Des partis politiques européens

Ça signifiera aussi changer les règles de financement afin de créer des incitations pour de tels partis, et pour pénaliser les groupes nationaux. A terme, les partis strictement nationaux au parlement européen perdront leur financement.

La Commission européenne a l’intention de lancer des partis politiques européens qui pourront se présenter en plus des partis nationaux.

Par Richard North, depuis le Royaume-Uni.

Le siège de la Commission européenne à Bruxelles, Belgique

Tandis que nous envisageons les meilleures manières pour améliorer notre représentation parlementaire, des nouvelles nous arrivent selon lesquelles la Commission européenne s’apprête à lancer sa prochaine tentative pour la miner, en reconnaissant formellement des partis politiques au niveau européen.

Pour être qualifiés de « parti européen » ceux-ci doivent être représentés dans au moins un quart des États membres, par des eurodéputés, des députés ou des élus d’assemblées régionales, et doivent avoir pris part à des élections au parlement européen.

Pour promouvoir ce concept, la Commission va proposer juste après l’été un statut légal pour ces partis. Ça signifiera aussi changer les règles de financement, afin de créer des incitations pour de tels partis, et pour pénaliser les groupes nationaux.

Le plan est que ces changements soient en place bien avant les élections européennes de 2014, permettant aux partis européens de faire campagne en plus des partis nationaux, et de solliciter des donations à cette fin.

Des partis pan-européens ont toujours été une intention des intégrationnistes. Depuis les tous premiers moments, les eurodéputés ont été encouragés à s’asseoir dans l’hémicycle par groupes politiques plutôt que nationaux, et cette pratique est restée jusqu’à nos jours. Cependant, les campagnes électorales sont restées robustement nationales, souvent disputées sur des questions nationales plutôt qu’européennes.

En promouvant des partis au niveau de l’UE, la Commission espère changer tout cela, mais l’effet sera aussi de marginaliser les partis d’indépendance nationale tels UKIP, qui trouvent difficile de former des alliances au-delà de leurs frontières. À terme, les partis strictement nationaux au Parlement européen perdront leur financement.

Une fois de plus, nous pouvons voir la direction où vont les choses – plus d’intégration et plus d’ « Europe ». Déjà, trop de pouvoir a glissé de Westminster à Bruxelles et Strasbourg, et ceci ne peut faire qu’empirer les choses.

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