La SNCF se remet sur ses rails

RFF avait été séparé de la SNCF. Les cheminots obtiennent le retour à la fusion.

RFF avait été séparé de la SNCF. Les cheminots obtiennent le retour à la fusion.

Un article de l’aleps.

S’il est une corporation qui a toute la sympathie du peuple, c’est celle des cheminots. Sous l’impulsion de la CGT et Sud Rail, elle dispose d’un moyen de pression sans égal : les grèves, surtout au moment des grandes migrations de l’été et des fêtes. Dans les défilés qui les accompagnent, drapeaux rouges déployés, les cheminots ne cessent depuis des années de clamer leur revendication prioritaire : revenir sur la séparation de 1997 entre Réseau Ferré de France (RFF), qui gère les voies et les infrastructures, et la SNCF, qui est le transporteur.

L’origine de cette séparation est double. D’une part, l’état du rail français est catastrophique car, depuis des décennies SNCF n’a rien fait pour entretenir ses équipements, l’argent allant vers la masse salariale plutôt que vers l’investissement. Remettre les installations en état représentait un investissement considérable, à ajouter à la dette accumulée par la SNCF. On a donc évacué les dettes de la SNCF (20 milliards) en les déchargeant sur RFF. D’autre part, RFF devait commercialiser l’usage de ses rails en y faisant circuler des transporteurs étrangers, tant pour les marchandises que, depuis l’an dernier, pour les voyageurs : voilà une concurrence qui n’était guère dans la logique du « service public ».

Pour éviter ce déraillement dangereux, il fallait refondre les deux entreprises en une seule, plus facile à « contrôler » par les forces démocratiques syndicales. Depuis le 20 octobre c’est chose faite. Reste à savoir où trouver 32 milliards… Contribuable ? Voyageur ? Expéditeur ? De plus, Bruxelles n’a pas encore dit son mot : cette fusion est illégale.

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