L’État doit-il nous protéger à tout prix contre les violences ?

Massacre dans une école du Connecticut.

Fusillade du Connecticut : le pouvoir est-il fondé à intervenir pour contrôler la population et lui imposer des mesures exceptionnelles au nom de la sûreté ?

Suite à la fusillade du Connecticut, Obama appelle à des « mesures significatives » pour éviter ces tragédies. Mais le pouvoir est-il fondé à intervenir pour contrôler la population et lui imposer des mesures exceptionnelles au nom de la sûreté ?

Par Damien Theillier.

Massacre dans une école du Connecticut.

Lorsque des crimes terribles sont commis, nombreux sont ceux qui demandent que le pouvoir « fasse quelque chose » en vue de prévenir d’autres drames similaires dans le futur. La sûreté est une fonction reconnue à l’État dans la philosophie classique et pour les libéraux, c’est la seule fonction qui soit vraiment légitime. Mais le pouvoir est-il fondé à intervenir pour contrôler la population et lui imposer des mesures exceptionnelles au nom de la sûreté ?

La réponse est clairement non. Car cette impulsion débouche généralement sur la création de mauvaises lois et une perte toujours plus importante de liberté. La sécurité totale (risque zéro) n’est ni possible, ni souhaitable car protéger la liberté en supprimant la liberté est un non-sens, une contradiction. La liberté est plus précieuse que la sécurité. En effet, la liberté n’est pas définie par la sécurité. La liberté est définie par la capacité des citoyens à vivre sans subir l’interférence du gouvernement. Or une sécurité totale ne pourrait être mise en place sans un contrôle total sur la vie des citoyens. Seule une société totalitaire pourrait se vanter d’apporter la sécurité totale à son peuple. C’est pourquoi, le gouvernement ne peut nous protéger contre toute forme de violence.

Alors que faire lorsque des individus armés se mettent à tirer à vue et à massacrer des populations ? Que faire lorsque des individus se font exploser dans la foule, lorsqu’ils détournent les avions pour les projeter sur des cibles ?

Bien entendu, des contrôles externes limités sont imposés par l’État à notre comportement par le biais des lois, de la police, voire des prisons en cas de crime. Mais en dépit de toutes les lois anti-armes, un individu ou un groupe déterminé pourra toujours causer beaucoup de dégâts. Il faut donc se méfier de l’illusion d’une sécurité apportée par l’État. En revanche le contrôle de soi est un moyen de régulation du comportement humain bien plus efficace que toute forme de loi. Le sens de la responsabilité doit être développé dès l’enfance, par l’influence positive de la famille et des modèles sociaux. Après l’enfance, le développement de la personnalité peut se faire au travers de la religion, des associations et des institutions sociales et civiques. Le contrôle de soi ne peut se développer sans éducation morale et spirituelle. Mais l’État n’est pas un acteur moral, il n’est pas mandaté pour façonner notre caractère. Il doit se contenter de protéger nos droits.

Désirons-nous réellement vivre dans un monde fait de contrôles de police, de caméras de surveillance et de détecteurs de métaux ? La liberté n’a de sens que lorsque nous décidons de continuer à avoir foi en elle malgré les tragédies et le faux filet de sécurité offert par le pouvoir.

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