Quand la France fait la fortune de ses voisins par des mesures idiotes

Petite liste des décisions idiotes prises par les différents pouvoirs français, qui ont fait la fortune de ses voisins : de la révocation de l’Edit de Nantes aux mesures fiscales de François Hollande.

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Quand la France fait la fortune de ses voisins par des mesures idiotes

Publié le 9 juillet 2012
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Petite liste des décisions idiotes prises par les différents pouvoirs français, qui ont fait la fortune de ses voisins : de la révocation de l’Edit de Nantes aux mesures fiscales de François Hollande, la France fait fort.

Par Charles Gave.

Article publié en collaboration avec l’Institut des Libertés.

L’Edit de Nantes

1685 : Louis XIV décide de révoquer l’Edit de Nantes qui accordait la Liberté de Culte aux Protestants en France.

Cette décision force de nombreux Protestants à quitter le Royaume et à s’installer en Hollande. Encouragé par cette brillante initiative le Roi Anglais Jacques II Stuart (Catholique, qui vient d’avoir un fils avec sa deuxième femme, très Catholique) prend de plus en plus de mesures en faveur de ceux ci, au grand déplaisir de la population. Les Whigs demandent l’intervention de la fille de Jacques II et de son mari Guillaume III d’Orange (tous deux Protestants) qui envahissent l’Angleterre a la tête d’une armée de 18000 hommes, dont 3000 officiers Français constituaient le fer de lance, tous Protestants, anciens des troupes de Turenne et remarquables soldats.

Cette coalition mit en place la base de ce qui devait devenir le régime Démocratique Anglais qui allait assurer au système politique Anglo-Saxon la domination mondiale qu’il exerce toujours aujourd’hui     Cette « Glorieuse Révolution» fit décamper le Roi Catholique Stuart et installa à sa place son gendre et sa fille.En fait, il s’agissait d’une invasion pure et simple de la Grande Bretagne par des troupes Franco/Protestantes et Hollandaises,  faite avec l’assentiment de la population Britannique, ce qui garantissait que l’Angleterre allait devenir l’ennemi mortel de la France.

Pire encore, bon nombre des Protestants qui n’étaient pas soldats mais commerçants ou industriels filèrent à Londres et furent en partie au moins à  l’origine de la Révolution Industrielle qui assura à  l’Angleterre  la domination économique sur le monde (les Courtauldt par exemple, à  l’origine du développement des filatures en GB étaient des Protestants Français).

Le résultat de cet appauvrissement ne se fit pas attendre, la France rentra dans l’une des pires dépressions de son histoire et le pays ruiné cessa de pouvoir entretenir ses armées. En 1704 à Blenheim, les troupes Anglaises, Hollandaises et Protestantes Françaises écrasaient les troupes de Louis XIV, mettant fin à la domination militaire Française sur l’Europe.

Un siècle plus tard, c’est le tour de la France de connaitre une Révolution politique et la encore, le résultat essentiel fut de forcer à l’exil tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec le pouvoir en place. Furent exilés ou s’exilèrent d’eux-mêmes les aristocrates, mais aussi un grand nombre de religieux. Or les religieux étaient la colonne vertébrale du système d’éducation supérieure, ce qui fait que la France dut fermer ses Universités pendant de nombreuses années, mais après tout comme l’avait dit Fouquier- Tinville en condamnant à mort Lavoisier « La République n’a pas besoin de savants »  Beaucoup de ces savants partirent et ne revinrent jamais, tels Dupont de Nemours, qui créa aux USA ce qui était et reste encore deux siècles plus tard l’une des plus grandes sociétés chimiques du monde. La France en fut appauvrie d’autant…

Encore un siècle, et cette fois ci, nous avons l’interdiction des congrégations qui force à l’exil une grande partie du corps enseignant Français de l’époque, pour mettre en place un système sous le contrôle complet de l’Etat Laïc enfin !

Compte tenu des résultats remarquables atteints par ce système depuis un siècle et surtout depuis 1945, on ne peut que penser que ce fut un terrible appauvrissement intellectuel, résultat normal d’un monopole. Après tout,  le clergé laïc, comme le clergé Catholique en 1685 et comme tout clergé dans l’Histoire, n’aime pas la concurrence.

La déroute militaire de 1940 donne le pouvoir  à Pétain, qui parce qu’il était au pouvoir et que donc il en avait le pouvoir, décide que les malheurs de la France sont dus aux Juifs, qu’il convient de dépouiller de leur nationalité Française, de spolier de leurs biens tout en les livrant aux occupants. Le processus intellectuel est le même, fort bien décrit par René Girard : une politique imbécile amène a des résultats désastreux, que l’on impute à un bouc émissaire, ce qui permet a la classe dirigeante de s’exonérer de toute responsabilité. Prêtres réfractaires en Vendée en 1793, Juifs en 1942, même combat…

Remarquons au passage que chaque fois que l’on forçait au départ  une partie de la population française, des vautours locaux jamais très éloignés du pouvoir politique s’emparaient de leurs biens et que l’appauvrissement des uns faisait l’enrichissement des autres…  ceci expliquant peut être cela.

Arrivons à l’époque actuelle.

Depuis 1981, la gauche qui a le monopole des medias et des programmes éducatifs (et du cœur bien sûr) est lentement montée dans le système politique, où elle est aujourd’hui en situation de monopole  à tous les niveaux, nationaux, régionaux, locaux…

Bien entendu, elle est en train d’échouer économiquement et cet échec n’en est qu’ à ses débuts. La chasse au bouc émissaire peut donc commencer et les boucs émissaires sont tout trouvés : il s’agit bien sûr « des riches » et des « banquiers », que l’on va forcer   à l’exil ou que l’on va spolier au nom de la « justice sociale »

Mais comme je ne cesse de le répéter, la nature de la création de richesse a changé (Voir “C’est une révolte, non Sire c’est une Révolution, Francois Bourin éditeur, 2002)

Autrefois, la richesse était constituée par des actifs réels, immeubles, usines, terres agricoles…qui restaient en France même si l’on forçait leurs propriétaires légitimes à l’exil et  à la pauvreté.

Aujourd’hui la richesse est immatérielle et quitte le territoire national avec ceux qui s’en vont. Le durcissement de la  politique fiscale actuelle va convaincre ceux qui restaient envers et contre tout de s’en aller à leur tour et l’appauvrissement général va être beaucoup, beaucoup plus rapide que par le passé. Comme nous copions les politiques économiques suivies par  l’Argentine, le Venezuela ou Cuba, eh bien, nous allons avoir les mêmes résultats, appauvrissement généralisé et fuite de tous les cerveaux sur fonds de démagogie sociale.

Inutile de dire que dans ces conditions, il est illusoire d’espérer que nous puissions conserver un taux de change fixe avec qui que ce soit. J’engage le lecteur à regarder l’évolution du cours des monnaies des trois pays que j’ai mentionné plus haut, ainsi que l’évolution de leurs niveaux de vie.

Et l’immobilier à Caracas ou à Buenos Aires n’a pas été un très bon placement, sans parler de La Havane, si chère à la gauche Française et modèle culturel et social à suivre.

Pourquoi notre pays s’obstine-t-il à suivre des politiques suicidaires siècles après siècles reste pour moi un mystère ? Mais après tout ce phénomène a déjà intrigué de plus grands esprits que le mien. Tocqueville, par exemple, constatait que « Les Français préfèrent l’égalité dans la misère à la prospérité dans l’inégalité »   

Plus ça change…

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  • En 2012, c’est en Asie que les français fuit le régime marxiste français !

  • La gauche a peut-être certains monopoles, mais pas celui de la démagogie. Que cela vous plaise ou non, les impôts ont augmenté avec la droite bien avant d’augmenter avec la gauche mais ils touchaient moins durement les « riches ». Peut-être qu’à vos yeux cela ne comptait donc pas ? Cela en dit long sur votre ouverture d’esprit.

    On reproche souvent à la gauche d’être antidémocratique à cause des fréquentes manifestations d’opposition aux lois votées par un parlement pourtant élu par les français. A gauche on manifeste, à droite on se barre, chacun fait avec ses moyens mais ça n’est pas plus démocratique.

    • « La gauche a peut-être certains monopoles, mais pas celui de la démagogie ».

      Permettez-moi d’intervenir sur ce sujet, car cette remarque me paraît à des années lumières de la réalité.

      1. Rappel de la définition de la démagogie (Wikipedia):
      « La démagogie (du grec demos « le peuple » et ago : « conduire ») est une notion politique et rhétorique désignant l’état politique dans lequel les dirigeants mènent le peuple en s’attirant ses faveurs, notamment en utilisant un discours flatteur.Le discours du démagogue sort du champ du rationnel pour s’adresser aux pulsions, aux frustrations du peuple. Il recourt en outre à la satisfaction immédiate des souhaits ou des attentes du public ciblé, sans recherche de l’intérêt général mais dans le but de s’attirer la sympathie et de gagner le soutien. L’argumentation démagogique peut être simple afin de pouvoir être comprise et reprise par le public auquel elle est adressée. Elle fait fréquemment appel à la facilité voire la paresse intellectuelle en proposant des analyses et des solutions qui semblent évidentes. »

      2. Relire les programmes et annonces politiques des présidentielles – tant côté gauche que côté droit: c’est dur de dire qui mérite la médaille d’or du démagogue.

      Autre remarques:

      Ce site abonde de démonstrations que la droite et la gauche représentent un seul et même modèle: celui des étatistes interventionnistes obsédés par la réglementation confisquant les pouvoirs dans l’intérêt de leur clan. Il y a autant de différences entre la gauche et la droite qu’entre une Clio bleue et une Clio rouge. Eventuellement, la différenciation se fera au niveau des options – quoique les deux véhicules manquent cruellement d’un GPS pour la navigation.

      « les impôts ont augmenté avec la droite bien avant d’augmenter avec la gauche »: hé oui, Je ne pense pas dire de bêtises en affirmant que moi, C. Gave et l’ensemble des libéraux sont d’accords avec vous; Bienvenu en France dirigée depuis des décennies par des socialistes de droite et des socialistes de gauche,

      « Peut-être qu’à vos yeux cela ne comptait donc pas ? »: rassurez-vous, je pense que C. Gave a autant de mépris pour la gauche que la droite. A la lecture de son article, il me semble que c’est l’inquiétante chasse au bouc émissaire qui compte à ses yeux. A une époque, on accusait le juif, les Khmers assassinaient les gens à lunettes, maintenant c’est au tour des riches. Peu importe qui est pourchassé, tout cela relève de la même mentalité populacière puisant son énergie dans la haine d’autrui.

      « Cela en dit long sur votre ouverture d’esprit »: un peu de lecture ne ferait pas de mal. Dans la colonne droite, vous verrez d’autres articles du même auteur et vous constaterez que C. Gave a autant de complaisance pour la droite que pour la gauche (http://www.contrepoints.org/2012/01/31/67047-nicolas-sarkozy-fervent-opposant-au-liberalisme)

      « à droite on se barre »: les gens se barrent pour échapper à l’étatisme, qu’il soit de droite ou de gauche. Il se trouve que le mouvement s’accentue car une chasse aux sorcières a été officiellement décrétée par le gouvernement en place, et elle sera concrétisée par des lois d’essorage fiscale confiscatoire.

      Pour finir, votre post laisse penser que vous assimilez les libéraux à la droite. Si c’est le cas, il s’agit d’une grave méprise et d’une méconnaissance totale de ce mouvement.

    • @ Nicolas E.

      L’auteur de cet article ne dit pas que la Droite a fait mieux que la Gauche. Il dénonce simplement des politiques absurdes qui conduisent à l’appauvrissement plutôt qu’à l’enrichissement.

      « mais ils (les impôts) touchaient moins durement les « riches ». En êtes-vous bien certain? Quelles sont vos sources? D’autre part, les impôts en théorie pourraient bien toucher plus durement les riches à condition qu’il y en ait encore pour les payer! Si ce n’est pas le cas, ce sont les autres, moins riches, qui vont devoir compenser!

    • « …à droite on se barre… »

      A « gauche » aussi, on se barre, n’est-ce pas Yannick ?

  • Triste pour la nation. Mais la fuite reste la meilleure option dans ce contexte où taxer toujours plus le travail ne va faire que creuser un peu plus le déficit de l’Etat.

  • Article intéressant et juste sur le fond mais quelques précisions.

    Tout d’abord l’émigration des protestants fut en grande partie contrebalancée par l’immigration d’anglais catholique fuyant l’Angleterre protestante (tolérante sauf pour les papistes, idem pour les Provinces Unies), ainsi que celle des Irlandais suite à l’échec de la tentative de restauration via l’Irlande et des Écossais suite à l’échec de Bonnie Prince Charlie. Il y eu ainsi un véritable jeu de vases communicants et certains villages de France parlèrent écossais jusqu’à la Révolution.

    On l’oublie souvent mais l’Édit de Fontainebleau fut la mesure la plus populaire du règne de Louis XIV, si référendum il avait eu le oui l’aurait emporté à plus de 90% très certainement, comme quoi la volonté populaire n’est pas tolérante. il n’y eu que quelques esprits chagrin (dont le Pape allez savoir pourquoi) pour critiquer cet Édit. C’était l’époque ou triomphais l’adage Cujus Regio, Ejus Religio. Les princes protestants n’hésitant pas à persécuter ou exiler les catholiques de leurs États. La France était très mal vue pour sa situation où deux religions cohabitaient. La religion était un très important facteur d’unité à une époque où les consciences nationales émergeaient.

    Ensuite il faut arrêter de célébrer l’Édit de Nantes. Cet édit était surtout une pause dans le conflit entre protestants et catholique et reconnaissait l’existence d’un véritable État protestant au sein du Royaume (avec exclusion des catholiques des zones protestantes). Pour les deux parties c’était une étape avant une prochaine victoire qui verrait la conversion ou non de la France à la Réforme.

    Le vrai texte important est la Paix d’Alès du 28 juin 1629, après le Siège de la Rochelle. Cet Édit (c’en est un) supprimait les avantages politiques des protestants mais leur conservait la liberté de religion au sein des territoires où ils étaient. C’est cet édit dont il faudrait se souvenir car lui est bien un acte de tolérance religieuse contrairement à l’Édit de Nantes qui lui est un compromis entre deux partis rivaux.

    Enfin l’Édit de Fontainebleau a été de fait révoqué par l’Édit de Versailles du 7 novembre 1787 par lequel Louis XVI rendit une existence légale aux protestants et reconnaissait implicitement la liberté religieuse (bien que la religion catholique restât religion d’État)

    Quand aux divers gâchis de 1789 je ne peux que souscrire aux propos de l’auteur

    • « (…)et certains villages de France parlèrent écossais jusqu’à la Révolution ». Très étonnant et très intéressant ce que vous nous dites-là. Pourriez-vous nous donner le nom d’un de ces villages ?

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