Népotisme à l’Epad ? Il y a plus grave sur Amin Khiari

Amin Khiari (Image reprise de LinkedIn)

Une affaire plus grave que celle de Jean Sarkozy, puisque Amin Khiari a déjà été épinglé pour des dérives dans sa gestion des fonds publics.

Une nouvelle affaire Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD ? C’est ce qu’affirme le journal Le Point sur son site internet. Mais l’affaire semble bien plus grave que cela, puisque Amin Khiari, le candidat favori du gouvernement selon le journal a déjà été épinglé par la cour des comptes régionales.

Par Alexis Vintray.

Amin Khiari (Image reprise de LinkedIn)

Selon le site internet du journal Le Point, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault serait sur le point de nommer à la direction de l’établissement Amin Khiari, 35 ans et fils de la vice-présidente PS du Sénat Bariza Khiari. Une nomination qui fleurerait bon le népotisme si elle était confirmée, à peine trois ans après la polémique sur le parachutage avorté de Jean Sarkozy à la présidence du même établissement, renommé Epadesa depuis.

Mais on est en droit de se demander si les accusations de népotisme ne ratent pas l’essentiel. Car, si Le Point note le népotisme évident, la presse française oublie le plus grave.

Philippe Chaix, actuel directeur général de l’Établissement public de la Défense, est mis en cause pour sa gestion par un rapport de la Cour des comptes. Pourtant, Amin Khiari, celui qui est pressenti pour le remplacer, a lui aussi été visé par les mêmes accusations et a été licencié en octobre 2010 de son poste de directeur général du Pôle Universitaire Léonard de Vinci pour « carences dans sa gestion » à la suite d’un rapport de la Cour régionale des comptes.

Comme Amin Khiari l’écrit lui même sur son profil Linkedin, il a été directeur général du Pôle Universitaire Léonard de Vinci entre 2005 et 2010. Soit la période visée par ce rapport choc de la Cour régionale des comptes d’Île de France sur la gestion du pôle universitaire Léonard de Vinci.

Ajout : En réalité, contrairement à ce qu’il écrit sur son profil LinkedIn, Amin Khiari n’aurait en fait pas été directeur du pôle de 2005 à 2010, mais uniquement de 2008 à 2010, et a probablement exercé d’autres responsabilités dans l’établissement avant 2008, ce qui l’exonère d’une partie des faits cités dans le rapport de la Cour. Il a toutefois bien été licencié, selon différentes sources, pour « carences dans sa gestion », à la suite de ce même rapport et d’un autre du département des Hauts de Seine.

La lecture du rapport (Rapport de la Cour des comptes) sonne comme une liste à la Prévert de toutes les façons de gaspiller l’argent du contribuable. En voici quelques extraits, couvrant la période de l’audit de la Cour :

  • accumulation de déficits ;
  • conditions extrêmement favorables que la direction s’accorde à elle-même : « poids financier de mesures particulièrement avantageuses prises en faveur des salariés occupant des fonctions de responsabilité » ;
  • gaspillage d’argent public : « Les études diverses commandées à des prestataires extérieurs ont été nombreuses, alors que l’association disposait de collaborateurs dont les compétences auraient pu être mobilisées dans certains cas » ;
  • abus de bien public : « Les frais de réception pourraient être assurément réduits, si les dépenses ponctuelles de prestige étaient supprimées ou si l’association cessait de prendre à sa charge les frais de repas exposés à l’occasion d’événements d’ordre privé. » (nous passons sur les exemples choquants cités par la Cour et qui sont dans le rapport) ;
  • un établissement d’enseignement qui ne vit que par et pour sa bureaucratie : « le personnel administratif est numériquement plus de deux fois plus important que le personnel enseignant, qui, de plus, est souvent employé à temps partiel. » (149 versus 64). Doivent être ajoutés aux administratifs des prestataires pour un équivalent « temps plein de 101,6 personnes. »

Cela sans mentionner le souvenir discutable qu’il a pu laisser de son passage au Pôle Universitaire Léonard de Vinci , selon cet article d’archive du Parisien que nous avons retrouvé (texte plus bas) :

Cible : le directeur général, Amin Khiari. Invisible depuis la rentrée, déclaré officiellement « indisponible », ce dernier a en fait été mis à pied début septembre. Motif : « des carences dans sa gestion », assure Charles Pasqua. Sa procédure de licenciement est en cours. Plus largement, le fondateur du pôle lui reprocherait de « ne pas bosser »

Même si Charles Pasqua assure qu’il n’en est rien, difficile de ne pas rapprocher cette reprise en main avec de dérangeantes informations qui commencent à filtrer sur les deux audits en cours sur le Pulv. Tout comme le rapport de la chambre régionale des comptes, l’audit du conseil général qui doit être rendu public lors de la séance de rentrée de l’assemblée départementale le 22 octobre pointe une série de dysfonctionnements, dont certains peuvent être assimilés à des erreurs de gestion..

Ajoutons à cela que ce diplômé de l’Essec, sorti en 2000 et qui ne liste comme seule expérience professionnelle que son passage au Pôle Léonard de Vinci, semble bien jeune et peu expérimenté pour un poste d’une telle ampleur. En effet, à la différence de la présidence que convoitait Jean Sarkozy, il s’agit de la direction de l’organisme, qui implique des responsabilités bien plus grandes.

Selon le cabinet de Cécile Duflot, tout cela ne pose aucun problème puisque le même Amin Khiari « a un bon profil, avec une bonne connaissance du milieu des affaires et des politiques de la Défense ». Voilà un mépris pour les contribuables et la bonne gestion de leur argent qui est particulièrement choquant…

Ajout : suite à notre article, le profil Linkedin a été mystérieusement supprimé et un autre, corrigé, créé. Voici une copie d’écran du premier que nous avons eu la prudence de faire en anticipation d’une telle réaction.

 

Le profil corrigé, disponible ici, reste toutefois faux puisque Amin Khiari a été mis à pied bien avant octobre 2010 selon les informations citées plus haut…