Des organisations caritatives, pas des lobbys

Les associations caritatives ont une fâcheuse tendance à être plus centrées sur le lobbyisme et sur elles-mêmes que sur leur mission première. Mais elles ne souffrent pas toutes de ce travers.

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

L’erreur fondamentale de la Gauche est l’importance qu’elle donne au motif plutôt qu’au résultat. Peu importe qu’on ait ruiné le pays, fait grimper le chômage et rendu les pauvres plus pauvres – au moins, l’intention était bonne. J’ai souvent rédigé des billets sur cette tendance. Mais il faut admettre qu’il y a une tendance contraire particulière chez la Droite, à savoir la croyance que, comme les choses vont avoir tendance à mal finir de toutes façons, il n’y a aucun intérêt à essayer.

Prenez par exemple le développement international. Aider pour se sentir mieux – ou pour « démontrer quel type de pays l’on est », comme diraient les politiciens – fait souvent plus de mal que de bien. Nous sommes tous familiers de cet argument : les subventions étrangères cassent le lien entre la taxation et la représentation, protègent les gouvernements corrompus des conséquences de leur mauvaise gestion, encouragent la dépendance, récompensent la corruption, retardent le développement, etc. (voir ici).

Il n’en résulte pas forcément, cependant, qu’il n’y a rien d’utile à faire. On pourrait, par exemple, ouvrir nos marchés. On pourrait abandonner la Politique Agricole Commune. On pourrait financer des projets d’infrastructures directement, plutôt que via les autorités locales (comme ici).

Il est vrai que certaines méga-associations caritatives sont devenues lobbyistes, se dévouant à faire campagne contre Israël, le libre-échange, le changement climatique plutôt que la construction d’écoles ou de distribution de médicaments. Il est vrai aussi que certaines d’entre elles dépensent plus pour elles-même que pour les personnes qu’elles sont supposées aider. Mais plutôt que de geindre, essayez d’en trouver une qui ne fait pas ce genre de choses.

Laissez moi vous faire quelques suggestions. L’une est la Kitchen Table Charities Trust, qui soutient les initiatives à petite échelle, et qui n’a aucune bureaucratie à financer : John Humphrys, qui la dirige, explique comment cela fonctionne sur son site internet. Une autre est Kiva, qui rend la microfinance disponible aux emprunteurs du monde entier. On y contribue par un emprunt, et on peut choisir de le réclamer à la fin ou de le prêter à une autre personne. D’une façon magnifiquement burkeienne, Kiva dispose de toutes sortes de petites sections composées de groupes professionnels, Chrétiens, Musulmans, athéistes etc. Si vous êtes un Conservateur, vous avez la possibilité de vous enregistrer dans la Conservative lending team, présidée par mon ami Syed Kamall.

Il y a, bien entendu, des centaines d’autres associations caritatives héroïques à petite échelle. Si vous voulez faire la pub pour l’une d’entre elles, les commentaires de ce billet sont à vous.


Sur le web.

Traduction : Virginie Ngo pour Contrepoints.