60 ans d’économie américaine en un graphique

Aux États-Unis, quels ont été les effets des changements de politiques économiques sur les revenus des ménages depuis la Seconde Guerre mondiale ?

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60 ans d’économie américaine en un graphique

Publié le 31 août 2012
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Aux États-Unis, quels ont été les effets des changements de politiques économiques sur les revenus des ménages depuis la Seconde Guerre mondiale ?

Par Jordan Weissmann, depuis les États-Unis.

Au cours des 60 années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont bâti la plus grande économie de classe moyenne au monde, puis l’ont déconstruite. Et si vous voulez vous figurer en une seule image cette transformation, vous ne pourriez trouver mieux que ce graphique issu d’une étude du Pew Research Center, qui permet de suivre l’évolution des revenus moyens des ménages pour chaque échelon de l’échelle économique, des années 1950 jusqu’à 2010.

L’évolution est la suivante :

Dans l’immédiat après-guerre, la rapide croissance américaine a favorisé les classes les plus modestes ainsi que la classe moyenne. En fait, le cinquième le plus pauvre des ménages américains est celui qui en a le plus profité. Puis, dans les années 1970, au milieu de deux crises pétrolières et d’une forte inflation, les choses sont revenues au point mort. Le pays a alors rejeté le consensus d’après guerre de centre-gauche — résumé par la fameuse phrase de Richard Nixon « Nous sommes tous keynésiens maintenant » — et a expérimenté l’alternative reaganienne à la place.  Nous avons réduit les impôts et taxes. La technologie et la concurrence étrangère ont commencé à grignoter les emplois et les niveaux de salaires des cols bleus. La bourse s’est envolée. Et lorsque la croissance est revenue, elle a surtout favorisé la classe qui avait investi : les 20% les plus riches, et plus particulièrement les 5% les plus riches (voire surtout les 1%, même si on ne le voit pas sur ce graphique).

Et puis tout s’est effondré. Les années 2000 ont été une décennie perdue pour les familles américaines, et il n’est pas évident que la prochaine soit meilleure.

Bref, rien de nouveau dans tout cela. Mais il est toujours bon d’avoir une représentation claire de ce qui a changé.

—-
Sur le web.
Traduction : YB pour Contrepoints.

Rédacteur en chef adjoint de The Atlantic, Jordan Weissmann a écrit pour de nombreuses publications, dont The Washington Post et The National Law Journal.

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  • Donc entre 50-60 et 2000-2010 les pauvres se sont appauvris?

    • Non. Le graphique indique juste que la moyenne des revenus du premier quintile a baissé entre 2000 et 2010.
      Et ça ne veut pas non plus dire que ce sont « les pauvres » qui ce sont appauvris, car rien ne dit que ceux qui appartenaient au premier quintile en 2000 sont exactement les mêmes que ceux appartenant à ce quintile en 2010.

  • le problème de ces graphiques et des conclusions y afférents, c’est que les strates sociales sont considérées comme fossilisées.
    Je m’explique : avec de tels graphiques, on affirme que ce sont les riches qui se sont enrichis sur les 20 dernières années, cad que c’est une minorité qui a profité, sous entendu : les riches d’il y a 20 ans sont les mêmes que maintenant.
    Or, le forbes 400 de 1981 compte 21 % d’héritiers, moins de 2 % en 2010. La plupart des gens dans le classement de 2010 n’y étaient pas en 1980 (certains n’étaient même pas nés).
    en 2001, une étude statistique sur les millionnaires américains montraient que seuls 8 % avaient hérité de plus de 50 % de leur patrimoien, et que la majorité (55 %) n’étaient pas des professions « supérieures » (professions libérales comme médecins, chefs d’entreprises, traders, sprotifs, etc ..)

    donc affirmer que les pauvres restent pauvres, c’est un peu rapide. Ce qui est certain c’est une forte mobilité à la montée et à la descente, ce qui me semble plutôt juste et souhaitable.

  • AH non ! je m’insurge !
    Ce genre de graphique est parfaitement stupide : on NE PEUT PAS tirer la moindre conclusion sur les évolution de revenus des gens à partir de l’évolution du revenu moyen des groupements selon le niveau de revenu.
    C’est une série de photo de classe (5 classes qui comptent chacune 20% des gens, même si le nombre total de gens change, ce qui est le cas en l’occurrence), qui peut intéresser des gens (pas moi), mais dont on ne peut pas faire un film ni tirer la moindre conclusion parce les acteurs changent de classe d’une année sur l’autre.
    Parce que les gens commencent dans la vie avec un revenu nul, et que certains progressent vite et longtemps pour atteindre des niveaux très élevés, pendant que d’autres ont des parcours plus erratiques pour finir avec aussi peu de revenu qu’ils ont commencer.
    Parce que, aux USA, il y a une forte immigrations qui vient alimenter en permanence le quintile du bas et fait baisser la moyenne générale.

    La donnée de base (la table « F03AR_2010.xls » dont ce graphique est tiré) ne parle que d’une chose : la répartition, à grosse maille, du revenu global par quintile. De rien d’autre, et notamment pas des évolution de revenu comme l’article prétend le faire.

    • L’article ne parle que de l’évolution du revenu moyen en quintile, pour chaque « grosse maille » comme vous dîtes. Rien de plus. C’est vous qui surinterprétez son propos.
      Il n’y a donc aucune erreur d’interprétation du journaliste, et bien sûr que si, il y a des conclusions à tirer de ce graphique, modestes mais pas inintéressantes.

      • Tournez le comme vous voulez, tout cela n’a aucun sens. Rien, absolument rien, dans les données utilisées ne permet d’écrire les phrases essentiels de l’article comme
        « la rapide croissance américaine a favorisé les classes les plus modestes ainsi que la classe moyenne » ou
        « lorsque la croissance est revenue, elle a surtout favorisé […] les 20% les plus riches » et enfin
        « Les années 2000 ont été une décennie perdue pour les familles américaines ».
        C’est peut-être vrai, ou pas, mais ce n’est pas dans les données du tableau. Tout cet article ne repose que sur la sur-interprétation de statistiques mal comprises.

        Peut-être qu’un exemple plus simple vous permettra de comprendre la stupidité du raisonnement sous-jacent.
        année N : 5 individus de A à E qui gagnent respectivement 1,2,3,4 et 10 ; ces chiffres sont aussi la moyenne de chaque quintile.
        année N+1 : on vous informe que la moyenne des quintile a évolué de respectivement -100%,+0,+33%,+50% et enfin -20%. Qu’est-ce que ça vous apprend ? que les très pauvres ont particulièrement souffert, les riches un peu, le tout, au bénéfice de la classe moyenne et spécialement moyenne supérieure ? Non. ¨Parce que ce résultat, qui correspond à une nouvelle répartition de 0,2;4,6,8, peut s’obtenir de plein de façon. Peut-être que c’est le riche (E) qui est ruiné (ou qu’il est mort et a été remplacé par un jeune ou un immigré de revenu nul) pendant que les autres doublaient tous leur revenu. Ou peut-être que le pauvre A a touché le jackpot pour monter de 1 à 8 pendant E descendait à 6 et C (le plus moyen) était ruiné ; ou peut-être que 5 immigrés sont arrivés dont deux avec des revenus nuls (formant le nouveau quintile le plus bas) et un avec un revenu de 6 rejoignant E dans le nouveau quintile le plus haut (mais avec une moyenne plus basse : 8 seulement) ; etc.

        Cet article ne fait qu’illustrer à merveille la bonne vieille blague de statisticien :
        « il y a trois sortes de mensonges : les petits, les gros, et les statistiques »

        • P, je me suis mal fait comprendre. Je connais aussi ces erreurs d’interprétation statistique dont vous parlez.

          Mais, encore une fois, il ne s’agit pas de ça ici. Ce n’est pas le propos de l’auteur, qui est beaucoup plus simple, qu’il énonce d’ailleurs dès la première phrase de son article : « Au cours des 60 années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont bâti la plus grande économie de classe moyenne au monde, puis l’ont déconstruite ».

          Et là, ce propos ne souffre pas d’erreur d’analyse et est illustré de façon appropriée par le graphique car :
          – durant les deux premières périodes, on a bien une hausse de revenus moyens plus élevées pour le quintile inférieure que celles du quintile supérieur, ce qui signifie nécessairement un resserrement de l’ensemble des revenus moyens et donc bien la construction d’une « économie de classe moyenne ».
          – durant la 3e période : statu quo
          – dans la quatrième période : phénomène inverse, on a des hausses de revenus moyens moins importantes dans les quintiles inférieurs par rapport à la forte hausse des revenus du quintile supérieur, ce qui signifie qu’il y a un desserrement des revenus ou, dit autrement, une hausse des inégalités de revenu, c’est-à-dire une « destruction de l’économie de classe moyenne ». (Vous noterez au passage que l’auteur avait bien conscience des subtilités statistiques que vous avez évoquées puisqu’il explique lui aussi que la hausse du quintile supérieur cache en fait des disparités et notamment une très forte hausse du 1%).
          – enfin, dernière période : évolution négative pour l’ensemble des quintiles. Globalement, on peut dire ici que tout le monde est perdant. Bien sûr personne ne doutera qu’il y a quelques ménages qui auront tiré leur épingle du jeu (puisqu’on raisonne en moyenne) mais dans la mesure où l’ensemble des quintiles sont affectés, ça n’a rien d’exagéré de le dire.

          Bref, les précautions d’analyse que vous signalez n’entrent pas en compte dans le propos tenu par l’auteur.

          • Vous connaissez peut-être ces erreurs d’interprétation statistique, mais vous continuez à les faire ! C’est fort, quand même…

            Je répète : les informations dont on a besoin pour tirer le genre de conclusion présentées ne sont pas dans les graphiques montrés, et même pas dans les tableaux qui ont servi à les établir.

            Si j’étais prof de stat j’essayerais de vous expliquer un seconde fois, comme vous faites votre tête de mule et que je ne suis que praticien je suis désolé mais je vais vous laisser vous démerder tout seul avec vos erreurs. Un exemple quand même : Intuitivement, il ne devrait pourtant pas être compliqué de comprendre si par exemple on prend une classe de 20 élèves et qu’on mesure une hausse plus forte des notes des 4 plus nuls (passés de 3 à 4 : +33 %) que des 4 meilleurs (passés de 17 à 20 : « seulement » +18%) et des 12 moyens (passés de 10 à 12 : +20%), les écarts à la moyenne et l’écart-type ont crus, pas décru (la différence des moyens aux deux extrêmes est passé de 7 à 8, et l’écart-type est passé de 4,67 à 5,33 ), on est donc loin d’une moyennisation.

  • Le risque des analyses macro-éco trop simplistes et leurs schémas réducteurs est de considérer le continent US comme un monolithe, sans savoir introduire d’autres nuances que les caricatures riches/pauvres. Et la lutte des classes, si chère à Obama ?

    Ainsi n’y introduit-on aucun distinguo régional, aucun distinguo entre la richesse privée (par secteur) ET l’endettement public sur une même zone.
    Ainsi ne peut-on y établir de nuances entre les désertifications économiques et leurs causes. Pas plus d’ailleurs que d’en extraire des faits corrélés causes-effets.
    Or chez les politiciens de tous bords, ce sont des schémas mentaux et décisionnels qui se fondent à partir de ces macro-statistiques (plus le clientélisme régionalisé).

    Question : Où est l’erreur ?
    Même et surtout les journalistes tombent dans le panneau, dont Weissmann !

    • Il est amusant de vous voir vous contorsionner pour disserter sur l’interprétation d’un graphique qui, de toute évidence, est défavorable à l’image du libéralisme.

      A votre place j’essaierais plutôt de présenter d’autres graphiques ou résultats donnant un angle de vue plus favorable aux idées libérales.

      • « un graphique qui, de toute évidence, est défavorable à l’image du libéralisme. »

        N’importe quoi.

        La division par presque deux des dépenses publiques à la sortie de WW2 entraîne deux décennies de forte croissance bénéficiant en priorité aux plus pauvres. Le virage à gauche de la politique américaine (et mondiale) à la fin des années 60 sacrifie la croissance des deux décennies suivantes tout en cartélisant les secteurs où l’état s’insinue, une situation dont ne profitent que les quelques privilégiés déjà riches et accoquinés avec l’état. L’effondrement de l’empire soviétique avive la mondialisation des investissements et des échanges d’où un regain de croissance sur 1990-2000. Et enfin, la politique des « vannes grandes ouvertes » de taux bas de la FED porte ses fruits pourris avec les pertes liées aux malinvestissements, sur la décennie 2000-2010.

        • Il a quand même dans le sens où ces graphiques sont très mauvais si on veut défendre le libéralisme. Les explication de Jesrad tienne bien mieux la route, mais pour les illustrer il faut aller chercher d’autres données.

  • Les commentaires sont fermés.

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