L’Allemagne et sa réserve d’or virtuelle

Les réserves d’or de l’Allemagne sont officiellement estimées à 3400 tonnes d’or. Mais problème : elles ne sont pas conservé dans le pays, mais seraient hébergées dans des pays tiers.

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L’Allemagne et sa réserve d’or virtuelle

Publié le 24 juillet 2012
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Les réserves d’or de l’Allemagne sont officiellement estimées à 3400 tonnes. Mais problème : elles ne sont pas conservées dans le pays, mais seraient hébergées dans des pays tiers.

Par Charles Sannat.

Dans un contexte de crise économique, les réserves d’or détenues par les banques centrales des pays prennent une dimension particulière. Ce sont ces réserves d’or qui vont garantir et légitimer la richesse et la puissance économique d’un pays et « l’assurer » en cas d’effondrement du système.

Mais la sécurité de ces réserves d’or a toujours constitué un certain dilemme : vaut-il mieux conserver son or chez soi ou dans un pays-tiers ?

La question est intéressante car elle traduit deux choix « stratégiques » différents qui ont leurs avantages et leurs… risques.

Si un pays conserve son or dans ses propres réserves : il est totalement indépendant vis-à-vis de ses réserves, il en garantit lui-même l’authenticité et la sécurité. C’est justement cette question de sécurité qui peut représenter un risque selon le contexte. Ainsi « héberger » ses réserves d’or dans un pays tiers peut-être une façon de mettre à l’abri l’or du pays en cas de conflit.

Et c’est justement ce qu’a fait l’Allemagne (la RFA à l’époque) durant la guerre froide en envoyant son or dans des pays tiers (à l’abri de la banque centrale américaine notamment) de peur que les Russes s’en emparent.

Une initiative préventive à l’époque donc, mais qu’en est-il 60 ans plus tard… ?

C’est la question que se pose actuellement le journal allemand Bild. Le quotidien s’interroge sur l’état des réserves d’or du pays : officiellement elles sont estimées à 3400 tonnes d’or. Mais problème : elles ne sont pas en Allemagne, et seraient (notez le conditionnel) donc toujours « à l’abri » dans la Banque de France, la Banque d’Angleterre et la Réserve Fédérale de New York (selon la Bundesbank, la Banque Fédérale allemande).

L’Allemagne souhaiterait refaire auditer ses réserves d’or pour savoir précisément à combien elles s’évaluent, et pourquoi pas, les faire rapatrier à la maison, comme l’a fait récemment le Venezuela. Mais l’opération peut s’avérer plus « compliquée » que prévue :

Les pays tiers possèdent-ils toujours l’or allemand ? Sont-ils en mesure de lui rendre ? Et à combien s’élèvent les coûts d’une telle « transhumance » ? Sans parler des risques de sécurité que cela implique…

Bref, 60 ans plus tard l’Allemagne semble dans une impasse et possède pour le moment une réserve d’or virtuelle voire fictive. Cette situation bancale lui sera-t-elle dommageable dans les années à venir si l’Allemagne souhaite adosser son économie à l’or physique ? L’avenir nous le dira bien vite…

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Sur le web.

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Créer un compte Tous les commentaires (6)
  • Mais enfin, jamais l’Allemagne n’adossera son économie à l’or physique. Comment peut-on écrire un truc pareil ! Cette dernière phrase discrédite le reste du billet.

    • On peut toujours rêver non ? Vu que les lendemains de l’euro est plus qu’incertain et que les allemands aime les monnaies saines.

    • Et pourquoi donc pas ? Ils ont bien adossé le rentenmark à des biens physiques.
      Au cours actuel 3400 tonne d’or ça vaut + de 140 milliards d’€, c’est largement assez pour assurer la valeur d’une monnaie allemande
      Le seul problème est politique : les autres pays ne pourraient pas accepter que l’Allemagne donne un tel exemple

      • 140 Md€ en contrepartie d’une économie qui pèse environ 2700 Md€, cela semble profondément incohérent. En outre, l’or n’est pas une monnaie saine, comme toute monnaie physique ou adossée à un bien physique.

  • Et l’or des français que N Sarkozy a bradé, on n’en parle pas ?

  • Les commentaires sont fermés.

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Nicolas Tenzer est enseignant à Sciences Po Paris, non resident senior fellow au Center for European Policy Analysis (CEPA) et blogueur de politique internationale sur Tenzer Strategics. Son dernier livre Notre guerre. Le crime et l’oubli : pour une pensée stratégique, vient de sortir aux Éditions de l’Observatoire. Grand entretien pour Contrepoints.

 

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