Goodyear Amiens Nord : pour les syndicats, tout roule

goodyear

Après 5 ans de refus des négociations, l’usine Goodyear Amiens Nord devra fermer ses portes ; les syndicats ne veulent pas en rester là et ambitionnent de détruire l’emploi dans l’ensemble du groupe.

Les syndicats s’en donnent à cœur joie pour dénoncer les fermetures d’usine après avoir refusé tout compromis. Après 5 ans de refus des négociations, l’usine Goodyear Amiens Nord devra fermer ses portes ; les syndicats ne veulent pas en rester là et ambitionnent de détruire l’emploi dans l’ensemble du groupe.

Par Baptiste Créteur.

Après les syndicalistes Renault qui accusent la direction de chantage quand elle évoque les conséquences quasi inéluctables d’un échec des négociations et les syndicalistes PSA qui accusent la direction d’avoir fait monter la pression et provoqué les agissements violents de certains salariés, c’est au tour des syndicalistes Goodyear d’accuser la direction.

Au cœur d’une bataille juridique depuis cinq ans, les salariés de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord, dans la Somme, se sont dits jeudi 31 janvier prêts à se battre, quelques minutes après l’annonce par la direction d’un projet de fermeture du site. « Entre l’annonce et la fermeture, il y a de la marge. Ça fait six ans qu’on se bat contre 400, 800, 1 200 suppressions d’emploi, on va se battre et il y aura encore plus de monde », a immédiatement réagi Franck Jurek, délégué CGT (majoritaire), secrétaire adjoint du comité d’entreprise (CE). « C’est une mauvaise nouvelle bien sûr, on a un combat à mener et on le mènera jusqu’au bout. » « On est des Goodyear, on restera des Goodyear encore un bon moment. C’est une énième annonce, c’est dans la continuité. Le combat a commencé il y a cinq ans et il va continuer après, peu importe la décision », a estimé pour sa part Mickaël Mallet, délégué CGT, embauché il y a douze ans chez Goodyear. La CGT a d’ailleurs appelé à la mobilisation et à la grève le 12 février prochain à l’occasion d’un comité central d’entreprise.

La direction aurait donc progressivement augmenté le nombre de postes qu’elle souhaite supprimer, provoquant systématiquement l’opposition des syndicats qui défendent l’emploi. Ils continueront à le défendre face à l’éventualité d’une fermeture d’usine, qui menace 1200 postes. La fermeture de l’usine est pourtant, selon la direction, inéluctable.

La direction de Goodyear France a annoncé jeudi matin un projet de fermeture de son usine de pneus d’Amiens Nord qui menace 1 173 postes. « La fermeture de l’usine est la seule option possible après cinq années de négociations infructueuses », a expliqué dans un communiqué la direction, précisant que le projet de fermeture avait été présenté au comité central d’entreprise (CCE) et fera l’objet d’une consultation des représentants du personnel. « Nous sommes pleinement conscients de la gravité de l’annonce que nous faisons aujourd’hui et des conséquences lourdes de ce projet pour les salariés, leurs familles et les communautés locales », a déclaré pour sa part Henry Dumortier, directeur général de Goodyear Dunlop Tires France dans le communiqué. « Goodyear restera à l’écoute des initiatives qui pourraient être proposées par les parties prenantes, dans le cadre de la procédure entamée aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Ce n’est jamais un plaisir, mais la réalité est là : après 5 ans de blocage par les syndicats de toute négociation, le site n’est plus compétitif et au lieu de voir 400 emplois initialement ou 800 emplois ensuite disparaître, ce sont 1200 emplois qui sont sur la sellette. Les syndicalistes pourraient admettre leur erreur et intégrer une bonne fois pour toutes que d’une part, l’entreprise n’a pas de comptes à leur rendre en dehors du cadre du contrat qui lie salarié et employeur, et que d’autre part dans le cas présent, il n’y a plus d’autre possibilité. Au lieu de cela, les syndicats préparent un nouveau quitte-ou-double de la suppression d’emplois dont l’issue est prévisible.

« Ce projet a pour objectif de sauvegarder la compétitivité des secteurs d’activité tourisme et agricole du groupe », justifie la direction. La production de pneus à Amiens Nord a engendré en 2011 une perte cumulée de 61 millions d’euros, selon la direction. Le site emploie 1 250 salariés. « Nous sommes profondément déçus que cinq années de négociations n’aient pas permis de parvenir à un compromis avec les représentants du personnel d’Amiens Nord », a affirmé M. Dumortier. « L’annonce d’aujourd’hui est la seule option qu’il nous reste », ajoute-t-il. Cette annonce est intervenue à l’ouverture du CCE de Goodyear à son siège français, à Rueil-Malmaison.

En refusant que le site ferme, c’est maintenant la viabilité d’un groupe tout entier sur le territoire français que les syndicats vont mettre en péril, mettant en jeu des milliers d’emplois pour maintenir en activité une usine qui ne leur appartient pas et fait des pertes parce qu’ils ont été incapables de consentir au moindre effort. La direction fait preuve d’empathie, aimerait que la situation soit autre mais les faits sont là : ils n’ont pas d’autre option.

Cela fait 5 ans que leur lutte contre l’emploi à l’usine de pneus Goodyear d’Amiens Nord dure ; combien de temps faudra-t-il pour que les syndicalistes détruisent tout l’emploi chez Goodyear France ?