De l’ubiquité de l’égoïsme

La critique de l’égoïsme comporte de nombreuses contradictions et porte sur une caractéristique fondamentale de l’être humain. Il est nécessaire de comprendre l’égoïsme pour le réhabiliter.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
egoisme

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

De l’ubiquité de l’égoïsme

Publié le 2 février 2013
- A +

La critique de l’égoïsme comporte de nombreuses contradictions et porte sur une caractéristique fondamentale de l’être humain. Il est nécessaire de comprendre l’égoïsme pour le réhabiliter.

Par Jacques Roberts.

L’égoïsme est aujourd’hui de ces concepts qui sont les plus vilipendés et dénoncés par la plupart des gens. Pourtant, les gens voient rarement la contradiction dans le fait de dénoncer l’égoïsme, car se plaindre qu’autrui est égoïste, c’est fondamentalement faire preuve d’égoïsme soi-même. Qui n’a jamais entendu une personne réprimander l’égoïsme d’un individu sous prétexte que celui-ci ne penserait pas aux autres ? « L’égoïste, c’est quelqu’un qui ne pense pas à moi », comme disait peu ou prou l’autre.

Les partisans de l’objectivisme et de l’égoïsme rationnel randiens le savent bien ; l’égoïsme est une constante du caractère humain et tout comportement est finalement égoïste. Quid de l’altruisme, me direz-vous ? L’altruisme consiste à mettre les autres avant soi, à œuvrer pour le bien d’un groupe, d’un ensemble, en faisant fi, nous dit-on, de sa propre personne. Pourtant, que fait l’altruiste sinon s’auto-gratifier par un acte d’abnégation – qui n’est en fait pas un – en satisfaisant son besoin d’être reconnu par le biais de l’aide apportée à autrui ? Que fait celui qui consent à un nécessiteux une aumône, si ce n’est finalement se dire qu’il a fait une bonne action et a aidé quelqu’un qui avait besoin de lui ? Il ne fait, en fait, que s’auto-gratifier et s’auto-congratuler d’avoir aidé autrui, de s’être rendu utile, ce qui renforce son amour propre et son estime de lui-même. L’acte ainsi réalisé est par conséquent parfaitement égoïste dans ses fondements, quelle qu’en soit par ailleurs la conséquence sur autrui. Cette réaction est souvent inconsciente, mais elle demeure toujours en filigrane de nos actions.

Le travailleur qui dit œuvrer pour le bien de son équipe retire une auto-valorisation du fait d’avoir pu aider ses coéquipiers, voire d’avoir abattu davantage de travail. Poussons le concept encore plus loin ; l’amour est aussi un acte égoïste. L’être humain a généralement besoin – excepté les cas de sociopathie chronique – d’être reconnu, avec des variantes selon l’individu bien entendu, d’être aimé et approuvé, notamment par son compagnon. Le bien-être habituellement ressenti dans ce type de relation découle d’un sentiment d’importance retiré de ce qu’autrui nous aime et nous considère au point de vivre avec nous. C’est avant tout pour soi-même que l’on aime. Certains démentiront, dénonceront cette abominable hérésie dans une société qui rejette l’égoïsme, à défaut de comprendre ce qu’il signifie réellement. Pourtant, le fait de tenir à quelqu’un, de craindre pour lui, de pleurer la mort de cette personne, tous ces actes et comportements sont en fait la conséquence de la peur de se retrouver seul, de l’appréhension des suites de cette perte, de l’impact que cela aurait pour soi-même.

Faut-il rejeter l’égoïsme, ou plutôt le nier, à défaut de pouvoir l’éradiquer – tant il est un trait humain ? Les collectivistes de tous poils ont ainsi fréquemment prétendu créer un « homme nouveau », mettant en application des théories adossées à des postulats inexacts quant à la nature humaine qui connait un certain nombre de constantes malgré les variantes rencontrées chez différents individus. Ces tentatives finirent dans l’échec le plus total et, souvent, avec un lourd bilan humain. Quand certains communistes se gargarisent de slogans « l’être humain d’abord », ils ne comprennent pas ce que cela implique. Leur vision de la société est entièrement basée sur la construction d’une société collectivisée où l’individu est soumis à la volonté du groupe, généralement dirigé par une caste qui est la vraie bénéficiaire dans ce type de système. Ils prétendent ainsi défendre l’individu, mais la conséquence de l’application de leurs préceptes est en fait la suppression de l’individualité et de la liberté de chacun à exister et mener sa vie comme il l’entend. Devons-nous donc nier ce qui est un fait établi ou plutôt bâtir une théorie qui prend en compte ce que les hommes sont dans toute leur diversité ? Ne serait-il pas plus pragmatique de partir d’axiomes établis pour examiner le monde, à l’instar des enseignements de l’Ecole de Vienne qui s’appuie abondamment sur la praxéologie (l’étude des comportements humains) ?

Faut-il rejeter l’égoïsme ou l’assumer ? L’égoïsme, il est souvent dit, serait une mauvaise chose en soi. Comment peut-on défendre de manière cohérente la vision qui consiste à dire que l’on recherche l’ « intérêt général », dont on ne sait jamais trop ce qu’il peut recouvrir, tout en refusant l’égoïsme ? Par définition, il faudrait entendre par « intérêt général » une vision idyllique dans laquelle les intérêts individuels convergeraient et aboutiraient à la satisfaction de tous les égoïsmes individuels. En cela, rejeter l’égoïsme n’est pas exactement cohérent. Par ailleurs, les porte-étendards de l’ « intérêt général » sont souvent ceux qui habillent, fourbissent des plus beaux atours leur propre égoïsme pour faire croire à autrui que leur satisfaction entraînerait des effets bénéfiques pour le plus grand nombre.

L’égoïsme n’est pas forcément un mal, nonobstant son inéluctabilité, y compris dans une Weltanschauung résolument collectiviste. En effet, un individu aura fréquemment tendance à penser à autrui une fois que sa propre situation sera plus stable et assurée. Qui peut penser à autrui le ventre vide, sans emploi, dans un état de vulnérabilité forte ? Des individus plus sûrs d’eux-mêmes et de leur sort, dans des limites raisonnables, seront plus à même de se préoccuper d’autrui et de faire montre de solidarité. Par cela, il faut entendre la solidarité dans son acception originelle, à savoir l’aide volontaire apportée à autrui, ce qui n’inclut évidemment pas les prélèvements par le biais de la coercition étatique. L’égoïsme, quand on lit correctement le terme, c’est la priorité donnée à ses propres objectifs, ce qui n’implique pas a priori d’incompatibilité avec les objectifs d’autrui, ni une propension à ignorer totalement ceux-ci.

Un égoïste rationnel se rendra généralement compte que la poursuite de ses propres objectifs peut potentiellement être facilitée par des compromis avec autrui ou une attention accordée aux aspirations légitimes de l’autre – i.e. dans la limite du principe de liberté négative : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais que l’on te fit », selon la règle d’or chrétienne. Comment expliquer autrement que des patrons payent davantage des salariés qu’au prix du marché, si ce n’est par le fait qu’ils se rendent compte qu’il vaut mieux avoir une main d’œuvre plus motivée ? Comment interpréter autrement le fait que Google fournisse des instruments de relaxation à ses employés ? En quoi l’égoïsme serait-il donc mauvais par définition puisqu’il aboutit dans ces cas à une convergence d’intérêts individuels, bien mieux que ne pourrait le faire un État essayant d’habiller tout le monde en taille 38 alors que seuls une infime minorité d’individus font cette taille, conformément à la maxime du collectiviste : one size fits all.

Dans une économie de marché et une société libérale, on ne peut retirer un bénéfice qu’en offrant à autrui un bien ou un service que celui-ci valorise assez pour l’acquérir. Les adversaires du libéralisme déplorent en général ce qu’ils appellent la « marchandisation » des rapports ou la « monétisation du lien social ». Pourtant, la même logique s’applique aux interactions humaines. Si j’aime quelqu’un, c’est avant tout le « je » qui ressort ; je veux être avec cette personne, je me sens bien avec elle, je ne veux pas qu’il lui arrive de mal. Si je ne l’aimais pas, je ne serais pas avec elle. Quoi que l’on en dise, cela fait beaucoup de « je ». Pourquoi dès lors aller aider gratuitement son voisin infirme à tondre sa pelouse ? La personne qui fera cela aura tout simplement l’impression d’avoir fait une bonne action et d’avoir pu aider autrui, ce qui renforcera son amour propre. Et en quoi cela devrait-il être une mauvaise chose ? Clairement, un individu qui ne s’estime pas lui-même et n’accorde pas d’importance à ses propres objectifs – ce qui n’arrive que dans le monde imaginaire des collectivistes où chacun vit dans une Selbsthass kafkaïenne et seulement au travers d’autrui – ne serait pas le mieux placé pour tenir compte des souhaits et aspirations d’autrui, voire pour les comprendre tout bonnement.

Les personnes qui fustigent habituellement, pour ne pas dire oisivement, l’égoïsme d’individus ou de groupes plus ou moins artificiellement construits pour rentrer dans les cases bien ordonnées des formulaires de l’administration, sont généralement les mêmes que celles qui entendent imposer leur définition de l’ « intérêt général » et leur vision des choses au reste de la population d’un espace donné. Qu’est-ce donc que cela, si ce n’est de l’égoïsme – en plus de la vanité de détenir la vérité absolue et de prétendre passer outre la diversité des individus et de leurs aspirations ? Nous touchons ici au « je décide », qui est bien entendu un acte égoïste, car la personne en question le fera d’abord pour elle-même. En effet, sous couvert d’améliorer la vie d’autrui, mêmes les plus philanthropes – du moins en apparence – sont des égoïstes invétérés en cela qu’ils prennent une décision s’appliquant à d’autres, faisant ainsi le postulat qu’ils peuvent le faire. La philanthropie est fondamentalement de l’égoïsme, puisqu’elle consiste à vouloir aider autrui. Le fait de vouloir et d’exercer cette volonté est donc une expression de l’égoïsme, puisque nous retombons sur le « je ».

Quelle sorte d’individu s’arracherait le cœur sur le parvis d’un hôpital pour le donner, encore tout palpitant, à un patient à l’article de la mort ? Très peu d’individus à n’en pas douter. Quand bien même, un père désespéré s’ôterait le foie pour sauver sa fille, il n’en serait pas moins égoïste, car guidé par le désir de garder sa fille en vie et exerçant cette décision, parfois même au mépris de ce que sa fille aurait souhaité. Ainsi, toute décision est fondamentalement égoïste. Pourtant, la société persiste à voir cela comme un mal, voire à nier la réalité qui est que l’égoïsme est omniprésent et inscrit dans notre génome. C’est le résultat d’une propagande et d’une déformation éhontée des termes dont l’objectif est de tuer l’individualisme et d’imposer, y compris par la tyrannie du vocabulaire et de la réinterprétation socialiste de celui-ci, une seule vision collectiviste qui nie les individualités de chacun et entend discréditer la poursuite par chacun de ses intérêts individuels, poursuite entièrement légitime et naturelle, pour peu qu’elle n’empiète pas sur celle d’autrui. Ignorer l’égoïsme, c’est faire abstraction d’une composante inaliénable de l’être humain et se condamner à élaborer des théories fumeuses et fumistes qui ne conduisent qu’à des désastres en chaîne. C’est aussi ignorer que l’égoïsme fut et continue d’être un moteur de progrès en toutes choses, que ce soit en termes de dons, d’inventions nouvelles qui améliorent le quotidien de millions d’êtres et d’actes de solidarité. Les libéraux devraient donc militer activement pour la réhabilitation de ce terme, dérivé du bel ego greco-latin et qui signifie « je » dans ces deux langages, illustrant le triomphe de l’individu sur l’instrumentalisation de l’État par des groupes adorateurs du collectivisme le plus morbide.

Voir les commentaires (23)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (23)
  • Il existe une autre dimension psy de l’individu, l’ambition qui est par nature despotique. Elle devient un « mal » pour le gôcho qui n’a pour seule ambition de vivre au crochet de l’autre, égoïste. Ambition + Egoïsme de l’individu sont des qualités pour la collectivité (Mandeville et ses abeilles). La structuration intellectuelle du gôcho est l’égoïsme masqué par le parti, la secte, le plus vil et dangereux égoïsme.

    • « La structuration intellectuelle du gôcho est l’égoïsme masqué par le parti, la secte »
      ———————-
      C’est de l’égoïsme collectiviste quoi…

  • L’égoïsme tel qu’il s’entend usuellement, correspond à l’égoïsme sans le savoir vivre ensemble et un minimum de bienveillance.

    Le cynisme est un sous produit de l’égoïsme tel que décrit ci-dessus.

    • « Usuellement » s’appliquant à la définition de l’égoïsme aseptisée que je viens de dénoncer comme une partie de l’entreprise de déformation du vocabulaire par les socialistes, telle que dénoncée par Hayek, notamment dans « The Fatal Conceit ». Nous ne vous laisserons pas la définition des termes au mépris du sens étymologique.

    • @citoyen
      « Le cynisme est un sous-produit de l’égoïsme tel que décrit ci-dessus. »
      Le cynisme est un pur produit du socialisme et plus particulièrement de la démagogie qui l’accompagne.

  • Je suis en total désaccord avec cet article.

    Tout le propos de l’auteur est fondé sur une acception appauvrie du terme « égoïsme » (celui qui pense à soi), du coup le terme peut quasiment désigner tout ce qui a trait au « sujet » (dire je) : « penser à soi » au début du texte, « défendre ses intérêts » ensuite, plus loin « avoir de l’estime de soi » (!?), puis « poursuivre ses propres objectifs », jusqu’à dire qu’être égoïste, c’est « prendre une décision » (!!), pour conclure dans une belle confusion entre égoïsme et individualisme.

    Quand on peut attribuer autant de sens différents à une notion, c’est qu’elle n’est qu’une notion valise qui embrasse trop de chose pour ne finalement plus rien dire de précis. Cela ne fait qu’entretenir de la confusion et n’aide pas à la clarification des phénomènes.

    L’acception circonscrite du terme égoïsme, celle qui lui redonne tout son sens, celle communément admise (y compris par la plupart des libéraux), celle que l’on trouve dans les dictionnaires, est la suivante : « Attitude ou conduite de celui qui, le plus souvent consciemment, ne se préoccupe que de son intérêt ou de son plaisir propre au détriment ou au mépris de celui d’autrui. » (TLFi) Au détriment ou au mépris de celui d’autrui !

    Partant de cette définition (qui permet de distinguer nettement l’égoïsme de l’individualisme tel qu’il est défendu par la plupart des auteurs libéraux, d’Adam Smith à l’École de Vienne), tout le propos de l’auteur est faux, archi faux. Non, si les mots ont encore un sens, être altruiste, ce n’est pas être égoïste. On peut être altruiste par souci d’estime de soi, certes, mais ça n’a rien à voir avec l’égoïsme. Non, toute décision prise par un individu n’est pas égoïste. Non, défendre ses propres intérêts, dans le respect des droits d’autrui, ce n’est pas être égoïste. Non exprimer sa subjectivité, ce n’est pas être égoïste. Non, tout interpréter à l’aune de son propre point de vue, ce n’est pas être égoïste, mais être égocentrique. Non égoïsme et individualisme ne sont pas synonymes. Non, l’égoïsme, dans sa réelle acception, n’est pas une vertu défendue par la plupart des libéraux. Ayn Rand, qui lui donne un sens particulier, est isolée sur cette question.

    • @Raphaël
      Pas mieux. (+1)

    • Je pense que vous êtes passé à côté du sens de l’article. Je n’ai pas défini l’égoïsme comme « avoir une estime de soi-même », j’ai simplement dit que la conséquence d’un acte de charité est une forme d’autosatisfaction qui est motivée par l’égoïsme, nuance importante à mon sens. Je n’ai pas non plus dit qu’être égoïste était prendre une décision, mais j’ai plutôt évoqué des cas où ces décisions étaient prises unilatéralement contre la volonté de quelqu’un d’autre (et non simplement le fait d’exprimer une subjectivité comme vous le dites), ce qui implique de supposer que l’on est supérieur à autrui et d’imposer ses décisions, donc, finalement, ses propres intérêts, y compris quand un père sauve sa fille en lui donnant son cœur contre, parfois, la volonté de la fille en question. Je n’ai pas plus parler de comportement égoïste quand un individu interprète les choses au travers de son propre spectre de valeurs, j’ai simplement parlé des cas où cela aboutit à ce qu’un individu impose sa vision des choses. De manière générale, j’ai parlé des cas où tous ces comportements ont une incidence directe sur autrui et en contradiction avec les valeurs de l’autre. Je n’ai rien dit d’autre.

      J’ai précisément dénoncé la perversion du terme « égoïsme » que vous définissez en utilisant des dictionnaires et des interprétations aseptisés selon la (non-)pensée collectiviste. Etymologique, l’égoïsme n’est jamais que le « je », c’est-à-dire l’expression de l’individualité. Adam Smith lui-même ne dit rien d’autre quand il décrit le boulanger comme étant motivé non pas par l’idée de mettre du pain sur la table de quelqu’un, mais par le profit, le gain financier qu’il en retire. Adam Smith avait compris que la priorité donnée à ses propres intérêts n’entre pas nécessairement en contradiction avec les objectifs propres à d’autres individus. Je n’ai rien dit d’autre ici, si ce n’est contester la définition que vous donnez de l’égoïsme et qui a malheureusement été reprise en chœur.

      Etre altruiste, c’est s’auto-satisfaire en se donnant une nouvelle importance, c’est surtout aussi une façon de se dire que l’on a fait quelque chose et que l’on a eu un impact sur la vie d’autrui. Inconsciemment, c’est donc un acte égoïste, puisque l’on poursuit cela à cause de ce « je » et que cela nous donne l’impression d’avoir fait une différence, donc poursuivi ce que l’on estime juste, nos propres objectifs en somme.

      Quant au fait que cette représentation que je défends ne soit pas majoritaire par les libéraux, admettons un instant que ce soit le cas ; cela ne la rendrait pas moins juste ou vraie. Depuis quand la majorité a-t-elle systématiquement raison ? Galilée et Copernic développaient leurs thèses contre tout un establishment et une immense majorité de gens, cela n’a pas empêché le géocentrisme de s’avérer faux. Je trouve cela étonnant qu’un libéral mette en avant le fait qu’une idée soit majoritaire comme preuve de sa légitimité. Si tel était le cas, nous devrions tous devenir des keynésiens.

      • « J’ai précisément dénoncé la perversion du terme « égoïsme » que vous définissez en utilisant des dictionnaires et des interprétations aseptisés selon la (non-)pensée collectiviste. »
        –> C’est cela oui, il y a un complot ourdi par les collectivistes via les dictionnaires contre les libéraux… Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire. Celui qui pervertit le sens de ce terme, en lui donnant un sens aseptisé, c’est bien vous puisque chez vous il n’a plus de sens précis et peut signifier tout et n’importe quoi.

        « Adam Smith lui-même ne dit rien d’autre ».
        C’est faux. Lisez le dans le texte et vous verrez qu’il n’utilise pas le terme « égoïsme » (contrairement à ses mauvaises traductions dans les éditions françaises). Quant à sa « Théorie des sentiments moraux », c’est tout sauf une apologie de l’égoïsme.

        « Etre altruiste, c’est s’auto-satisfaire en se donnant une nouvelle importance (…) c’est donc un acte égoïste »
        Non. Ce vous évoquez là n’est rien d’autre que de l’estime de soi. L’estime de soi n’a rien d’égoïste. Les mots ont un sens.

        « Quant au fait que cette représentation que je défends ne soit pas majoritaire par les libéraux, admettons un instant que ce soit le cas… »
        –> C’est le cas. Pour vous en convaincre, vous pouvez consulter les états de l’art sur la question de l’individualisme écrits par Alain Laurent ou Raymond Boudon par exemple, et vous verrez qu’ils font une distinction claire entre égoïsme (agir pour soi au mépris des droits d’autrui – apologie de l’ego envers et contre tous) et individualisme (agir pour soi et par soi dans le respect des droits d’autrui – apologie de l’individu, de tout individu).

        « cela ne la rendrait pas moins juste ou vraie. Depuis quand la majorité a-t-elle systématiquement raison ? »
        –> Ici, le problème ne se pose pas en ces termes. Il ne s’agit pas de dire si une thèse est juste ou non. Je ne conteste pas votre droit absolu de nous faire part de votre subjectivité, mais plutôt de sombrer dans un certain relativisme. Les mots ont un sens. Vous pouvez nommer « blanc » quelque chose qui est noir si ça vous chante, mais pour autant personne d’autre que vous ne verra cette chose autrement que noire. Dire que l’altruisme c’est de l’égoïsme, c’est comme dire que le jour c’est la nuit ou que le noir c’est le blanc.

        • Blueglasnost, je précise que mon opposition porte plus sur la sémantique qu’autre chose (je partage votre défense de l’individu bien sûr). Mais ça a son importance, comme le relevait Hayek effectivement, comme vous le dîtes vous-même plus haut.

          Entretenir la confusion entre égoïsme et individualisme est justement ce qu’ont toujours fait les collectivistes pour saper les prémisses de la philosophie libérale et la jeter dans l’opprobre.

          Je trouve très dommageable que des libéraux tombent dans le panneau.

          • +1

            On a déjà du mal à faire passer la simple idée de liberté individuelle, voire de liberté tout court… Alors partir en croisade pour réhabiliter un terme notoirement péjoratif chez 99% des gens, c’est une entreprise chronophage et inutilement énergivore. En tout cas ça ne fera pas avancer les idées libérales en France.
            D’autant plus que, comme vous le soulignez plus haut, la distinction entre « agir pour soi au mépris des droits d’autrui (égoïsme) » et « agir pour soi et par soi dans le respect des droits d’autrui (individualisme) » est suffisament claire. Cette guéguerre sémantique n’apporte rien.

    • Oui il semble que M.Robert fasse l’amalgame entre la notion d’égoïsme  » « Attitude ou conduite de celui qui, le plus souvent consciemment, ne se préoccupe que de son intérêt ou de son plaisir propre au détriment ou au mépris de celui d’autrui. »et la notion d’ego du « moi » du « je » qui régit notre vie.
      Sur un plan philosophique, s’interroger sur l’omniprésence de l’égo dans tous nos actes pourrait constituer le début de l’intelligence -;) cela dit, il s’agit bien ici de la définition communément admise de l’égoïsme et en ce sens l’intervention de M. Marfaux est pertinente.

  • « L’abnégation de l’intérêt privé, si rare chez les particuliers, l’est encore plus dans les corps, parce que l’égoïsme peut s’y cacher sous les apparences du dévouement. » – Le dévouement cache l’égoïsme le plus vil
    Potherat de Thou – Recherche sur l’origine de l’impôt en France – Paris 1838.
    La réponse fondamentale à la question est de savoir si l’individu « est bien fait » on faut-il le changer ? comme ceux qui veulent le changer sont des pourris (l’histoire nous le démontre), y’a plus de question.

    • @Homo-Orcus

      « Le dévouement cache l’égoïsme le plus vil »

      Si vous tenez à voir de l’égoïsme à tous les étages de l’action humaine, on peut alors résumé qu’il y a ceux qui donnent pour ensuite recevoir, et ceux qui prennent tout de suite sans jamais rien donner…

  • C’est clair que l’égo existe sauf dans le Boudhisme. Mais c’est une autre culture, donc non applicable sur nous !

    • Pour ma part je suis en accord avec le rédacteur de l’article. J’avais lu , que cette discussion sémantique provient d’une forme de pauvreté de la langue française courante à ce sujet. Chez tous les écrivains anglophones, deux mots existent : egoism et selfishness qui tous les deux se traduisent par égoïsme en français selon la définition des dico, alors qu’il faudrait en langage courant introduire égoïsme pour selfish et probablement égocentrisme pour égoism.

      • @wakrap

        Alors faisons entrer un anglicisme de plus dans notre dictionnaire.

        • Je ne sais si j’ai raison mais j’ai souvent défendu le point de vue que l’amour est un exemple d’égoïsme absolu. Ce sentiment ne peut se définir que par ce que l’on ressent soi-même, seul. L’être aimé peut souffrir, être heureux, affamé, vivre dans l’abondance, le fait de l’aimer est totalement « indifférent » à sa situation. L’amour est purement égoïste, ce que l’on fera par amour, l’éthique que l’on y appliquera sera égocentrique et in différente à l’autre, ou altruiste, mais l’amour reste dans tous les cas un pur égoïsme.

          • L’egoisme n’a pas à être rehabilité puisqu’il est hyper dominant dans la société actuelle.
            Cet article est nul.

          • L’amour est égoiste car il vise à combler un manque. Ce manque du premier amour pour ses parents. On passe donc sa vie à chercher un amour similaire à celui ci. La société moderne est de plus en plus orientée selfish car elle n’a même plus besoin d’amour pour exister. La faute aux pertes morales liées à la culture et la religion. Dés lors on peut souhaiter le Libéralisme pour remplacer ce manque de valeurs dans la société moderne.

      • L’égoïsme c’est comme le cholestérol, il y a le bon et le mauvais. L’Anglais a eu à connaître de la théorie de Mandeville qui a fait débat à l’époque et c’est peut-être la raison de cette distinction.

  • Petit syllogisme:

    Toute action consciente et libre est mue par le désir de la réaliser.
    Toute action réalisée librement ne sert que ses propres désirs.
    Toute action (y compris celle qu’on dit altruiste) n’est mue que par ses propres désirs.
    Toute action est donc égoïste, dirigée par et vers ses propres intérêts.

    L’altruisme implique le sacrifice de ses propres intérêts sans quoi l’action reste dirigée vers ses propres intérêts, égoïste.

    Or, toute action n’est réalisée que dans le désir de la voir se faire

    Donc l’altruisme, le sacrifice n’existent que dans la contrainte, la coercition de tous par tous mais n’existent absolument pas comme action libre.

    Merci pour l’article.

    • Vous vous contredisez en deux phrases :
      – « Toute action (y compris celle qu’on dit altruiste) n’est mue que par ses propres désirs. »
      – « L’altruisme implique le sacrifice de ses propres intérêts »

      Dans une approche subjectiviste, l’intérêt s’appréciant à l’aune de ses propres désirs, votre seconde proposition est contredite par la première.

      Et que penser de la polysémie employée entre contrainte et coercition pour faire passer un acte librement et généreusement consenti, l’altruisme, pour un acte non libre ?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Barry Brownstein. Un article de la Foundation for Economic Education

Il y a quelques années, l’une de mes étudiantes de MBA, immigrée d'Albanie et ayant grandi dans un système communiste, échangeait avec ses camarades de classe sur ce qu'elle considérait être la différence de mentalité la plus inattendue entre les Américains et les Albanais.

Avec beaucoup d’émotion, elle expliquait qu'en Albanie, la charité était rare : se soucier de quelqu'un d'autre que de soi-même ou de sa famille était peu courant. En revanche, elle perc... Poursuivre la lecture

Par Stanislas Kowalski.

Deux petites remarques de rien du tout pour commencer.

Premièrement, il est formidable de pouvoir se plaindre d’appartenir à une société de consommation. Vous préféreriez une société de pénurie ? Au pire du pire, les excès de la société de consommation peuvent être compris comme un moindre mal. On déplore l’augmentation du nombre de cancers, principalement parce que les gens ne meurent plus d’une bête rougeole en bas âge.

On n’échappe pas à la consommation et il n’y a pas à le souhaiter. La consomm... Poursuivre la lecture

Par Guillaume Moukala Same.

À l’aube de ce nouveau mandat, mes pensées vont à la jeunesse révolutionnaire qui, en quête d’un changement radical, s’est laissée séduire par la démagogie. Parmi leurs maîtres à penser, Noam Chomsky, dont le documentaire Requiem for the American Dream[1. Documentaire disponible sur Youtube.]  m’a inspiré cet article.

Bien que ce documentaire soulève de vraies questions comme les crises financières, la concentration du pouvoir, la corruption, la mobilité sociale, la pauvreté, et bien d’autres, ces réf... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles