Hollande et Monti se rencontrent pour faire un rêve

Rencontre au sommet franco-italienne : Mario Monti et François Hollande rêvent d’une sortie crise grâce à une augmentation massive du MES, autorisant la BCE à refinancer sans limite.

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Hollande et Monti se rencontrent pour faire un rêve

Publié le 1 août 2012
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Rencontre au sommet franco-italienne : Mario Monti et François Hollande rêvent d’une sortie de crise grâce à une augmentation massive du MES, autorisant la BCE à refinancer sans limite.

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume Uni.

Mario Monti a rencontré François Hollande mardi, et cela nous apporte un nouveau joyau de promesse de sauvetage de l’euro. Et en effet, Mario Monti avait déjà commencé à faire mousser les choses à l’avance, nous expliquant qu’au bout du fameux tunnel « on commence à percevoir la lumière ».

Mais, en fait, ça ne peut être que la lumière d’un train qui vient dans l’autre sens, car aucune personne saine d’esprit n’a le moindre soupçon de doute que la crise de l’euro va en s’intensifiant. Et, comme mesure de son intensité, on nous dit que la France et l’Italie planifient une augmentation massive du MES, autorisant la BCE à refinancer sans limite.

On ne peut que supposer que ces deux chefs ont fini par perdre le Nord, ce qui a provoqué un grincement de protestation de Jürgen Stark, ancien économiste en chef de la BCE, qui voit là une violation claire de la loi européenne.

Ça signifierait, dit-il, que les États seraient financés indirectement par la banque centrale européenne, et il ajoute : « nous sommes déjà en train de tirer sur la loi européenne à l’extrême, pour ne pas dire plus ». Et maintenant, la communauté enfreint la loi. Tout ce qu’il manque, c’est un plaignant.

À part ça, comme nous ne cessons de le dire, rien ne peut se passer tant que Karlsruhe [la cour constitutionnelle allemande, NdT] n’a pas rendu son jugement en septembre, et que les allemands ne sont pas capable de ratifier le traité, s’ils le peuvent après. Les postures franco-italiennes sont donc typiques de la politique des fantasmes qui semble affliger les « collègues ».

Mais là où l’on passe du sublime au ridicule, c’est quand le ministre des affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, endosse le rôle d’avertir l’Allemagne contre « l’isolation en Europe ».

Le jeu qui se joue est si éloigné de la réalité qu’on en reste sans voix. Ceci ne peut que faire partie d’un effort continu pour garder le couvercle sur les marchés, jusqu’à ce que tout le monde soit de retour en septembre. Jusqu’ici, les marchés ne se font pas prier, et semblent jouer le jeu de cette fiction. Mais l’addition ne peut plus être très loin.

—-
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