Qui sont les vrais responsables de la crise ?

Les Etats, les partis et les médias qui les servent ont réussi un incroyable tour de force: faire croire au grand public qu’ils ne sont pas les responsables de la crise.

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Qui sont les vrais responsables de la crise ?

Publié le 5 septembre 2012
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Les États, les partis et les médias qui les servent ont réussi un incroyable tour de force : faire croire au grand public qu’ils ne sont pas les responsables de la crise.

Par Pierre Chappaz.

Une cible facile mais à côté du sujet?

Les États, les partis et les médias qui les servent ont réussi un incroyable tour de force : faire croire au grand public qu’ils ne sont pas les responsables de la crise.

La théorie dominante veut que la crise soit due à un « manque de contrôle des marchés financiers ». Facile, puisque le public a surtout compris qu’il fallait renflouer en catastrophe des banques au bord de la faillite. Mais le problème des banques était-il la cause, ou bien plutôt la conséquence de la crise ?

Vladimir Vodarevski explique très bien la supercherie sur son blog, démontrant en particulier que la fameuse dérèglementation des marchés financiers est largement un mythe. Je vais le compléter sur certains points, et vous dire comment je comprends la crise. Je peux me tromper, mon point de vue est certainement partiel, mais j’y ai beaucoup réfléchi et j’ai envie de partager cette réflexion avec vous.

« Providence » à Crédit

La crise de la dette traduit évidemment l’épuisement d’un modèle de croissance à crédit impulsé par les « États-providence » depuis plusieurs décennies.

Les États occidentaux en sont venus à mériter ce titre d’État-providence, et même à le revendiquer. Les gouvernants sont tellement fiers de faire le bien autour d’eux, tels des pères Noël qui officieraient toute l’année en distribuant leurs cadeaux aux électeurs : aides, allocations, subventions, soutien, prêts, recrutement de fonctionnaires, etc.

Ces largesses, destinées avant tout à assurer la réélection des pouvoirs en place, ont été financées par des hausses régulières d’impôts et de charges sociales, au point que dans les pays les plus collectivistes, les dépenses de l’État représentent désormais plus de la moitié de l’ensemble de l’économie. Il est plus facile d’augmenter les dépenses que d’augmenter les impôts, donc malgré la montée des prélèvements, certains pays se sont accommodés d’un déficit budgétaire permanent.

La dette montait un peu plus chaque année, tout doucement… on pouvait bien reporter le problème à plus tard…

Et puis, Ben Laden est arrivé.

11 Septembre 2001 : Top départ de la Bulle de crédit

Quand Ben Laden a percuté les tours à New York en 2001, Wall Street s’est effondré. Pour éviter la faillite du système américain, la Banque Fédérale américaine, la Fed, un organisme étatique, a aussitôt encouragé les Américains à emprunter et à consommer, en baissant radicalement ses taux d’intérêt jusqu’à un point bas de 1% en 2003 ! 1%, cela signifie en réalité un taux négatif, compte-tenu de l’inflation.

Baisse radicale des taux par la réserve fédérale américaine après le 11 septembre 2001. Remontée progressive à partir de 2004 jusqu’au crash de 2008. Depuis, les taux sont à zéro, pour essayer de ranimer une économie moribonde.

La réaction de la Fed au 11 Septembre 2001 donne le top départ d’une gigantesque bulle de crédit, en particulier dans l’immobilier. Tout le monde veut acheter un logement puisque le crédit est gratuit. S’endetter semble être d’autant plus une bonne affaire, qu’avec la hausse continue des prix des logements les foyers américains obtiennent facilement des rallonges de crédit, pour payer l’équipement de la maison, la voiture, etc.

En 2004, la Fed commence à remonter ses taux pour lutter contre l’inflation. Il est déjà trop tard, la mal est fait, la bulle immobilière a pris de telles proportions que personne ne veut qu’elle se dégonfle. Le gouvernement américain pousse alors les organismes semi-publics de financement des crédits immobiliers (Freddy Mac et Fanny Mae) à prêter à tout va, sans considération de la solvabilité des emprunteurs.

Un grand nombre de foyers américains se retrouvent surendettés, ce qui n’était pas un problème tant que l’immobilier était en hausse…

Mais avec la remontée des taux d’intérêt à partir de 2004, acheter un logement devient plus couteux, et pour les foyers endettés le poids des remboursements devient insupportable. Ce phénomène se produit de manière cyclique sur le marché de l’immobilier, il s’est produit de même récemment en Espagne, en Irlande, etc.

Bref, en 2007 et 2008, le marché immobilier américain se met à craquer… Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers est en faillite.

Une bulle de taille exceptionnelle

La différence avec les cycles précédents, c’était la taille de la bulle. Des milliards de dollars de prêts immobiliers, enrobés dans les subprimes pour faciliter leur revente entre organismes financiers, se sont trouvés soudain sans valeur, car il est devenu évident que les foyers surendettés ne pourraient pas rembourser.

Les subprimes ont fait exploser le système bancaire.

Pour éviter une autre contagion et l’effondrement du système monétaire, les États ont alors décidé de secourir les banques, puis de tout faire pour ranimer l’économie : les banques centrales ont baissé leurs taux à zéro ou presque, les gouvernements ont lancé de coûteux plans de relance….

Depuis 2008, les gouvernements se sont en réalité substitués aux consommateurs pour emprunter comme des fous et dépenser à tout va.

Et la dette des États, qui était déjà impressionnante avant la crise, a dépassé les limites du raisonnable.

L’Euro

Je ne vais pas aborder en détail les spécificités de la crise de l’euro. Pour faire simple, pendant des années, les pays-cigales du Sud de l’Europe ont bénéficié de taux d’intérêt très bas, grâce à la politique de la Banque centrale européenne (organisme supra-étatique), et à la naïveté des marchés qui ont crédité ces pays de la même solidité que les pays-fourmis d’Europe du Nord, en particulier l’Allemagne.

Les pays d’Europe du Sud souffrent l’un d’une crise immobilière semblable à celle des États-Unis (Espagne), l’autre d’une dette astronomique (Italie, Grèce), mais la cause de leurs problèmes est toujours la même : l’action de gouvernements clientélistes, prêts à acheter leur réélection à crédit.

Depuis trois ans, le cache-sexe de l’euro ne protège plus la Grèce, l’Espagne, le Portugal ou encore l’Italie. Ces pays voient leurs taux d’intérêt monter, parce que presque plus personne ne veut leur prêter de l’argent. Les risques de n’être jamais remboursé sont trop importants.

On constate ainsi que la bulle de crédit créée par l’euro aboutit à une situation similaire à celle des États-Unis : des États au bord de la faillite, des banques moribondes, une économie en panne.

Cure d’amaigrissement pour les États obèses

Nous avons vu que la crise résulte bien de la dérive de nos sociétés sous l’influence d’un étatisme excessif et irresponsable. Il n’est plus possible de feindre d’ignorer la gravité de la situation : les États obèses devront suivre une longue cure d’amaigrissement.

Je ne vois pas comment cette crise pourrait être surmontée sans revoir radicalement les missions de l’État, qui doit se concentrer sur les domaines où il est irremplaçable (sécurité, justice, diplomatie…), et pour le reste, laisser les citoyens comme les entreprises mener leur vie librement.

Les politiques auront du mal à cesser de distribuer des cadeaux à crédit aux électeurs. S’ils n’en sont pas capables, la situation s’aggravera encore jusqu’à ce que le système explose pour de bon, à moins que des techniciens ne les remplacent aux commandes in extremis, comme c’est le cas en Italie.

Aux citoyens de réapprendre à vivre avec moins d’assistanat, plus de travail et de responsabilité, et une vraie solidarité, volontaire, celle d’une communauté d’hommes libres.

L’État n’est pas la solution, c’est le problème. (Ronald Reagan)


Sur le web

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  • La FED n’est pas un organisme étatique : c’est un organisme privé.

  • « Quand Ben Laden a percuté les tours à New York en 2001, Wall Street s’est effondré. Pour éviter la faillite du système américain, la Banque Fédérale américaine, la FED…a aussitôt encouragé les Américains à emprunter et à consommer, en baissant radicalement ses taux d’intérêt jusqu’à un point bas de 1% en 2003 ! »

    La FED me semble-t’il est aussi intervenue pour pallier l’éclatement de la bulle des technos qui « menaçait », selon elle, la croissance économique.

  • Fannie et Freddie sont des entreprises privées mais aussi des GSE ce qui signifie qu’ils ont bénéficié d’une garantie implicite du gouvernement américain. De même, diverses lois les ont poussé à privilégier le rachat de crédits envers certains ménages plus pauvres ( sur des facteur ethniques souvent il faut le dire). Il faut savoir qu’à la veille de la crise Fannie et Freddie rachetaient 60% des crédits immobilier.

    Pour répondre à la question de l’article, les responsables sont la FED (Greenspan et Bernanke), les administrations BUSH fils, Clinton, Carter, Fannie et Freddie, certaines agences de notations qui ont mal fait leur boulot (elles sont aussi protégées par les réglementations Bâloises) etc.

  • Il faut dépolitiser le rôle de la monnaie, fondement du pouvoir des politocards et de leurs folies.

    • Voie sans issue, comme un grizzly devant une barrique de miel bien fermée, les politiciens finiront toujours par s’emparer de la monnaie.
      Étalon-or ? Ils l’assoupliront puis l’aboliront.
      Obligation de passer par les banques privées ? Ils les asserviront.

      La solution est la démocrarie directe: Le peuple peut contenir la folie des politiciens.
      Écoutez le conférence d’Yvan Blot intitulée « Le pouvori irresponsable », sur Dailymotion.
      Une fois la démocratie directe en place, les politiciens sont défnitivement sous le contrôle du peuple.

  • Je ne suis pas sûr de l’analyse des mécanismes (l’implication de l’État US dans l’immobilier remonte aux années 90, la syndicalisation des fonctionnaires, Medicaid et Medicare aux décennies antérieures…), mais c’est assez peu important: cela se ramène à l’État-providence.

    Mais il faut aller plus loin: Ce problème lui-même résulte d’un changement des mentalités. Si on ne fait pas ce constat, on se condamne à voir le libéralisme continuer d’être rejeté simplement par égalitarisme et confusion entre charité et abolition des responsabilités.

    Voyez avec quelle obstination tant de gens nient l’évidence des conséquences délétères de ces choix.
    Il faut ressusciter dans la population une morale vraie, qui puisse contrer ces fadaises, et non pas seulement attirer leur attention sont des conséquences économiques qui nous font passer pour matérialistes.
    L’enjeu est donc religieux, des gens sérieux l’ont déjà dit (Malraux 1956, Philippe Némo…)

    Par ailleurs je suis convaincu que les catastrophes entraînées par la mainmise de l’État et de l’oligarchie et féodalités qui le parasitent, surout depuis qu’il usurpe ce qui revient à Dieu, peut être contrôlé par la démocratie directe.
    Il faut absolument écouter la conférence d’Yvan Blot sur le pouvoir irresponsable (sur Dailymotion).

    Enfin, et quitte à provoquer l’indignation des conformistes relativistes, je dirais ceci à propos du 11-septembre: C’est l’irruption en Amérique de la violence politique endémique du monde musulman. Qui sait ce que subissent les minorités, les femmes, ou les « mécréants » du Pakistan à l’Arabie en passant par l’Indosénie, l’Égypte, l’Iran ou le Nigéria, ne peut pas s’étonner de ce que le contact entre un monde musulman et monde libre soit explosif (d’ailleurs le fondateur des Frères musulman a réagi à l’horrteur causée en lui par un séjour aux États-Unis et la liberté qui y régnait…)

    • « Qui sait ce que subissent les minorités, les femmes, ou les « mécréants » du Pakistan à l’Arabie en passant par l’Indosénie, l’Égypte, l’Iran ou le Nigéria, ne peut pas s’étonner de ce que le contact entre un monde musulman et monde libre soit explosif  »

      Réponse de mon épouse malaisienne chinoise: effectivement vous ne savez pas ce que sait d être une femme appartenant à une minorité ethnique et religieuse dans un pays musulman!

  • L’état providence doit se limier a fournir un filet de sécurité suffisant conte les « accidents de la vie »du type : allocation universelle, assurance santé , bon de formation , logement , aide pour les personnes handicapée-ou dépendente point barre!Ce qui n’est pas le cas dans les pays du sud qui ont des états providence sur-dimensionnés et corporatistes!Résultat: clientélisme, dette et faillite!Sur un air de sirtaki ou de flamenco c’est suivant!

  • Que ne faut il pas lire comme conneries sur ce site ! En même temps, ça se saurait si les prétendus libéraux étaient intelligents !

    • On va s’amuser avec toi, cher « Vive Marx! » Tu veux te faire du libéral? Sors tes arguments. Vas-y, mon gaillard. Make my day!

    • @Vive Marx (ahh, ça m’arrache les ongles de taper ça)

      C’est vrai qu’il y a des commentaires franchement très con 🙂

      Ok, c’est vrai, on sait pas mettre le feu à un pneu, ça montre à quel point un libéral est franchement abruti.

      C’est marrant , y a toujours un troll ou deux qui passent, tels une comète, et qu’on revoit jamais

  • Théorie intéressante mais qui repose sur des hypothèses fausses, donc fausse.

    Parler d’état providence pour parler après des États-Unis, c’est méconnaître profondément l’accroissement des inégalités ces 20–30 dernières années et en particulier ces 10 dernières années.
    http://stateofworkingamerica.org/who-gains/#/?start=1998&end=2008
    https://www.nytimes.com/imagepages/2011/09/04/opinion/04reich-graphic.html
    http://www.les-crises.fr/50-chiffres-incroyables-usa/

    Quant à la hausse des dépenses et des impôts c’est un pur fantasme :
    https://en.wikipedia.org/wiki/File:Revenue_and_Expense_to_GDP_Chart_1993_-_2008.png

    On pourrait montrer la même chose pour la France où les recettes ont plutôt baissé.

    • La théorie est basée sur les bulles causées par des taux d’intérêt maintenus artificiellement bas et les subprimes provenant des interventions étatiques. Vous éludez le problème et répondez sur les inégalités. Bien mal d’ailleurs puisque vos sources font l’erreur classique de ne pas prendre en compte les personnes changeant de classe :
      http://www.contrepoints.org/2012/05/02/81522-des-pauvres-toujours-plus-pauvres
      Quand aux dépenses publiques, à 24% du PIB (uniquement pour l’Etat fédéral), il atteint effectivement un pic historique (hors WWII) ces 3 dernières années, et ce d’après vos propres sources.

      • J’ai dû rêver cette phrase, alors « La crise de la dette traduit évidemment l’épuisement d’un modèle de croissance à crédit impulsé par les « États-providence » depuis plusieurs décennies. » ainsi que les paragraphes qui suivent.
        Je dis donc que s’il y a état providence je ne comprends pas pourquoi il y a tant de pauvreté et une telle augmentation des inégalités… Un état providence devrait avoir tendance à corriger ce genre de choses.

        J’avais omis de préciser (ça me paraissait bêtement évident) que la courbe des dépenses et recettes était à considérer hors crise. Puisqu’on est en train de parler des causes de la crise… on ne peut donc pas inclure la conséquence dans le raisonnement !

        • @ Factsorry

          Un État-Providence engendre la pauvreté. Vous qui vous dîtes à l’écoute des faits et des faits seulement (  » fact sorry » ), vous me surprenez.

          Contrepoints est là pour vous éclairer à ce sujet.

        • L’auteur parle des « États occidentaux », et pas uniquement des USA.
          Regardez l’historique des dépenses publiques totales :
          1 870 1913 1920 1937 1960 1980 1990 1996 2007 2011
          France 12,6 17,0 27,6 29,0 34,6 46,1 49,8 55,0 52,6 56,2
          Royaume-Uni 9,4 12,7 26,2 30,0 32,2 43,0 39,9 43,0 43,9 49,8
          États-Unis 7,3 7,5 12,1 19,7 27,0 31,4 32,8 32,4 36,9 41,9
          http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/approfondissements/depenses-publiques-depuis-siecle.html
          http://www.oecd.org/document/61/0,3746,en_2649_37443_2483901_1_1_1_37443,00.html
          Quant à la croissance à crédit, elle est assez claire vu la crise de la dette actuelle. Passage de 18 000 Mds$ à 43 000 Mds$ entre 2011, et encore le niveau est sous-estimé.

          • Je ne dois décidément par lire le même article que vous autres. Si l’auteur parle bien d’états occidentaux au début, la suite m’a l’air plutôt concentrée sur les États-Unis. Comme je ne me voyais pas chercher les statistiques pour tous les états occidentaux, je me suis dit qu’il était plus pertinent, quitte à en choisir un seul, de prendre les États-Unis.

            Navré mais les dépenses des États-Unis sont plutôt stables : http://www.usgovernmentspending.com/spending_chart_1989_2017USp_13s1li111mcn_F0t
            Idem pour les recettes : http://www.usgovernmentrevenue.com/revenue_chart_1989_2017USp_13s1li111mcn_F0t

          • @ Facstory

            « Comme je ne me voyais pas chercher les statistiques pour tous les états occidentaux, »

            Vous devriez. Vous seriez surpris 😉

            Sinon, voici un graphique qui montre l’évolution des dépenses du gouvernement fédéral aux USA (ce ne sont donc pas toutes les dépenses publiques): http://en.wikipedia.org/wiki/File:Us_gov_spending_history_1902_2010.png

            Enfin, il y a un deuxième facteur qui rentre en compte: l’inflation réglementaire, et notamment l’hyper inflation réglementaire dans le secteur financier qu’ont connu les USA (et d’autres) dans les années 90 et 2000.

          • @ Factsory

            De toutes façons, la coeur de la théorie expliquant la bulle et la crise, la théorie dite « autrichienne » des cycles économiques, ne repose pas sur sur les dépenses publiques (bien que leur hausse soit en général le deuxième effet kiss cool) mais sur le système de banque centrale monopolistique fixant des taux directeurs inférieurs à ce que les économistes de l’école autrichienne appellent le taux « naturel ».

        • Vous liez pauvreté et inégalité ce qui n’est pas la même chose. Pour ce qui est de l’Etat Providence américain il se manifeste à travers divers organismes comme Medicare ou la Social Security. Sans compter une pléthore d’organismes locaux et non fédéraux. Ils sont certes pas aussi développés qu’en Europe mais ils existent. Enfin, des organismes comme Fannie et Freddie étaient certes privés mais avaient des objectifs sociaux comme faciliter l’accession à la propriété pour les ménages les moins aisés (en particulier selon des facteurs ethniques). Ils sont les principaux responsables de la bulle immobilière américaine avec la FED.

          Bref, une politique sociale ne se limite pas à son budget ou à ses résultats. Des lois, réglementations et organismes, Banque centrale (hors budget fédéral) peuvent également en être les instruments.

          • Pauvreté et inégalité ce n’est pas la même chose, on est bien d’accord. Mais ça n’empêche pas qu’il puisse y avoir un lien entre les deux. En l’occurrence le fait que les revenus des plus riches augmentent tandis que celui des plus pauvres stagne (voire diminue) ne contribue pas à réduire les inégalités ni à réduire la pauvreté (mais plutôt à l’augmenter).

            Vous avez raison il y a malgré tout des organismes sociaux aux États-Unis. Cela étant, mon propos était de dire que ce n’est pas le pays où ils sont les plus présents (loin de là), ça ne donne pas de très bons résultats pour autant et, d’après l’auteur, ça n’a pas empêché la crise de venir de ce pays…

          • @ Factsory

            Les politiques visant à réduire les inégalités ont pour résultat de faire baisser la richesse globale, et en générale d’augmenter la pauvreté…

          • @Factsory
            La thèse de l’auteur est la suivante :
            Les dépenses publiques ont augmenté un peu partout dans les pays occidentaux (cf les chiffres précédemment cités contenant 140 années d’historique) dans le sillage de l’accroissement de l’Etat-providence. Les recettes ayant cru de manière moins rapide que les dépenses (par facilité politique) et cela a généré de la dette.
            S’ensuit le 11/09 et la baisse des taux de la Fed. Les taux d’intérêt maintenus artificiellement bas créent une bulle (cf théorie autrichienne des cycles économiques). Cette bulle se forme dans l’immobilier où se font énormément de subprimes à cause de la garantie quasi-étatique des GSE Fanny et Freddie. La bulle explose et l’endettement des Etats ne leur permet plus de faire face. Les investisseurs s’inquiètent de leur exposition aux obligations d’Etat, commencent à regarder leur solvabilité et à refuser de prêter aux plus mal en point.

          • @Factsory
            En bon socialiste, vous ne voulez voir que ce que l’État fait, or la solidarité privée aux US est encore importante – malgré les efforts de l’État fédéral pour nationaliser complètement ce secteur.

            Par ailleurs les dégâts causés par le socialisme vont bien au-delà du taux de prévlèvement: Ce sont les politiciens qui ont créé Fanny Mae et Freddie Mac et les ont manipulés pour que les banques prêtent à tort et à travers (non sans quelques pressions, voire des lois, pour les y obliger directement).

            Par ailleurs les politiciens socialistes ont effectivement asservi le système bancaire privé, qui depuis la fin de l’étalon-or était supposé les empêcher de s’approprier toutes les ressources au service de leurs lubies et/ou de leurs clientèles.
            Le système bancaire devait être le gardien des politiciens: Ils l’ont perverti.

            C’est pourquoi je pense qu’il est vain de chercher à leur soustraire le contrôle de la monnaie par quelque diposition: Ils réussiront à se libérer de tout carcan, et pervertiront tout gardien.

            Une seule solution: Un contrôle populaire en amont, pour empêcher les dérives mégalomanes des politiciens socialistes.
            La démocratie directe le permet, comme Yvan Blot le montre dans sa conférence « Le pouvoir irresponsable » (sur dailymotion).

        • « Un état providence devrait avoir tendance à corriger ce genre de choses. »

          Quel âge avez-vous pour croire encore au père Noël ? L’Etat providence n’aide pas les pauvres, mais ceux qui sont chargés de le faire fonctionner.

          • Ben dîtes, quel accueil, je ne pensais pas avoir autant de gens autour de moi 🙂

            À tous :

            On va éviter de se balancer des graphiques continuellement. L’intérêt des deux derniers que j’ai donné, c’est qu’il s’agit du budget total. Oui on peut remonter à la préhistoire si on veut aussi mais je ne suis pas sûr que ça contribue à grand chose… D’ailleurs, la crise de 29 n’a pas été évitée malgré des dépenses bien moindre. Quant au niveau de dépense actuel, il est à ce niveau-là depuis une vingtaine d’années.
            Mais mon propos était de dire :
            1. Parler d’état providence pour les États-Unis, c’est un peu fort de café. À ce propos, voici un graphique qui montre les indices de Gini de différents pays avant et après redistributions : http://drgoulu.com/2009/03/21/combien-dinegalite/ (en bas de page). Un pays où il y a peu d’évolution entre le avant et le après, ce sont les États-Unis — on peut le regretter ou s’en féliciter, mais le terme état providence ne me semble pas refléter la situation.
            2. Parler de hausses régulières d’impôts est également faux, en particulier pour les États-Unis, je l’ai montré avec un graphique précédent.

            Volontairement, je n’ai rien dit sur la suite de la théorie présentée, pour ne pas avoir un message à rallonge, et pour que le débat ne parte pas dans tous les sens. Cela dit j’aurais des choses à redire dessus aussi. Mais je me contente des deux points ci-dessus 🙂

          • Bon allez OK, les États n’ont pas du tout du tout dépensé plus que de raison, ils ne sont pas du tout surendettés (ça c’est la faute au méchant vilain marché spéculateur de la finance mondiale), il n’y a pas eu du tout de taux directeurs trop bas ayant abouti à des malinvestissements, Fannie Mac et Freddy Mae n’ont pas du tout été sommé de faire toujours plus de subprimes par le gouvernement américain, le CRA n’a eu aucun effet, les smart grow policies (lois de zonage) n’ont évidemment joué aucun rôle dans la bulle de l’immobilier, la finance a été méga-hyper-giga-dérégulé etc.

            Non, tout ça c’est la faute à l’ultra-néo-méga-hyper-giga-libéralisme capitaliste sauvage piloté par la Société du Mont Pèlerin qui a pour but de rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres et de détruire les services public.

          • Et sans les fautes, ce serait mieux…

          • @MATEO
            L’exemple du scandale du LIBOR est éloquent commevous le dite si bien :
            « (ça c’est la faute au méchant vilain marché spéculateur de la finance mondiale) »
            Surtout que dans ce cas précis il n’y avait aucune reglementation, comme dans un rêve de libéral !

          • @ Citoyen

            Toujours aussi bête, inculte et insultant. Regarde un peu qui ont été parmi les premiers à dénoncer le scandale. Allez, je prends les 3 premiers que j’ai trouvés, et ce ne sont pas les plus anciens (avec en prime un petit billet de h16 que tu détestes tant):
            http://www.zerohedge.com/news/manipulation-and-abuse-confirmed-350-trillion-market
            http://www.contrepoints.org/2012/07/02/89046-libor-les-raisons-dun-scandale
            http://www.contrepoints.org/2012/05/07/82204-le-plus-grand-scandale-financier-de-tous-les-temps

  • On dit toujours que c’est la faute des subprimes mais on ne parle jamais des dépenses militaires notamment en Iraq et Afghanistan qui ont plombé les finances étatiques.

  • « Parler de hausses régulières d’impôts est également faux, en particulier pour les États-Unis, je l’ai montré avec un graphique précédent. »

    La moitié des ménages américains ne paie pas l’impôt fédéral sur le revenu. Pas très libéral comme mesure n’est-ce pas ?

  • En quoi suis-je insultant et en quoi le monde de la finance serait-il dédouané par vos commentaires de libéraux à oeillères, de sa responsabilité et de ces abus dans un espace de « liberté » qui c’est transformé en un lieu d’ententes à plusieurs dizaines de banques pour s’enrichir au dépend des emprunteurs.

    Vous dépensez beaucoup trop de mauvaise foi pour soutenir ce monde immoral au regard du monde des vrais entrepreneurs et de la vraie économie !

    • @ Citoyen
      Le B.A.BA de la démarche scientifique, c’est de faire en sorte que nos théories ne soient pas réfutées par les faits. C’est pourtant ce qui se passe avec vos thèses martelées ad nauseam : la réalité les dément. Entre le politiquement correct et le vrai, que choisissez-vous?

      • @Jeffrey
        « la réalité les dément. »

        Qu’elle réalité qui dément quoi ?, la « démarche scientifique » impose aussi d’être précis.

        • Votre blabla sur la finance prétendument déréglementée.
          Et Mateo vous répond déjà avec précision. Moi, je ne fais que vous offrir le choix entre la pilule rouge et la pilule bleue. La pilule rouge (la réalité) ou la pilule bleue (le politiquement correct)?

          • @Jeffrey et Mateo

            Je vois que vous êtes toujours aussi évasif,
            Le blabla c’est l’affaire du LIBOR que vous ne connaissez visiblement pas, c’est donc la pilule rouge que je prend.

            Cette affaire démontre par les faits et à grande échelle, que le monde de la finance et la non réglementation ne font pas bon ménage.

            Vous pouvez donc remercier ces gens là d’avoir fait explosé en vol vos théories sur la déréglementation de la finance.

            Je pense sincèrement que les libéraux ont tords de défendre l’indéfendable (le monde de la finance), c’est politiquement suicidaire, surtout que des affaires comme le LIBOR il y en aura d’autres.

            De plus, Mateo ne répond pas avec précision il dit
            « Regarde un peu qui ont été parmi les premiers à dénoncer le scandale  »

            Et moi j’évoquais les raisons du scandale lui-même, c’est ce qu’on appele faire diversion et c’était en plus des gentils insultes.

            Jeffrey, soyez plus objetif ou plus « scientifique » !

  • @ Citoyen

    Les articles que vous propose Mateo ils sont là pour faire joli?

    Vous avez la chance de vous instruire et vous préférez votre mol oreiller inculte et conformiste.

    • Jeffrey,
      Félicitation !
      Vous pratiquez admirablement bien la rhétorique de l’anguille.

      • Lisez les articles, et méditez.
        Tout est là dedans, j’ai la flegme – je reconnais – de vous faire un résumé de toute façon inutile. Avec vos œillères de social-démocrate, vous avez besoin d’une confrontation directe. Lisez, hein; ne survolez pas.

  • Excusez la rudesse de mon commentaire, ou je suis vraiment « CON » et je n’ai rien compris a votre analyse mais vous démontrez par A+B que c’est bien les banques qui nous ont mis dans la merde. En quoi le citoyen lamda et responsable de cette crise qu’il est en train de payer et en même temps renfloue par l’impôt ces même banques qui nous ont mis en sur la paille. Il me semble que c’est sur les conseils d’un banque que la Grèce a caché l’état de ses finances.

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