Chômage des jeunes : les politiciens en roue libre

Le constat est sans appel : les barrières à l’emploi des jeunes sont trop hautes. Que faire ? Augmenter la taille des barrières, pardi !

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Entretien d'embauche recrutement chomage (Crédits Troisième Histoire, licence Creative Commons)

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Chômage des jeunes : les politiciens en roue libre

Publié le 11 décembre 2012
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Quel bonheur d’avoir la vingtaine de nos jours dans un pays occidental ! Jamais les perspectives d’avenir n’auront été aussi chantantes. Et quand on sait que c’est grâce aux nombreux efforts de notre classe politique, on ne peut que la remercier vigoureusement. D’ailleurs, les politiciens ont décidé de mettre un coup d’accélérateur à leurs interventions. Jeunes d’Europe, bouclez vos ceintures : vous allez avoir droit à un beau voyage !

Comme toutes les belles histoires, cela commence par un constat bien alarmant : au fur et à mesure que les politiques de lutte contre le chômage sont mises en place, le chômage augmente. Et dans ce chômage, c’est celui des jeunes qui semble le plus alarmant puisque ce sont les populations qui, généralement en bonne santé, sont pleines de vigueur pour produire et faire décoller la productivité des pays concernés. En conséquence de quoi, les politiciens se sont fixé comme objectif de venir à bout spécifiquement de ce chômage là : non seulement, ils interviennent dans des politiques de lutte contre le chômage, mais en plus ils ajoutent des dispositifs plus ou moins malins contre le chômage des jeunes.

Et bizarrement, plus les politiciens combattent le chômage des jeunes, plus il explose, comme en témoigne ce joli petit graphique réalisé par Francesco Carbone de Usemlab.com et commenté par ItalianAllegro sur lequel on découvre, pas trop stupéfait tout de même, que le chômage des jeunes a littéralement explosé avec la crise et les habiles politiques de « relance » prônées par les troupes de keynésiens en pleine excitation.

Jeunesse européenne : un futur plein d'avenir et de chômage

On peut, décemment, se poser la question de savoir dans quelle mesure, du reste, ces politiques de relance n’ont pas accru le problème de chômage des jeunes. En effet, ces politiques se sont traduites, pour faire court, par d’un côté une injection monétaire assez large, et de l’autre un endettement assez massif des institutions publiques. Inévitablement, la crise, la manipulation monétaire et l’endettement public se traduisent mécaniquement par un resserrement des facilités de crédit pour les entreprises et par une baisse de la consommation des ménages. Du point de vue de l’entrepreneur, embaucher de nouveaux salariés devient plus délicat puisque chaque nouvelle embauche, chaque emploi créé représente un pari sur l’avenir. Et lorsqu’il paraît morose, on embauche moins. Et lorsqu’on embauche moins, on prend naturellement moins de risque en se concentrant sur les salariés qui ont le meilleur rapport expérience / coût. Un salarié âgé dispose d’une bonne expérience mais son ancienneté dans l’entreprise entraîne un salaire important. Le ratio lui est défavorable. De la même façon, le ratio sera là encore peu favorable aux nouveaux arrivés sur le marché de l’emploi, dont le coût est certes faible, mais l’expérience aussi. Seule la tranche des 25 – 55 ans permet un compromis acceptable.

Le verrouillage du marché de l’emploi par cette tranche de population est d’autant plus important que, comme je le mentionnais au début de l’article, les politiciens font absolument tout pour protéger le salarié déjà en place : en accroissant législativement le coût d’un licenciement, les politiques de sauvegarde de l’emploi ont, de fait, posé une barrière de plus en plus haute à l’entrée des jeunes sur le marché. La conjonction de cette barrière élevée, de l’accroissement subit de la frilosité des employeurs à embaucher, et de la baisse globale de consommation et du crédit liée à la crise amènent certains pays, les plus exposés, à des taux de chômage des jeunes les plus dramatiques. La Grèce et l’Espagne, talonnés par l’Irlande, le Portugal et l’Italie, sont les exemples qui viennent naturellement à l’esprit. La France, bien sûr, n’arrive pas loin derrière.

Devant ce constat, une fois passés l’effroi et la douloureuse réalisation qu’une facture très salée nous sera adressée (quoi qu’on ait pu faire) par l’entremise de notre (très) cher Trésor, que peut-on faire ?

Laisser le bazar dans les mains des politiciens, pardi ! C’est bien ainsi que le problème trouvera sa solution, retentissante qui plus est. En effet, si certains devinent confusément que le problème est provoqué par une pléthore de branquenouilles politocards, cela ne les empêche pas d’attendre avec ferveur la solution qu’amèneront ces mêmes saltimbanques de l’économie (peut-être pour explorer de nouvelles zones sombres de l’économie alternative). On ne sera donc pas étonné de découvrir que se fomente s’imagine actuellement un projet d’interdire purement et simplement le chômage des jeunes, au niveau de l’Union Européenne.

Oui. Vous avez bien lu. C’est le Frankfurter Algemeine Zeitung qui a levé récemment un lièvre. La France, on le sait, a déjà longuement travaillé pour rendre le licenciement fort coûteux. De l’autre, l’Union Européenne travaillerait pour rendre l’embauche obligatoire. Bien sûr, si l’on nettoie l’aspect purement journalistique (et bien raccoleur) du Frankfurter et qu’on va regarder les récentes déclarations du commissaire László Andor au sujet de l’emploi des jeunes, on se rend compte que l’obligation pure et simple, sur une base légale, n’est pas (encore) à l’ordre du jour, de même que ne le sont pas (encore) les sanctions pour les entreprises contrevenantes.

Il n’en reste pas moins que le Commissaire s’est bel et bien fixé comme objectif de s’assurer que le jeune qui quitte le système scolaire se retrouvera, dans les quatre mois et d’une façon ou d’une autre, soit en formation, soit avec un emploi. Et à terme, on sent qu’il n’y aura pas moyen d’y échapper. Pour le moment, on parle donc de mettre en place un programme de « garantie d’emploi » pour la jeunesse, et la seule certitude indestructible de tout cela est, bien évidemment, qu’on va claquer pas mal de nouveaux euros fraîchement imprimés pour financer tout ça. Le calcul économique (idiot) qui se cache derrière une si belle proposition est le suivant : comme des jeunes au chômage, ça coûte un pont (135 milliards grâce aux calculs diaboliquement précis d’une commission quelconque), autant imposer aux entreprises de trouver à les occuper, ça coûtera certainement moins cher. Évidemment, soixante-dix années de soviétisme tendent à prouver que le gain est très relatif : les personnes concernées ne sont plus au chômage, mais bizarrement, l’économie ne repart pas plus. Zut et zut. Peut-être faudra-t-il une loi pour interdire les baisses de productivité, de production et de richesses ?

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

L’enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions. Celui que nous préparent les politiciens, qu’ils soient français ou européens, promet d’être un véritable boulodrome de taille cyclopéenne, amoureusement pavé de dalles monstrueuses choisies pour leur absence totale d’aspérité assurant une glisse sans frottement vers les rôtissoires du collectivisme joyeux.

Government Demotivator
—-
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  • Si les « jeunes » ne trouvent pas de travail, peut-être est-ce parce qu’ils n’ont pas appris un métier ?
    Quant à leur « vigueur » , hmm hmm…

    • – Pour le « n’ont pas appris de métier » : c’est assez vrai en France, et ça dépend pour les autres pays.
      – Pour la vigueur, c’est simplement fonction de l’âge. La réalité, c’est que shootés à la socialine, le jeune actuel est souvent mou.

      • Même avec une école d’ingénieur CTI, c’est difficile

        Pour la vigueur, ca ne concerne pas tout le monde et ca ne change pas grand chose pour moi

  • En attendant, notre gouvernement de fonctionnaires si brillants, recrutés uniquement sur concours (donc rien à voir avec ses crétins recrutés sur CV dans les boites privées, car il faut être doué d’un QI bien supérieur pour réussir les dits concours…), vient d’annoncer de nouvelles mesures pour lutter efficacement contre le chômage des jeunes et la pauvreté, par une kyrielle de nouvelles aides sociales. Le tout financé par une bonne nouvelle dette et des impôts toujours plus confiscatoires. En socialie, c’est ce qu’on appelle du « volontarisme politique ». Le communisme soviétique à la sauce Zérollande, c’est maintenant !

    • C’est ça la crise ?
      4% d’augmentation pour les patrons des grandes entreprises du CAC 40 en 2011.
      ça devrait être un plus grand motif de se scandaliser que d’attaquer des mesures visant à aider les jeunes chomeurs.

      http://www.liberation.fr/economie/2012/12/11/avis-de-croissance-pour-les-salaires-des-grands-patrons_866755

      • 4% d’augmentation sur 40 patrons ? Ah oui, y’a de quoi faire un bel article (comme à Libé, ces bouffons suffisants) et oublier les millions d’entrepreneurs et d’artisans dont le salaire a, lui, baissé, précisément à cause des conneries d’aides diverses qui coûtent un pont et créent encore plus de chômage. Bravo. Beau sens des priorités.

      • Vous devriez etre content au contraire. En effet, ceci generera autant de nouvelles recettes fiscales necessaires au financement des mesures demagogiques hollandiennes : effets de la progressivite de l’IR, plus de contributions sociales et j’en passe. Et oui, retourner sa langue sept fois dans sa bouche au lieu de raconter des aneries populistes vous serez plus utile….

  • Pas faux pour le chomage, on remercie les gouvernement. Je cherche un stage de fin d’étude (ingé) actuellement et ce n’est pas gagné…

    « Désolé monsieur, mais il y a quelques années on avait plein de stagiaires mais aujourd’hui vous comprenez… »

    • Il faut te sortir les doigts.
      Je suis en derrière année d’école d’ingénieur (pas réputé) et je n’ai même pas besoin de postulé pour recevoir des offres.

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