété donne à l’homme la possibilité de ne pas être d’accord avec autrui « et ouvre donc la voie à l’attribut de l’homme ayant le plus de valeur (de valeur personnelle, sociale et objective) : l’esprit créatif. »

L’égoïsme rationnel est une éthique du bonheur et de la réalisation de soi se fondant sur la raison. Des individus rationnels et intègres ne peuvent que respecter les droits des autres individus et leurs intérêts rationnels ne peuvent entrer en conflit ; le sacrifice d’un individu au profit d’un autre est par essence immoral. L’égoïsme randien est donc la poursuite par l’homme de son intérêt personnel.

L’éthique Objectiviste prône fièrement et soutient l’égoïsme rationnel – ce qui signifie : les valeurs requises pour la survie de l’homme en tant qu’homme – ce qui signifie : les valeurs requises pour la survie humaine – pas les valeurs nées des désirs, émotions, « aspirations », sentiments, caprices ou besoins de brutes irrationnelles, qui n’ont jamais dépassé la pratique primaire des sacrifices humains, n’ont jamais découvert la société industrielle et ne peuvent concevoir d’autre intérêt personnel que saisir le butin de l’instant.

le honzec - annif ayn randL’éthique Objectiviste soutient que le bien de l’homme ne nécessite pas de sacrifices humains et ne peut pas être atteint par le sacrifice d’un homme pour un autre. Elle soutient que les intérêts rationnels des hommes ne sont pas contradictoires – qu’il n’y a pas de conflits d’intérêt entre des hommes qui ne désirent pas ce qu’ils ne méritent pas, qui ne font pas de sacrifices ni n’en acceptent, qui traitent entre eux par l’échange, donnant valeur contre valeur. (Ayn Rand, « The Virtue of Selfishness »)

Les plus grands obstacles à l’accomplissement individuel sont la foi, ennemie de la raison, et la force, qui empêche la raison de s’exercer. L’objectivisme s’oppose naturellement à toute forme de coercition, soutenant l’idée que les droits fondamentaux des individus doivent être garantis pour permettre à l’homme de s’épanouir.

La vision idéale de l’homme s’incarne dans des figures emblématiques comme Howard Roark et John Galt, personnages de ses principaux romans La Source Vive et La Grève. La société collectiviste dans laquelle Ayn Rand fait évoluer ses personnages est une excellente description de l’évolution des sociétés européennes et américaine ; en identifiant les principes fondamentaux des idéologies collectivistes, Ayn Rand a pu prédire ce qu’il allait advenir avec une précision rare.

En plus de son héritage philosophique, elle a laissé aux défenseurs de la liberté contre le pouvoir et la force sa vision des moyens à mettre en œuvre pour parvenir à une société libre.

En tant que groupe, les entrepreneurs se sont retirés pendant des décennies du champ de bataille intellectuel, désarmés par la combinaison mortelle de l’altruisme et du Pragmatisme. Leur politique publique a consisté à apaiser, chercher le compromis et s’excuser : apaiser leurs adversaires les plus crus et les plus bruyants ; chercher le compromis face à toute attaque, tout mensonge, toute insulte ; s’excuser de leur propre existence. En abandonnant le champ des idées à leurs ennemis, ils se sont mis à compter sur le lobbying, i.e. sur des manipulations privées, sur des rapports de force, sur la recherche de faveurs temporaires des responsables gouvernementaux. Aujourd’hui, le dernier groupe sur lequel on peut compter pour se battre pour le capitalisme est les capitalistes. (Ayn Rand, « The Ayn Rand Letter »)

L’esprit humain est son seul moyen de survie et son plus bel attribut. Afin de continuer à créer et produire, les créateurs et producteurs ont accepté les sacrifices qu’on exigeait d’eux. Ils perdent aujourd’hui progressivement la possibilité de créer, soumis au règne de la force – de la puissance publique – et de la foi – en un intérêt général supérieur aux intérêts individuels ; ils ont accepté de céder la moralité à ceux qui prônaient leur destruction.

Il est temps aujourd’hui pour les créateurs et producteurs de retrouver la raison ; il est temps pour les créateurs et producteurs de reconquérir le champ des idées ; il est temps pour les créateurs et producteurs de détruire le pouvoir pour retrouver la liberté.

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  • « le bien de l’homme ne nécessite pas de sacrifices humains et ne peut pas être atteint par le sacrifice d’un homme pour un autre. »

    Excepté au moins le sacrifice quotidien des parents pour leurs enfants… Mais Ayn Rand n’avait pas d’enfants, ça explique beaucoup.

    Et vous, M. Creteur, vous avez des enfants ?

    • Considérez-vous cela comme un sacrifice, un renoncement aux buts que vous vous êtes fixés ? Si oui, ne faites pas d’enfants…

      D’ailleurs, la décision d’avoir ou non des enfants ne doit pas, selon Ayn Rand, être prise à la légère :

      The capacity to procreate is merely a potential which man is not obligated to actualize. The choice to have children or not is morally optional. Nature endows man with a variety of potentials—and it is his mind that must decide which capacities he chooses to exercise, according to his own hierarchy of rational goals and values.

      The mere fact that man has the capacity to kill, does not mean that it is his duty to become a murderer; in the same way, the mere fact that man has the capacity to procreate, does not mean that it is his duty to commit spiritual suicide by making procreation his primary goal and turning himself into a stud-farm animal . . . .

      To an animal, the rearing of its young is a matter of temporary cycles. To man, it is a lifelong responsibility—a grave responsibility that must not be undertaken causelessly, thoughtlessly or accidentally. (« The Voice of Reason »)

      • Les quelques centaines de milliers de personnes qui ont des gosses en France chaque année le font, pour la plupart, parce qu’ils en ont envie. Ils n’y voient pas un sacrifice en soi, mais un jeu qui en vaut la chandelle.

        Mais ce jeu-qui-en-vaut-la-chandelle-a-priori implique de nombreux sacrifices au quotidien, complètement imprévisibles a priori, et qui durent au delà des 18 ans du chiard concerné, et ce même si vous n’en avez pas envie.

        Quand vous êtes parents, vous êtes condamné à l’altruisme par devoir pur envers vos gosses.

        • Eh oui!!!! Enfin, une remarque sensée 🙂

        • Vous n’êtes condamné à rien du tout sauf au fait d’assumer ou non vos choix et vos responsabilités.

          Et prendre soin de ses enfants, c’est encore prendre soins de soi-même. C’est même la raison exacte pour laquelle on ne prend pas soin des enfants des autres (voir « the selfish gene » de Richard Dawkins)

        • Renoncer à quelque chose n’est pas nécessairement un sacrifice. Il y a sacrifice lorsque vous renoncez à quelque chose que vous valorisez plus que ce pour quoi vous y renoncez.

        • Si prendre soin de ses enfants est considéré comme un sacrifice, il ne faut pas faire des enfants en premier lieu!

        • Quand on a des enfants on prend ses responsabilités et en premier lieu on choisit de les faire et on les aime . C’est pourquoi le terme « chiards » que vous utilisez laisse penser que vous n’auriez peut-être pas dû en faire.
          On peut cependant établir un contrat qui fait qu’au-delà d’un certain âge ( à déterminer en fonction du parcours scolaire) ,après leur avoir donné toutes les chances pour réussir, ils doivent voler de leurs propres ailes. Il ne s’agit pas d’en faire des « Tanguy ».

      • « Considérez-vous cela comme un sacrifice, un renoncement aux buts que vous vous êtes fixés ? Si oui, ne faites pas d’enfants… »

        C’est un peu sec comme réponse.

        On ne peut pas savoir qu’avoir des enfants entraînera de nombreux renoncements (sacrifices pour certains), et c’est normal; qui peut planifier sa vie sur une période de 20 ans?

        • Tous les renoncements ne sont pas des sacrifices, pourvu qu’ils soient librement consentis, pourvu que vous ne les fassiez pas par culpabilité mais simplement parce que vous le désirez.

    • Ayn Rand: belle théorie , mais en pratique?

      • En pratique quoi ?

        • « Il est évident que pour qu’un échange se fasse, il faut que les produits échangés soient possédés. »

          On ne possède donc pas ses propres enfants. Pour certains propriétariens à la Lemennicier, vous êtes déjà un communiste.

      • En pratique ?

        Un peu moins d’état, un peu plus de « laissez-faire », un peu plus de « live and let live », déjà ce serait mieux, même juste un peu… sans nécessité de devenir randroïde radical.

        • je voulais dire: la théorie peut sembler bien construite et tout à fait exacte; mais quand on confronte la réalité à la théorie, aïe, aïe, aïe.

          les randiens me font penser aux marxistes: ils ne se confrontent jamais à la réalité et décrètent apriori que leur modèle EST la réalité.

          Affirmer qu’il n’y a pas de conflits d’intérêt entre individus rationnels me paraît ridicule.

          • A mon avis, c’est juste un question de point de vue, assez bien illustré d’ailleurs par le premier post de la file.

            Là où certains parlent de « sacrifice » et donc de culpabilité, d’autres y voient la réalisation de leur intérêt personnel.

            Si on oublie les mots « culpabilité » et « sacrifice » comme structurant la morale individuelle puis la philosophie politique, la philosophie randienne devient cohérente.

            Bien sur il y aura toujours des personnes qui voient leur propre intérêt dans l’asservissement des autres. C’est d’ailleurs cette partie de la population qui a tout intérêt à voir survivre les concepts de culpabilité ou de sacrifice. C’est leurs outils d’asservissement.

            Il n’y a pas d’utopie randienne, juste une mise en perspective nouvelle, la destruction de deux concepts: culpabilité et sacrifice, qui fait que l’action humaine libre ne relève pas de ces deux motifs. Toute action humaine relevant de ces deux motifs est contrainte.

          • En quoi est-il ridicule de dire :
            « que les intérêts rationnels des hommes ne sont pas contradictoires – qu’il n’y a pas de conflits d’intérêt entre des hommes qui ne désirent pas ce qu’ils ne méritent pas, qui ne font pas de sacrifices ni n’en acceptent, qui traitent entre eux par l’échange, donnant valeur contre valeur. » ?
            Dans la mesure où l’échange est toujours volontaire, c’est que les deux parties de l’échange y voient un intérêt.

          • @ Baptiste

            Mais justement, l’échange économique ne peut pas suffire à satisfaire les diverses fins individuelles. Tout ne peut pas s’échanger.

          • Alors, qu’est-ce qui ne peut pas s’échanger?

          • « Alors, qu’est-ce qui ne peut pas s’échanger? »

            Les enfants, les femmes, les gens en général, déjà.

          • On ne parle pas uniquement d’un échange économique. Par exemple, dans le cas de l’aide apportée à autrui, on ne demande pas de compensation à l’autre, mais on peut le considérer comme un échange car on aide l’autre sur la base de nos valeurs.
            Je ne comprends pas ce que femme et enfants font ici…

          • « Les enfants, les femmes, les gens en général, déjà. »

            Pfiu! Avec certains il faut vraiment en revenir aux bases, hein!

            Il est évident que pour qu’un échange se fasse, il faut que les produits échangés soient possédés.

            Faut-il vraiment vous expliquer ce qu’est la propriété et pourquoi les individus ne peuvent être la propriété de quiconque hormis eux-mêmes (contrairement à la conception des étatistes qui considère que l’individu appartient à la société, c’est à dire à l’état)?

            Je vais donc le réécrire plus clairement puisque vous semblez avoir des lacunes sur le sujet:

            Tout ce qui est possédé peut être échangé, sur la base du consentement mutuel, à l’exception des droits inaliénables de l’Homme.

            A vous de me trouver un contre exemple.

  • @ Deconomicon

    Enfin, parfois ça l’est.
    Mais on se comprend quoi.

  • @Baptiste Creteur
    J’aime beaucoup vos articles et j’aime beaucoup Ayn Rand. Je trouve que sa denonciation du marche politique et du pillage par l’administration est tres juste. De meme, sa denonciation du denigrement du talent est un excellent plaidoyer.
    Neanmoins il me semble que son opposition sacrifice-egoisme est fausse. La raison en est que tout le monde agit de maniere egoiste. Les gens qui se sacrifient sont convaincus que POUR EUX, il vaut mieux se sacrifier pour X que vivre pour sois meme. Or c’est justement ce POUR EUX qui rend lq chose egoiste. D’une certaine maniere le parent qui se sacrifie pour son ideal son prochain ou que sais-je encore n’est que l’affirmation d’une préférence et donc d’un certain egoisme, puisque la preference se rapporte a sois.

    La limite de l’objectivisme ne serait t’elle pas justement la subjectivite des preferences qui etablissent notre egoisme?

    Personellement, même si je reconnais à Ayn Rand une réelle perspicacité, un vrai talent d’écrivain, et une conscience de la liberté et de sa fragilité que peu de penseurs possèdent, je trouve qu’elle tombe dans le travers suivant. Elle confond egoisme et egocentrisme. Elle confond suivre son propre interret (c’est a dire suivre ses propres motivations) avec l’idee de ne penser qu’a sa petite personne. Je suis un libertarien convaincu non pas parce je suis egoiste mais parce que je ne sais pas ce qui est bon pour les autres. Je ne sais pas ce qu’ils veulent (et je m’en tape un peu). Je trouve qu’Ayn Rand tombe dans un travers constructiviste en essyant de determiner des criteres objectifs pour definir ce qui est bon pour autrui et ce qui ne l’est pas.

    Pour parler plus cruement: Si pourrir ma copine avec des cadeaux chers et qu’elle n’a pas particulierement mérité me fait plaisir, pourquoi m’en priver? Si filer du fric a des abrutis de la CGT me plait (c’est pas le cas) que ca sert a leur donner des moyens d’expression parce que leur idees me plaisent (je ne parle pas de leurs actes violents mais bel et bien de leur immonde prose purulente. il ne s’agit pas de subventionner des groupuscules terroristes; juste des cretins qui parlent) pourquoi ne pas le faire? Une fois de plus c’est pas mon cas, mais concretement ce « sacrifice » n’en est pas un. Ca en a l’air, mais ca ne l’est juste pas. C’est comme donner du fric a l’eglise. Soit on espere une recompense divine soit on en retire la satisfaction de donner une cause juste. Rien n’est gratuit. Je trouve que cet aspect et cette reflexion manque chez Rand.

    QU’en pensez vous?

    • Je pense qu’il faut effectivement comprendre le sacrifice comme vous le faites, i.e. (si je vous comprends bien) ne pas appeler « sacrifice » tout ce qu’n fait pour autrui. Il y a sacrifice si et seulement si on renonce à une chose qu’on valorise plus que ce pour quoi on y renonce.

      Par exemple, si vous donnez des conseils et de l’argent à quelqu’un qui se trouve dans une mauvaise passe, vous le faites parce qu’il vous est cher, incarne des valeurs que vous respectez ou vous semble à même d’utiliser votre aide à bon escient, etc.
      Il s’agit donc d’une forme d’échange plutôt que de sacrifice, c’est également ce qu’en disant Rand.

      Donc, aucune raison de gâter votre copine ou financer la CGT (à choisir, faites plaisir à votre copine…)

      En un mot, je suis d’accord avec vous, et c’est également ce que dit Ayn Rand. Sa définition de l’égoïsme est d’ailleurs spécifique : poursuivre ses fins propres n’empêche pas d’aider autrui – sur la base de vos valeurs et de vos principes.

    • Dans toutes votre argumentation vous oubliez une chose simple : Si cela vous fait Plaisir = Ce n’est pas un Sacrifice : c’est un Plaisir qui a un Prix a Payer et vous estimez donc que ce Prix a Payer « vaut le coup » compare au Plaisir que vous escomptez

      Pour etre plus clair
      Votre baguette est a 1 Euro – vous ne sacrifiez pas un Euro sur l’autel du boulanger : vous echangez 1 Euro contre une baguette et la douleur de la perte de cette piece a ete librement acceptee par vous car il vous a semble preferable d’avoir cette baguette.

      Avoir des enfants c’est un choix libre qui a un prix a payer. (temps, energie, patience, argent …) vous faites ce choix si vous estimez que le Bohneur que vous en recevrez en retour est suffisant .
      CQFD

  • @ Baptiste Créteur

    Quand on aide quelqu’un sur la base de ses valeurs, par exemple je suis mélomane et je paie les cours d’un étudiant en école de musique, on accomplit une forme d’échange c’est vrai. En retour de l’aide qu’on apporte, on attend un comportement du bénéficiaire qui viendra satisfaire nos fins.

    Mais ce n’est pas un acte de générosité, à proprement parler.

    • Si vous attendez que l’étudiant devienne virtuose et joue pour vous, ça n’est effectivement pas si « généreux ».

      Mais, par exemple, si vous aidez le porteur d’un projet peu aguerri à l’économie à créer son entreprise sans attendre de rémunération parce que vous appréciez sa démarche et aimez l’idée même de création, vous l’avez aidé sur la base de vos valeurs. Ce n’est pas nécessairement un sacrifice pour autant.

      De même, aider quelqu’un parce qu’il lutte pour s’en sortir pour lui permettre d’y parvenir n’est pas nécessairement un sacrifice.

    • Rand lie sacrifice et culpabilité.

      La culpabilité est le moteur moral qui justifie et motive le sacrifice.

      Dés lors qu’il n’y a plus de culpabilité comme motif moral d’un acte de sacrifice, il n’y a plus de sacrifice mais une action libre.

      Si je me jette à l’eau pour sauver quelqu’un sans d’autre motif que celui-là , il n’y a pas de sacrifice mais une action libre.

      Si je me jette à l’eau parce qu’il y a des témoins et que je suis le seul en situation de pouvoir sauver une personne et que mon vrai motif est la peur d’une sanction morale (non assistance en personne en danger par exemple), cette action est contrainte , c’est un sacrifice.

      Pourtant, vu de l’extérieur, l’action est identique.

      Rand ne marche pas sur la générosité. Une générosité librement consentie est bonne. Une générosité contrainte pas des motifs moraux culpabilisant doit être rejetée. La générosité volontaire: oui, la redistribution étatique contrainte et justifiée par des principes moraux douteux (le bien commun, le droit au bonheur, etc…): non

  • Chacun ses icones : certains c’est Keynes, d’autres Friedman, Ayn Rand, Rothbard, Mises etc etc
    Au final, la faillite intellectuelle n’en est que plus flagrante

  • Ayn Rand n’est pas l’alpha et l’Omega de la pensée libérale. Elle certes a fait preuve d’une perspicacité redoutable dans de nombreux domaines, et à un style sans concession, direct et clair.
    Mais sa philosophie de l’égoïsme rationnel relève plus d’un style de vie personnel, qu’elle a adopté, que d’une philosophie politique universelle.
    La question qui relève de l’Ethique ne se concentre que ce sur ce qu’un individu à le droit et pas le droit de faire à autrui, et non pas sur des préférence personnelles.
    Ayn Rand est avant tout un écrivain, et comme beaucoup d’ écrivain, elle a su capter l’esprit de son époque, qui se distinguait, comme encore aujourd’hui d’ailleurs, dans le domaine politique et sociétal, par une éthique spécieuse, où sous prétexte de solidarité, on méprisait la réussite personnelle.
    D’ailleurs, le libéralisme n’interdit pas la fondation de communauté, qui dans ses textes, prônent le partage de tous les gains et de toutes les richesses,au nom de l’égalité. Mais en cas d’échec, ils ne peuvent pas disposer comme ils veulent de l’argent des autres communautés.

    • Je pense qu’il est important de distinguer, comme vous le dites, éthique personnelle et morale collective.

      L’éthique objectiviste est la philosophie de Rand, et elle est avant tout individuelle ; certaines règles morales (respect des droits fondamentaux) sont nécessaires pour qu’adopter cette éthique soit possible. Le capitalisme est ainsi le seul système économique moral, mais rien n’oblige les individus à être objectivistes dans une société capitaliste.

      • Pour moi, il y’a quand même quelque chose qui colle pas dans la pensée d’Ayn Rand (ou peut-être l’interprétation de Baptise Créteur étant donné que j’ai pas lu Rand pour confirmer ses dires …): « Dans la mesure où l’homme, à la différence des autres animaux, n’agit pas par instinct … »

        Cette prémisse me paraît fausse. L’Homme est doté de la raison et peut s’en servir, ça ne signifie pas qu’il agit toujours selon elle. Nous agissons tous parfois par instinct, l’entrepreneur lui-même doit parfois agir par instinct puisque il est impossible de procéder à des calculs économiques complet et garantit … autrement dit, il est impossible de prédire l’avenir (sinon le communisme fonctionnerait …). Blaise Pascal disait, « Le coeur a ses raisons que la raisons ne connaît point », il parlait en son temps de Dieu, mais elle rappel surtout que l’être humain ne peut être réduit à une machine purement rationnelle.

        En ce sens, Rand fait la même erreur que les rationalistes/constructivistes que dénonce Hayek dans « La présemption fatale » (http://www.institutcoppet.org/wp-content/uploads/2012/10/La-pr%C3%A9somption-fatale-Friedrich-Hayek.pdf)

        Dans le livre, Hayek parle de l’instinct, il parle aussi d’un autre mode d’action de l’homme qui ne fait pas appel à la raison: la tradition. Il explique que très souvent, l’Homme agit d’une manière juste parce que d’autres avant lui agissaient de la même manière et obtenaient généralement des résultats. Cette manière d’agir est à mi-chemin entre l’instinct et la raison justement.

        Bref, tout cela n’a certainement pas un énorme impact sur la philosophie d’Ayn Rand, mais comme ça m’a perturbé, je souhaitai le relever.

        • L’homme n’agit pas toujours rationnellement, c’est une évidence. Mais cela ne veut pas dire qu’il lui est impossible de chercher à le faire.
          Il s’agit d’un choix ; dire que l’homme n’agit pas par instinct ne veut pas dire qu’il ne peut pas agir par instinct mais qu’il peut ne pas agir par instinct.
          L’entrepreneur qui agit « par instinct » réalise en réalité un calcul, tout en étant conscient qu’il ne maîtrise pas tous les paramètres ou les conséquences de sa décision. Les réponses aux problèmes qui se posent à lui relèvent de choix, rationnels ou non, qui ne sont pas à mon sens de l’ordre de l’instinct dans la mesure où ces questions et les réponses qu’il peut y apporter ne sont pas innées.

        • Rand est plutôt cartésienne que spinoziste. La raison est première chez elle mais ses personnages se livrent aussi à leurs sentiments, leurs émotions, leurs instincts (particulièrement en amour) dès lors qu’ils agissent de manière libre. Mais c’est la raison (et par elle, l’absence de culpabilité) qui autorise la libre expression de ces instincts.

          Par exemple, je couche avec ma maitresse (je me livre à mes instincts) parce que, n’aimant plus mon épouse, ma raison me dit que le seul motif qui m’en empêche est la culpabilité morale de faillir à une convenance (ça ne se fait pas d’être infidèle, c’est immoral) et que je n’ai aucun motif rationnel à culpabiliser. Je ne dois pas sacrifier ma vie du moment aux convenances morales mais rester libre et ça c’est ma Raison qui me le dit.

          • « Par exemple, je couche avec ma maitresse (je me livre à mes instincts) parce que, n’aimant plus mon épouse, ma raison me dit que le seul motif qui m’en empêche est la culpabilité morale de faillir à une convenance (ça ne se fait pas d’être infidèle, c’est immoral) et que je n’ai aucun motif rationnel à culpabiliser. ».

            Certes, mais vous pouvez aussi de renoncer de coucher avec votre maîtresse pour une raison rationnelle très simple, et qui n’est pas d’ordre moral : le peur de faire souffrir inutilement votre épouse.

          • « le peur de faire souffrir inutilement votre épouse. »

            Qui n’hésite pas, elle, à faire souffrir son mari et ne l’a même jamais aimé, si je me souviens bien des personnages impliqués.

            Ceci dit il est vrai qu’Hank Rearden aurait dût quitter son épouse avant de s’envoyer en l’air avec une autre ou, à la rigueur juste après, mais les choses son parfois plus compliquées dans les histoires sentimentales.

            Toujours est-il que vous oubliez une bonne partie de l’histoire pour servir votre propos, ce qui n’est pas très honnête.

    • « Ayn Rand est avant tout un écrivain »
      +1

  • @ Baptiste Créteur

    Vous devriez distinguer entre deux types de fins: égoïstes et altruistes. Une fin égoïste me concerne moi, ma vie à moi. Une fin altruiste concerne les fins égoïstes d’autrui: on vise à satisfaire les fins égoïstes d’autrui.

    Il y a sacrifice quand je renonce à une fin égoïste pour satisfaire une fin altruiste.

    • Ayn Rand, que je découvre, insiste sur la suprématie de la raison :

      « Si on accepte la suprématie de la raison et qu’on l’applique de manière cohérente, tout le reste en découle.  »

      Son ainé, Einstein, certes pas forcement reconnu dans les sciences humaines mais qui, question raison, avait quelques aptitudes, a dit :

      « Avec la raison, je peux démontrer que j’ai intérêt à détruire le monde plutôt que de m’entailler le doigt »

      Il faut aussi se rappeler, qu’il a un peu bossé sur les questions de relativité 😉

      • @ Citoyen

        Vous pouvez lire Hume, aussi; il rejoint Einstein sur ce point.

      • « Avec la raison, je peux démontrer que j’ai intérêt à détruire le monde plutôt que de m’entailler le doigt »

        Vous oubliez que les personnages de Rand sont des enfoirés d’égoïstes qui se moquent comme de leur première paire de chaussette du sort des autres et donc du sort du monde.

        Et oui, l’égoïsme chez Rand, c’est un antidote….

      • Einstein a dit aussi : il y a 2 choses infinies, l’univers et la connerie humaine…enfin un truc du style. Un vrai humaniste et réaliste cet homme là.

        • @ Dark vador : il a dit à peu près ceci : « il y a seulement 2 choses infinies, l’univers et la connerie humaine, quoique pour l’univers, je n’en suis pas encore sûr ».

    • Une fin altruiste peut-elle aussi être une fin égoïste ?

      • égoïsme et altruisme sont des termes antinomiques, mon cher Baptiste 😉

        • ça dépend comment on définit les choses. Pour Rand c’est le cas.

        • Selon votre définition de fin égoïste et fin altruiste, ne puis-je pas aider autrui (fin altruiste) et le considérer comme un échange, qui m’apporte par exemple la satisfaction d’avoir, en l’aidant, agi selon mes valeurs (fin égoïste) ?

          • Eh bien, si je tire une satisfaction de me montrer altruiste, ce ne sera pas pour autant un acte égoïste.

          • Ben si, au travers de cette action, vous servez d’abord vos propres intérêts.

            Une action libre (égoïste) est motivée par vos propres désirs (si elle n’est pas désirable, elle ne peut être librement faite)
            L’altruisme implique le sacrifice (selon Rand).
            Le sacrifice implique l’absence de désir (sinon, cela ne relève pas du sacrifice mais de l’action consentie volontairement qui n’a plus rien de sacrificiel ni d’altruiste par conséquent)

            Donc un sacrifice est une action contrainte et une action libre n’est jamais un sacrifice (n’est jamais faite contre sa propre volonté), donc une action libre (égoïste donc) n’est jamais altruiste.

          • Si je me donne pour fin de satisfaire une fin d’autrui, je ne sers pas mon intérêt personnel.

          • Si vous vous donnez pour fin de satisfaire une fin d’autrui et si cette action est librement consentie, elle est bonne parce qu’elle sert d’abord vos propres intérêts, parce que vous la désirez. La finalité de votre action importe peu, c’est le fait qu’elle soit librement consentie qui la rend bonne. Si vous l’effectuez par sacrifice, par altruisme (au sens de Rand (avec un but identique: satisfaire une fin d’autrui), elle est mauvaise car contrainte, sacrificielle.

            Chez Rand, ce n’est pas la finalité de l’action qui la rend bonne ou mauvaise mais le moyen de l’action: le consentement libre à l’action ou la contrainte sacrificielle

  • @ Hank Rearden

    Non.
    Vous: si!
    Moi : non!
    Vous : si!
    Moi : non!

    etc… 🙂

    • Pour vous répondre, chez Rand la finalité de l’action compte, bien-sûr que oui! Le but de nos actions c’est la survie. Un homme doit oeuvrer à sa survie par ses moyens propres; est bon au sens randien l’acte d’oeuvrer à sa survie sans se soucier gratuitement de la survie des autres.

      • Oeuvrer, c’est agir.

        Vous le dites vous même:
        « est bon au sens randien l’acte d’agir à sa survie sans se soucier gratuitement de la survie des autres. » Le moyen donc pas la fin…;)

        • la fin c’est la survie, et la fin justifie l’action.
          voilà la philosophie d’ayn rand, jeune padawan

          • étant entendu que c’est à SA survie à SOI qu’on doit contribuer, pas à celle d’autrui.

          • L’altruisme n’existe pas… Générosité est antinomique de désintérêt.

          • « générosité est antinomique de désintérêt ».
            Faux.

            Par exemple, vous aimeriez vous acheter une baguette de pain, c’est là votre désir. Mais par sentiment du devoir, vous donnez l’argent de la baguette à un mendiant près de la boulangerie. Vous avez agi contre vos émotions, contre votre désir; vous vous êtes contraint vous-même!

          • Mais vous avez agît librement selon vos propre valeurs, accordant plus de prix à votre sens du devoir qu’à votre envie.

          • @ Moi

            J’ai renoncé à une valeur personnelle pour satisfaire une valeur qui est celle d’autrui.

          • « Mais par sentiment du devoir, vous donnez l’argent de la baguette à un mendiant »

            C’est bien VOTRE sentiment du devoir qui vous fait renoncer à votre plaisir. Vous n’avez rien sacrifié, vous avez arbitré entre deux de vos valeurs.

            La situation est celle d’un échange particulier qu’on appelle le don.

            Il y’aurait eu sacrifice si un agent extérieur (par exemple un flic armé) vous avait obligé à donner votre argent contre votre volonté.

            Ici vous n’avez pas renoncé à vos valeurs pour satisfaire les fins d’autrui. Il se trouve que cet arbitrage particulier sert aussi les fins du mendiant.

            Ici il n’y a pas d’échange contraint, pas plus que de sacrifice libre. Cet exemple est en parfaite conformité avec la philosophie Randienne.

          • @ Moi

            La philosophie d’Ayn Rand c’est de ne pas sacrifier de fins égoïstes. Lisez les textes!

          • « la philosophie d’Ayn Rand c’est de ne pas sacrifier de fins égoïstes. Lisez les textes! »

            Lire les textes c’est deja fait merci.

            Ne pas sacrifier de fins égoistes, ça na veut rien dire.

            La phylosophie d’Ayn Rand c’est de ne pas faire de sacrifice ni d’en accepter. C’est à dire de refuser toute action contrainte quel qu’en soit le motif, qu’on en soit le bénéficiaire ou la victime, pour le seul motif qu’elle est contrainte.

            La phylosophie Randienne est donc, globalement, une autre façon de définir l’axiome de non-agréssion.

            J’ai bien lut les textes de Rand, peut-être feriez-vous bien de chercher à les comprendre, afin de ne pas leur faire dire ce qu’ils ne disent pas.

          • @ Moi

            Votre mensonge est gros comme une maison.
            Allez donc relire le texte de Rand « l’éthique des urgences »: elle y expose clairement l’idée qu’il y a des fins personnelles et des fins désintéressées; et que renoncer à une fin personnelle pour satisfaire une fin désintéressée est immoral. Par exemple, si vous avez le choix entre sauver votre épouse et sauver dix femmes inconnues, ce sera un sacrifice si vous sauver les dix femmes inconnues, car vous renoncez à quelque chose de personnel au profit de quelque chose qui ne vous est pas cher personnellement.

          • @ Moi
            Vous avez tout du petit troll marxiste qui déballe bêtement son idole sans y rien comprendre et en l’aseptisant pour se donner bonne conscience. Est-ce vraiment utile pour rendre le libéralisme populaire? Pas sûr, monsieur Moi.

          • Mon idole? Rand? Vous vous trompez Mr Bardwel.

            Ceci dit, vous m’avez eu, celui-là je ne l’ai pas lu.
            Ce que vous m’en dites me parait pour le moins contradictoire avec ce que j’ai lu de Rand, néanmoins.
            J’en aurais plutôt déduis qu’entre sauver sa femme et 10 femmes inconnues, il fallait choisir selon ses valeurs, comme toujours sans contrainte coërcitive.

            Au-delà de ça, je laisserais ceux qui l’ont lut en parler.

            Maintenant, pensez-vous que m’attaquer sur mon pseudonyme, me prêter des affiliations qui ne sont pas les miennes et répondre à mon poste en m’accusant ni plus ni moins d’être un mouton sans recul ni esprit critique soit un meilleur moyen de faire avancer le liberalisme?

          • à Genoa City où je travaille, il y a beaucoup de pression; veuillez m’excuser pour ce ton un peu vif.

          • On est tous parfois un peu trop sec sur internet.

            Pour traiter votre exemple de manière plus exhaustive, il va de soit qu’on est là dans une situation exceptionnelle où, par définition, les règles habituelles ne s’appliquent pas.

            Dans une telle situation, chacun fera ce qui lui paraît le mieux sur le moment.

            Le propre d’une situation d’urgence est qu’elle réclame un comportement immédiat et ne permet pas de prendre le temps de la réflection. pour cette raison, il me paraît hazardeux de raisonner en terme d’éthique dans se genre de situation, et plus encore d’extrapoler de là vers le cas général.

            Ici, on voit bien qu’aucune des solutions n’est optimale, quoiqu’il arrive quelqu’un meurt.

            Quelque soit le choix qu’aura fait la personne dans ce circonstance, il me parait difficile de décider si la décision était la bonne ou non.

            A noter que même une personne qui n’aurait rien fait du tout, et laisser mourrir tout le monde ne serait pas automatiquement condamnable.

            Et si je contrains quelqu’un à une action particulière en vue de sauver ma peau dans un tel contexte? D’un coté cet acte est moralement répréhensible, mais de l’autre je n’ai ni le choix ni le temps de réfléchir.

            Je ne pense pas qu’il soit possible de déterminer ce que serait une conduite morale dans de tels cas, ceci dit, s’éfforcer de suivre ses valeurs autant que possible me parait un bon début.

          • blague à part (à l’inverse du vrai Jeffrey Bardwell, je ne travaille pas à Genoa City), vous avez raison: il faut éviter d’être sec sur internet.

            pour revenir à votre argument: Ayn Rand nous dit, en substance, dans ce texte que les cas d’urgence sont ceux où se sacrifier pour autrui est permissible, sous certaines conditions (ne pas mettre sa vie en danger pour autant). Mais la norme, les situations courantes, veulent que je ne renonce pas à ce qui est personnel (ma vie, mon toit, ma femme, mon boulot, mon chien) pour aider autrui; Ayn Rand présuppose en fait que ce qui m’est personnel constitue toujours mes seules valeurs et que c’est me sacrifier nécessairement que de rendre service à autrui gratuitement. Bon, c’est ma lecture hein. Mais je pense sincèrement que le libéralisme regorge d’auteurs moins caricaturaux et plus exaltants.

          • L’interêt de Rand est justement son côté sans consessions et jusqu’auboutiste. Il faut savoir prendre du recul sur ce genre d’auteur.

            Pour le reste, il me semble que cette histoire de ce qui est personnel n’est pas cohérent avec la proposition selon laquelle la morale et les valeurs sont personnelles.

            Que se passe-t’il, par exemple, si je décide, selon mes propres valeurs que ma voiture est moins importante que le chien de mon voisin? En évitant le chien et en abimant ma voiture je ne fais qu’appliquer mes valeurs, il n’y a donc pas de sacrifice. Or d’après ce que vous dites, Rand semble dire le contraire. Il y’a bien une contradiction. Il faudrait déterminer laquelle de ces deux analyses est conforme à l’objectivisme.

  • Ça à l’air bien. Je me pose la question de la culture, education, religion. La raison n’est pas la même suivant ces facteurs et je pense que l’instinct existe et est freiné par l’éducation. C’est pour cela que nous pouvons avoir des idées morbides sans les appliquer. Enfin pour moi mettre l’humain à une place centrale sur la planète est une idée que je trouve extreme. Le fait que l’humain soit le seul à exprimer sa raison et sa pensé ne veut pas dire qu’il soit le seul être vivant à pouvoir donner et recevoir l’amour, à être doué d’intelligence etc.. Je crois, pour faire simple dans mon charabia, que l’humain, comme la culture ou la religion sont des valeurs trop complexe pour les rentrer dans un cadre ou une explication rationnelle. Et en aucun cas on peut faire cela dans le but d’excuser ou accepter un comportement : exemple : l’humain n’est pas la cause du réchauffement de la planète donc on peut continuer à polluer sans problème. La raison me dit que la croissance est mieux pour l’humain que les prochaines générations. Me trompje ?

    • @Dark vador

      « la culture ou la religion sont des valeurs trop complexe pour les rentrer dans un cadre ou une explication rationnelle. »

      « Me trompje ?’

      Pour moi, non.

  • Je pense que l’égoisme rationnel revendiqué par Ayn Rand se situe entre l’égoisme et l’altruisme.

    en gros, elle dénonce autant l’altruisme cad le sacrifice de soi pour les autres que l’égoisme : le sacrifice des autres pour soi.

    Ce qu’elle recherche, c’est « l’égoïsme rationnel » cad de pouvoir mener sa vie telle qu’on l’entend, sans imposer que les autres se sacrifient pour soi ni devoir se sacrifier pour les autres.

    Elle revendique une troisième voie qui relève de la liberté et l’unicité des choix et bonheur de l’individu, sans devoir être soumis à un quelconque diktat des autres ou soumettre les autres à son diktat.

    Pourriez vous me donner votre avis sur mon interprétation Mr Créteur ? (et félicitations pour vos articles)

    • Moi ça me plaît 🙂
      Fécilicitations aussi de ma part à Baptiste

    • Dans l’idée, oui : elle revendique le droit de ne vivre ni aux dépens ni au profit de quiconque, de pouvoir mener sa vie par et pour soi-même, en se fixant ses propres buts (rationnels) et les moyens (rationnels) de les atteindre sans jamais priver les autres de cette possibilité – mais sans avoir à poursuivre les buts que d’autres voudraient nous donner.

      Elle va donc effectivement à l’encontre d’un égoïsme irrationnel qui nierait les droits d’autrui et d’un altruisme qui nierait les droits de l’individu au profit d’autrui.
      C’est un égoïsme respectueux de la nature de l’homme comme être rationnel, respectueux de l’homme en tant qu’homme.

  • @ Jeffrey Bardwell : Je maintiens… Générosité est antinomique de désintérêt !
    Votre exemple de la baguette n’y changera rien !
    Si je donne l’équivalent d’une baguette à un mendiant, ce n’est pas par altruisme. Je satisfais mon intérêt personnel (celui de me déculpabiliser, de m’acheter une place au paradis par ce que j’ai été bon, d’avoir la satisfaction d’avoir fait une bonne action…). Peu importe, je le fais pour moi en premier, tant mieux pour lui si cela satisfait son intérêt également.
    L’altruisme n’existe pas.

    • Par définition, on réalise toujours ses fins à soi. En ce sens, agir contre son intérêt est impossible. Mais la notion de sacrifice garde sa légitimité: si je me contrains moi-même à ne pas effectuer ce que j’aurais aimé, préféré effectuer.

      • Quand on va travailler tous les jours et que c’est contre son propre bonheur, on fait quoi ? Il y en a combien des gens qui vivent comme ça en France ?

  • Les commentaires sont fermés.

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