Pour Ségolène Royal, Najat Vallaud-Belkacem serait la « beurette » de service du gouvernement

Polémique autour d’une phrase extraite d’un portrait du magazine Le Point paru jeudi. Ségolène Royal aurait dit que Najat Vallaud-Belkacem n’en serait pas là aujourd’hui si elle s’était appelée Claudine Dupont. Un aveu sur la réalité de l’idéologie de gauche ? Là où les libéraux voient des individus libres et capables de s’accomplir par eux-mêmes, les socialistes semblent ne percevoir que des membres de castes, plus ou moins discriminés.

Par le Parisien libéral.

Merci, Ségolène Royal ! Quel magnifique et triste aveu. Relisez cette dépèche AFP, chaque mot vaut son pesant d’or.

L’ex-candidate PS à l’Élysée Ségolène Royal a estimé que la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, ne « serait peut-être pas là » si elle s’appelait « Claudine Dupont », avant de déclarer « qu’elle ne se reconnaît pas » dans ces propos cités par l’hebdomadaire Le Point. « Elle s’appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là. Elle doit assumer son identité et en être fière« , a déclaré Ségolène Royal, citée par Le Point dans un portrait de Mme Vallaud-Belkacem, également ministre des Droits des femmes. « J’ai toujours voulu des ouvriers, des exclus, des jeunes issus de la diversité autour de moi », a ajouté, selon l’hebdomadaire, Mme Royal, dont Najat Vallaud-Belkacem a été l’une des porte-parole à la présidentielle de 2007 et la primaire de 2011. Mme Royal ajoute que la ministre, née au Maroc en 1977, doit « accepter d’être là pour ça », d’après Le Point daté du 26 juillet.

Ou, comme le résume Lyon Mag, « Selon Ségolène Royal, Najat doit sa réussite à ses origines ». Notons déjà que si un ténor de la droite ou du centre avait prononcé de tels propos, nul doute que la Terre entière de la planète victimaire lui serait tombée dessus. Certes, Najat Vallaud-Belkacem s’y connait en racisme (cf. Najat Belkacem chahutée sur l’esclavage sur Lyon Capitale), mais là, l’affaire Royal montre de quel bois se chauffe la gauche socialiste française.

Quel aveu sur la réalité de l’idéologie de gauche… Les socialistes ne voient pas des individus libres et capables de s’accomplir par eux-mêmes. Ils voient des membres de castes, plus ou moins discriminés, à qui il faut accorder des droits, afin de gérer des rentes de situation comme la victimisation. Les propos de Royal sont très clairs : elle dit explicitement qu’elle donne la priorité à une femme au nom arabe, que les ouvriers, les jeunes, la diversité, c’est du pareil au même (une clientèle) et que Najat Vallaud-Belkacem ne sera jamais autre chose pour elle, avant tout, qu’une native du Maroc.

En même temps, les minorités ethniques et religieuses étaient prévenues.

Éric Zemmour, écrivait, dans son Mélancolie Française que la France poursuit secrètement un rêve impérial : « Si vous n’êtes romain, soyez digne de l’être« . Zemmour pense que la matrice républicaine (et laïque) peut intégrer, comme Rome a intégré des peuples différents. Il pense aussi que le projet de la gauche socialiste n’est pas de mettre en œuvre cette matrice républicaine.

Camille Bedin, Secrétaire nationale de l’UMP en charge de l’égalité des chances, moins pessimiste que Zemmour, a écrit dans Pourquoi les banlieues sont de droite que « les jeunes des quartiers portent en eux des valeurs « de droite » : loin d’être des supporters de l’égalitarisme et de l’assistanat, ils font preuve d’une inextinguible soif de liberté et de réussite individuelle, d’une volonté de voir leur travail et leur mérite reconnus, d’un besoin de transmission familiale, culturelle, religieuse. Enfin, ils ne sont pas dupes d’un État-providence, à leurs yeux inefficace. »

Certes, les choses sont complexes, tout le monde a une origine. On sait bien qu’en France, la politique est traversée par des clans : les Corréziens, les natifs de Tunis, ceux du Maroc, les Bretons, les Corses, etc. C’est là où on voit à quel point le PS, comme l’UMP d’ailleurs, a en réalité besoin du parti de la fille à papa de Saint-Cloud. Quand cette dernière défend une minorité, l’individu de type Européen, ni femme, ni arabe, ni gay, ni franc-maçon, la gauche, elle, peut du coup s’attribuer d’autres minorités.

C’est pourquoi les centristes, libéraux démocrates ne peuvent pas être surpris par les propos de Ségolène Royal. Ils sont d’une triste banalité pour qui connaît le mode de fonctionnement de la gauche et ses associations anti-racistes. C’est aussi pourquoi les libéraux, qui pensent que les gens sont avant tout des individus libres et non pas des pions au sein de ce qui serait « la société », proposent d’en finir avec l’idéologie anti-raciste et de reconnaitre que le communautarisme est, de fait, le mode de fonctionnement normal de la France.

Quant aux arabes, quelle que soit leur condition sociale, ils feraient mieux de se détourner, électoralement parlant, d’une gauche qui les méprise autant qu’elle dit les cajoler, à moins qu’elles préfèrent continuer à se voir materner par un État nounou qui les préfère pauvres, démunis et dépendants.

À quand un socialisme de l’excellence, plutôt qu’un socialisme de rentes, et une république de d’excellence, plutôt qu’une république ploutocrate ?

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