Le rapport inutile d’un certain Gallois

Les propositions pour restaurer la compétitivité du rapport de Louis Gallois sont sans risques et sans vertus.

Les propositions pour restaurer la compétitivité du rapport de Louis Gallois sont sans risques et sans vertus.

Par Guy Sorman.

Le choc de compétitivité suggéré par le rapport Gallois élude la question centrale de la société française : la disparition de l’emploi privé. Même les diplômés ne trouvent plus de travail.

La raison principale en est la quasi interdiction de licencier. Donc, aucun entrepreneur ne prend le risque de recruter. Ce sous-emploi à quoi s’ajoute la restriction autour des 35 heures du temps de travail autorisé, réduit la capacité de production des Français : telle est la cause de la stagnation qui, à son tour aggrave le chômage.

Baisser le coût du travail pour l’entreprise ainsi que le propose Gallois, et déplacer la charge de la protection sociale sur le contribuable-consommateur, réduirait la demande interne, sans augmenter la production ni le nombre d’emplois.

Et Gallois  ne s’interroge pas sur la charge globale de la protection sociale, ni sur les indemnités, ni sur la fraude : il considère ce poids comme constant. N’est-il pas envisageable qu’il puisse être réduit par exemple en introduisant la concurrence entre plusieurs systèmes de solidarité ? La Sécurité sociale est un monopole : pourquoi serait-il efficace ?

Gallois élude tous les tabous socialistes : ses propositions sont sans risques et sans vertus.

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