20 idées reçues sur l’économie française

Dans les médias et dans les discours des politiques, les idées reçues sont très répandues. Renaud Chartoire, agrégé d’économie, nous rappelle plusieurs vérités méconnues.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
En finir avec 20 idées reçues sur l'économie française, par Renaud Chartoire (Crédits Ixelles éditions, tous droits réservés)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

20 idées reçues sur l’économie française

Publié le 9 décembre 2012
- A +

Dans les médias et dans les discours des politiques, les idées reçues sont très répandues. Renaud Chartoire, agrégé d’économie, nous rappelle justement plusieurs vérités – à quelques exceptions – méconnues et fait de la pédagogie dans un ouvrage.

Par Bogdan Calinescu.
Publié en collaboration avec l’aleps.

Nous sommes en période de forte crise économique. Le chômage ne cesse d’augmenter, les gens ont peur de l’avenir et les plus gros mensonges économiques font la une des médias.

Commençons par les inégalités, une idée que les gauchistes et les étatistes sortent régulièrement de leur chapeau. Oui, il y en a qui gagnent beaucoup d’argent. Le PDG de Michelin a touché en 2010 (malgré la crise) l’équivalent de 349 années de SMIC. Le footballeur Karim Benzema a perçu en 2011 des revenus annuels dépassant les 11 millions d’euros soit plus de 800 fois le SMIC annuel. D’autres sportifs gagnent encore plus. Mais il faut rappeler d’abord qu’ils ne sont pas très nombreux. La très grande majorité des footballeurs touche des salaires « normaux ». Ensuite, l’auteur pose une question pertinente : « Pour autant, peut-on affirmer que les inégalités n’ont jamais été aussi fortes ? » En réalité, ce sont les 1% des plus riches qui se sont le plus enrichis ces dernières années. Mais tout le monde s’est enrichi. Notre niveau de vie n’a jamais été aussi élevé. Et il y a de moins en moins de rentiers. De plus, les chiffres montrent clairement qu’avant il y avait encore plus d’inégalités. Même au temps des Trente glorieuses, il y avait encore plus de différences entre les plus riches et les plus pauvres.

Concernant l’idée « reçue » selon laquelle « La France est le pays au monde où il y a le plus d’impôts… » et de prélèvements obligatoires, on ne suit pas vraiment l’auteur sur sa comparaison avec les États-Unis où il existe des assurances privées pour certaines catégories de personnes. En effet, aux États-Unis, ce n’est qu’au-delà d’un certain seuil de revenus qu’on a le choix de s’assurer auprès d’un assureur privé. En deçà de ce seuil, les plus « pauvres » sont couverts par une assurance d’État. De plus, dire que le système est meilleur en France ne correspond pas vraiment à la réalité. Notre hôpital public est dans une situation catastrophique (heureusement qu’il existe des cliniques privées). Plus important, les taux de guérison des maladie graves (cancer, etc..) sont beaucoup plus élevés en Amérique qu’en France, le matériel plus performant et plus disponible. L’espérance de vie, quant à elle, n’est pas entièrement imputable au système de santé mais plusieurs facteurs y concourent dont la qualité de vie, l’alimentation, etc.

Finalement, puisque c’est une idée « reçue », quels sont les pays où les prélèvements obligatoires sont encore plus élevés qu’en France ? L’auteur ne le dit pas.

De même, nous ne partageons pas vraiment son analyse sur la taxation des riches (l’auteur se rapporte exclusivement à Piketty), ni sur le coût du travail qui ne jouerait pas un rôle important dans le taux élevé de chômage. Par contre, les chapitres consacrés aux idées reçues sur le protectionnisme et la mondialisation, ainsi que sur les délocalisations sont tout à fait utiles pour trouver des arguments contre les antilibéraux. Oui, Carrefour a délocalisé en Chine tout en créant des emplois en France… Des données qui mériteraient d’être reprises par les journalistes.

• Renaud Chartoire, En finir avec 20 idées reçues sur l’économie, Ixelles Éditions, 256 pages, 2012.

—-
Sur le web.

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • Allez faire comprendre cela en France ou l’intoxication au marxisme-conservateur est tenace!Il nous faut vraiment une fox news Française!

  • Il faut simplement des journalistes éduqués correctement. Quand on parle de pluralité des sources d’informations: cela commande de bosser sur des sources multiples. Cela demande aussi de transpirer. Mais il y a plus simple: adopter un seul cadre d’analyse (ah ben tiens ca correspond á celui des politiques comme par hasard) ou on mouline sans réflechir tout événement même superficiel.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Si le renouveau revendiqué par Emmanuel Macron pour son second mandat présidentiel signifie qu’il ambitionne de renouveler, au sens de reconduire, le « quoi qu’il en coûte » budgétaire des années précédentes, on peut dire que le Projet de loi de finances 2023 ou PLF 2023 présenté lundi dernier en Conseil des ministres répond à merveille à cette ambition. Il n’est que de comparer les avis successifs de la Cour des comptes ou du Haut Conseil des Finances publiques (HCFP) rendus chaque année sur le sujet pour s’en convaincre.

Avec une rég... Poursuivre la lecture

2
Sauvegarder cet article

En France, le capitalisme n’a pas bonne presse. S’il est aisé de trouver des dizaines d’articles expliquant comment il détruit l’environnement ou comment il enrichit sans cesse les plus riches, il est plus difficile d’en trouver qui expliquent comment il a sorti l’Occident (et maintenant une partie de l’Orient) de la misère agricole et permis une progression des niveaux de vie absolument inédite dans l’histoire de l’humanité.

Une partie de ces critiques provient d’une mauvaise compréhension de ce qu’est le capitalisme, qui est assimilé... Poursuivre la lecture

En règle générale, on peut connaitre l’idée globale d’une loi aux États-Unis à son titre.

Dans la (quasi) totalité des cas, il indique ce que la loi ne fera pas. Le Patriot Act, par exemple, était tout sauf patriotique, il a augmenté la main de fer de Big Brother comme jamais auparavant et a normalisé le harcèlement sexuel (et le voyeurisme) pour prendre l’avion.

Idem avec la loi récemment adoptée pour « combattre » l’inflation. Votre main à couper qu’elle fera tout sauf ça – même ses défenseurs sont incapables de défendre ce po... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles